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Notre Femme dans la Charia et la Société: Plaidoyer pour une réforme sociétale
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E-book275 pagine4 ore

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Un lettré tunisien aborde, au début du 20ème siècle, la question de l'émancipation de la femme.

Dans ce livre, Tahar Haddad développe son programme de réforme sociétale et considère l’enseignement de la femme comme un vecteur essentiel dans son émancipation et celle du peuple tunisien. Il y plaide pour sa libération des coutumes et traditions ancestrales, responsables des maux qui rongent la société tunisienne et l’empêchent d’évoluer. Ainsi il consacre deux grandes parties à cet ouvrage. Une première partie législative où il interroge l’Islam et sa position à l’égard de la femme à travers plusieurs questions telles que le choix du conjoint, le mariage, le divorce, la polygamie, l’hérédité et le port du voile qu’il reprend dans la partie sociale sous forme d’enquête auprès d’éminents professeurs de l’Université de la Zitouna. Une seconde partie qu’il qualifie de sociale où il décrit la société tunisienne de l’époque et ses fléaux, en mettant l’accent sur l’éducation dispensée aux filles et aux garçons, qu’il considère inadaptée en comparaison à celle des européens qui prépare l’individu à affronter la vie et ses difficultés.

A travers un ouvrage qui questionne l'Islam d'un point de vue social et législatif, découvrez une vision nouvelle de la femme dans la Charia et au sein de la société tunisienne.

EXTRAIT

Réponse 5. Le droit de divorce accordé à l’homme est garanti contre l’abus par les textes de la Charia qui montrent qu’il est abhorré tel que le souligne ce hadîth : « le divorce est le plus détestable parmi ce qui est considéré comme licite ». Il serait convenable que l’époux exerce ce droit avec sagesse. Dans le Coran il est dit : « Si les deux conjoints se séparent, Dieu, dans sa richesse, remplacera pour chacun d’eux ce qu’il aura perdu. Dieu est immense et sage. » (Sourate IV. Les Femmes ; 130). Il est dit aussi « La répudiation ne peut être prononcée que deux fois. En cas de reprise, l’épouse doit être traitée avec égards ; en cas de congédiement, le renvoi se fera décemment. Il est interdit au mari de reprendre quoi que ce soit de ce qu’il a donné en dot à sa femme… » (Sourate II. La Vache ; 229). A cela s’ajoute la prescription du droit d’accorder une jouissance à l’épouse répudiée pour la consoler tel que l’indique ce verset : « … Il leur sera offert cependant jouissance, dans ce cas, d’une part d’avoir, chacun le faisant selon ses moyens et de la manière reconnue convenable… » (Sourate II. La Vache ; 236). Tout cela nous renseigne sur la nécessité d’agir avec modération lorsqu’il s’agit du divorce et de se conduire avec sagesse.
Réponse 6. Si la question porte sur le fait que l’épouse demande le divorce à cause des mauvais traitements subis, la jurisprudence est claire là- dessus. Le juge recourt d’abord à la réconciliation entre les deux concernés, mais si le conflit s’aggrave et persiste et qu’on n’arrive pas à identifier qui des deux est la victime, à ce moment -là on désigne deux arbitres pour trancher dans cette affaire comme il est énoncé dans ce verset : « Si vous craignez une rupture entre les deux conjoints vous dépêcherez auprès du couple deux arbitres, l’un pris dans la famille de l’homme et l’autre dans celle de la femme. Si les deux époux désirent sincèrement se réconcilier, Dieu les y aidera, car Dieu est omniscient et pleinement informé. » (Sourate IV. Les Femmes ; 35)

