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Paul Gautier Le typikon du Christ Sauveur Pantocrator In: Revue des études byzantines, tome 32,

Le typikon du Christ Sauveur Pantocrator

In: Revue des études byzantines, tome 32, 1974. pp. 1-145.

Résumé REB 32 1974Francep. 1-145 P. Gautier, Le typikon du Christ Sauveur Pantocrator. — L'empereur Jean Comnène (1118-1143), aidé de son épouse Irène de Hongrie, fit construire dans la capitale un vaste monastère pouvant abriter 80 moines, et dans son voisinage un ensemble hospitalier comprenant un hôpital, un hospice et une léproserie. En octobre 1136, il délivra pour ces fondations pieuses un typikon ou règlement, dans lequel sont énumérées les dispositions concernant d'une part le monastère (liturgie, vie cénobitique, régime alimentaire, mesures disciplinaires et administratives), et d'autre part le complexe hospitalier (nombre de lits prévu pour les malades, liste du personnel médical et administratif, émoluments et gratifications de ce personnel, dépenses et propriétés). Ce document important fut publié pour la première fois en 1895 par A. Dmitrievskij, mais cette édition qui souffrait, entre autres défauts, d'une présentation très défectueuse, avait besoin d'être reprise. Le présent article y pourvoit : le texte grec a été collationné sur les deux meilleurs manuscrits conservés (Halki, Ecole théologique 85 et Paris, gr. 389) et sur des fragments de l'original, aujourd'hui disparu, copiés par S. Lampros ; il est accompagné d'une traduction en français et abondamment annoté. L'introduction a été limitée à l'étude de la tradition manuscrite et à l'examen de quelques problèmes spécifiques : rémunérations du personnel de l'hôpital, dépenses du Pantocrator, liste des higoumènes.

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Gautier Paul. Le typikon du Christ Sauveur Pantocrator. In: Revue des études byzantines, tome 32, 1974. pp. 1-145.

doi : 10.3406/rebyz.1974.1481 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rebyz_0766-5598_1974_num_32_1_1481

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

Paul GAUTIER

Parmi les rares typika proprement byzantins conservés, environ une ving

taine1,

tain du Christ Sauveur Pantocrator, fondation de Vempereur Jean Comnène et de son épouse Irène de Hongrie, qui a le plus retenu Γ attention des savants

de plusieurs disciplines. Négligeant sa partie liturgique, qui manque effectiv ementd'originalité, ceux-ci se sont intéressés soit à Varchitecture et à la décorat iondes trois églises du monastère, dont le gros œuvre subsiste encore, soit surtout à Vorganisation de Vensemble hospitalier qui Vavoisinait : hôpital, hospice et léproserie séparée. Devant l'intérêt suscité par ce texte on est

à bon droit surpris de constater que, depuis presque un siècle qu'il est connu,

nul n'en ait entrepris l'édition critique et qu'on se soit satisfait du travail

c'est à ce jour incontestablement celui du monastère constantinopoli-

de Dmitrievskij, dont la médiocrité est pourtant patente : le texte n'est

été

établi que sur un seul manuscrit, qui n'est pas mauvais, mais qui

souvent faussement transcrit ; beaucoup de mots ont été sautés ; enfin, une ponctuation erronée, résultant d'une mauvaise compréhension, et surtout une présentation déplorable n'étaient pas de nature à encourager la lecture de ce document de grande valeur non seulement au point de vue monastique, mais

a

1. Parmi les listes les plus récentes de typika byzantins, nous signalons celles de H. Delehaye, Typica, p. 3-8 ; P. De Meester, Les typiques de fondation, Studi bizantini

neoellenici (= Atti del V Congresso internazionale di Studi Bizantini) 6, 1940, p. 496- 508 ; R. Janin, Le monachisme byzantin au Moyen Age. Commende et typica (xe- xiv« siècle), REB 22, 1964, p. 18-21. Comme il est généralement malaisé de déterminer

e

à

trop accusé les distinctions, les listes établies varient considérablement d'un auteur à l'autre : la classification à ce jour la plus satisfaisante nous a paru être celle proposée par P. De Meester.

quelle catégorie précise appartient tel ou tel règlement monastique et qu'on a parfois

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P. GAUTIER

encore au point de vue médical, social, économique et monétaire. Intéressé depuis longtemps par les typika de Vépoque des Comnènes, nous avons, non sans appréhension, décidé de commencer par Védition du plus ardu. Le cadre d'un article ne permettant pas de faire une étude approfondie des problèmes fort variés que ce texte soulève, nous nous sommes contenté d'offrir aux historiens un instrument de travail de consultation aisée. L'édition du document, accompagnée de sa traduction française et de notes explicatives abondantes, sera donc uniquement précédée d'une étude de la tradition manuscrite et d'un examen sommaire de l'organisation du complexe hospitalier : cet examen nous a paru indispensable, car, comme beaucoup d' œuvres de ce genre, celle-ci ne se recommande pas par la clarté de l'exposé*.

BIBLIOGRAPHIE

Je donne ici la bibliographie sur le sujet, en indiquant les abréviations utilisées pour les travaux plus fréquemment cités. Actes de Lavra : P. Lemerle, N. Svoronos, A. Guillou et Denise Papachryssanthou, Actes de Lavra. Première partie : Des origines à 1204, Paris 1970. Ahrweiler, Région de Smyrne : Hélène Ahrweiler, L'histoire et la géographie de la région de Smyrne entre les deux occupations turques (1081-1317), part

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Ducange, Glossarium : C. du Fresne Ducange, Glossarium ad scriptores mediae et infimae graecitatis, Bratislava 1891.

* Ce mémoire est tiré en brochure séparée, avec pagination identique.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

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P. GAUTIER

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LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

1. La tradition manuscrite

C'est à P. Bézobrazov que revient le mérite de la découverte du typikon du monastère du Pantocrator. Au cours d'un voyage dans l'empire ottoman il en trouva deux copies manuscrites, l'une dans la bibliothèque de l'Ecole théologique de l'île de Halki {codex 85), l'autre dans celle d'un Zanthiote, Stylianos Michaèlitzès. Malheureusement, au lieu d'en donner la version intégrale, il se contenta de décrire le codex 85 de Halki et de donner quelques courts extraits du typikon2, si bien que sa découverte ne connut pas le succès qu'elle méritait, même après le long compte rendu qu'en fit E. Kurtz3. Ce fut son compatriote, A. Dmitrievskij, qui édita le texte complet dans le premier tome de son Corpus des œuvres liturgiques4 : il s'était d'ailleurs contenté de copier, assez hâtivement, à en juger par ses erreurs de lecture, le manuscrit de Halki, et l'année suivante il publia les variantes du Parisinus graecus 389 qu'il avait découvert entre-temps5. L'explorateur infatigable qu'était S. Lampros fut beaucoup plus heureux : en juin 1902, il eut l'agréable surprise de dénicher l'original dans la bibliothèque du monastère pélo- ponnésien de Méga Spèlaion. Il est regrettable d'une part queN. Bées, qui avait remarqué et signalé les faiblesses du travail de Dmitrievskij, ait renoncé à entreprendre la réédition qu'il avait annoncée6, et d'autre part que Lamp ros, cet éditeur industrieux, se soit de son côté borné à reproduire de courts extraits de l'original qu'il avait découvert7. On est d'autant plus en situa tion de le déplorer que ce précieux document a disparu dans l'incendie qui, le 17 juillet 1934, ravagea la bibliothèque de ce monastère et, sur 351 man uscrits, n'épargna que trois évangiles. La perte est irréparable, parce que, contrairement à sa mère, Irène Doukaina, qui avait fait reproduire son typikon de la Théotokos Kécharitôménè en cinq exemplaires, trois sur parchemin et deux en bombycin, l'empereur Jean Comnène n'a certainement pas pris la précaution de multiplier le sien.

2. Règle de monastère inédite (en russe), ZMNP 254, 1887, p. 65-78.

3. BZ 2, 1893, p. 627-630 (titre dans la liste bibliographique).

4. Typika, p. 656-702.

5. Typika (Addenda et corrigenda), Trudy Kievskoj Duchovnoj Akudemii. décembre 1896, p. 527-546.

6. Parasèmciôseis, p. 234.

7. Prôtotypon, p. 393-399.

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P. GAUTIER

1. Le typikon original

Le manuscrit de Méga Spèlaion était un parchemin mesurant 0,25 sur 0,19 cm et comptant 88 ou 89 folios8. Il était écrit avec des lettres de grande taille, analogues probablement à celles du typikon de la Théotokos Kécha- ritôménè dont le Parisinus graecus 389 est un original. Le prologue était acéphale ; Bées estimait qu'il manquait en tête un ou deux folios, mais la lecture de la partie restante de ce long prologue laisse l'impression d'une lacune de bien moindre envergure. Le document n'était pas paginé : dans l'édition partielle de Lampros, les indications de folios, que nous avons reproduites pour que le lecteur puisse se faire une idée de la justification de ce manuscrit perdu, ne peuvent être originales, puisque cet éditeur fait commencer le premier folio avec le début du texte tronqué actuel. Ni Lamp ros ni Bées n'ont relevé les signatures des cahiers, qui seules auraient permis d'évaluer exactement l'étendue de la lacune. Le manuscrit avait appartenu antérieurement à Jean Nicolas Mavrocordato, drogman de la Porte, devenu en 1709 hospodar de Moldavie et en 1716 hospodar de Valachie9 ; ce bibliophile avait amassé dans sa résidence d'Istanbul une riche collection de manuscrits et de livres imprimés, qui fut dispersée dans les décennies qui suivirent sa mort (17 septembre 1730). Méga Spèlaion entra en posses siondu codex par l'intermédiaire de son métochion constantinopolitain de Blakseraï qui acquérait par don ou achat, pour le compte du monastère péloponnésien, les livres et manuscrits dont se défaisaient à l'occasion des familles phanariotes. L'acquisition ne fut apparemment pas antérieure aux dernières décennies du xvine siècle, puisque les trois copies que nous allons décrire maintenant ont toutes été faites à même l'original conservé dans la bibliothèque du voïvode.

2. Les trois apographes

Des trois copies récentes, qui dépendent toutes du typikon original de 1136, la plus ancienne est le Parisinus graecus 389. Ce dernier fut copié avant 1740, puisqu'il est signalé dans le tome deuxième (p. 54), paru cette même année, du catalogue des manuscrits de la Bibliothèque royale de Paris, avec la description suivante : Codex chartaceus, Constantinopoli

8. 88 selon Lampros, Prôtotypon, p. 393 ; 39 selon Bées, Parasèmeiôseis, p. 233.

9. Pour sa biographie, consulter la ThEE 8, 1966, col. 856-857 (N. Phoropoulos) ;

sur la famille, voir aussi K. Amantos, Alexandre Maurocordato l'exaporite (1641-1709), 'Ελληνικά 5, 1932, p. 335-350 ; E. Legrand, Généalogie des Maurocordato de Constanti noplerédigée d'après des documents inédits, Paris 1900.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

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nuper in bibliothecam regiam Hiatus, quo continetur Joannis Palaeologi

Is codex, ex alio exemplari quod

in illustrissimi Valachiae principis bibliotheca asservatur, descriptus est. L'auteur du catalogue a été induit en erreur par un feuillet inséré entre

les folios 1 et 2 et contenant la notice suivante : Codex chart., e codice ser. Moldaviae principis descriptus quo continetur Ioannis Palaeologi imperatoris typicon sive ordo recitandi divini officii per totum annum, desiderantur duo prima folia. Cette indication donnerait d'ailleurs à penser que le manuscrit fut copié entre 1709 et 1716, quand Jean Nicolas Mavrocordato était encore hospodar de Moldavie. Cette fausse attribution n'a pas non plus été r

imperatoris Constantinopolitani Typicum

emarquée

mentd'une mauvaise poésie intentionnellement laissée par le scribe Jean Paléologue au recto et au verso du f. 61, à dessein d'attribuer la paternité du typikon à son prétendu ancêtre, l'empereur homonyme, et de la soustraire à Jean Comnène, dont il avait pris la précaution d'omettre la signature qui aurait révélé sa supercherie :

par H. Omont10. La bévue du descripteur provient tout simple

61ν

Τω συντελεστή των καλών Θεώ χάρις. "Αναξ μεν τήνδε έκδέδωκε την βίβλον, ό Ιωάννης ό και Παλαιολόγος· ό δ' αδ την αυτήν μεταγράψας καλείται

'Ιωάννης Βυζάντιος Παλαιολόγος. Cette copie comprend 61 folios, avec trois feuilles blanches au début et autant en fin de volume. L'écriture est fine et pointue et, comme les écritures des siècles tardifs, peu agréable à déchiffrer ; les abréviations sont rares. Le codex 85 (cote récente 79) de l'Ecole théologique de Halki, actuell ementà la Bibliothèque patriarcale d'Istanbul, est un recueil de textes ecclé

siastiques

etc.), auquel le scribe a donné le titre suivant : Τυπικά ΚΤΗΤΟΡΙΚΑ και άλλα τινά παρεκβληθέντα άπό τε πρωτοτύπων και εξ ετέρων παλαιών αντ ιγραφών ώς εν τω πίνακι φαίνονται. Le texte du typikon de Jean Comnène figure aux folios 69-122v, entre la diataxis de Michel Attaliate (copié en mars 1761) et Yhypomnèna de Manuel Comnène rédigé à l'occasion du transfert d'une icône de s. Dèmètrios de Thessalonique au monastère du Pantocrator. Il a été copié en octobre 1749, comme en fait foi cette notice écrite au folio 122V, trois lignes au-dessous de la signature de l'empereur :

{typika, actes synodaux, profession de foi, testament, hypotypose,

10. Inventaire sommaire des manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale, I, Paris 1898, p. 40 : 389. Ioannis Palaeologi imperatoris typicum.

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P. GAUTIER

Άντεγράφη απαράλλακτος άπο χειρογράφου εν μεμβράναις βιβλίου, αύτοΰ φημι του πρωτοτύπου τυπικού σωζόμενου εν τη πληρέστατη βιβλιοθήκη του σοφωτάτου και άοιδίμου αύθέντου Νικολάου βοεβόδα Μαυροκορδάτου τη εν Κωνσταντινουπόλει, κατά μήνα οκτώβριον, ίνδικτιώνος δεκάτης τρίτης, Ιτους χιλιοστού έπτακοσιοστου τεσσαρακοστού έννάτου άπο της ένσάρκου οικονομίας. Ce manuscrit mesure 0,21 sur 0,16 cm et comprend 377 folios ; on compte en moyenne 20 lignes par page ; tous les accents sont aigus ; on remarque bon nombre de iotas souscrits sans objet ; l'écriture est ronde et assez lâche11. Le codex de Zanthe, autrefois propriété de Stylianos Michaèlitzès, donné par lui à la Bibliothèque Foscoliani, où il a reçu la cote 3 (67), est un manusc ritsur papier lisse mesurant 0,20 sur 0,28 cm et formé de 36 folios ; les folios 1-3V et 34V-36V ont été laissés en blanc, et il manque une feuille entre les folios 34 et 35. Contrairement à ce que nous avions d'abord cru12, le scribe a bel et bien utilisé l'exemplaire original de Mavrocordato, car il s'est efforcé par exemple d'imiter la signature autographe de Jean Comnène qui figurait en fin de texte et que nous connaissons encore maintenant en reproduction. Le manuscrit fut copié dans la seconde moitié du xviii" siècle par Philarète Michaèlitzès, qui devint métropolite d'Hungrovalachie en 1757. N. Bées, à qui nous empruntons les éléments de cette description, émet l'avis que le prélat entreprit cette tâche, parce qu'il crut trouver en Michaèlitzès Stypiôtès un haut fonctionnaire mentionné dans le typikon (1. 250), un ancêtre de sa famille. Comme ce scribe de fortune n'était pas entraîné à la lecture des manuscrits, sa copie fourmille d'erreurs (fausses lectures, abréviations mal résolues) et n'offre de ce fait qu'un intérêt très médiocre13. C'est, outre la difficulté d'en obtenir un microfilm et le fait que le texte établi à partir de Ρ, Η et des fragments recueillis par Lampros, est satisfaisant, la raison qui nous a incité à en négliger la collation.

2. L'organisation de l'ensemble hospitalier

Le règlement de l'hôpital et de l'hospice et les dispositions concernant la résidence affectée aux lépreux constituent la partie d'emblée la plus intéressante du typikon de Jean Comnène, et c'est la raison pour laquelle

11. On trouvera une description du contenu de ce codex, due à feu M. Emilianos,

12.

13.

bibliothécaire du patriarcat œcuménique, dans 'Ορθοδοξία 38, 1963, p. 201-209, 400-418.

Gautier, Obituaire, p. 237. Nous avons résumé les renseignements, au demeurant assez maigres, fournis

sur ce manuscrit par N. Bées, Έκθεσις ίστοριοδιφικών καΐ παλαιογραφικών ερευνών έν

Ζακύνθφ, Παναθήναια 7, 1907, ρ. 161 ; Idem, Parasèmeiôseis, p. 231-232.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

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elle a retenu l'attention des historiens, en particulier de Jeanselme et Œcono- mos (voir la liste bibliographique). Aucun autre document ne fournit en effet autant de renseignements sur l'organisation générale d'un établiss ementhospitalier à Byzance. Celui du Pantocrator se situe assurément, par ses dimensions et ses ressources, nettement au-dessus d'institutions contemporaines identiques, par exemple l'hôpital du monastère de la Théotokos Kosmosôteira près d'Aenos, fondé par le sébastocrator Isaac Comnène entre 1139 et 1152, mais il n'est pas acquis qu'il marquât un progrès dans l'organisation hospitalière du monde byzantin ; les mesures prises par l'empereur pourraient refléter grosso modo ce qui se faisait dans des établissements de moindre envergure14. L'hôpital du Pantocrator était prévu pour cinquante malades, hommes et femmes, souffrant des yeux, des entrailles, victimes de blessures, de frac

tures,

précisées. Ces patients étaient répartis en cinq salles (Ορδινος), de dimension

apparemment différente, puisqu'elles n'abritaient pas le même nombre

de lits. Celle des blessés comptait dix lits ; celle des malades atteints aux

yeux ou aux

réservées aux patients ordinaires, se partageaient sans doute à égalité les vingt lits restants. Chaque salle disposait en outre d'un lit supplémentaire pour des cas urgents, soit donc cinquante-cinq lits. A ce chiffre, il faut ajouter six lits percés, distribués d'une manière qui n'est pas indiquée. Soit

donc au total soixante et un lits, mais il est à remarquer que les dépenses et gra

tifications

ou encore atteints de maladies plus ou moins graves qui ne sont pas

entrailles, huit ; celle des femmes, douze ; les deux autres,

sont toujours calculées sur la base du chiffre de cinquante malades.

Le personnel médical

Ces cinquante patients étaient soignés par un personnel fort nombreux, puisqu'on dénombre presque un médecin ou un assistant par personne

14. Il faut toutefois observer que l'hôpital attenant au monastère de la Théotokos Kosmosôteira était pauvrement pourvu en personnel : les trente-six malades de cet établissement n'étaient servis que par huit serviteurs et n'étaient soignés que par un unique médecin (klasmatikos iatros). Cf. Petit, Kosmosôteira, p. 53-54. Les malades

logeaient apparemment tous dans une seule pièce (ibidem, p. 5521), avaient le même régime alimentaire que les moines du couvent, recevaient pour leurs menus besoins une pro vende mensuelle de six trachéa (ibidem, p. 547) ; leur literie était sensiblement identique

à celle des malades de l'hôpital du Pantocrator (ibidem, p. 53). Cette lésinerie du fonda teurn'est peut-être qu'apparente : il est probable que l'établissement n'était pas un

véritable hôpital ou xénon, mais un hospice ou gèrokomeion — c'est d'ailleurs le seul terme employé par le sébastocrator pour le désigner (ibidem, p. 65 39, 6722) — , semblable

à celui du Pantocrator, où le personnel de service n'était, proportionnellement au nombre des égrotants, guère plus nombreux.

10

P. GAUTIER

alitée, ce qui a conduit d'aucuns à se demander si, comme en Occident, plusieurs malades ne partageaient pas la même couche, supposition qui, en l'occurrence, n'a pas le moindre fondement. Le typikon énumère à deux reprises le personnel qui desservira l'hôpital ; on peut le répartir en deux catégories : personnel médical, à savoir médecins, assistants et servi teurs, et personnel chargé de l'intendance et de l'entretien général. Comme les deux listes manquent légèrement de précision, on doit les confronter pour évaluer le nombre complet des agents de l'établissement. Chaque section des hommes malades comptait deux médecins, trois

assistants titulaires, deux assistants surnuméraires et deux serviteurs, soit trente-six personnes au service de trente-huit malades répartis en quatre salles. A la salle des femmes étaient affectés deux médecins, une femme médecin, quatre assistantes titulaires, deux assistantes surnuméraires et deux (1. 943) ou trois (1. 1224) servantes, soit onze ou douze personnes pour douze patientes. Comme il y avait, en sus, un chirurgien herniaire à la disposition des cinq sections, on aboutit au chiffre de quarante-sept ou quarante-huit personnes. Au service exclusif du dispensaire, où venaient en consultation les habitants de la capitale, se trouvaient encore deux médecins généralistes, deux chirurgiens, quatre assistants titulaires et quatre assistants surnuméraires. Soit donc un total de soixante, ou soixante et un agents médicaux. Tel est l'état du personnel médical que permet de

dresser la première liste (1. 938-947). Mais, si l'on se reporte

des traitements, où est encore indiquée la spécialité de chaque agent, on obtient un chiffre légèrement supérieur : soixante-trois personnes. Ce dernier a chance d'être exact, bien que dans un endroit (1. 1215) Jean Com- nène ait omis de préciser le nombre des assistantes, que nous croyons être deux, si nous nous référons à un autre passage (1. 943). D'où provient l'erreur ? Le personnel du dispensaire et de la section des femmes est assez facile à évaluer : douze plus onze (ou douze), soit vingt-trois ou vingt-quatre personnes, non compris le chirurgien herniaire. Il est plus difficile de dresser l'état de celui des quatre salles masculines. Il comprend apparemment trente-six membres, non compris toujours le chirurgien herniaire, mais faut-il lui adjoindre les deux médecins préposés au service de l'infirmerie du monastère qui émargent au budget (1. 1190) ? On ne sait ; il est dit ailleurs (1. 1067) que ceux-ci sont pris parmi les surnuméraires de l'hôpital ; or on n'y signale pas de médecins surnuméraires. Quoi qu'il en soit, on n'obtient toujours que le chiffre global de soixante-deux. Il n'en demeure pas moins que soixante-trois agents, ou plus exactement soixante-cinq, car il faut leur adjoindre les deux primiciers ou inspecteurs médicaux,

à la liste

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

11

recevaient des émoluments pour s'occuper des malades, et c'est ce dernier état que l'on retiendra.

Organisation de Vhôpital

Des indications passablement désordonnées, éparses dans le typîkon, il apparaît que les soins des malades étaient assurés de la manière suivante. Les deux chirurgiens-chefs desservaient la salle des grands blessés ; les deux prôtomènitai ou médecins-chefs, celle des malades atteints aux yeux ou aux entrailles ; enfin, les quatre médecins, les deux salles occupées par les malades dits ordinaires. Au dispensaire étaient affectés deux généralistes ou médecins consultants, et deux chirurgiens, qualifiés de surnuméraires, qui desservaient aussi à l'occasion la section des femmes. Celle-ci disposait de deux médecins et d'une femme médecin. Deux médecins, qualifiés aussi de surnuméraires, veillaient sur les malades de l'infirmerie du monastère. La présence de deux médecins à la tête de chaque section s'explique par la règle de l'alternance : l'empereur prescrit en effet que chaque médecin ne pratiquera à l'hôpital qu'un mois sur deux, mais il omet d'indiquer si cette règle concernait également les assistants et l'unique femme médecin, dont la rémunération était pourtant de moitié inférieure à celle de ses deux collègues masculins. Ajoutons encore un chirurgien herniaire au service de l'ensemble de l'hôpital. Les cinquante malades étaient enfin inspectés chaque jour par des primiciers, deux en tout, qui se relayaient dans cet emploi un mois sur l'autre. Ces médecins étaient l'indique' secondés par des assistants et des assistantes, dont

d'ailleurs le terme hypourgos, était analogue à

le rôle, comme

celui des infirmiers de nos hôpitaux. Les uns étaient titulaires, les autres surnuméraires, mais tous étaient, quoique inégalement, rétribués. Chaque section masculine comptait trois assistants titulaires et deux surnuméraires ; la section féminine, quatre assistantes titulaires et deux surnuméraires. Au dispensaire se trouvaient quatre assistants titulaires et quatre surnumér

aires,deux d'entre eux, sans doute un titulaire et un surnuméraire, des servant aussi le monastère alternativement chaque mois. Ce nombre plus considérable d'assistants que de médecins doit tenir au fait qu'en plus de leur service de jour régulier, ces agents subalternes assuraient à tour de rôle une garde de nuit dans leur service respectif. Chaque section masculine disposait en outre de deux serviteurs, et celle des femmes de deux servantes, chargés de la propreté des locaux et de la distribution de la nourriture aux malades ; ils se relayaient, semble-t-il, un jour sur deux.

12

P. GAUTIER

Le personnel administratif

En plus de ce personnel chargé exclusivement du traitement des malades hébergés dans l'hôpital ou venant en consultation de l'extérieur, l'établiss ementcomptait encore deux autres catégories d'agents, les uns chargés de l'administration, les autres de l'entretien général et des besognes manuell es.Dans la première catégorie on doit ranger le nosokomos, peut-être un moine du monastère, qui paraît avoir été le gérant, voire le directeur de l'hôpital, un meizotéros ou intendant général, deux comptables, un pharmacien-chef secondé par cinq herboristes, et un didascale qui assurait l'enseignement de la médecine aux enfants des médecins employés au Pantocrator. L'autre catégorie comprenait des serviteurs affectés aux besognes les plus variées, requises par l'entretien de ce complexe hospitalier : un prêtre pour la chapelle des hommes et un autre pour celle des femmes ; un autre prêtre spécialisé dans les enterrements ; un lecteur pour chaque chapelle ; un huissier et un portier ; deux cuisiniers, effectif étonnamment modeste ; un pourvoyeur ou dépensier ; deux boulangers et un meunier ; un écuyer, qui prenait en charge les chevaux des médecins à leur arrivée à l'hôpital ; un récureur de chaudrons ; un chaudronnier, qui était aussi tonnelier ; cinq blanchisseuses ; un égoutier ; un repasseur, affecté à l'entretien des instruments chirurgicaux ; enfin quatre fossoyeurs, indice d'un taux de mortalité important. Soit au total cent trois personnes pour cinquante ou au maximum soixante et un malades.

3. Les rémunérations du personnel

Tout ce personnel recevait des émoluments en espèces et en nature sur

les revenus des biens fonciers dont Jean Comnène avait abondamment pourvu sa fondation. Les trois catégories d'agents susmentionnés émarg eaient au budget général dans des proportions dont un tableau schématique fera mieux qu'une enumeration ressortir la différence. La variété des él

éments

qui le composent nous a imposé le recours aux

sigles suivants :

η = nomisma non spécifié ;

no = nomisma or,

le mieux

coté

à ce jour ;

nh = nomisma

hyperpyron ;

nhk = nomisma

hyperpyron

kainourgion ;

nk = nomisma

kainourgion ;

m = modios non spécifié ; ma = modios

annonique ; mma = modios maritime ; mmo = modios monastique. On trouvera en note les éléments, tels que les gratifications, qui n'ont pu entrer dans ce tableau.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

13

1. Personnel de l'hôpital

A. Personnel médical ligne agent nombre roga prosphagion annone (blé) 1178 primicier 2 7 1/2
A. Personnel médical
ligne
agent
nombre
roga
prosphagion
annone (blé)
1178
primicier
2
7
1/2 no
1/2 no
45
ma
1182
prôtomènitès
2
7
no
1/2 η
38
m
1185
chirurgien-chef
2
7
no
1/2 η
38
m
1186
médecin (sect, masc.)
4
6
1/2 no
1/3 η
36
m
1188
médecin (sect, fémin.)
2
6
no
1/3 η
36
m
1190
médecin (du monastère)
2
4
no
1/4 no
30
m
1192
généraliste (dispensaire)
2
4
no
1/4
30
m
1193
chirurgien surn. (dispens.)
2
4
no
1/4 η
30
m
1198
femme médecin
1
3
no
inclus
26
m
1211
assistant titulaire
16
2
1/2 nk
1/6
24
m
1211
assistante titulaire
4
2
1/2 nk
1/6
24
m
1215
assistant surnuméraire
8
2
nk
1/12
20
m
1215
assistante surnuméraire
2(7)
2
nk
1/12
20
m
1222
assist, surn. (dispens.)
4
2
1/2 nk
1/12
20
m
1224
serviteur
8
4
nk
1/4
30
m
servante15
1224
3
4
nk
1/4
30
m
1281
chirurgien herniaire
1
3
1/3 nkh
1/3
30
ma
total :
65
235, 1/3
1 774 ma
=
14 859 kg
B.
Personnel administratif
1195
nosokomos
1
8
no
2/3 no
50
m(a)
1315
didascale des médecins16
1
8
no
2/3 no
50
m
1200
comptable
2
3
no
1/6 η
28
m
1202
meizotéros
1
4
no
1/3 η
36
m
pharmacien-chef17
1205
1
3
1/2 1/3 no
1/3 no
1217
herboriste titulaire
3
3
1/3 nk
1/6 η
24
m
1220
herboriste surnuméraire
2
2
1/2 nk
1/12 η
20
m
total :
11
43, 1/2 1/3
304 m(a)
= 2 669 kg

15. Les huit serviteurs et les trois servantes recevaient en outre, comme mensualité,

huit trachèa chacun par mois.

16.

17.

Le nosokomos et le didascale des médecins, qui avaient le même traitement, rece en plus de la rémunération indiquée, 60 modioi d'orge et 1 000 bottes de foin

vaient,

(pour leur cheval).

L'annone du pharmacien-chef est omise, mais il est spécifié qu'il reçoit avec

ses cinq adjoints 25 nomismata trachéa à titre de prosphagion, 42 modioi annoniques de blé, un théotokion pour les cribles et, au mois de mai, au moment de la cueillette des simples, une roga de 6 nomismata hyperpères anciens et 9 modioi annoniques de blé.

14

P. GAUTIER

C. Personnel de l'intendance ligne agent nombre roga prosphagion annone (blé) 1227 prêtre (chapelles)18 2
C. Personnel de l'intendance
ligne
agent
nombre
roga
prosphagion
annone (blé)
1227 prêtre (chapelles)18
2
6nk
inclus
24
mma
1231 lecteur19
2
3
nhk
inclus
12
mma
1247 prêtre (funérailles)20
1
3nk
inclus
20
m
1234 huissier21
1
3nk
inclus
24
m
1249 fossoyeur
4
2nk
12
ma
1251 portier
1
2 1/3 nhk
1/6
15
ma
1237 récureur de chaudrons
1
3 nhk
1/4
30
ma
1240 cuisinier
2
3
nhk
inclus
30
ma
1240 dépensier
1
3
nhk
inclus
30
ma
1243 blanchisseuse22
5
1
1/2 nhk
12
ma
1253 boulanger
2
4
nhk
1 nhk
30
ma
1256 écuyer
1
4
nhk
24
ma
1267 meunier 2 3
1
1
ou 2 nhk
8 ou 16 ma
1269 égoutier
1
2
nhk
1/6 nhk
15
mmo
1276 repasseur
1
1
1/2 nhk
1/6
12
ma
1284 chaudronnier
1
2
nhk
20
ma
total :27
73, 1/3 nhk
491 ma
15 mmo
= 4 326,600 kg

2. Personnel

DE l'ElÉOUSA

813 prêtre (premier) 2 15 nh 25 mma 814 prêtre 6 14 nh 25 mma
813
prêtre (premier)
2
15
nh
25
mma
814
prêtre
6
14
nh
25
mma
816
diacre
10
13
nh
24
mma
818
domestique
2
13
nh
24
mma
818
laosynaktès
2
12
nh
20
mma
819
chantre
16
12
nh
20
mma
820
canonarque
4
6nh
15
mma
821
orphelin
8
6nh
15
mma
graptè24
825
4
4nh
12
mma
total
:
54
574 nh
1
076 mma
13 770,800 kg

18. Chacun des deux prêtres des chapelles de l'hôpital recevaient de surcroît 18 modioi

maritimes de vin.

19. Chacun des deux lecteurs obtenaient encore 9 modioi maritimes de vin et 4 nomis-

mata (trachéa évidemment) par mois, soit un hyperpère par an.

Il percevait en outre 4 nomismata trachéa chaque mois.

20.

21. L'huissier, le récureur de chaudrons, le cuisinier, le dépensier et les cinq blanchis

seusesrecevaient aussi en plus 4 trachéa par mois, soit par an 48 (4 χ 12) trachéa, c'est-à- dire un hyperpère par personne.

le typikon du christ sauveur pantocrator

15

3. Personnel de l'hospice

ligne agent nombre roga annone (blé) 1368 prêtre 1 6nh 24 mma (blé) + 18
ligne
agent
nombre
roga
annone (blé)
1368 prêtre
1
6nh
24
mma (blé)
+ 18 mma (vin)
1370 lecteur
1
3nh
12
mma (blé)
+
9 mma (vin)
1387 serviteur25
6
2nh
20
mma (blé)
total :
8
21 nh
156 mma (blé)
+
27 mma (vin)
= 1 996,800 kg (blé)
+ 276,750 l(vin)

L'examen de ces tableaux permet de faire quelques observations. On constate tout d'abord que le personnel médical féminin (assistantes titu laires et surnuméraires) perçoit, à équivalence d'emploi, exactement le même traitement que le personnel médical masculin, exception faite toute foisde la femme médecin qui, pour une raison qui nous échappe, reçoit, en numéraire et en nature, moitié moins que ses deux collègues de la section féminine. D'autre part, le personnel médical proprement dit est bien mieux rétribué que les agents administratifs, si l'on prend en considération que les médecins ne travaillaient qu'un mois sur deux, mais nous ignorons, il est vrai, si ces derniers avaient l'autorisation de pratiquer en privé durant leurs congés. Le chirurgien herniaire est plutôt mal loti : il est payé à peine plus que les cuisiniers, et bien moins que les boulangers ; la raison en est sans doute qu'il était, de par sa spécialité, moins occupé que ses collègues. Il y a enfin et surtout dans le premier tableau une différence paradoxale de rémunération : les huit serviteurs des quatre salles masculines et les trois servantes de la section féminine perçoivent presque moitié plus que les assistants titulaires ou surnuméraires, et ceux-ci sont, d'autre part, moins bien rémunérés qu'un récureur de chaudrons ou un cuisinier. Il est possible que cet écart de salaire tienne au fait que le personnel de l'inten-

22. A chacune des cinq blanchisseuses on distribuait en plus chaque dimanche 12

folleis pour acheter du savon, soit par personne et par an 624 (12x52) folleis, et un total

annuel de 3 120 folleis, ce qui fait un peu plus de 10 hyperpères.

23.

Son salaire était fonction du nombre de meules, une ou deux : dans le premier

cas, son salaire était réduit de moitié.

 

24.

Orphelins et graptai se partagaient, en plus, une gratification hebdomadaire de

2

nomismata hyperpères.

25.

A ces six serviteurs on accordait, en plus, à chacun 16 modioi maritimes de vin,

2

modioi maritimes de légumes secs et 50 livres de fromage.

16

P. GAUTIER

dance travaillait à temps plein, tandis que les assistants et assistantes n'exer çaient peut-être qu'un mois sur deux, ce que leur nombre, à défaut d'autre indication, permet de supposer. Mais l'explication est loin d'être satisfai sante: même considéré sous cet aspect, le salaire des assistants travaillant à temps plein ne dépasserait pas celui du boulanger ou celui de l'écuyer. On aura d'autre part remarqué que le numéraire versé au personnel de l'hôpital, à titre de roga ou traitement, reçoit plusieurs appellations :

νόμισμα χρυσοΰν προτιμώμενον, νόμισμα καινούργιον προτιμώμενον, νόμισμα ύπέρπυρον καινούργιον, νόμισμα ύπέρπυρον. Ces monnaies sont-elles identiques entre elles ? Il ressort du texte que le nomisma hyperpyron kai- nourgion est identique au nomisma kainourgion protimôménon (comparer 1. 1226 et 1230, 1246 et 1250). Mais qu'en est-il des autres ? D'après Hen- dy26, le νόμισμα χρυσοΰν n'est rien d'autre que le nomisma hyperpère, et ce spécialiste est aussi d'avis27 que ces dénominations diverses ne cachent aucune variété monétaire et qu'elles désignent toutes le nomisma hyperpère, dont le titre était compris entre 20 et 21 carats. Autrement dit, tous les employés de l'établissement hospitalier étaient payés en pièces d'or, ou plus vraisemblablement recevaient en monnaie divisionnaire la somme indiquée en monnaie d'or. S'il en va bien ainsi, force est de reconnaître que les disparités salariales, compte tenu des compétences et des responsab ilitésdes personnes, étaient considérables. Ainsi la rémunération des prêtres de l'hôpital et du prêtre de l'hospice était deux fois supérieure à celle de la femme médecin ; les boulangers, l'écuyer, les serviteurs et les servantes recevaient autant que le meizotéros ou intendant général, le récureur de chaudrons et l'huissier autant que la femme médecin, le cuisi nier et le dépensier plus que les assistants titulaires ; et l'on pourrait relever d'autres disproportions aussi étranges. Nous ne sommes pas qualifié pour discuter de l'identification monétaire proposée, mais on doit reconnaître que les comparaisons précédentes, basées sur celle-ci, suscitent la perplexité. Nous constatons d'autre part que les rémunérations en νόμισμα χρυσοΰν coïncident (1. 1178-1210) avec les postes de haute responsabilité, médicale ou administrative, vingt-quatre personnes au total, et que celles en nomisma kainourgion, appelé aussi nomisma hyperpyron kainourgion, commencent avec l'énumération (1. 1211) des emplois subalternes. S'il s'agit du même type monétaire, on ne saisit pas la raison d'une pareille distinction. Si l'on accepte l'hypothèse que les salaires sont tous calculés sur la base d'une monnaie de même valeur, l'hyperpère, les quatre tableaux précédents

26. Coinage,p.3$.

27. Ibidem, p. 34-37.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

17

permettent de dresser une échelle des rémunérations à l'intérieur d'un établissement spécialisé et de constater que l'éventail des rétributions, compte tenu des compétences, n'était pas négligeable. Laissons de côté le cas des praticiens dont il faudrait doubler la somme qui leur est allouée, puisque les médecins, et peut-être aussi les assistants, n'exerçaient à l'hôpital qu'un mois sur deux. Les émoluments de cette catégorie d'agents ne présen tentpas de disparité : ils sont apparemment calculés en fonction des compét ences, des responsabilités et de l'ancienneté ; seule la femme médecin paraît défavorisée. En ce qui concerne les autres employés, le sommet de la hiérarchie salariale est occupée par le nosokomos, ou directeur général

de l'établissement, et le didascale ; à la base figurent, dans l'ordre, le repasseur, les blanchisseuses et le meunier ; l'écart qui sépare ces extrêmes est dans le rapport de 8 à 1 1/2 ou 1 nomisma. Dans les degrés intermédiaires, l'ordre des rémunérations est déconcertant, en ce sens que des emplois qui requiè rentune bonne qualification professionnelle sont rétribués au même taux que des besognes manuelles. On alloue 6 nomismata aux trois prêtres des chapelles ; 4 nomismata au meizotéros ou intendant général, aux onze serviteurs et servantes, aux boulangers et à l'écuyer ; 3 nomismata 1/2 1/3 au pharmacien-chef ; 3 nomismata 1/3 aux trois herboristes titulaires ;

3 nomismata au prêtre chargé des funérailles, aux deux comptables, aux

deux lecteurs, à l'huissier, au récureur de chaudrons, aux deux cuisiniers et au dépensier ; 2 nomismata 1/2 aux deux herboristes surnuméraires ;

2 1/3 au portier ; 2 nomismata à l'égoutier, aux quatre fossoyeurs, au chau

dronnier

Grâce à une indemnité mensuelle de 4 trachea par mois, certains employés médiocrement rétribués, comme les deux lecteurs de l'hôpital, l'huissier, le récureur de chaudrons, les deux cuisiniers, le dépensier et les cinq blan chisseuses, voyaient leur salaire s'accroître d'un hyperpère par an et attein dre,à l'exclusion de ces dernières, la somme des 4 nomismata annuels. Mais ce supplément ne fait qu'aggraver le déséquilibre salarial constaté, car il place des emplois aussi modestes que ceux qu'on vient d'énumérer sur le même plan que celui d'un responsable important comme le meizotéros. D'autre part, les rémunérations du personnel de l'église de l'Eléousa sont, comparativement, anormalement élevées ; elles atteignent pour la roga le double, voire le triple, des autres salaires, et nous ne trouvons pas d'expli cation satisfaisante à pareille différence de traitement.

et aux

six serviteurs de l'hospice.