A PROPOS DE L'AUTEUR

Tahar Haddad, né le 4 décembre 1899 à Tunis et décédé le 7 décembre 1935, est un penseur, syndicaliste et homme politique tunisien. Il a milité pour l’évolution de la société au début du XXème siècle. Il est connu pour avoir lutté activement en faveur des droits syndicaux des travailleurs tunisiens, de l’émancipation de la femme tunisienne et de l’abolition de la polygamie dans le monde arabe-musulman.
LinguaFrançais
EditorePrimento
Data di uscita28 mag 2018
ISBN9789938940602
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    Notre Femme dans la Charia et la Société - Tahar Haddad

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    Table des matières

    Préface

    Avant-Propos

    Partie législative La Femme dans l’Islam

    Introduction

    Considération de la Femme en soi

    Les droits civils de la femmeTémoignage et justice

    Avant le Divorce la relation conjugale

    Opinions de nos savants sur la femme et le mariage

    Retour à l’Islam conclusion de la Partie législative

    Partie Sociale

    L’Éducation des jeunes filles au rôle d’épouse et de mère

    L’autorité familiale dans l’édification du Foyer

    Le courant du modernisme

    L’enseignement officiel des filles musulmanes

    Conclusion

    Bibliographie

    Index

    A mes parents et à ma fille feue Amira*

    «Le souvenir, c’est la présence dans l’absence,

    C’est la parole dans le silence,

    C’est le retour sans fin d’un bonheur passé,

    Auquel le cœur donne l’immortalité.»

    Henri Lacordaire

    *Dédicace de la traductrice

    photo 2

    Tahar Haddad « une personnalité dotée d’une capacité intellectuelle exceptionnelle qui est restée sans pareil dans la société tunisienne depuis Ibn Khouldoun il y a 600 ans. »1

    Préface 

    Ce livre qui fait l’objet de la présente traduction fut publié en octobre 1930 par la Maison tunisienne de l’édition. La rédaction de ses parties et chapitres s’est étalée sur trois années. Quelques- uns des chapitres furent publiés sous forme d’articles dans le journal As-Sawab sous la direction de Mohamed Hédi Labidi.  Dans ce livre Tahar Haddad, développe son programme de réforme sociétale et considère l’enseignement de la femme comme un vecteur essentiel dans son émancipation et celle du peuple tunisien. Il y plaide pour sa libération des coutumes et traditions ancestrales, responsables des maux qui rongent la société tunisienne et l’empêchent d’évoluer. Ainsi il consacre deux grandes parties à cet ouvrage. Une première partie législative où il interroge l’Islam et sa position à l’égard de la femme à travers plusieurs questions telles que le choix du conjoint, le mariage, le divorce, la polygamie , l’hérédité et le port du voile qu’il reprend dans la partie sociale sous forme d’enquête auprès d’éminents professeurs de l’Université de la Zitouna. Une seconde partie qu’il qualifie de sociale où il décrit la société tunisienne de l’époque et ses fléaux, en mettant l’accent sur l’éducation dispensée aux filles et aux garçons, qu’il considère inadaptée en comparaison à celle des européens qui prépare l’individu à affronter la vie et ses difficultés. Il fustige cette éducation dont il rend responsable les coutumes et traditions héritées d’un passé obscur qui n’a pas été soumis à la raison. Dans cette partie il traite aussi la question du modernisme et de ses effets sur la société tunisienne qui n’y était pas préparée et qui n’avait retenu du courant moderniste que son côté apparent et factice.

    Préoccupé par la question de la décadence du monde arabo-musulman et plus particulièrement de la société tunisienne, Tahar Haddad montre, texte coranique à l’appui, que l’Islam ne constitue pas un frein à l’émancipation de la femme et qu’il ne faut pas confondre ce qui relève de l’Islam et de son essence avec ce qui lui est étranger comme les coutumes et les traditions antéislamiques. Au contraire, grâce à l’Islam, la femme avait obtenu ses droits civils et acquis une considération qu’elle n’avait jamais atteinte. Il l’avait considérée comme l’égale de l’homme en terme de droits et de devoirs notamment dans le domaine de la propriété privée. Par ailleurs, l’auteur met l’accent sur le principe adopté par l’Islam, celui de procéder par étapes dans l’élaboration de ses lois. Par conséquent, il invite les savants musulmans (Ulémas) à prendre l’exemple édifiant de cette religion dans l’examen des questions qui n’ont pas été totalement résolues ou partiellement du vivant du prophète. Il appelle à un retour à l’Ijtihad (effort de réflexion que les Ulémas et jurisconsultes fournissent pour interpréter les textes fondateurs de l’Islam et en déduire le droit musulman).  