Les gratifications

Quoi qu'il en soit de ces anomalies, il faut encore signaler que les agents de l'établissement hospitalier bénéficiaient de gratifications qui constituaient

18

P. GAUTIER

un appoint appréciable en numéraire, mais difficile à évaluer. Tout le personnel de l'hôpital en faisait l'objet en certaines occasions. Quatre fois l'an, aux commémoraisons d'Alexis Ier Comnène (16 août), d'Irène de Hongrie (13 août), de Jean II Comnène (8 avril) et du basileus Alexis Comnène (été), on lui distribuait la somme, évidemment globale, de 4 nomismata hyperpères, soit presque 2 trachea par personne. Trois samedis par an {Apokréô, Tyrophagie et Pentecôte), il se partageait 250 folleis. Il recevait encore à la Transfiguration 50 trachéa et 920 tétartèra ; à la fête des saints Anargyres (1er novembre) 15 trachéa ; à la Purification 309 tétartèra ; le jeudi saint 42 trachéa, outre 3 nomismata hyperpyra pour

l'achat de cierges. Les cinq excubiteurs, ou gardes de nuit, et les cinq servi teurs des sections étaient nourris à l'hôpital durant leur tour de service, soit, semble-t-il, un jour sur trois. Le typikon donne très peu de renseignements sur le coût des denrées, qui permettrait d'évaluer le pouvoir d'achat de la monnaie distribuée. L'achat de savon requis pour le lavage de la lingerie des cinquante malades revenait chaque semaine à 60 folleis (12 folleis par blanchisseuse), soit

par an à 3 120 folleis équivalant à un peu plus de

aux malades, ils recevaient chacun 3 folleis chaque semaine pour acheter leur savon, soit presque un demi-hyperpère par an. Pour le vin et toute autre consolation alimentaire non précisée, chaque malade recevait par jour un nomisma trachy, soit approximativement 7 hyperpères 1/2 par an. Ce sont là des sommes considérables qu'on se refuse à prendre en considération pour évaluer le coût de la vie, car elles obligeraient à conclure que les salaires accordés, même les plus élevés, étaient des salaires de misère.

10 hyperpères. Quant

4. Le régime alimentaire

II est impossible de calculer la dépense consentie pour l'entretien et le fonctionnement du complexe hospitalier (hôpital, hospice et léproserie), et cela pour plusieurs raisons : une dépense quelconque est indiquée tantôt en numéraire de plusieurs types, tantôt pour les denrées comestibles et les médicaments d'après plusieurs espèces de modioi, tantôt pour une somme globale, sans indication de la quantité des produits à acquérir. Dans ce fourmillement de renseignements en tous genres, on peut toutefois relever la ration quotidienne perçue en argent et en nourriture par les malades de l'hôpital et les vieillards de l'hospice. Le régime alimentaire de l'hôpital était strictement végétarien ; on ne servait jamais ni viande ni poisson, mais uniquement du pain, en grande quantité, et des légumes.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

19

On distribuait quotidiennement à chacun des cinquante malades et à chacune des onze personnes préposées à leur service un pain blanc pesant environ 850 grammes. Pour l'alimentation du même nombre de gens, l'empereur prévoit l'allocation journalière d'un modios maritime de fèves

et d'un boisseau identique d'un autre légume sec, ce dernier étant souvent remplacé par le même poids en légumes frais, le tout accommodé à l'huile ; comme un boisseau maritime équivaut à 12 800 grammes, cela correspond par tête à 210 grammes de l'une et l'autre denrée, quantité ramenée à 105 grammes quand on servait comme légume sec des pois. Ce menu s'en

richit

encore de presque deux têtes d'oignons par personne. La boisson

courante est le vin, que les Byzantins avaient accoutumé de boire coupé

d'eau ; la quantité distribuée à chacun n'est pas indiquée, mais on donnait

à chacun un nomisma trachy par jour pour le vin et toute autre consolation, une somme considérable où la boisson n'entrait sans doute que pour une

faible part. Il est probable qu'on leur allouait à peu près la même quantité de vin qu'aux invalides de l'hospice : un demi-litre. D'après Jeanselme- Œconomos28, cette quantité de nourriture dégageait quelque 3 300 calories par jour et avoisinait très sensiblement la ration type. Le régime alimentaire des impotents, perclus et boiteux, de l'hospice était plus frugal que celui des malades. A chacun des vingt-quatre pension nairesl'empereur allouait annuellement : 20 modioi maritimes de pain, 18 mesures maritimes de vin, 2 modioi maritimes de légumes secs, 50 livres de fromage, 1 mesure maritime d'huile, 3 peisai (mesure indéterminée) maritimes de bois de chauffage et 2 nomismata hyperpyra pour la roga et l'habillement. Calculées en mesures métriques, ces données correspondent

à une ration quotidienne de 715 grammes de pain, d'un demi-litre de vin,

de 70 grammes de légumes secs, de 44 grammes de fromage et de 24 grammes d'huile, soit selon Jeanselme-Œconomos29 une consommation journalière de 2 500 calories, laquelle était bien suffisante pour des invalides qui ne produisaient aucun effort.

5. Les dépenses du Pantocrator

II est impossible de dresser un état exact des sommes annuellement dé pour l'administration des bâtiments qui constituaient l'ensemble

boursées

du Pantocrator : monastère principal et monastères affiliés, hôpital, église

28. Hôpitaux byzantins, p. 13.

29. Ibidem, p. 18.

20

P. GAUTIER

de PEléousa, chapelle funéraire, hospice et léproserie ; et cela pour plusieurs raisons : le fondateur emploie plusieurs types monétaires pour les paiements, les gratifications et les aumônes, en en précisant rarement l'espèce ; il ne chiffre pas toujours toutes les dépenses envisagées, par exemple pour la nourriture des moines et des lépreux, l'achat de cire et de médicaments, etc. Exception faite des dépenses prévues pour le monastère et la léproserie, sur lesquelles nous n'avons pas le moindre renseignement, on peut, en s 'appuyant sur les chiffres fournis, brosser un tableau global, et par consé quent plus évocateur que juste, des dépenses en numéraire et en denrées de toutes espèces. Nous en dresserons d'abord la liste par établissement, puis nous calculerons le coût général. Pour l'église du monastère, les distributions en numéraire atteignent 18 nomismata or (hyperpères), et celles de pain s'élèvent à 11 668 kg, ce dernier montant étant calculé sur la base du modios maritime (12,8 kg), indiqué seulement en fin d'enumeration (1. 458). Les clercs de l'église de l'Eléousa distribuaient chaque année aux pauvres

762

nomismata hyperpères ; pour l'entretien de l'église, le monastère livrait

260

kg de gruau, 260 kg de farine de froment, 266,500 litres de vin et

8,320 kg d'encens. A quoi il faut ajouter les traitements des cinquante- quatre personnes placées par l'empereur au service de ce sanctuaire :

574 nomismata hyperpères à titre d'émoluments (rogà) et 13 770,800 kg

de

L'oratoire de Saint-Michel recevait chaque année pour les pains d'obla- tion 99,840 kg de blé, et pour les aumônes à distribuer aux pauvres 150 no

mismata

Les dépenses de l'hôpital étaient naturellement beaucoup plus import antes. Pour l'achat des denrées nécessaires à la confection des médicaments, pour l'achat du vin des malades, de leur savon, de divers ustensiles, pour les mensualités de certains agents et pour les aumônes, on déboursait en nu méraire 221 nomismata hyperpères 1/2, 20 600 trachéa (soit 430 nomismata hyperpères), 4 320 folleis (soit 15 1/2 nomismata hyperpères), 12 théotokia, 2 nomismata trachéa aspra, 67 nomismata tricéphales, 6 nomismata hyper

pères anciens et 1 229 tétartèra. Les denrées diverses étaient les suivantes :

104,800 kg de pain, 1 553,700 kg de blé, 620,700 litres de vin, 888,180 litres d'huile, 852 litres de miel, 717,500 litres de vinaigre, 87 000 kg de bois de chauffage, 32 kg de cire, 614 kg de gruau, 100 litres tzigika de sucre, 3 ton

neaux

blé au

titre de l'annone.

hyperpères.

de raisin, 2 tonneaux de grenade, 4 tonneaux de raisin sauvage,

6 175,700 kg d'orge, 492 litres de moût, 307 kg de graines de lin, 307 kg de sel, 82 kg de riz, 82 kg d'épeautre, 184 kg d'amandes, 20,500 litres d'amidon,

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

21

5,120 kg de farine de fève, 5,120 kg de lentilles, 5,120 kg de millet, 5,120 kg de pois chiches, 2,500 kg de vesces noires, 20,480 kg d'olives marinées, 41 kg de raisin sec, 123 kg de figues sèches, 16 kg d'essence de rose, 3,840 kg de cierges, 1,920 kg d'encens. Les traitements des cent trois agents de l'hôpit alse montaient en numéraire à 134 nomismata or 1/2 1/3 et 215 nomismata hyperpères récents, et en annone à 21 860 kg de blé. Pour l'entretien des vingt-quatre impotents de l'hospice, le monastère versait : en numéraire, 51 nomismata hyperpères, et en denrées diverses,

6 144 kg

de pain, 4 667 litres de vin, 645,600 kg de légumes secs, 490 kg de

fromage, 221,500 litres d'huile, 9 216 kg de bois de chauffage, 76,800 kg de blé, 7,680 kg de cire, 2 kg d'encens. Les traitements du personnel s'élevaient en numéraire à 21 nomismata hyperpères et en annone à 2 000 kg de blé. Le coût global de l'entretien de l'hôpital, de l'hospice, des églises de l'Eléousa et de Saint-Michel revient, pour le numéraire le plus couramment employé, à 2 375 hyperpères et 216 hyperpères récents, et pour les denrées les plus communes, à 17 917 kg de pain, 39 362 kg de blé, 5 554 litres de vin,

1 110 litres d'huile et 96 216 kg de bois de chauffage. L'ensemble de ces dépenses, tout à fait approximatives parce que très incomplètes, paraît de prime abord impressionnant, mais il ne fait pas le moindre doute que celles-ci étaient loin d'épuiser les immenses revenus que le Pantocrator tirait de ses propriétés. Prenons en guise d'illustration un seul exemple : la dépense en numéraire s'élève à quelque 2 600 hyperpères, soit environ 36 livres, or nous voyons le monastère racheter au sebastocrator Isaac Comnène un de ses chôria, celui de Gastibiléa en Thrace, pour la somme de 16 livres d'hyperpères.

6. Les higoumènes du Pantocrator

La liste des higoumènes du Pantocrator se réduit en l'état actuel de nos connaissances à quelques noms. Jean Comnène n'a pas pris soin de mention

nerdans son typikon le nom de celui à qui il confia la direction de sa fon

dation. On ne peut cependant douter de la présence

tête du monastère à la date de la signature du document en octobre 1136, puisque l'empereur le signale au début de la liste des personnes habilitées à desceller et exécuter son testament secret, au cas où il décéderait au cours de l'expédition militaire imminente (1136-1138).

d'un supérieur à la

Quoi qu'il en soit, le premier higoumène connu est Joseph Hagiogly- kéritès, ainsi dénommé parce que c'était un ancien moine du couvent de

22

P. GAUTIER

l'îlot minuscule de Haghia Glykéria, sis au sud du cap Akritas dans le golfe de l'actuel Touzla30. Dans ce monastère dédié à la Théotokos Panta- nassa31 fut interné vers 816 l'iconodoule saint Nicétas32 ; c'est là aussi que Jean Zonaras, exilé, se fit moine et écrivit ses ouvrages33 ; l'îlot est encore mentionné dans une novelle de Manuel Comnène datée de 115834. Joseph est attesté comme higoumène du Pantocrator à deux reprises, une fois en 1149, uniquement avec son prénom, dans un document concernant le trans fertd'une icône de s. Dèmètrios de Thessalonique au Pantocrator35, une autre fois, à une date indéterminée, au début du Sinaiticus 339 : ce codex en parchemin fut offert au monastère de la Théotokos Pantanassa de l'île de sainte Glykéria par l'higoumène du monastère impérial du Pantocrator le moine Joseph Hagioglykéritès36. Il fut un ami et un correspondant de Jean Tzetzès37. Le sceau de Joseph a été conservé38. Sa présence à la tête du Pantocrator pose un problème : Jean Comnène défendait expressément qu'un exômonitès fût choisi comme higoumène de sa fondation, or Joseph l'était, puisqu'en 1136 la Théotokos Pantanassa ne faisait pas partie des monastères affiliés au Pantocrator. Restent deux explications : ou Joseph fut nommé d'autorité par l'empereur lui-même dès 1136, ou bien ce mon astère entra dans le patrimoine du Pantocrator entre 1136 et 1149. Il a dû mourir vers 1154-1155. Dans une lettre adressée à Georges Kladôn, Jean Tzetzès fait allusion, dans un style imagé, à la mort de « la vertu des moines » et à la mutilation ( = décès) de « la langue et de l'œil de la sainte gérousia39 ». Or nous apprenons par le scholiaste40 que la première image désigne l'higo umènedu Pantocrator Joseph, et la seconde l'archevêque d'Ephèse, Jean

30. Cf. J. Pargoire, Les monastères de saint Ignace et les cinq plus petits îlots de

l'archipel des Princes, IRAIK 7, 1901, p. 62 ; R. Janin, Autour du cap Acritas, EO 26, 1927, p. 290-291.

31. Cf. Laurent, Corpus des sceaux, V, 2, p. 209-210.

32. AASS, Avril, I, p. 264, n° 44 ; J. Pargoire, Saints iconophiles, EO 4, 1900-1901,

p. 350 et n. 5.

33. Annales, ix, 31 : Bonn, II, p. 29721~22 (îlot anonyme) ; Th. Büttner-Wobst, BZ 5,

1896, p. 611 ; Idem, Die Verehrung der heiligen Glykéria, BZ 6, 1897, p. 98-99.

34.

Zachariae a Lingenthal, JGR, III, p. 450 = PG 137, 9364.

35.

A. Papadopoulos-Kérameus, AIS, IV, Saint-Pétersbourg 1897, p. 24027.

36.

V. Gardthausen, Catalogus codicum graecorum Sinaiticorum, Oxford 1886,

p. 72.

37.

Lettres 51, 53, 54, 70, 79 : Tzetzès, Epistulae, p. 72-73, 74, 74-75, 99-100, 117-

118.

38. Laurent, Corpus des sceaux, V, 3, n° 1907.

39. Tzetzès, Epistulae, p. 1381"2.

40. Ibidem,?.!!!.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

23

Kolpôtos. Comme les deux événements semblent contemporains et qu'à Jean Kolpôtos succéda, vers le milieu de 1155, Georges Tornikès41, nous en déduisons que Joseph est décédé vers 1154-1155. Le second higoumène attesté est Théodose de Villehardouin, communé mentappelé le Prince, parce qu'il était issu de la famille des Villehardouin implantée en Morée. Il vivait dans un monastère de la Montagne Noire, quand il fut appelé par Michel VIII Paléologue à la tête du Pantocrator42, sans doute vers 1261-1262. En février 1265, il fut envoyé en ambassade auprès du khan des Mongols, Hulagu, avec mission de négocier un mariage entre ce prince et Marie, une fille bâtarde de l'empereur43. Quelque temps après son retour, il démissionna et se retira, à Constantinople, dans une cellule du monastère des Hodèges44. D'aucuns pensèrent à lui comme candidat au patriarcat de Constantinople dans les premiers mois de 1275, mais ce fut Jean Bekkos qui fut élu45. On tira plus tard Théodose de sa cellule pour le promouvoir au patriarcat d'Antioche au tournant des années

1277-127846.

Il faut sauter un siècle et demi pour retrouver un autre higoumène du Pantocrator, Macaire Makrès. Macaire, fils de Dèmètrios Makrès, naquit à Thessalonique dans la dernière décennie du xive siècle. A l'âge de dix-huit ans, aussitôt après le décès de sa mère qui s'opposait à sa vocation religieuse, il se retira au Mont Athos. C'est au monastère de Vatopédi qu'il reçut l'habit religieux, puis le sacerdoce. Comme il n'avait fréquenté que durant quatre ans l'école du grammatiste de sa ville natale, il se perfectionna à Vatopédi à la fois dans les lettres sacrées et profanes, sous la direction d'un moine savant, durant douze ans. A la mort de ce dernier, il se mit à l'école

41. J. Darrouzès, Georges et Dèmètrios Tornikès. Lettres et discours,

Paris 1970,

p. 15-16. Le successeur (anonyme) de Joseph pourrait avoir été envoyé en ambassade en France par Manuel Comnène ; c'est du moins ce qui paraît ressortir des Annales de Saint-Gilles : « En 1163, l'abbé Bertrand de Saint-Cosmas offrit au roi (Louis VII ?) pour marque de son amitié des épices du Levant. Voici comment l'abbé se les était procur ées. Manuel Comnène avait envoyé en Occident des ambassadeurs pour lui proposer différents projets assez mystérieux : c'étaient l'abbé d'Andrinople et le prieur de l'hôpital de Constantinople ; l'un d'eux tombé malade à Saint-Gilles, sans avoir pu accomplir sa mission, donna à l'abbé quelques-uns des riches présents dont il était chargé. » Cf. Abbé Nicolas, Nouvelle histoire de Saint-Gilles, Nîmes 1912, p. 57.

42. Pachymère, De Michaele Palaeologo : Bonn, I, p. 174, 402.

43. Ibidem ; Dölger, Regesten, n° 1932.

44. Pachymère, op. cit. : p. 402.

45. Ibidem.

46. Ibidem : p. 402, 436-438 ; Laurent,

Regestes, n° 1438.

24

P. GAUTIER

d'un autre moine, nommé David47. La présence de Macaire à Vatopédi est attestée par des manuscrits en 1418 et 142248. David et Macaire furent un jour convoqués par l'empereur Manuel II Paléologue (1391-1425) à Constantinople, pour une raison dont le biographe de Macaire ne nous entretient pas ; toujours est-il que les deux moines athonites y séjournèrent deux ans, peut-être au monastère de la Néa-Péribleptos, c'est-à-dire de Charsianitès49. Ils revinrent ensuite à la sainte montagne, où David ne tarda pas à décéder. A cette nouvelle, l'empereur Manuel, conseillé par l'historien Georges Sphrantzès50, rappela Macaire dans la capitale (donc entre 1422 et 1425) et lui confia la direction du monastère impérial du Pantocrator, alors en pleine décadence : le bâtiment était en piteux état, et la communauté réduite à six frères. Le nouvel higoumène, secondé par Georges Sphrantzès, s'employa activement à restaurer cette maison rel igieuse et il réussit en outre à doubler le nombre des moines. Peu estimé par le patriarche Joseph II, qui suspectait son orthodoxie51, Macaire, surnommé peut-être Asprophrydès52, alors grand protosyncelle53, était par contre tenu en si grande estime par le nouvel empereur Jean VIII Pa léologue (1425-1448) que ce dernier l'envoya, en compagnie du grand stratopédarque Marc Iagaris, auprès du pape Martin V négocier l'union des Eglises54. Les délégués impériaux durent quitter Constantinople dans la première moitié de 1429, puisque nous les trouvons, sur le chemin du retour, à Ancône le 20 avril 1430 55, puis en Morée, à Clarentza, en août de la même année56, après un séjour d'une année complète en Italie. Les

47. Les renseignements principaux concernant sa vie religieuse sont extraits de son

acolouthie, éditée par A. Papadopoulos-Kérameus, Μακάριος Μακρής, Δελτίον της ιστορικής και εθνολογικής εταιρείας της 'Ελλάδος 3, 1889, ρ. 463-466.

48. Manuscrits 637 (anno 1418) et 635 (anno 1422) de Vatopédi.

49. Durant son séjour dans la capitale, Macaire contempla une icône du monastère

de la Néa-Péribleptos, représentant la Naissance du Christ, dont il a laissé une descrip tion: éd. H. Hunger, Eine spätbyzantinische Bildbeschreibung der Geburt Christi, JÖBG 7, 1958, p. 126-127 (texte grec) et 128-131 (traduction et notes).

50. Chronicon minus : Bonn, p. 15714 = Grecu, p. 5014.

51. Sphrantzès, op. cit. : Bonn, p. 1579~12 = Grecu, p. 5010.

52. H. Hunger, art. cit., p. 126, 136.

53. Sphrantzès, op. cit.

:

Bonn, p.

15616 =

Grecu, p. 48 31.

3. Le mémorialiste avoue être très

mal informé du contenu des tractations qui eurent alors lieu entre Rome et Constantinople.

55. R.-J. Lœnertz, Les dominicains byzantins Théodore et André Chrysobergès et

les négociations pour l'union des Eglises grecque et latine de 1415 à 1430, Archivum Fratmm Praedicatomm 9, 1939, p. 58-59 ; Laurent, Syropoulos, p. 118 n. 1.

Sphrantzès, op. cit. : Bonn, p. 15620 = Grecu, p. 4828 ; A. Papadopoulos-

Kérameus, art. cit., p. 465-466 : ύπονοστεϊ ένιαυτόν όλον έκεΐσε πληρώσας.

54. Ibidem ; Laurent, Syropoulos, p.

119 et n.

56.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

25

négociations avaient dû sembler si prometteuses à Jean VIII qu'il décida d'envoyer derechef l'higoumène Macaire à Rome peu de temps après son retour57, mais ses espoirs furent trahis : saisi par une fièvre violente con sécutive à une tumeur ganglionnaire (la peste ?), Macaire s'éteignit, sans doute au Pantocrator, le 7 janvier 1431 58, laissant le souvenir d'une grande vertu — il est fêté le 8 janvier dans le calendrier orthodoxe — et d'un savoir réputé. Ce dont témoignent son disciple Georges Scholarios, le futur pa triarche Gennade59, son admirateur et ami Georges Sphrantzès60, le grand ecclésiarque Sylvestre Syropoulos61, et ses œuvres conservées62. Quelques années plus tard, le monastère du Pantocrator était placé sous la houlette de l'higoumène Gérontios, qui fut peut-être le successeur im médiat de Macaire Makrès et peut-être aussi le dernier supérieur de cette fondation impériale. Il est attesté pour la première fois à la fin de 1437 :

il figure dans la liste des archontes patriarcaux et des moines désignés par l'empereur pour assister au prochain concile de l'union des Eglises63. L'année suivante, on le trouve à Ferrare, membre de commissions pré conciliaires64. Il signera le décret d'union à Florence en juillet 143965,

57. A. Papadopoulos-Kérameus, art. cit., p. 466.

58. Sphrantzès, op. cit. : Bonn, p. 1577 = Grecu, p. 508. Si le hiéromoine Macaire,

correspondant de Georges Scholarios, est bien Macaire Makrès, il résulterait de cette lettre (éd. Ρετγγ-Sidéridès-Jugie, Œuvres complètes de Gennade Scholarios, IV, Paris 1935, p. 424-425) que Macaire, malade à une époque indéterminée, s'était retiré quelque temps pour se soigner au monastère de la Panagia de l'île de Halki, mais on ne saurait en déduire qu'il y soit décédé, comme le fait Mgr Athénagoras, Ό Θεσμ6ς των συγκέλλων έν τφ ΟΙκουμενικψ Πατριαρχείφ, EEBS 5, 1928, ρ. 188.

59. Il a laissé une épitaphe à l'adresse de son ancien maître : Vers pour la tombe de

Macaire, higoumène du monastère du Pantocrator, hiéromoine, philosophe et réellement bienheureux (makarios). Cf. Petit-Sidéridès-Juoie, op. cit., IV, Paris 1935, p. 379-380. Un correspondant de Scholarios, appelé le hiéromoine Macaire, est sans doute Macaire Makrès (ibidem, p. 424-425).

60. Op. cit. : Bonn, p. 15619, 15710-12 = Grecu, p. 48 a4.

61. Laurent, Syropoulos, p. 26624.

62. Les listes de ses écrits, actuellement les mieux à jour, sont celles établies par R.-J.

Lœnertz, Ecrits de Macaire Makrès et de Manuel Paléologue dans les mss. Vat. gr. 1107 et Crypten. 161, OCP 15, 1949, p. 185-191 ; H. Hunger, art. cit., p. 134-135. L'opusc ulede Macaire Makrès sur les miracles et les translations de sainte Euphémie a été édité par F. Halkin, Euphémie de Chalcédoine (Subsidia hagiographica 41), Bruxelles 1965, p. 170-183.

63. Laurent, Syropoulos, p. 185 n. 13 et 1861.

64. Ibidem, p. 26029, 31612.

65. Mansi 31 A, 1040e ; I. Gill, Concilium Florentinum. Documenta et scriptores,

Pars II, Vol.

V, Fasc. II, Rome 1953, p. 467.

26

P. GAUTIER

mais après son retour à Constantinople (1440) il se dédira en souscrivant au rapport des antiunionistes, adressé à Jean VIII Paléologue en automne 1445, contre le concile de Florence66. Nous ne savons rien de plus au sujet de Gérontios, et nous ignorons s'il assista le 12 décembre 1452 à la procla mation solennelle du décret d'union à Sainte-Sophie, comme l'admet le

66. Petit-Sidéridès-Jugie, op. cit., III, Paris 1930, p. 188-193, 195 ; dans le titre, à la p. 188, il faut corriger novembre 1452 en automne 1445 ; cf. Laurent, Syropoulos, p. 12-13.

Typikon du monastère impérial du Pantocrator

elle1 m'a préservé de toute embûche et machination, elle m'a élevé sans douleur au moment voulu au faîte suprême2 du pouvoir ancestral des Ausones conformément, pourrait-on dire, à l'intention et à la volonté dernières de l'âme divine de feu mon père3. Ensuite aussi, après cette élévation extraordinaire, elle a dissipé les complots tortueux de mes enne misvisibles et invisibles4 ; elle m'a délivré de tous les pièges et elle a mis tous mes ennemis sous mes pieds. Comment pourrais-je énumérer les interventions admirables de la main de Dieu en ma faveur contre les Perses, les Scythes, les Dalmates, les Daces et les Paeoniens5, les victoires iné-

1.

Le texte est acéphale et commence par le même mot dans les trois apographes,

dont nous avons dit ci-dessus qu'ils furent tous copiés sur l'original conservé jusqu'en

1934 au monastère péloponnésien de Méga Spèlaion. N. Bées (Parasèmeiôseis, p. 233), qui a omis de relever les signatures des cahiers, était d'avis que le typikon était amputé d'un ou deux folios, mais l'impression prévaut d'une lacune de moindre importance. Le sujet des participes féminins de la première phrase doit être la πρόνοια ou la δεξιά

de Dieu. Le titre placé

en en-tête n'est pas original ; il est de la

main du copiste de H.

2. Le sens du terme grec n'est pas évident dans le contexte ; on peut écarter le sens

courant de baudrier, ceinturon, et retenir, semble-t-il, celui de ligne de bordage de navire, fréquent chez les auteurs contemporains (Psellos, Chronographie : Renauld, II, p. 1177 ; Anne Comnène, Aïexiade, vi, 5, 7 : Leib, II, p. 5318 ; Nicétas Choniate : Bonn, p. 993 ; Constantin Manassès : Bonn, v. 4876).

3. Il ne fait en effet aucun doute qu'Alexis Comnène voulut expressément que son

fils aîné, qu'il avait promu basileus vers 1091-1092, fût son successeur. Cf. Nicétas Choniate : Bonn, p. 8-9.

4. Allusion évidente aux intrigues de sa sœur Anne Comnène, qui chercha d'abord

à évincer son frère par la ruse, puis, ayant échoué, projeta de le faire assassiner, à dessein

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

27

P. Janin67. Le monastère ne survécut que peu de temps, voire pas du tout68,

à la conquête turque ; vers la fin du xve siècle ses églises furent transformées

en mosquées.

67. ^Eglises et monastères, p. 518.

68. La fin de la notice du P. Janin sur l'histoire du Pantocrator (ibidem) laisse croire que ce monastère a fonctionné bien après 1453, puisque le patriarche Niphon aurait vécu dans ce couvent avant de s'asseoir sur le trône patriarcal en 1486, mais c'est une erreur : Niphon ne venait pas du Pantocrator de la capitale, mais de celui de l'Athos.

Cf. Sathas, MB, VII, p. 595.

Τυπικόν της βασιλικής μονής

του Παντοκράτορος

και πάσης ενέδρας και μηχανής ύπέρτερον άναδείξασα και προς τον αυτοκράτορα ζωστήρα της πατρικής Αύσόνων αρχής άνωδύνως κατά καιρόν

έμβιβάσασα, συνδρόμως, ως αν τις εΐποι, τω έπιτελευτίω νεύματι και βουλή- ματι τής θείας εκείνης του τεκόντος ψυχής· είτα και μετ' έκείνην την έξαισίαν 5 άνάβασιν τας πολύπλοκους έπιβουλας των φαινομένων έχθρων και των αφανών διαλύσασα και πάσης ύπεξελοΰσα παγίδος και πάντας τους εναντίους

Πώς αν εφεξής καταλέξω τα κατά Περσών και

τοις ποσϊν νποτάξασα.

έπ' έμοί

θαυμάσια, τας κατά πάντων άρρητους τροπαιουχίας όσας πολλάκις έτερα-

f. 1ν Σκυθών και Δαλματών και Δακών και Παιόνων τής | θείας δεξιάς

Ρ = Paris, gr. 389, f. 1-61.

Lampros = textus a S. Lampros editus in NE 5, 1908, p. 392-399.

Titulus : om. Ρ Lampros sub titulo Η 3 έπιτελευτείφ Ρ

24,

Η = Halki, Ecole théologique 85, nunc 79, f. 69-122v.

4

||

βασιλικής : supra μονής alia manu H || λείπει ή αρχή

9 θαύματα Ρ

||

δσας : Οπως Lampros

μετ' : κατ' Ρ

6-7

Ps.

15 ;

8, 7

de placer sur le trône son propre mari, Nicéphore Bryennios ; mais l'apathie du césar et l'opposition d'Irène Doukaina firent avorter la conspiration. Voir à ce sujet Nicétas Choniate : Bonn, p. 9-17 ; Chalandon, Jean Comnène, p. 1-8. 5. Soit dans l'ordre les Musulmans d'Asie Mineure, les Petchénègues, les Serbes, les Hongrois et peut-être les Bulgares. Sur ces deux derniers termes souvent employés à l'époque pour désigner les Hongrois, consulter G. Moravcsik, Byzantinoturcica, II, Berlin 1958, p. 116 et 243, et, pour le contexte historique, Chalandon, Jean Comnène, p. 35-91.

28

P. GAtnriER

narrables sur tous les adversaires qu'elle a souvent prodigieusement rem portées avec moi, elle qui m'a rendu fort contre tous les envahisseurs, qui a désorganisé et détruit les embûches6 de l'intérieur et celles de l'ex

térieur,

qui a anéanti et paralysé ceux de mes amis et de mes proches qui

m'étaient hostiles et qui avaient fait fi de l'entente fraternelle7. Qu'offrirai- je donc en retour de tant de bienfaits au Dieu très miséricordieux ? Que

puis-je te donner, Seigneur ami du bien, pour payer de si grandes dettes, sinon assurément la sollicitude à ton égard et une soumission de toute

mon âme

Sagesse toute-puissante et j'ai fait représenter devant l'église et dans le sanctuaire Celui qui ne peut être circonscrit, et je t'offre ce qui est à toi, ayant trouvé grâce à toi pour collaborer au projet, à sa mise en œuvre et à sa réalisation, celle qui fut la compagne de ma vie et mon auxiliaire8, même si elle fut, avant l'achèvement de l'ouvrage, enlevée d'ici-bas en vertu de tes décisions mystérieuses9, elle dont le décès m'a disloqué moi aussi et laissé déchiré. Dans mon impuissance à comprendre l'abîme de ta sa gesse mystérieuse qui ménage au mieux nos intérêts, je rends grâce à ta longanimité et j'achève dans la mesure de mes moyens l'œuvre entreprise :

je te présente un chœur d'ascètes, une précieuse communauté de Naziréens1 °, des hommes astreints à s'attacher à leur monastère et à implorer ta bonté pour nos péchés. Je leur adjoins aussi une autre société sacrée, un collège choisi, une part précieuse, un lot très beau, des prêtres, des lévites11 et tous les serviteurs requis pour l'église et l'autel12. Car j'élève aussi en même temps une autre divine demeure dédiée à la Vierge très sainte qui t'a en gendré virginalement, et j'institue avec le respect requis sa divine doxologie que célébrera l'ordre sacré du clergé. Je te présente en outre, à toi qui aimes le bien, les compagnons que dans ta compassion tu as appelés des frères, gens recrus de vieillesse et d'épreuves, écrasés par la pauvreté et victimes de maladies multiformes : ceux dont le corps est ravagé par la lèpre reçoivent

? A son incitation j'ai construit à neuf une église dédiée à ta

6.

Λόχος, mot à double signification (section d'infanterie et embuscade), doit ici dési

gner un petit groupe de comploteurs ; le λόχος était au xie siècle une section de 16 hommes.

Cf. Pseixos, Chronographie : Renauld, II, p. 207, 278.

7. Jean Comnène fit l'objet, comme son père Alexis, de quelques conjurations : outre

le complot ourdi par sa sœur Anne en 1119, on peut signaler les intrigues de son frère cadet, le sébastocrator Isaac, qui s'enfuit en 1129-1130 auprès de l'émir danischmendide

Ghâzi et mena ensuite une violente campagne contre l'empire byzantin, et une conspi ration de hauts fonctionnaires de la capitale dans les années suivantes. Cf. Michel le Syrien, Chronicon : Chabot, III, p. 230 ; Chalandon, Jean Comnène, p. 83-85.

8. La basilissa Irène, fille du roi Ladislas de Hongrie (1077-1095). Cf. Moravcsik,

Die Tochter Ladislaus, p. 7-12 (texte hongrois), 48-51 (synaxaire), 67-69 (texte allemand) ;

Marguerite Mathieu, Irène de Hongrie, Byz. 23, 1953, p. 140-142. La jeune princesse,

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

29

10

τούργησε μετ' έμοΰ, πάντων των έπεισπεσόντων εχθρών κατευμεγεθύνασα και τους εντός και τους Ι'ξωθεν λόχους διατεμουσα και διαρρήξασα και τους εκ των φίλων και των πλησίον απεναντίας μοι στάντας και οατομακρννθέντας κακώς της αδελφικής ομονοίας καθελουσα και συμποδίσασα. Τί οδν υπέρ τών τοσούτων χαρισμάτων άντεισενέγκω τφ Πανοικτίρμονι ; Τί σοι,

φιλάγαθε Δέσποτα, τών τηλικούτων όφλημάτων άντιμετρήσαιμι ή πάντως

ναον

εκ καινής δομησάμενος τη παντοδυνάμω σοφία σου και προ του τεμένους κάν τοΐς άδύτοις είκονίσας τόν άπερίγραπτόν σοι προσφέρω τα σά, δια σοϋ

συγκοινωνον της προθέσεως και της προσαγωγής και της πράξεως εύρων

15

ύφ'

f. 2 την έπιστροφήν την προς σε και την όλόψυχον σύννευσιν,

ή ς

| και

20 την του βίου κοινωνόν και συλλήπτορα, καν προ της εντελούς του έ'ργου συστάσεως μετέστη τών τήδε τοΐς άρρήτοις σου κρίμασι κάμε συναποτε-

μουσα τη μεταστάσει και διχότομον άποδείξασα. Πλην το βάθος της αρρήτου σοφίας σου της προς το συμφέρον οικονομούσης τα καθ' ήμας ούκ έχων κατανοεΐν, ευχαριστώ τη μακροθυμία σου και προς το τέλος, ώς δυνατόν,

| χορόν άσκητικόν σοι προσάγων, τίμιον άθροισμα

Ναζιραίων, τη μονή προσανέχειν οφείλοντας και υπέρ τών ημετέρων αμαρτη μάτων έξιλεοΰσθαι την σήν αγαθότητα. Τούτοις επισυνάπτω και ιερόν

f. 2ν εξάγω τό επιχείρημα,

κατάλογον έτερον, κλήρον έκλελεγμένον, μερίδα τιμίαν, άφοσίωμα κάλλιστον, ιερείς και λευιτας και δσον εφεξής του ναοΰ και του βήματος σύνταγμα*

30 συνανιστώ γαρ και θείον κατοικητήριον έτερον τη ύπεράγνω Παρθένω τή άσπόρως τεκούση σε και την θείαν τούτου δοξολογίαν δια της ίερας του κλήρου συντάξεως κατά τό πρέπον συνίστημι. Σύν τούτοις δέ σοι προσάγω

f. 3 τώ φιλαγάθω τους όμοδούλους, ους αδελφούς ό συμπαθής κατω|νόμασας, γήρα και πόνοις τετρυχωμένους και τή πενία συνθλιβομένους και νόσοις

35 πολυτρόποις οδυνωμένους, τους δέ καΐ αυτά λελωβημένους τα σώματα και

12 πλησίων Lampros της προσαγωγής om. Lampros

14 τοιούτων Lampros

16 σύνευσιν Ρ

28 έτερον om. Lampros

12

Ps.