    Cependant, les idées éclairées et progressistes de Tahar Haddad vont rencontrer une opposition farouche de la part des Ulémas de la Zitouna et d’une frange de conservateurs. Son livre provoqua un tollé et lui valut une campagne de dénigrement violente. Malgré les années, Tahar Haddad continue à susciter le rejet ou l’approbation des tunisiens. Quelques –uns ont été même jusqu’à commettre des actes de vandalisme, en profanant sa tombe au cimetière d’Al Jallaz, le 3 mai 2012 et en saccageant sa statue érigée sur une place à El Hamma (de Gabès) ville natale de ses parents. Toutefois son livre phare qui fut une source d’inspiration dans la conception du Code du Statut Personnel du 13 août 1956, reste d’actualité. Les problèmes qu’il soulève continuent à provoquer des débats et à partager les tunisiens et les musulmans du monde entier notamment sur l’égalité devant l’héritage et le port du voile. A l’extrémisme et au fanatisme religieux, Tahar Haddad oppose un Islam éclairé, modéré, clément et miséricordieux. Ce penseur visionnaire victime de l’obscurantisme demeure le symbole de la lutte pour les droits de la femme, de l’ouvrier et même de l’enfant.  

    La traduction de ce livre est un hommage que je rends au penseur, militant syndicaliste et politique dont la vie a été courte mais l’œuvre immense malgré son nombre réduit. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Tahar Haddad, né le 4 décembre 1899 à Tunis et décédé le 7 décembre 1935 est issue d’une famille modeste originaire d’el Hamma, ville située dans le sud de Gabès. Toute la famille, « poussée par la paupérisation et la politique de « pacification » coloniale du sud a émigré à Tunis où Tahar Haddad a vu le jour. Comme tous les enfants de l’époque, il reçoit un enseignement religieux, dans un Kouttab (école d’enseignement religieux) pendant six ans avant d’entrer en 1911 à l’Université prestigieuse de la Zitouna, haut lieu de l’enseignement des Sciences religieuses islamiques, dont il sort diplômé en 1920. Ensuite, il entreprend des études de Droit, qu’il interrompt suite à la parution en 1930 de son livre Notre femme dans la Charia et la Société car il est renvoyé de la salle d’examen de l’école tunisienne de Droit, au moment où il passe son diplôme, sur ordre du Directeur de la Justice, Lamothe. Persécuté, démuni sans ressources il est profondément affecté et affaibli. C’est dans une solitude extrême et forcée qu’il meurt le 7 décembre 1935, suite à des attaques cardiaques répétées. Aujourd’hui il me semble qu’il est temps d’accorder à nos penseurs éclairés la place qu’ils méritent et de donner l’occasion aux générations de les connaître. Ils sont le meilleur rempart contre toute forme d’extrémisme et source de fierté nationale. Nous devons les inscrire dans les Programmes d’enseignement et leur consacrer à l’occasion du salon du livre et dans d’autres occasions des conférences pour réconcilier les jeunes avec leur histoire et leur patrimoine. J’espère avoir contribué par ce modeste travail à faire connaître l’un d’eux. 