87,

19

33

Matthieu 25, 40

19

και

arrivée à Constantinople dans la première moitié de 1104, épousa en 1105 Jean Comnène, alors âgé de dix-huit ans. Cf. M. 2ivojinovi6, Le prologue slave de la vie de l'impératrice Irène, ZRVI 8, 1964, p. 483-492. 9. Elle décéda le 13 août 1134. Cf. Gautier, Obituaire, p. 247-248. Elle vivait encore

en avril

et S. Lake, Dated Greek Minuscule Manuscripts to the Year

1133.

Cf.

K.

1200, V, Boston 1936, n° 187.

10. Terme courant servant à désigner les moines (voir Anne Comnène, Alexiade,

III, p. 22420, 22611).

xv, 9, 3 ; 10, 11 : Leib,

11. Soit des diacres et des sous-diacres.

12. Ce personnel ecclésiastique très nombreux (50 personnes) desservira l'église de

la Théotokos Eléousa mentionnée plus loin.

30

P. GAUTIER

tous les traitements que requiert leur état ; d'autres sont soulagés de leurs souffrances, reprennent des forces et voient leurs blessures cicatrisées ; d'autres sont arrachés à l'indigence et trouvent leur consolation dans une nourriture suffisante et des vêtements13. Nous te les présentons comme des ambassadeurs pour le pardon de nos manquements ; par leur entremise nous sollicitons ta bienveillance ; par eux nous implorons ta compassion. Comme nous avions à cœur d'assurer comme il convenait la conservation, la protection et l'administration de ces temples à la fois animés et inanimés, nous fixons maintenant dans le détail les dispositions qui les concerneront.

I. Typikon liturgique

Nous voulons donc que l'office des divines hymnes Leet descérémonialheures decanonialesla synaxe de QQ gaint monastère soit célébré conformément au règlement ecclésiastique que nous avons établi. La synaxe de l'aurore1 commencera les dimanches et aux très grandes fêtes à la cinquième heure de la nuit ; tous les autres jours, elle aura lieu selon l'office canonial, soit plus tôt, soit plus tard que (l'office de) minuit. Car l'higoumène veillera à ce que les moines affectés à la liturgie prennent suffisamment de sommeil, pour qu'ils aient la force d'assurer la prière et la psalmodie avec un esprit alerte, car les humeurs épaisses produites par les aliments se trouvent dissipées par un temps de sommeil convenable, et dans ces conditions l'esprit exécute le chant des hymnes et les prières de supplication avec vigilance. Quand arrivera l'heure de l'office canonial et de la synaxe, on assurera comme suit chaque jour les cér émonies de l'église. L'excitateur2 se réveillera, ira à la cellule de l'higoumène et, après avoir fait une métanie3, criera de l'extérieur : « Bénis-moi, prie pour moi, père. » Celui-ci le bénira en s 'exprimant avec les lèvres, et l'autre s'en ira et fera aussitôt résonner la simandre du réveil4. Puis, les frères s 'étant rassemblés à l'église, il fera résonner aussi la simandre de la synaxe, celle qu'on appelle aussi la grande ; les moines une fois rassemblés dans le narthex réciteront l'office de

13. Jean Comnène vient d'énumérer les différents établissements qui constituent le complexe immobilier du Pantocrator : un monastère de 80 moines, une église comptant 50 desservants, un hôpital de 50 lits, un hospice pour 24 invalides et une léproserie.

aux matines et aux laudes du rite romain ; les jours de

fête et le dimanche, il est uni aux vêpres ou aux grandes complies pour former la vigile. Cf. Mercenier-Paris, Prière, p. 89-142 ; Arranz, Typicon, p. xxxvi-xxxvii, 424.

Les obligations de l'excitateur se trouvent précisées dans une poésie de Théodore

de Stoudios. Cf. P. Speck, Theodoros Studites. Jamben auf verschiedene Gegenstände,

Berlin 1968, p. 146-148. Sur le propre réveil de l'excitateur, voir Yhypotypôsis du Stoudios :

Dmitrievsku, Typika, p. 225.

La métanie consiste en une inclination plus ou moins profonde accompagnée d'une courte prière. Cf. Clugnet, Dictionnaire, p. 99 ; Arranz, Typicon, p. 419-420.

Le terme grec que nous rendons par simandre désigne une plaque de bois ou de

1. L'orthros correspond

2.

3.

4.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

31

την προσήκουσαν δεχόμενους εφ' άπασιν έπιμέλειαν, τους μεν κουφιζομένους των πόνων και άνακτωμένους της ασθενείας και των τραυμάτων δεχόμενους

συνούλωσιν, τους δε της ένδειας άνιεμένους και την παράκλησιν εφευρίσκοντας ταΐς διατροφαΐς ταΐς άρκούσαις και τοις σκεπάσμασι* τούτους σοι πρέσβεις

40 υπέρ των ημετέρων πλημμελημάτων προσάγομεν, τούτοις την σήν εύμένειαν

f. 3ν έφελκόμεθα, δια τούτων παρακαλοΰμεν το σον | εύσυμπάθητον. Της γαρ κηδεμονίας και προνοίας και διοικήσεως των τοιούτων εμψύχων όμου και αψύχων ναών κατά το προσήκον την φροντίδα ποιήσαντες, κατά μέρος έπ'

ενταύθα διατυποΰμεν τα

αύτοΐς γενησόμενα.

45

50

55

60

Την μεν οδν εν τοις θείοις ΰμνοις άκολουθίαν της ευαγούς ταυτησι μονής βουλόμεθα προβαίνειν κατά τό γεγονός παρ' ημών εκκλησιαστικών τυπικόν.

δε ορθρινή σύναξις κατά μεν τας κυριακας και τας μεγίστας των

νυκτός γενήσεται* εν δε ταΐς

Ή

εορτών άπ*

αυτής της πέμπτης ώρας της

λοιπαΐς ήμέραις άπάσαις προς τήν έκκλησιαστικήν άκολουθίαν ή ταχυνωτέρα του μεσονυκτίου ή βραδύτερα γενήσεται. Φροντίσει γαρ ό καθηγούμενος συμμέτρως του ΰπνου τους έκκλησιαζομένους μεταλαμβάνειν ώς αν μετά νηφούσης τής διανοίας τήν προσευχήν και τήν ψαλμωδίαν έπιτελεΐν ισχύωσι,

τής εκ τών βρωμάτων παχυτέρας άναθυμιάσεως τή συμμέτρω του ύπνου

μεταλήψει διαλυομένης και οΰτω του λογισμού προσεκτικωτέραν ποιούμενου τήν ύμνωδίαν και τήν παράκλησιν. Καταλαβούσης δέ τής ώρας τής εκκλη σιαστικής ακολουθίας και συνάξεως, οΰτως εκάστης ημέρας τα τής εκκλησίας τελεσιουργηθήσονται. Έγερθήσεται μεν ό άφυπνιστής και προς το του καθηγουμένου κελλίον άπελεύσεται και βαλών μετάνοιαν έξωθεν εύλόγησον,

εϋξαί μοι, πάτερ, έπιφθέγξεται* ό δέ ευλογήσει τούτον εκ των χειλέων προπέμψας φωνήν και δς άπελεύσεται και σημάνει το άφυπνιστήριον ευθύς. Είτα τών αδελφών μεταξύ προς τήν έκκλησίαν συναγομένων, σημάνει και το συνακτήριον δ και μέγα κατονομάζεται, και οΰτως οι μοναχοί προς τόν νάρθηκα συναχθέντες τήν άκολουθίαν τής μεσονυκτίου ψαλμωδίας έκτελέ-

38 άνιωμένους Lampros

8

litt.)

Η

59

39 τούτοις Lampros

44 post γενησόμενα vacat

50 ταχι-

(circa

νωτέρα Η

45 ταύτης Lampros βαλών : λαβών Ρ

48 όρθρική Lampros

fer que l'on faisait résonner avec un maillet ; celle-ci servait au réveil des moines, d'autres à d'autres usages (1· 62). Cf. Clugnet, Dictionnaire, p. 136-137 ; Arranz, Typicon, p. 412 ; Millet, Phiale et simandre, p. 123-141.

32

P. GAUTIER

la psalmodie de minuit5 : ils devront dans cet office chanter VAmômos6 en l'exécu tantavec trois stations7, mais en disant à chacune des stations un trisagion avec trois tropaires, deux canons pénitentiels et un théotokion8.

Les

du service du jour9 entrera avec eux et recevra l'encensoir des mains de l'ecclé- siarque * °. Ensuite, il se tiendra devant le bèma x x et fera une métanie accompagnée de la prière habituelle. Après avoir fait un encensement en forme de croix devant les grilles12, il entrera ensuite dans le sanctuaire13 et il encensera trois fois la sainte table par devant en forme de croix, puis il fera de même pour chacun des autres côtés de la divine table. A sa sortie du bèma il sera accueilli par un lecteur,

qui aura la

maintenantPuis,. VAmômosprêts a, uneentrerfoisdansachevé1 église,et lesle prêtremoineschargéétant

encensements.

tête découverte et qui le précédera avec un grand cierge x 4 ; le prêtre

le suivra et se rendra d'abord à l'oratoire de l'Incorporel 1 5, où se trouvent aussi nos tombeaux16. Ensuite, il se tiendra devant l'icône du Pantocrator, encensera celle-ci en forme de croix, puis tous les endroits sacrés de l'église, les icônes très vénérables qu'elle abrite et, avec elles, tous les moines qui se tiendront debout.

_Les chants. Λ etj. ,les prières-i chanteront,Durant la dprocessionune part, dele trisagionl'encensement,pour males majestémoines.

et les psaumes prévus, à savoir le 19e qui commence ainsi : Que le Seigneur t'exauce au jour de Vangoisse, que te protège le nom du Dieu de Jacob, et le 20e qui commence ainsi : Seigneur, le basileus se réjouira de ta puissance et il exultera devant ta force salvatrice, et comme tropaires : Seigneur, sauve ton peuple, et Celui qui a été élevé en croix, et comme théotokion : Interviens vite avant que nous ne soyons asservis, et quinze fois le Kyrie eleison. Mais après le décès de ma majesté ils exécuteront au même moment deux trisagia au lieu d'un : le premier sera dit pour les empereurs vivants avec un seul psaume qui commence ainsi : Que le Seigneur Vexauce au

5. Le

μεσονύκτιον ou μεσονυκτικόν est l'office du milieu de la nuit, mais il précède le

plus souvent, comme ici, Yorthros ; il se récite dans le narthex. Cf. Clugnet, Diction naire,p. 97 ; Mercenier-Paris, Prière, p. 77-87 ; Arranz, Typicon, p. xxxv, 418-419.

6.

Soit le psaume 118, ainsi appelé d'après son incipit grec. Cf. Clugnet, Dictionnaire,

p. 7 ; Arranz, Typicon, p.

7.

381.

La στάσις désigne la division d'une prière trop longue qu'on récitait, à l'origine,

entièrement debout ; plusieurs psaumes étaient distribués en trois stations. Cf. Clugnet,

Dictionnaire, p. 139.

8. Ce sont là des prières qui diffèrent par leur contenu, leur longueur et leur mélodie.

Cf. Clugnet, Dictionnaire, p. 152 {trisagion), 153-155 (tropaire), 78 (katanyktikon), 63 (théotokion) ; Arranz, Typicon, p. 442-444, 403-404.

9. Le hiéromoine qui assure le service liturgique du jour ou de la semaine. Cf. Clu

gnet, Dictionnaire, p. 60. 10. L'officier ecclésiastique qui a la haute main sur tout ce qui concerne l'entretien de l'église et qui, en particulier, règle les cérémonies liturgiques. Cf. Clugnet, Diction naire,p. 45 ; Arranz, Typicon, p. 396-397.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

33

65

70

75

80

85

90

σουσιν, όφείλοντες μετά τοιαύτης ακολουθίας ψάλλειν τον "Αμωμον ώστε

δε των στάσεων τρισάγιον

λέγειν μετά τροπαρίων τριών, δύο κατανυκτικών και θεοτοκίου ενός.

δια τριών αυτόν στάσεων έκπληρουν,

εφ'

εκάστη

Και ούτω του Άμωμου συμπληρουμένου και τών μοναχών ήδη μελλόντων εν τω ναφ είσπορεύεσθαι, ό τήν έφημερίαν έχων ιερεύς είσελεύσεται σύν

αύτοΐς και λήψεται παρά του έκκλησιάρχου το θυμιατήριον είτα προ του βήματος στησεται και βαλεΐ μετά τής συνήθους ευχής μετανοιαν και οοτω σταυροειδώς θυμιάσας έμπροσθεν τών κιγκλίδων εφεξής εν τοις άδύτοις χωρήσει και τής ιεράς τραπέζης έπίπροσθεν έκ τρίτου θυμιάσει σταυροειδώς, είτα και εις Ικαστον τών ετέρων τής θείας τραπέζης μερών ομοίως ποιήσει'

του δε βήματος αύτον έκπορευόμενον εφεξής τών αναγνωστών ύποδέξεται εις, άκατακάλυπτον έ'χων τήν κεφαλήν και μετά λαμπάδος προπορευόμενος, έφέψεται δέ ό ιερεύς και πρωτοτύπως μεν άπελεύσεται προς το του 'Ασω μάτου εύκτήριον εν φ και οι ημέτεροι τάφοι τυγχάνουσιν είτα προς αυτήν τήν εικόνα του Παντοκράτορος έπιστάς, θυμιάσει ταύτην σταυροειδώς, εφεξής

δέ και πάντας απλώς τους ιερούς τής εκκλησίας τόπους και τας εν αύτοΐς πανσέπτους εικόνας και σύν αύταΐς τους ισταμένους απαντάς μοναχούς.

Μεταξύ δέ τής του θυμιατηρίου διελεύσεως ψαλοΰσιν οι μοναχοί νυν μεν το τής βασιλείας μου τρισάγιον και τους πρόσφορους ψαλμούς, ήγουν τον έννεακαιδέκατον οδ ή αρχή, Έπακούσαι σον Κύριος εν ήμερα θλίψεως,

ύπερασπίσαι σον το όνομα τον Θεοϋ 'Ιακώβ, και τον είκοστον οδ ή αρχή, Κύριε, εν τγ\ δννάμει σον ενφρανθήσεται ο βασιλεύς και επί τω σωτηρίω σου αγαλλιάσεται σφόδρα, τροπάρια δέ ταύτα, Σώσον, Κύριε, τον λαόν σον, και Ό υψωθείς εν τω στανρω, και θεοτοκίον, Ταχύ προκατάλαβε πριν δονλωθηναι ήμας, και το Κύριε έλεησον πεντεκαίδεκα. Μετά δέ τήν τής βασιλείας μου

μετάστασιν δύο τρισάγια κατά τον αυτόν καιρόν ποιήσουσιν άνθ' ενός, και το μέν πρώτον υπέρ τών ζώντων βασιλέων γενήσεται μετά ψαλμού ενός οδ

77

προτοτύπως Η

84 τον : τί> Ρ || έπακοΰσοα Η || κύριε Η

11.

Soit la partie de l'église généralement surélevée qui commence devant l'iconostase.

Cf. Clugnet, Dictionnaire, p. 26-27 ; Arranz, Typicon, p. 389.

12.

Il faut comprendre devant la porte principale à double battant de l'iconostase,

porte généralement de bois plein, mais comportant parfois des grilles. Cf. Clugnet,

Dictionnaire, p. 82 ; I.-H. Dalmais, Iconostase, Catholicisme 5, 1962, col. 1169-1170 ; Ch. Walter, The Origins of the Iconostasis, Eastern Churches Review 3, 1971, p. 251-267.

13.

Le terme adyta désigne la partie de l'église située derrière l'iconostase, là où se

trouve l'autel.

14. Λαμπάς est souvent synonyme de κηρίον ou de μανουάλιον, mais désigne en général

16. Celui de son épouse, Irène de Hongrie, déjà décédée (13 août 1134), et le sien.

un cierge de grande dimension. Cf. Clugnet, Dictionnaire, p. 90 ; Arranz, Typicon,

p. 414. 1 5. Celui de Saint-Michel, qui jouxte l 'église du monastère, comme on le verra plus loin.

34

P. GAUTIER

jour de V angoisse, et avec les tropaires et le théotokion susdits ; ils exécuteront l'autre trisagion pour notre mémoire, lui ajoutant le psaume 6 qui commence ainsi : Seigneur, ne me reprends pas dans ta colère, et ils chanteront un tropaire, celui-ci : Repose avec les saints, et comme théotokion : Toi qui es un rempart et un port. Après quoi, ils réciteront aussi cette prière : Souviens-toi, Seigneur, de nos empereurs et fondateurs orthodoxes défunts. Pardonne-leur tout manquement commis volontairement ou non en acte, parole et pensée. Place-les dans des lieux

lumineux, dans des endroits verdoyants, d'où sont absents douleur, affliction et gémissements, où la visite de ta face réjouit tous tes saints depuis toujours, et accorde- leur ton royaume et la faveur de participer aux biens indicibles et éternels et à ton existence sans fin et bienheureuse. Car tu es la vie et le repos des défunts. A toi la gloire. Le prêtre, qui aura achevé pendant ce temps d'encenser toute l'église de la manière susdite, reviendra devant la porte du sanctuaire ; il l'encensera trois fois en forme de croix, en disant à haute voix : Gloire à jamais à la sainte, consubstantielle et vivifiante Trinité, maintenant, toujours et pour les siècles des

siècles. Les moines répondront Amen

ils ne le chanteront pas à part soi à voix forte, mais doucement, et ils veilleront à s'accorder avec Fecclésiarque, qui se tiendra au milieu de l'église et qui articulera avec netteté pour être entendu. Une fois achevé Y Hexapsalmos, on chantera tantôt Dieu Seigneur, je veux dire aux jours solennels et aux fêtes, tantôt YAlléluia, tous les deux sur un mode triomphal et vibrant.

et commenceront aussitôt Y Hexapsalmos11 ;

le rang, suivant : les prêtres^

prendront place avant les diacres, les diacres après eux, et tous les autres ainsi de suite, dans l'ordre que Pecclésiarque fixera pour chacun sur indication de l'higoumène. Les diacres ne se tiendront jamais parmi les prêtres, même s'ils occupent quelque charge importante. L'économe se tiendra à l'écart et gardera toujours sa propre place, même s'il n'est pas honoré de l'ordre sacerdotal.