    Condition et Démarche de la présente traduction

    Avant d’entreprendre la traduction de ce livre j’ai fait une petite recherche pour voir s’il avait été traduit.  J’ai trouvé une photocopie de la traduction de ce livre datée de 1978, publiée par la Maison Tunisienne de L’Edition, sans nom de traducteur, déposée au CREDIF (Centre de Recherche d’études et de documentation sur la femme). J’ai lu cette traduction qui a le mérite d’avoir été réalisée mais que je m’abstiens d’évaluer en laissant le soin aux spécialistes. Après l’avoir lue et ayant connaissance du livre original, j’ai décidé de le traduire en étant consciente des différentes difficultés de l’entreprise. Mais je voulais laisser une traduction digne de l’auteur qui peut porter un éclairage sur l’Islam et apporter une réponse aux égarés. J’espère avoir réussi à restituer à Tahar Haddad sa voix et au livre son âme. J’ai essayé d’être le plus fidèle possible au texte en respectant sa pensée. J’ai traduit aussi bien le fond que la forme en exprimant outre ses idées, ses émotions, son indignation et parfois même sa révolte. Je n’ai occulté aucun de ses commentaires et je ne me suis pas permise de m’y impliquer par mes jugements. Ses phrases fleuves, ses métaphores et parfois l’oralité de la langue qu’il emploie sont des caractéristiques de son style qu’il fallait rendre pour ne pas le trahir. L’approche de traduction que j’ai adoptée est l’approche herméneutique, basée sur les travaux de George Steiner qui explique que la traduction n’est pas une science mais un « art exact », le traducteur authentique doit être à même de se faire écrivain pour saisir le  vouloir dire  de l’auteur du texte original. 

    J’ai choisi la Traduction du Noble Coran de Sadok Mazigh, Editions du Jaguar, pour toutes les citations coraniques introduites dans le texte original.    

    Manoubia Meski

    Avant-Propos

    La Femme est la mère de l’Homme. Elle le porte dans son sein et son giron. Il ne reconnaît qu’elle et reste marqué par sa personnalité toute sa vie, car c’est elle qui l’allaite, le nourrit de son sang et de son cœur. 

    La femme est aussi l’épouse et la compagne. Elle assouvit ses désirs et chasse sa peur de la solitude. Elle s’épuise pour satisfaire ses besoins et aplanir les difficultés qu’il rencontre sur son chemin. Elle le comble d’affection pour alléger l’effet des catastrophes et des chagrins sur lui. Elle renouvelle en lui l’enthousiasme pour la vie. La femme est aussi la moitié de l’Homme et la moitié de la nation en genre et en nombre, une force de production sous toutes ses formes.

     Par conséquent, si nous méprisons la Femme et sommes indifférents à sa   déchéance et sa dégradation cela ne peut que révéler une sorte de mépris pour nous –mêmes, et la satisfaction d’être dans la déchéance et la dégradation. Mais si nous l’aimons, la respectons et œuvrons à l’accomplissement de son être, cela ne peut que signifier l’amour et le respect que nous avons pour nous-mêmes et l’effort que nous déployons pour accomplir notre être.   

    Seulement, nous nous sommes habitués à travers notre vision de la Femme, à la voir séparée de l’homme, n’ayant aucun rôle à jouer ni dans son développement personnel, ni dans son ascension sociale ou son déclin. Cette attitude nous a conduit à l’échec dans tous les domaines de la vie, dont nous éprouvons   l’amertume sans pour autant connaitre les raisons de cet échec qui se développe en nous, afin d’agir pour les faire disparaître.

    Aujourd’hui, face à la question de la Femme, les hommes sont de deux types : des partisans, et des adversaires. Mais ils sont différents selon qu’ils se trouvent en Occident ou en Orient. Cette différence est aussi grande que celle qu’on observe entre leur femme et la nôtre.

    En Europe l’instruction de la Femme et son éducation ont été adoptées à l’unanimité, en vue de lui permettre de remplir ses tâches au foyer et d’éduquer ses enfants. De même qu’on lui a accordé ses droits civiques, afin d’employer ses dons dans des activités morales et matérielles, soit au profit de la famille soit de la société, et de profiter des délices de la vie. Ainsi, la femme européenne et la société occidentale ont largement bénéficié de ces mesures.