„Préséance, ,

Lesr moines respecteront,

Autres.

autorise a prier devant les grilles du sanctuaire ou dans un autre endroit, mais quand on sera sur le point d'entrer dans l'église, chacun fera une métanie devant la porte royale18, puis on entrera pieusement et on occupera sa place sans faire de métanie devant les moines. Au début de la sticho- logie19 ou d'un autre chant, tous attendront celui qui entonne et, quand celui-ci aura achevé le verset du début, il se prosternera à terre, et tous se prosterneront avec lui à la même allure ; personne ne prendra l'initiative de commencer, sans

Les. moines, , . une, fois réunis, à l'église,, personne. ne sera

instructions.

.

t.

,_

17. L'ensemble des psaumes 3, 37, 62, 87, 102, 142, qui constitue la partie la plus

solennelle de la psalmodie de Yorthros. Cf. Clugnet, Dictionnaire, p. 49 ; Arranz, Typicon, p. 397-398.

18.

19. Le terme désigne ici la psalmodie du psautier verset par verset. Cf. Arranz, Typicon,

p. 436 ; A.-J. Festugière, Les moines d'Orient, III/2, Paris 1962, p. 29 n. 30.

La grande porte d'entrée qui donne accès au naos.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

35

ή αρχή, Έπακούσαι σον Κύριος εν ήμερα θλίψεως, και των προρρηθέντων

τροπαρίων και του θεοτοκίου, το δε έτερον τρισάγιον υπέρ της ημετέρας

μνήμης έκτελέσουσιν εν φ

ύπαγορευθήσεται ψαλμός έκτος οδ ή αρχή,

95 Κύριε, μη τω θνμω σου έλεγξες με, τροπάριον δέ ψαλοΰσιν Ιν τό Μετά των

100

105

110

115

αγίων άνάπαυσον, και θεοτοκίον, Σε και τείχος και λιμένα. Είτα και ταύτην έπιφθέγξονται την εύχήν Μνήσθητι, Κύριε, των κεκοιμημένων ορθοδόξων ημών βασιλέων και κτητόρων και σνγχώρησον αύτοΐς παν πλημμέλημα εκούσιόν τε και άκονσιον εν έργω ή λόγω ή κατά διάνοιαν πλημμεληθεν υπ'

αυτών και κατασκήνωσον αυτούς εν τόποις φωτεινοϊς, εν τόποις χλοεροϊς, δθεν άπέδρα πάσα οδύνη και λύπη και στεναγμός, δπου ή επισκοπή τοϋ προσώπου σου ευφραίνει πάντας τους άπ3 αιώνος αγίους σου, και χάρισαι αύτοΐς τήν βασιλείαν σον και τήν μέθεξιν τών αφράστων και αιωνίων αγαθών και της σης απέραντου και μακαριάς ζωής' συ γαρ ει ή ζωή και άνάπαυσις

τών κεκοιμημένων, και σοι τήν δόξαν. Έν τούτοις οδν και ό ιερεύς τον δλον ναον θυμιάσας ώς προδεδήλωται αδθις προς τας του θυσιαστηρίου πύλας έλεύσεται και έν αύταΐς σταυροειδώς θυμιάσας εκ τρίτου εκφωνήσει το Δόξα τη αγία και όμοουσίω και ζωοποιώ Τριάδι πάντοτε, νυν και αεί καΐ εις τους αιώνας τών αιώνων. Οι δε μοναχοί τό αμήν έπειπόντες ευθύς τήν

τοϋ Εξάψαλμου ποιήσονται έ'ναρξιν, ου μετά κραυγής

εαυτούς ύποψάλλοντες και φροντίζοντες τω έκκλησιάρχη συμφωνεΐν μέσον έστώτι του ναοΰ και τρανότερον φθεγγομένω προς τό έξακούεσθαι. Μετά δε την του Εξάψαλμου συμπλήρωσιν ποτέ μεν μελωδηθήσεται τό Θεός Κύριος, έν ταις φαιδροτέραις ήμέραις δηλαδή και ταΐς έορταΐς, ποτέ δέ τό αλληλούια,

αμφότερα μετά τίνος ωδής έπινικίου τε και λαμπράς.

άλλ' ήρεμα τοΰτο καθ'

Ή δέ στάσις τών μοναχών οΰτως έσεται* οι πρεσβύτεροι προ τών

μετ' αυτούς και οΰτως εφεξής οι λοιποί,

διακόνων στήσονται, οι δέ διάκονοι

καθώς αν ό έκκλησιάρχης έκάστω τήν στάσιν άφορίση, νεύματι του καθηγου- μένου επόμενος. Διάκονοι μέντοι ουδέποτε μεταξύ πρεσβυτέρων στήσονται,

καν οίανδήτινα τών κρειττόνων διακονιών έγκεχειρισμένοι ειεν. Ό μέντοι οικονόμος ύπεξαρεθήσεται και τήν ιδίαν στάσιν άεί τηρήσει, κάν μη ίερατικω τετίμηται άξιώματι.

αδείας

έξει προ τών του θυσιαστηρίου κιγκλίδων ή έν έτέρω τόπω προσεύχεσθαι,

έκαστος είσιέναι μέλλων έν τω ναώ προ τών βασιλικών πυλών βαλεΐ

μετάνοιαν, είτα είσελεύσεται εύλαβώς και στήσεται έν τώ οικείω τόπω, μη

ποιήσας προς τους μοναχούς μετάνοιαν. Ενάρξεως δέ γινομένης στιχολογίας

ή ωδής ετέρας, πάντες άναμενέτωσαν τον άρχόμενον καί, έπειδαν συμπλή

Συναγομένων δέ έν τη εκκλησία τών μοναχών, ουδείς έπ'

120

125 άλλ'

ρωσητον της ενάρξεως στίχον, εκείνος προσκυνείτω χαμαί, συμπροσκυνεί- 130τωσαν δέ πάντες ισοταχώς, μηδείς δέ τολμάτω ποιεΐν τήν εναρξιν μή τασσόμενος παρά του τήν διακονίαν ταύτην έ'χοντος. Δει δέ έκαστον άνέχεσθαι

92 κύριε Η

105 δόξαν + καί τα έξης Ρ

110 εξάψαλμου sic (spiritus lenis) semper P

36

P. GAUTIER

y avoir été invité par celui qui remplit cet office. Il faut que chacun accepte d'être instruit du moment de commencer par celui qui y sera préposé et qui entonnera. Même si quelqu'un connaît parfaitement l'office, il doit rester tranquille, et tous s'abstiendront de tout entretien et garderont le silence durant la psalmodie, n'ayant à la bouche que celle-ci. Si quelqu'un, dans l'embarras, veut apprendre quelque chose d'utile, il le demandera à voix basse durant le kathisma20. Durant le chant d'une hypakoè21 ou d'une autre mélodie semblable, les épistèmones se tiendront devant le sanctuaire et le chanteront avec le cérémonial qui s'impose.

Le luminaire des jours ordinaires

Le luminaire de l'église sera le suivant. Des lampes brûleront sans interruption : deux dans le bèma, une

lampe fixe22 dans le synthronon en bas et une autre sur le candélabre à trois bran ches du bèma, deux devant le Pantocrator, une devant la Résurrection et une autre devant la Crucifixion, une sur le candélabre à trois branches de la coupole, une dans l'abside droite du bèma où il y a la Cène, une autre dans l'abside gauche où il y a le Lavement des pieds, et une autre devant la Belle Porte où il y a la Dormition de la Théotokos. Les lampes suivantes brûleront sans interruption la nuit : une dans le narthex, une autre dans l'exônarthex et une autre devant les Synodes23. Lors des synaxes de Vorthros, de la messe et de Vhespérinos24, on allumera autour du chœur tous les godets25 qui sont au nombre de seize, toutes les lampes de l'iconostase26 et quatre des candélabres à trois branches et des quatre voûtes27, trois dans le narthex en sus de la lampe de nuit et deux dans l'exônarthex en sus également de la lampe de nuit. De petits cierges brûle rontsans interruption : un dans la conque, deux devant le Pantocrator, un devant la Résurrection, un devant la Crucifixion, un devant le Lavement des pieds, un devant la Cène, un autre au-dessus de la Belle Porte et celui de la coupole en plus des autres. Lors des synaxes, trois petits cierges seront allumés sur l'iconostase, un sur la petite iconostase, un autre auprès de l'autel, deux autres devant le Pantocrator et un devant chacune des deux icônes proposées à la vénération28.

20. Le psautier grec est divisé en 20 sections nommées καθίσματα, chaque κάθισμα

se divisant à son tour en trois stations. Mais le terme paraît ici désigner le tropaire que

l'on chante, assis, après une psalmodie nocturne exécutée debout et servant de transition entre celle-ci et la lecture. Cf. Arranz, Typicon, p. 407.

L 'υπακοή est une sorte de kathisma suivant la psalmodie de Vorthros le dimanche

et aux grandes fêtes, qui est exécuté avec solennité par des chantres spécialisés

(επιστήμονες), l'assemblée se tenant debout. Cf. Arranz, Typicon, p. 294 AP-21, 444-445.

Nous avons traduit par lampe fixe κανδήλα καθιστή, n'ayant relevé nulle part

cette lampe d'un type particulier, qui nous paraît être une lampe placée sur un support

ou une console.

23. Le terme ne saurait désigner en l'occurrence un local, mais une représentation

des conciles œcuméniques.

L'hespérinos désigne l'office du soir ou vêpres, qui se récite après le coucher du

soleil ; synonyme lychnikon (lucernaire), parce que cette heure canoniale commence dès que les cierges et les lampes de l'église sont allumés. Cf. Clugnet, Dictionnaire, p. 55 ; Arranz, Typicon, p. 399.

21.

22.

24.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

37

ώστε διδαχθήναι το μέλλον άρχθήναι παρά του ταχθησομένου και ποιησο- μένου την εναρξιν καν ακριβώς τις γινώσκη την άκολουθίαν, ήσυχάζειν οφείλει και πάντες απλώς άπό πάσης ομιλίας εν τω καιρώ της ψαλμωδίας

135

σιγάτωσαν, μόνην ταύτην ανά στόμα φέροντες' ει δέ τις άπορων βούλεταί τι μαθεΐν εις ώφέλειαν, εν τω καθίσματι τούτο ήσύχως έπερωτάτω. Υπακοής δέ ψαλλομένης ή ετέρου τοιούτου μέλους, ίστάσθωσαν οι επιστήμονες έ'μπροσθεν του θυσιαστηρίου και ψαλλέτωσαν τοΰτο μετά της προσηκούσης τάξεως.

140

Ή δε φωταγωγία του ναού γινέσθω τοιαύτη. Κανδήλαι ακοίμητοι άπτέσθωσαν έν μεν τφ βήματι δύο, μία καθιστή εν τω συνθρόνω κάτω και άλλη έν τω τρικανδήλω του βήματος, εις τον Παντοκράτορα δύο, εις την Άνάστασιν μία και άλλη εις την Σταύρωσιν, μία έν τω τρικανδήλω του

τρούλλου, μία εις την δεξιάν αψίδα του βήματος ένθα και ό Δείπνος έστιν,

145

ετέρα εις την άριστεραν

αψίδα έ*νθα εστίν ό Νιπτήρ, και άλλη προ τών

ωραίων πυλών ^νθα και ή Κοίμησίς έστι της Θεοτόκου. 'Ακοίμητοι δέ νυκτεριναί εστωσαν αύται* του νάρθηκος μία, του έξωνάρθηκος άλλη και τών

f. 9 συνόδων ετέρα. | Έν δέ ταΐς συνάξεσι του βρθρου, της λειτουργίας και του εσπερινού άπτέσθωσαν μεν κύκλω του χορού οι κρατήρες άπαντες, έξκαί-

δέκα τον αριθμόν δντες, και αϊ του τέμπλου κανδήλαι πασαι και τών τρι- κανδήλων και τών τεσσάρων έπιθολίων τέσσαρες, του νάρθηκος τρεις μετά τής νυκτερινής και του έξωνάρθηκος δύο μετά της νυκτερινής ομοίως. Κηρία δέ άπτέσθωσαν ακοίμητα Ιν εις τον μύακα, δύο εις τόν Παντοκράτορα, êv εις την Άνάστασιν, êv εις την Σταύρωσιν, Ιν εις τόν Νιπτήρα, εις τόν

150

155

Δεΐπνον êv και επάνω τών ωραίων πυλών έτερον και το του τρούλλου επί τοις άλλοις. Κατά δέ τας συνάξεις εστωσαν άπτόμενα έν τω τέμπλω τρία, εις το μικρόν τέμπλον Ιν και παρά τω θυσιαστηρίω έτερον εν, εις τόν Παντο κράτορα ετέρα δύο, εις τας δύο προσκυνήσεις άνα έτερον εν. Έν δέ ταΐς

147 έστωσαν PH

156 Ιστωσαν ΡΗ

25. Le κρατήρ désigne une petite veilleuse où brûle une mèche qui trempe dans l'huile. 26. Le τέμπλον est la cloison de bois ou de marbre qui dans les églises orthodoxes

142 τρικανδίλφ sic (cum iota) semper PH

140 κανδίλαι ΡΗ

149 άπτέσθωσαν sic aliquoties (spiritus lenis) Ρ

152 όμοιας Η

sépare le sanctuaire du naos et qu'on appelle couramment iconostase. Cf. Petit, Notre-

Dame de Pitié, p. 133 ; P. Speck, Theodores Studites. Jamben auf verschiedene Gegens tände, Berlin 1968, p. 193-194. Voir aussi supra, n. 12.

Le passage est peu clair, et d'autre part le terme έπιθόλιος nous est inconnu. Comme

chez les Byzantins le terme θόλος désignait tantôt la voûte, tantôt la coupole, nous suppo sonsque ces lampes étaient suspendues aux quatre grands arcs sur lesquels reposait la coupole centrale.

27.

28.

La προσκύνησις, appelée aussi προσκύνημα, est l'image du saint dont on célèbre

la fête, ou celle du saint patron de l'église ; on l'appelle ainsi parce qu'elle est proposée en permanence à la vénération des fidèles. Elle est exposée dans le narthex ou à l'entrée du naos ; on ajoute à celle du saint patron, ici le Pantocrator, celle du saint ou des myst ères du jour. Cf. Petit, Notre-Dame de Pitié, p. 131-132.

38

P. GAUTIER

Les dimanches, à Vorthros et durant la messe, et aussi lors de Yhespérinos du samedi, on allumera encore sept petits cierges sur l'iconostase du milieu et trois petits cierges devant l'iconostase de droite du petit bèma ; on fera aussi la même chose aux fêtes ordinaires.

TLe

des,

Lors. des grandes fêtes le luminaire de l'église° sera

jours solennels

le suivant.

Lors de la Transfiguration d'abord29, à la place des godets on suspendra des lustres30 et ceux-ci, magnifiquement disposés, brilleront

de tous leurs feux ; de petits cierges de six onces seront fixés sur les iconostases et les icônes proposées à la vénération. Sur les candélabres à douze branches placés devant la sainte icône centrale du Sauveur on mettra des cierges d'une livre, dans les chœurs six grands cierges de huit livres, dans le narthex trois et dans l'exônarthex un, sur les bobèches31 des lampes à trois branches de la conque et de la coupole des cierges de quatre onces, et pareillement sur toutes les autres lampes à trois branches qui comportent des broches32, et dans les diakonika ; de chaque côté du saint autel il y aura deux grands cierges. De l'essence de rose et du bois d'aloès seront achetés au magasin33, et l'on fera à la porte une distr

ibution

apprécié à ce jour en noummia ou en tétartèra35 ; pour l'approvisionnement de la table on présentera trois plats 3 6 de poissons frais. La fête de Pâques sera célébrée

en tous points de la même manière. Pour la Nativité du Christ on allumera également les lustres ; on mettra des petits cierges de quatre onces sur les iconostases et les icônes proposées à la véné ration, des petits cierges de huit onces sur les candélabres à douze branches, dans les chœurs six grands cierges de six livres, et dans le narthex deux ; la distr ibution à la porte sera identique, et l'approvisionnement de la table se montera à deux plats. On observera la même chose pour la fête des Lumières37 et celle de l'Exaltation, mais la distribution à la porte sera réduite de moitié. Pour la fête de l'Annonciation le luminaire sera de moitié inférieur ; on fera une distribution de huit boisseaux de pain et d'un nomisma d'or en noummia

de vingt-quatre boisseaux34 de pain et de deux nomismata d'or le plus

29. Le 6 août ; ce jour-là, la cour se rendait en procession au Pantocrator selon le

Pseudo-Kodinos, De officiis : Verpeaux, p. 245. On remarquera que le typikon ne fait aucune allusion à la fête de la dédicace de l'église qui se célébrera le 4 août. Cf. Syn. CP : H. Delehaye, p. 86854.

Le πολυκάνδηλον est un lustre suspendu par des chaînes, soit une réunion de

plusieurs lampes placées sur un support unique. Cf. Petit, Notre-Dame de Pitié, p. 127-

128, 149.

30.

31. Le μανουάλίον est, au sens propre, un disque de verre ou de métal avec un rebord,

qui est percé au centre et que l'on adapte aux flambeaux pour recevoir les gouttes de cire. Cf. Petit, Notre-Dame de Pitié, p. 143-144.

Le κηροπήγιον est la même chose que le κηροστάτον : c'est un candélabre à broches

ou à douilles cylindriques sur lesquelles on fixe les cierges. Cf. Petit, Notre-Dame de

Pitié, p. 144, 149.

Le δοχείον était le magasin où l'on conservait des objets divers et des produits de

32.

33.

LE TYPIKON DU

CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

39

160

κυριακαΐς κατά τους όρθρους και εν ταΐς ίερουργίαις, έτι δε και εν τοΐς

έσπερινοΐς των σαββάτων άπτέσθωσαν κατά το τέμπλον το μέσον κηρία επτά και εις το δεξιόν τέμπλον του μικρού βήματος κηρία τρία* τα αυτά δέ και εν ταΐς κοιναΐς έορταΐς.

Κατά δέ τας μείζονας έορτας ή φωταψία του ναού οΰτω γενήσεται. Έν αύτη πρώτη τη Μεταμορφώσει αντί τών κρατήρων κρεμάσθωσαν

πολυκανδηλα και πάντα λαμπρώς άρτυόμενα ολόφωτα άπτέσθωσαν κηρία δέ

f. 10 πηγνύσθωσαν περί τα τέμπλα και τας προσκυνήσεις έξαούγγια* | έν δέ τοΐς

δωδεκαφωτίοις τοις ίσταμένοις έμπροσθεν της προκειμένης αγίας εικόνος του Σωτήρος κηρία λιτραΐα και εις τους χορούς λαμπάδες όκτάλιτροι εξ, εις τον νάρθηκα τρεις και εις τον έξωνάρθηκα μία, έν δέ τοΐς μανουαλίοις

165

170

των τρικανδήλων του μύακος και του τρουλλου τετραουγγια και εις τα λοιπά τρικάνδηλα ομοίως έν οίς είσι κηροπήγια και έν τοΐς διακονικοΐς, παρ* έκάτερα δέ του σεπτού θυσιαστηρίου λαμπάδες δύο. 'Ροδοστάγματα και ξυλαλόη άπο του δοχείου χορηγηθήσεται δι' έξωνήσεως και διάδοσις έν τω πυλώνι προβήσεται ψωμίου μοδίων εικοσιτεσσάρων και νουμίων ή τεταρτη-

175

ρών νομισμάτων χρυσών δύο τών κατά την ήμέραν προτιμώμενων και υπέρ οψωνίου της τραπέζης ιχθύων νεαρών φροντισθήσονται μίνσοι τρεις. Και

εορτή δέ του Πάσχα ομοίως έν άπασι τελεσθήσεται. Κατά δέ την του Χρίστου Γέννησιν, τα μέν πολυκανδηλα ομοίως άναφθή- σονται, κηρία δέ περί μέν τά τέμπλα και τάς προσκυνήσεις στήσονται

ή

180

τετραουγγια, έν τοΐς δωδεκαφωτίοις οκταούγγια, εις δέ τους χορούς λαμ πάδες έξάλιτροι εξ και εις τον νάρθηκα δύο, και ή του πυλώνος διάδοσις

όμοία Ισεται, το δέ όψώνιον της τραπέζης φροντισθήσεται προς μίνσους δύο. Τα αυτά και κατά την έορτήν τών Φώτων και κατά την "Τψωσιν γενήσεται,

ή

δέ έν τω πυλώνι διάδοσις ήμισευθήσεται.

185

Έν δέ τη έορτη του Ευαγγελισμού ή φωταψία εξ ημισείας γενήσεται και

διάδοσις προβήσεται ψωμίου

μοδίων

οκτώ και νουμίων ή τεταρτηρών

165 πολυκάνδιλα sic (cum iota) semper H

169 το έξωνάρθηκον Η

consommation courante (huile, cire, fromage, légumes, étoffes, etc.). Cf. Orlandos, MA, p. 72-75 ; Idem, Patmos, p. 324.

34.

35.

L'auteur a omis d'indiquer ici le type de modios (annonique, maritime ou monast

ique) dont on se servira ; dans d'autres occasions, la distribution de pain se fait avec des modioi maritimes (1. 458), équivalant à 12,800 kg.

C'est-à-dire l'équivalent de deux nomismata or du meilleur aloi en petites pièces

de billon. Le terme tétartèron a servi à désigner au cours des siècles des monnaies de divers métaux (or, argent, bronze et même billon), mais il est évident que, dans le typikon,

le tétartèron est une monnaie de très faible valeur, sans doute une petite pièce divisionnaire de billon ou de bronze. Cf. Frolow, Monnaies, p. 251-252 ; Hendy, Coinage, p. 28-29.

Terme d'origine latine (bas latin missus, service à un repas, plat, mets). Cf. A.-J.

Festugière, Observations grammaticales sur le De caeremoniis de Constantin Por-

phyrogénète, Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes 45, 1971, p. 253.

36.

37. L'Epiphanie.

40

P. GAUTIER

ou en tétartèra, et pour la nourriture des moines on donnera ce qui est suffisant pour un plat ; on fera la même chose lors de la Pentecôte, de la fête des Rameaux, de la fête de la Purification, de celle de la Naissance de la Théotokos et de celle de sa Présentation. Pour la fête de saint Basile, de saint (Grégoire le) Théologien et de saint Chrysos- tome38, le luminaire sera encore plus réduit, puisqu'on ajoutera au luminaire des fêtes ordinaires un seul candélabre à douze branches, celui qui doit être placé devant la sainte icône que l'on fête, et le repas consistera également en un plat. La fête des saints apôtres aura le luminaire et le repas de l'Annonciation ; celle de saint Philippe39 seulement le repas. Le jeudi saint, on fera une distribution de vingt-quatre boisseaux de pain et de deux nomismata d'or identiques40 en noummia ou en tétartèra. La Dormition de la Théotokos sera fêtée au monastère comme l'Annonciation, mais elle sera célébrée plus solennellement dans l'église de l'Eléousa, comme on l'indiquera plus loin ; on fera à la porte une distribution de vingt-quatre bois seaux de pain et de deux nomismata d'or identiques en noummia ou en tétartèra ; pour l'approvisionnement de la table on donnera aussi les nomismata suffisants pour deux plats.

pains d'oblation41 de la

ϊί coSmÎmisons sainte liturgie· On donnera chaque jour quatre Äexa^a4 2 de gruau, et l'on fera avec cela des pains d'oblation :

deux grands, celui du Seigneur et celui de la Mère de Dieu, un autre pour le saint

du jour et quatre autres pour les

majesté, de feu ma souveraine et grand-mère, de feu la souveraine et mère de ma majesté, de feu la souveraine mon épouse43. C'est avec ces hexagia qu'on fera aussi Vaphraton44 quotidien de l'higoumène, et les pains divisés en fragments seront distribués aux moines. Chaque samedi on fera aussi d'autres pains d'oblation avec de la farine de froment, à savoir ceux de feu le grand-père de ma majesté, le curopalate *,

Il

est

temps

de parler des

mémoires : de feu le seigneur et père de ma

38. Peut-être le 30 janvier, mémoire de ces trois docteurs (Syn. CP : H. Delehaye,

Célébrée le 14 novembre ; le lendemain commence un carême de 40 jours, jusqu'à

p. 43353).

39.

la veille de Noël inclusivement, qu'on appelle carême de saint Philippe ou carême de Noël.

40. Il faut comprendre : au meilleur cours du jour, du meilleur aloi.
41.

42.

Les προσφοραί sont les pains offerts durant la célébration delà messe ; les uns seront

consacrés et les autres bénits et distribués aux fidèles (antidôra). Cf. R. Janin, Les Eglises orientales et les rites orientaux4; Paris 1955, p. 42-50 ; Clugnet, Dictionnaire, p. 130-131.

ί'έξάγιον était à la fois un étalon monétaire et une unité de poids correspondant

à Byzance à 4,444 g, selon Schilbach (BM, p. 183), ce qui en l'occurrence ne saurait convenir. Nous remarquons que, dans les typika, on distinguait un petit et un grand hexagion, le petit étant la moitié du grand, par exemple pour la distribution du vin aux moniales de la Kécharitôménè à Constantinople (PG 127, 1064D, 1065^, 1068e), aux moines de Saint-Mamas (Eustratiadès, Saint-Mamas, p. 27420, 27519), de l'Everghétis (Dmitrievsku, Typika, p. 62730, 6289), du Prodrome de Monacheion (Papadopoulos-

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

41

χρυσοί) νομίσματος ενός, και όψώνιον των μοναχών το άρκουν εις μίνσον Ινα, καΐ εν τη Πεντηκοστή τα αυτά ομοίως γενήσεται και εν τη έορτη της Βαϊοφόρου και εν τη έορτη της Υπαπαντής καΐ της Γεννήσεως της Θεοτόκου 190 και της εις τα άγια των αγίων Εισόδου. Τη δέ έορτη του αγίου Βασιλείου, του Θεολόγου και του Χρυσοστόμου, ή μεν φωταψία και Ιτι έλαττωθήσεται ώς προστίθεσθαι τη των κοινών εορτών φωταψία δωδεκαφώτιον μόνον ëv, το μέλλον έμπροσθεν της έορταζο- μένης αγίας εικόνος 'ίστασθαι, τό δέ οψώνιον έ'σεται ομοίως μίνσου ενός.

195

Ή δέ τών αγίων αποστόλων εορτή την του Ευαγγελισμού φωταψίαν έξει

και το οψώνιον ή δέ του αγίου Φιλίππου μόνον τό οψώνιον. Κατά δέ τήν μεγάλην πέμπτην διάδοσις γενήσεται ψωμίου μοδίων είκοσιτεσσάρων και νουμίων ή τεταρτηρών δύο ομοίων χρυσών νομισμάτων.

Ή δέ της Θεομήτορος Κοίμησις έορτασθήσεται μέν εν τη μονή ομοίως τω

200 Εύαγγελισμω, λαμπρότερον δέ πανηγυρισθήσεται εν τφ της Έλεούσης ναω καθώς μετά ταΰτα δηλωθήσεται, πλην και διάδοσις εν τω πυλώνι γενήσεται ψωμίου μοδίων είκοσιτεσσάρων και νουμίων ή τεταρτηρών νομισμάτων δύο ομοίων χρυσών, δοθήσεται δέ καΐ υπέρ όψωνίου της τραπέζης τα άρκοΰντα

νομίσματα εις μίνσους δύο.

205 Καιρός δέ και περί τών προσφορών της αγίας λειτουργίας ειπείν. Γινέσθωσαν εκάστης ημέρας σεμιδάλεως έξάγια τέσσαρα καΐ δια τούτων

άρτοποιείσθωσαν προσφοραί, δύο μέν μείζονες ή τε δεσποτική και ή της Θεομήτορος, ετέρα δέ υπέρ του κατά τήν ήμέραν αγίου και ετεραι τέσσαρες υπέρ τών μνημοσυνών του μακαρίτου αύθέντου και πατρός της βασιλείας 210 μου, της μακαριωτάτης μου δεσποίνης και μάμμης, της μακαριωτάτης δεσποίνης και μητρός της βασιλείας μου και της μακαριωτάτης δεσποίνης και συζύγου μου. Έξ αυτών δέ τών έξαγίων γινέσθω καΐ τό του καθηγου- μένου ήμερήσιον άφράτον αι δέ προσφοραί εις κλάσματα τεμνόμεναι τοις μοναχοΐς έπιμεριζέσθωσαν.

Έκάστω δέ σαββάτω και έτεραι | προσφοραί έξ αλεύρου γινέσθωσαν, ήγουν του μακαρίτου πάππου της βασιλείας μου του κουροπαλάτου,

f. 12ν

Kérameus, Noctes, ρ. 466·21, 477), mais nous ignorons la capacité de cette mesure.

43.

Soit dans l'ordre : Alexis Ier Comnène (t 15 août 1118), Anne Dalassène (t 1er no

vembre, après 1095), Irène Doukaina (19 février, 1133 ?), Irène de Hongrie (f 13 août 1134). Cf. Gautier, Obituaire, p. 244-247.

Ι/άφράτον était un pain levé d'excellente qualité, parce que confectionné à l'aide

44.

de la fleur de farine de froment ; c'était le pain des riches et des gourmets. Le mot figure chez Prodrome sous des formes dérivées : άφρατούτζικον dans la satire contre les higou-

mènes du monastère constantinopolitain de Philothéou (E. Legrand, Bibliothèque

grecque vulgaire, I, Paris 1880, p. 67, v. 415 ; Byz. 1, 1924, p.

poème à l'empereur (E. Miller, Mélanges de philologie et d'épigraphie, Paris 1876, p. 138, v. 79).

1. Le curopalate Jean Comnène (f 12 juillet 1067). Cf. Gautier, Obituaire, p. 248.

334), άφράτιτζιν dans un

42

P. GAUTIER

de feu ma grand-mère, la prôtovestiaréa2, de son époux3, de feu l'oncle de ma majesté, le sébastocrator4, de feu la bru de ma majesté, l'épouse de mon fils, le basileus kyr Alexis 5, de feu mon frère, le sébastocrator kyr Andronic6, de ma sœur, la moniale kyra Eudocie7, du césar et beau-frère de ma majesté, Bryennios8, de mon beau-frère, Euphorbènos 9, de l'oncle de ma majesté, le grand domestique 10, de ma tante son épouse x x, de kyr Manuel, l'oncle de ma majesté12, du césar x 3, de feu les trois tantes de ma majesté : la césarissa, la panhypersébaste et kyra

Xénè14,

de

l'oncle de ma majesté, le prôtostrator

x 5,

de

son autre oncle, le mégaduc 1 6,

du sébaste kyr Georges Paléologue x 7, de ma tante la pantimos18, de mon autre tante l'épouse de Paléologue19. En mémoire de mes petits-fils défunts on fera deux pains d 'oblation ; en mé moire de mon très cher petit-fils kyr Alexis, l'enfant de mon très cher fils le sébasto cratorkyr Isaac, un pain d'oblation à part20. Il y aura en commun pour tous

également, le samedi, trois corbeilles de colybes21. On commémorera donc ainsi les noms des défunts mentionnés.

2. Marie de Bulgarie, décédée un 21 novembre sous le nom monastique de Xénè,

4.

5. Dobrodéja Mtislavna, qui reçut à Byzance le prénom d'Eudocie, décédée après 1122

Le sébastocrator Isaac Comnène, mort vers 1102-1104 {ibidem, p. 249).

après 1089 {ibidem, p. 248).

3. Le protoproèdre Andronic Doukas, décédé le 14 octobre 1077 sous le nom monast iqued'Antoine {ibidem, p. 248-249).

(année de son mariage). La seconde épouse du prince, qui vivait encore en 1142 (Kin-

namos : Bonn, p. 36e), s'appelait, semble-t-il, Irène {NE 8, 1911, p. 1534) et était peut- être une princesse géorgienne. Cf. P. Gautier, La curieuse ascendance de Jean Tzetzès, REB 28, 1970, p. 208 n. 5.

6. Décédé vers 1130-1131 (Gautier, Obituaire, p. 249-250 ; Idem, Michel Italikos,

p. 33-34).

7. Décédée avant 1130-1131 (Gautier, Obituaire, p. 251).

8. La date de la mort du césar Nicéphore Bryennios est une véritable énigme ; d'après

le typikon, il est censé mort avant octobre 1136, mais d'après son épouse Anne Comnène,

il aurait succombé à une maladie vers 1137-1138 {ibidem, p. 251-252).

9.

Nicéphore Katakalon Euphorbènos, décédé entre 1118 et 1130 {ibidem, p. 252-

253).

10. Adrien Comnène, décédé sous le nom monastique de Jean le 19 avril 1105 {ibidem,

p. 253).

11. Zoé Doukaina {ibidem, p. 253).

12. Manuel Comnène, décédé au printemps 1071 en Bithynie {ibidem, p. 253).

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

43

της μακαρίτιδος μάμμης μου της πρωτοβεστιαρέας, του ανδρός αυτής,

220 του μακαρίτου θείου της βασιλείας μου του σεβαστοκράτορος, της μακαρίτιδος νύμφης της βασιλείας μου της συμβίου του περιποθήτου μου υίοΰ του βασιλέως κυροΰ 'Αλεξίου, του μακαρίτου αδελφού μου του σεβαστοκράτορος κυροΰ 'Ανδρόνικου, της αύταδέλφης μου της μοναχής κυράς Ευδοκίας,

225 του καίσαρος και γαμβρού της βασιλείας μου του Βρυεννίου, του ετέρου μου γαμβρού του Εύφορβηνοΰ, του θείου της βασιλείας μου του μεγάλου δομεστίκου,

της θείας μου της συμβίου αύτοΰ, του κυροΰ Μανουήλ του θείου της βασιλείας μου, του καίσαρος, τών | μακαριτίδων τριών θειων της βασιλείας μου, της καισαρίσσης, της πανυπερσεβάστου και της κυράς Ξένης, του θείου της βασιλείας μου του πρωτοστράτορος, του ετέρου θείου αυτής του μεγάλου δουκός,

230

f. 13

235 του σεβαστού κυροΰ Γεωργίου τοΰ Παλαιολόγου, της θείας μου τής παντίμου, και τής ετέρας θείας μου τής συμβίου τοΰ Παλαιολόγου*

υπέρ δε αύτοΰ

τοΰ ποθεινοτάτου μου έκγόνου κυροΰ 'Αλεξίου, τοΰ παιδός τοΰ περιποθήτου 240 μ°υ υ^°^ τοΰ σεβαστοκράτορος κυροΰ Ίσαακίου, ίδικώς προσφορά μία. Γινέσθωσαν δε κοινώς υπέρ πάντων ομοίως κατά σάββατον και δια κολύβων f. 13ν κανίσκια τρία' μνημονευθήσονται οδν δια τούτων αϊ δηλωθεΐσαι ό|νομασίαι τών κεκοιμημένων.

και υπέρ τών τελευτησάντων έκγόνων μου προσφοραί δύο1

225 Βρυενίου ΡΗ

239 μου

om. Lampros 240 ιδική Lampros 241 γενέσθωσαν Lampros 242 τούτων :

τοΰτο Η

226 Εύφορβηνοΰ correxi : Έφορβηνοΰ PH Lampros

218 πρωτοβεστιαρίας Lampros

222 μου : μοι Ρ

237 μου θείας Η

13. Le césar Nicéphore Mélissènos, décédé le 17 novembre 1104 (ibidem, p. 253).

14. Soit dans l'ordre : Eudocie, épouse de Nicéphore Mélissènos ; Marie Comnène,

épouse du panhypersébaste Michel Taronite ; Theodora Comnène, épouse de Constantin Diogène (ibidem, p. 253-254).

15.

16. Jean Doukas, devenu le moine Antoine (ibidem, p. 254).

17. Epoux d'Anne Doukaina, sœur de l'impératrice Irène (ibidem, p. 254).

18. Theodora Doukaina, décédée comme moniale sous le nom de Xénè avant 1116

(ibidem, p. 255).

Anne Doukaina, décédée après 1118 (ibidem, p. 255). Ibidem, p. 255. Plusieurs personnages qu'on s'attendrait à voir figurer dans ce

Michel Doukas, mort un 9 janvier avant 1116 (ibidem, p. 254).

19.

20.

typikon ont été omis pour des raisons qu'on ne s'explique pas (ibidem, p. 242-243).

21. Les kolyba sont des sortes de gâteaux confectionnés avec des grains de froment

bouillis, mélangés avec de la farine à demi roussie au feu, saupoudrés de plusieurs pin cées de sucre, de dragées, de raisins secs, de pépins de grenades, d'amandes et de noix. Cf. L. Petit, La grande controverse des colybes, EO 2, 1898-1899, p. 321; A. Scor- dino, I coliva nel typicon di Messina, Studi meridionali 3, 1970, p. 271.