    Cependant, ils sont en désaccord, sur l’accès de la femme à  l’activité économique au côté de l’homme, aux charges de l’État et au port de ses fardeaux à égalité, de crainte qu’il n’en ait plus les privilèges. Pourtant c’est   l’objectif qu’elle s’est fixé et vers lequel elle tend aujourd’hui, au sein d’un courant fort.

     Les adversaires y voient un dévoiement de sa fonction en tant que femme au foyer, procréatrice et éducatrice de sa progéniture, besognes qui l’absorbent et l’anéantissent. Elle y passe son temps au point de ne plus en avoir pour faire autre chose. A cela s’ajoute sa concurrence avec l’homme dans le domaine du travail. Une concurrence qui était l’un des facteurs du chômage dans certaines régions d’Europe. De même qu’ils pensent que sa force ne lui permet pas d’accomplir le travail des hommes à la perfection comme eux.  

    Tandis que les partisans voient à travers son expérience, pendant la première guerre mondiale et après, une preuve claire de la réussite qui l’attend dans l’avenir grâce à sa persévérance. Ce qui implique une force nouvelle ajoutée à la nation ; une consolidation de sa productivité matérielle et morale et un soutien, dans la limite de la préservation de la mission de procréer. Ils pensent que même si cette orientation pouvait porter préjudice à la fonction de l’éducation des enfants attribuée à la femme, la création d’institutions pour enfants et son développement réduirait beaucoup de cette dépendance jusqu’à la faire disparaître progressivement. D’ailleurs, les pays européens ont déjà commencé à appliquer ces idées de façon progressive, en réservant à la femme des places au parlement et des sièges dans le gouvernement.

    Quant à l’Orient, notre femme vit jusqu’à nos jours, cloîtrée. Ceux d’entre nous qui la défendent voient dans son éducation et son instruction dans les Sciences de la vie, le seul facteur pour l’amélioration de sa condition et l’accomplissement de son devoir au foyer et envers la famille. Ainsi, elle peut mettre au monde et élever des hommes et des femmes au service de leur pays, assurant sa gloire et son triomphe. En outre, Ils voient, dans l’exercice de la liberté civique de la femme un droit naturel que la Charia lui accorde, lui permettant d’utiliser ses droits acquis et de jouir de la vie au même titre que l’homme.

    Par contre ses adversaires, ceux parmi nous voient dans cette attitude une manière de soustraire la femme à l’obligation de claustration qui prévient la séduction, et de conduire à son affranchissement de la tutelle de l’homme, surtout qu’elle n’a besoin dans sa vie ou dans ses fonctions que d’une connaissance limitée à la sphère du foyer. Tout cela ne nécessite pas la création d’institutions d’enseignement dans les diverses Sciences, car selon eux, l’émancipation d’un peuple n’attend pas la participation de la femme au point d’être obligé de lui accorder des libertés sur le plan social. Ils donnent comme exemple la civilisation arabe établie grâce au seul effort de l’homme.

    Voilà la condition de la femme en Orient et nos opinions sur son émancipation. Mais, en Tunisie, nous nous distinguons de tout l’Orient par notre inaction face à cette question d’émancipation de la femme. Nous n’en avons fourni aucun effort. Nous nous contentons jusqu’à présent de discours.  L’ensemble de la Oumma² se désintéresse totalement de cette question.

    Par ailleurs, certaines personnes influentes au sein de la majorité voient que l’on peut évoluer sans le concours de la femme, citant à tort l’exemple de la civilisation arabo-musulmane. Pourtant, si nous observons l’attitude de la femme au côté de l’homme arabo-musulman qui a combattu pour conquérir des royaumes et a triomphé, nous verrons qu’elle a eu une grande influence sur lui et y a joué un rôle déterminant. Elle lui insuffla le courage et l’enthousiasme, secret de la réussite de cette grande civilisation.

    En outre, la femme à cette époque avait des connaissances en théologie et en littérature : Poésie et Prose dans lesquelles elle aurait pu atteindre un niveau plus avancé que celui auquel elle s’était arrêtée si elle avait acquis plus d’instruction, d’éducation et de liberté. 

    Peut-être pouvons- nous retrouver cet enthousiasme, si la femme a l’occasion de s’élancer vers une action noble pour sauver sa patrie et la défendre. Ainsi elle pourra ranimer en nous la vie et l’extrême courage. Seulement un entêtement stupide semble nous attirer vers une régression mortelle, tandis qu’au su et au vu, d’autres peuples avancent rapidement vers le progrès, à la conquête de la vie.

    Si nous examinons l’origine de notre tendance à désapprouver l’émancipation de la femme nous trouvons qu’elle se réduit au fait que nous ne la considérons pas comme faisant partie de la vie, mais comme un moyen de satisfaction sexuelle. Seulement, quelle que soit notre obstination à ignorer les droits de la femme et les bienfaits de son émancipation, celle-ci avance vers le courant du Progrès avec une force que nul ne peut arrêter, sans être guidée ou munie d’un livre qui pourrait l’éclairer. C’est ce qui alimente la confusion dans notre esprit.  

     Au lieu de cette obstination stérile, il faut nous entraider pour sauver notre vie en mettant en place des bases solides pour l’émancipation de la femme qui est aussi la nôtre. C’est ainsi que nous pouvons éviter les risques et les dérapages qui conduiront à notre perte.

    Les autorités françaises en Tunisie ont commencé depuis quelque temps à exploiter l’évolution de la femme tunisienne selon une politique dont les bases ont été mises en place, dans les Programmes d’enseignement des filles musulmanes, dans leurs écoles primaires. Elles continuent à appliquer les approches qu’elles jugent utiles au besoin de cette émancipation chaque fois que l’occasion se présente.

    Alors pourquoi demeurons-nous ébahis, étourdis, aigris face à ce courant dévastateur en attendant qu’il nous emporte ?

    La réforme sociale est nécessaire pour nous dans tous les domaines de la vie, notamment ceux qui relèvent de notre existence. J’ai l’ultime conviction que l’Islam est innocent de l’accusation de freiner cette réforme ? bien au contraire il la consolide et il en est la source qui ne tarit point. Quant à notre décadence elle n’est que l’effet de superstitions auxquelles nous avons cru et de coutumes destructrices et abominables que nous avons attachées à notre cou.

    C’est ce qui m’a conduit à écrire ce livre sur la femme pour voir, qui est de nous deux le sage et qui est l’égaré et celui qui égare, en espérant avoir accompli un devoir qui me tient à cœur et que je considère comme une dette envers un genre dont je suis un de ses membres et une nation dont je suis un de ses enfants.

    Tunis, le 10 décembre 1929

    Partie législative La Femme dans l’Islam

    Introduction

    Avant d’examiner la place de la femme dans l’Islam, nous avons jugé nécessaire de présenter un aperçu sur cette religion et sa politique législative pour éclairer sa position et aborder la question selon la source qui est la plus proche de la vérité. En voici la démonstration. L’Islam a marqué un tournant dans la vie des Arabes en particulier et des musulmans en général. Nous allons nous intéresser à ce qu’il a apporté de nouveau en ce qui concerne la femme, soit dans la confirmation de sa personnalité civique et sociale soit dans ses droits en relation avec l’homme et dans les aspects qui s’y attachent et qui seront démontrés.   

    Avant l’Islam, les Arabes n’avaient pas d’ordre ni de lois établies auxquelles ils pouvaient recourir en cas de conflit. Ils n’étaient soumis qu’à des coutumes et traditions dont la naissance remonte à des époques lointaines. Ces traditions et coutumes étaient devenues des croyances indubitables, selon lesquelles un conseil formé de chefs de tribus, rendait justice ou à défaut les justiciables s’en chargeaient avec l’épée et la lance, moyen auquel ils recouraient souvent pour résoudre leurs conflits. Puis, l’Islam apparut avec des lois et des principes moraux différents de ce qu’ils avaient connus et adoptés avant son avènement et qui constituaient l’héritage de leurs pères et aïeux. Ceux-là mêmes qu’ils considéraient comme la source de la gloire arabe et l’Histoire de sa fierté. Ce qui traduit le fanatisme de l’époque de la Jehiliya³.

    Jamais auparavant, nous n’avons entendu parler d’un mouvement ou même d’idées allant dans le sens de l’octroi des droits à la femme en tant que pilier   dans le développement de la civilisation et moitié de l’homme. C’est pourquoi, la position de l’Islam face à cette question était difficile et délicate, voire même, des plus délicates, en comparaison aux problèmes auxquels il était confronté.

    L’Islam n’est pas une religion de litanie et de prière. De même qu’il n’intervient pas dans les activités de l’Homme ni dans ce qui relève de sa vie comme le prétend l’histoire du Soufisme, intrus dans l’Islam. Mais ses rites ne sont qu’un moyen pour purifier l’âme et sauver l’Homme de l’emprise de l’esprit du mal et de l’apostasie.

    Il n’est pas non plus le livre orienté vers le futur que les générations de l’époque rejetaient à cause de ses objectifs clairs, considérés comme étant définitivement fixés pour lutter contre les coutumes d’un seul coup. L’Islam n’avait pas qu’à attendre les générations à venir pour qu’elles soient convaincues que le Coran est le livre éternel de la vie et la constitution à la base de toute action utile, comme ce fut le cas des livres des anciens philosophes et ceux des doctrines sociales modernes. Mais l’Islam avait cherché à être efficace dans l’immédiat et influent sur les personnes et l’état à édifier. C’est pourquoi ses versets sont postérieurs aux événements et non hypothétiquement envisagés afin de prescrire ses lois. C’est aussi la raison pour laquelle le Coran n’avait pas réparti ses lois en fonction de thèmes selon les règles théoriques et méthodologiques d’écriture des articles de loi et des livres. C’est ainsi que la Charia est le résultat de la conformité de l’Islam à l’évolution de la vie et non pas une somme d’articles antérieurement établis pour qu’ils soient entérinés. C’est là l’une des raisons importantes de son expansion étonnante et rapide.

    Certes la vie est très longue. Autant elle est longue autant elle comporte des étapes exprimant son sens et révélant ses qualités particulières. Une vingtaine d’années, environ, de la vie du prophète, « Paix et bénédiction sur lui »⁴, consacrée à l’édification de l’Islam a suffi, voire même, a nécessité l’abrogation de textes en les remplaçant par de nouveaux et des lois par d’autres lois en considération de cette éternelle tradition.  

    Que serons-nous si nous arrêtons l’avancée de l’Islam éternel, devant les générations et les siècles qui se succèdent, sans avoir changé ni évolué ? 

    En termes plus précis et clairs, il nous faut considérer la grande différence, évidente entre ce que l’Islam avait apporté et la mission dont il avait été investi qui constitue son essence et son sens et assure son éternité, tels que le dogme du monothéisme, la noble morale, l’établissement de la justice et de l’égalité entre les hommes et ce qu’il avait trouvé comme situations contingentes et mentalité propre à l’époque de la Jahiliya qui ne relèvent pas de ses objectifs. Ainsi, toutes les lois que l’Islam décrète pour être approuvés ou amendés demeurent tant que ces situations et mentalité demeurent. Elles deviennent invalides par la disparition de celles-ci qui, en aucun cas, ne nuit à l’Islam, telles que les questions de l’esclavage,

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