44

P. GAUTIER

Le samedi de YApokréô, le samedi de la Tyrophagie22 et le samedi de la Pente côteon commémorera les personnes suivantes :

feu l'eunuque Jean le Mystique, l'autre mystique Tzykanistèriôtès, le sébaste kyr Constantin Roger23, le sébaste Eustathe Kamytzès24, Michaèlitzès Stypeiôtès25, le médecin Nicétas le prôte26, Georges Dékanos27 et le vestiarite de ma majesté Théodore Berhoïtès28. On donnera un pain d'oblation pour chacun d'entre eux. Après notre mort on ajoutera les pains d'oblation suivants pour les commé- moraisons quotidiennes, à savoir pour la mienne et celles de mes très chers fils et porphyrogénètes :

le basileus kyr Alexis29, le sébastocrator kyr Andronic30, le sébastocrator kyr Isaac31, le sébastocrator kyr Manuel32, celles de mes très chères filles : la césarissa kyra Maria, kyra Anna, kyra Theodora et kyra Eudocie33. Il y aura aussi une fois par semaine une autre petite corbeille de colybes. Les noms de toutes ces personnes seront inscrits dans les diptyques, et elles seront alors commémorées durant la proscomidie34 et les saints mystères, mais dès maintenant nos noms seront inscrits dans les diptyques des vivants et ils seront commémorés pareillement durant la proscomidie et les divins mystères. Puisque l'époux d'une nièce de ma majesté, le pansébaste sébaste kyr Jean Arbantènos35, désireux d'être enterré dans ce monastère fondé par ma majesté, lui a accordé différents biens fonciers, une maison et des propriétés produisant de grands revenus, pour que chaque jour en sa mémoire une pannychis36 et un trisagion à Vorthros et à Yhespérinos soient assurés par quelques moines du monastère, au moins quatre, sinon plus, et comme il a voulu en outre que, sur

22. Respectivement, les huitième et septième dimanches avant Pâques.

23. Ces dignitaires ne sont pas mentionnés autre part. Cf. Gautier, Obituaire, p. 255.

24. Officier d'Alexis Ier Comnène {ibidem, p. 256-257).

25. Nous croyons avoir affaire, malgré la présence de l'article devant le prénom, à un

seul personnage, un officier d'Alexis Comnène {ibidem, p. 257).

26.

Personnage inconnu par ailleurs {ibidem, p. 255).

28.

29.

30.

31.

27. Peut-être un ancien officier d'Alexis Comnène {ibidem, p. 255-256). Son sceau

(protonobélissime) a été récemment édité par V. Sandrovskaja, Palestinskij Sbornik

23, 1971, p. 43.

Dignitaire inconnu {ibidem, p. 255).

Il mourra au début de l'été 1142. Cf. Gautier, Michel Italikos, p. 35-36.

Il mourra au cours du même été 1142 {ibidem, p. 35-37).

Il est mort après 1152, à une date inconnue (Gautier, Obituaire, p. 258).

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

45

Κατά δέ το σάββατον της 'Απόκρεω, τό σάββατον της Τυροφάγου κα£

245 το σάββατον της Πεντηκοστής μνημονευθήσονται καΐ ούτοι·

ό άποιχόμενος εκείνος ευνούχος 'Ιωάννης ό μυστικός, ο έτερος μυστικός ό Τζυκανιστηριώτης,

ό σεβαστός κΰρις Κωνσταντίνος ό 'Ρογέρης,

ό σεβαστός Ευστάθιος ό Καμύτζης,

250 ό Μιχαηλίτζης ό Στυπειώτης,

ό ιατρός Νικήτας ό πρώτος,

ό Γεώργιος του Δεκανου

και ό βεστιαρίτης της βασιλείας μου Θεόδωρος ό Βεροΐτης, διδομένης και υπέρ εκάστου τούτων προσφοράς μιας. Μετά δέ την ήμετέραν μετάστασιν προστεθήσονται υπέρ μνημοσυνών εκάστης ημέρας και αδται αϊ προσφοραί, ήγουν έμοΰ, των περιποθήτων μου υιών και πορφυρογέννητων, του βασι |λέως κυροΰ 'Αλεξίου, του σεβαστοκράτορος κυρου Άνδρονίκου,

260 του σεβαστοκράτορος κυροΰ Ίσαακίου και του σεβαστοκράτορος κυρου Μανουήλ, των φιλτάτων μου θυγατέρων, της καισαρίσσης κυράς Μαρίας, της κυράς "Αννης, της κυράς Θεοδώρας και της κυράς Ευδοκίας. Γενήσεται δέ και κανίσκιον έτερον άπαξ της εβδομάδος δια κολύβων.

255

f. 14

265 Γραφήσονται δέ καΐ τα ονόματα πάντων εν τοις διπτύχοις και έσόμεθα

μνημονευόμενοι τηνικαΰτα εν τη προσκομιδή και τοις θείοις μυστηρίοις, άλλα και νυν έσονται γεγραμμένα εν τοις διπτύχοις τών ζώντων τα ημέτερα ονόματα και μνημονευθήσονται ομοίως εν τε τη προσκομιδή και τοις θείοις μυστηρίοις.

και ό έπ' άνεψιφ γαμβρός | της βασιλείας μου, ό πανσέβαστος

σεβαστός κυρις 'Ιωάννης ό Άρβαντηνός, θελήσας εν τη τοιαύτη της βασιλείας μου ίδιοκτήτω μονή ταφήναι, διάφορα άπό τών οικείων ακινήτων ταύτη

άφιέρωσεν, οίκον τε και κτήματα έχοντα προσόδους ίκανάς,

f. 14ν

Έπει δέ

εφ'

καθ' ήμέραν παννυχίδα υπέρ αύτοΰ και τρισάγιον όρθρινόν τε και έσπέριονγίνεσθαι

275 παρά τίνων μοναχών άπο της μονής, ει μή πλειόνων, τέως τεσσάρων, προς τούτοις δέ ήθέλησεν ό αυτός άπό τών προσόδων τών αυτών ακινήτων δίδοσθαι

φ

244 της1 : τών Lampros

252 Δεκανου : δικαν

Βερσίτης Lampros

255 μνημόσυνου Lampros

253 Βεροΐτης :

270 πανσέβαστος om. Lampros

Lampros

32. Ibidem, p. 258-260.
33.

Ibidem, p. 260.
34.

Durant 1 Oblation du pain et du vin. Cf. P. De Meester, Grecques (liturgies),

DACL 6, 1925, p. 1632-1633 ; P. Rhodopoulos, Προσκομιδή, ThEE 10, 1967, p. 653-654.

35. Sur ce personnage, voir Gautier, Obituaire, p. 260-261.
36.

Le mot pannychis ne désigne pas ici une cérémonie qui dure toute la nuit (Clugnet,

Dictionnaire, p. 3), mais un office funèbre comprenant des prières de supplication. Cf. K. Kalokyrès, Παννυχίς, ThEE 9, 1966, p. 1124-1125.

46

P. GAUTIER

les revenus des mêmes biens fonciers, on donne au moment de sa commémoraison, à titre de distributions pieuses37, le tiers des revenus des biens fonciers qu'il a octroyés, ma majesté ordonne ce qui suit : un trisagion sera chanté pour lui chaque jour par quelques moines ; à Yorthros et après le lychnikon38 ils chanteront aussi pour lui une pannychis de supplication ; un cierge acémète et une lampe également acémète brûleront continuellement sur sa tombe, et des distributions pieuses seront faites fidèlement, avant et après sa commémoraison, de telle sorte que le montant des deux distributions corresponde au tiers des revenus de ses biens fonciers ; ce règlement ne subira jamais aucune modification, parce que c'est dans une telle attente que cet homme a octroyé ses biens à ce monastère de ma majesté. Sur nos tombes, je veux dire celle de ma très chère épouse et celle de ma majesté, au lieu d'un petit cierge acémète on en fera brûler deux pour chacun.

II. Prescriptions alimentaires

rituel ,M , des , repas

Le moment ,,.,·, est venu de traiter aussi de la table com-

Le

mune des frères. Les moines auront une table commune dans le monastère du Sauveur Pantocrator ; ils prendront une nourriture commune; nul ne mangera en cachette, parce que cela est interdit par les divins Pères et cause à l'âme un tort considérable et un danger redoutable. Le moment du repas ne sera pas toujours le même. En effet, quand on récitera des psaumes aux Heures, si ce sont des jours de jeûne, je veux dire avant la fête des saints apôtres, tierce et sexte seront récitées avec psaumes selon le règlement de l'église, et après la divine liturgie on célébrera none sans récitation de psaumes. Quand l'eulogie1 aura été distribuée aux moines et que la simandre aura été frappée trois fois, ils s'avanceront vers le réfectoire 2 en chantant avec les lèvres le psaume qui commence ainsi : Je t'exalterai, mon Dieu. Quand ce ne sont pas des jours de jeûne, mais des jours de fête et de solennité, on célébrera les mystères sacrés, et les moines recevront l'eulogie comme il a été indiqué ; on frappera trois fois la simandre, et ils s'avan ceront vers le réfectoire, en ayant à la bouche le psaume indiqué. La répartition des moments des repas sera celle-là, sauf au grand carême et à celui de saint

37. Le terme ψυχικός est susceptible de plusieurs significations selon les contextes ; il désigne ici des distributions faites pour le salut spirituel de l'auteur de cette fondation

pieuse. 38. Lychnikon est synonyme d'hespérinos (vêpres) ; c'est la première partie de l'office des vêpres qui commence quand les cierges et les lampes ont été allumés. Cf. Clugnet, Dictionnaire, p. 93 ; Arranz, Typicon, p. 416.

1. L'eulogie, appelée aussi διακλυσμός (1. 1017), était une légère collation, consistant en pain trempé dans de l'huile et en vin, que les moines prenaient après l'office dans le narthex. Cf. diatypôsis de s. Athanase de Lavra : Dmitrievskij, Typika, p. 25314 ; typikon de l'Everghétis : ibidem, p. 62423, 62920 ; diataxis d'Attaliate : MM, V, p. 31621 ;

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

47

κατά τους καιρούς των μνημοσυνών αύτοΰ εις ψυχικας διαδόσεις το τρίτον μέρος των προσόδων των άφιερωθέντων παρ' αύτοΰ ακινήτων, τυποΐ και

f. 15 ή βασιλεία μου ταΰτα ούτω γίνεσθαι ώστε και | τρισάγιον υπέρ αύτοΰ

έκτελεΐσθαι εκάστης ημέρας παρά τίνων μοναχών, κατά τε τον βρθρον και

παρ' αυτών ψάλλεσθαι παρακλη-

280

μετά το λυχνικόν, και παννυχίδα ομοίως

τικήν υπέρ αύτοΰ, και κηρίον άκοίμητον και κανδήλαν ομοίως άκοίμητον εν τω τάφω τούτου διηνεκώς άπτειν και ψυχικας διαδόσεις προ τών μνημοσυνών αύτοΰ και μετά τα μνημόσυνα γίνεσθαι προσεχώς ως συμποσοΰσθαι τα δι'

αμφοτέρων διδόμενα εις το τρίτον τών προσόδων τών ακινήτων αύτοΰ, και ταύτην την άκολουθίαν ούτω προβαίνειν άναλλοίωτον ες άεί, δια το και τοΰτον επί τοιαύτη έλπίδι άφιερώσαι τα διαφέροντα αύτω τη τοιαύτη μονή της βασιλείας μου. Έν μέντοι τοις τάφοις ημών, ήγουν της περιποθήτου μου συζύγου και τφ

της βασιλείας μου, αντί ενός ακοίμητου κηρίου άνα δύο άπτειν όφειλοΰσιν.

285

290

295

300

305

Καιρός δέ και περί της κοινής τραπέζης τών αδελφών διαλαβεΐν. Κοινήν έχέτωσαν οι μονάζοντες τράπεζαν έν τη τοΰ Παντοκράτορος Σωτήρος μονή' κοινών τών εδεσμάτων άπολαβέτωσαν μη λαθροφαγείτω μηδείς, επειδή τοΰτο και τοις θείοις πατράσιν άπηγόρευται και μεγίστην προξενεί τη

ψυχή την ζημίαν και τον κίνδυνον χαλεπώτερον. Ό δέ τής τροφής καιρός ού πάντοτε ό αυτός. "Οτε μέν γαρ στιχολογία έν ταΐς "Ωραις εστί, νηστίμων ούσών τών ήμερων, λέγω δη προ τής εορτής τών αγίων αποστόλων, ή τρίτη "Ωρα και ή έκτη κατά το τυπικόν τής εκκλησίας στιχολογηθήσεται και μετά την θείαν ίερουργίαν ή έννάτη δίχα στιχολογίας ψαλθήσεται. Δοθείσης δέ

τής ευλογίας ήδη τοις μοναχοΐς και τοΰ ξύλου κρουσθέντος έκ τρίτου, ή πρδς την τράπεζαν βάδισις αυτών γενήσεται έν τοις χείλεσιν άδόντων τόν ψαλμόν,

οδάλλ'ή εορτάσιμοιαρχή" 'Υψώσωκαι επιφανείς,σε, 6 Θεόςή ίεραμου.μυσταγωγία"Οτε δέ ού τελεσθήσεταινήστιμοί είσινκαιαϊλήψονταιήμέραι,

την εύλογίαν οι μοναχοί, καθώς δεδήλωται, και τρις το ξύλον κρουσθήσεται

και άπελεύσονται προς την τράπεζαν, τόν δηλωθέντα ψαλμόν επί στόματος έ'χοντες. Και ή μέν τοΰ καιροΰ τής τροφής διαίρεσις εσται τοιαύτη, δίχα τής μεγάλης τεσσαρακοστής και τής τοΰ αγίου Φιλίππου. Γενήσεται δέ

282 κανδύλαν Lampros

284 ώς : καΐ Lampros

typikon de Saint-Mamas : Eustratiadès, Saint-Mamas, p. 27824. Le mot désigne aussi parfois une coupe de vin, comme ci-après, n. 8. Voir aussi A.-J. Festugière, Les moines d'Orient, III/2, Paris 1962, p. 87 n. 174. 2. Sur l'architecture des réfectoires monastiques orthodoxes, consulter Orlandos, MA, p. 43-60.

48

P. GAUTIER

Philippe3. Leur déplacement vers le réfectoire se fera aussi avec discipline : en tête s'avancera le prêtre qui aura officié, l'higoumène marchera derrière lui, puis tous les frères suivront. Quand ils approcheront de la table, le prêtre, se tenant en haut, du côté droit, et tourné vers l'orient, dira seul cette prière : Seigneur mon Dieu, toi le pain céleste et vivifiant, toi la nourriture véritable du monde entier, toi qui régis la vie présente et qui nous as promis de jouir de la vie future, bénis notre nourriture et notre boisson et permets-nous de les prendre en toute innocence, en glorifiant et remerciant le dispensateur de toutes les largesses. Puis l'higoumène prendra sa place à la table qui est en tête ; le prêtre fera alors le signe de la croix sur la table et dira après la prière susdite : Parce que ton nom très vénérable et magnifique est béni et glorifié. Quand les frères auront répondu Amen, l'higoumène s'assoira, et après lui tous les autres, sans bruit ni confusion ; ils se céderont mutuellement leur place, car c'est là un signe d'humilité et de charité4. Quand tous seront assis, celui qui sera chargé de la lecture commencera à lire ; le prêtre qui aura officié, se tenant debout, donnera la bénédiction en disant : Béni soit Dieu. Quand les frères auront dit Amen, le préposé au réfectoire5 imposera le silence à tous, et ainsi le lecteur commencera la lecture. Le plat ayant été présenté, le préposé au réfectoire dira d'une voix forte :

Bénis, seigneur, prie, et le prêtre qui aura officié bénira la nourriture servie. Quand l'higoumène aura mis la main au plat, tous les autres aussi se mettront à manger ; des frères circuleront ensuite pour distribuer la boisson chaude6, les pintes7 ayant été au préalable disposées devant tous. L'higoumène frappera d'abord le bout de la table avec un petit maillet, trois fois pour chaque mélange ; au premier coup tous se mettront debout, en tenant leur pinte en mains, et l'higoumène pareill ement; quand tous auront ainsi reçu une eulogie en commun8, ils se rassoiront

3. Le grand carême commence un lundi, 48 jours avant le dimanche de Pâques, et ne

prend fin que le samedi saint. Le carême de saint Philippe commence le lendemain de la

fête de ce saint (14 novembre) et dure jusqu'à la veille de Noël inclusivement, soit 40 jours. Le troisième carême, celui des saints apôtres, commence le lendemain de la Toussaint orthodoxe (= huitième dimanche après celui de Pâques, fête mobile) et se prolonge jusqu'à la veille inclusivement de la fête des apôtres Pierre et Paul (29 juin) ; de ce fait il est plus ou moins long selon que la Pâque a lieu plus ou moins tôt.

4.

5.

6.

Le fondateur de l'Everghétis fait à ses moines la même recommandation (Dmi-

trievskij, Typika, p. 625).

Le τραπεζάριος n'a pas pour fonction de servir à table, mais de veiller à la discipline des moines. Cf. typikon de l'Everghétis : ibidem, p. 624-625.

Le θερμός est de l'eau chaude qu'on mélangeait parfois au vin. Cf. typikon de

l'Everghétis : ibidem, p. 62727, 62910 ; typikon de la Kécharitôménè : PG 127, 1065β. Dans sa satire contre les higoumènes le moine Hilarion se dit θερμοδότης (Ε. Legrand,

Bibliothèque grecque vulgaire, I, Paris 1880, p. 54, v. 61). Voir aussi la Souda (A. Adler, III, p. 180) : κρασις, μιξις οί'νου και θερμού.

Le mot κρασοβόλιον ne doit pas seulement désigner une mesure de vin, mais aussi

un récipient, un gobelet ; nous l'avons donc traduit par le mot pinte qui a cette double signification. Cf. diatypôsis de s. Athanase de Lavra : Dmitrievskij, Typika, p. 25413·19·31; typikon de l'Everghétis : ibidem, p. 62710, 6285·34 ; typikon de la Kécharitôménè : PG 127, 1065e, 1069e ; typikon de Saint-Mamas : Eustratiadès, Saint-Mamas, p. 27416-35,

7.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

49

310

315

320

325

330

335

μετά ευταξίας καΐ ή προς την τράπεζαν άπέλευσις αυτών, προηγουμένου μέν απάντων του λειτουργήσαντος ιερέως, του δέ καθηγουμένου έχόμενα τούτου

βαδίζοντος και καθεξής των λοιπών αδελφών συνεπομένων. "Οτε δέ πλησιά- σουσι τη τραπέζη, γινόμενος ό ιερεύς εν τοις ανωτέρω δεξιοΐς μέρεσι, πρδς ανατολάς ορών, ταύτην λεγέτω καθ' εαυτόν τήν εύχήν Κύριε, ό Θεός μου,

δ επουράνιος και ζωοποιός άρτος, ή αληθινή τροφή τον παντός κόσμου,

δ και τήν παροϋσαν ζωήν κυβερνών καΐ της μελλούσης τήν άπόλανσιν

ήμΐν επαγγειλάμενος, αυτός εύλόγησον τήν βρώσιν ημών και τήν πόσιν και

δοξάζοντας τε και

εύχαριστονντας τω χορηγώ πάντων τών αγαθών δωρημάτων. Είτα ό καθη- γούμενος επί της οικείας τάξεως στήτω της εν τη κεφαλή τραπέζης, ό δέ ιερεύς τηνικαυτα τον του σταυρού τύπον τη τραπέζη έπιβαλών έκφωνείτω

μετά τήν δηλωθεΐσαν εύχήν δτι ηνλόγηται και δεδόξασται το πάντιμον και μεγαλοπρεπές δνομά σου. Και ούτως, έπειπόντων τών αδελφών το αμήν, καθεζέσθω δ καθηγούμενος και μετά τούτον οι λοιποί δίχα θορύβου και συγχύσεως και έκαστος έκάστω της καθέδρας παραχωρείτω* τοΰτο γαρ και ταπεινώσεως και αγάπης εστί σημεΐον. Πάντων δέ καθεσθέντων, ό άναγνώ-

ναι ταχθείς άρχέσθω της αναγνώσεως* ό δέ ιερουργήσας ιερεύς, βρθιος έστώς, εύλογείτω λέγων το Εύλογητός δ Θεός, και τών αδελφών έπειπόντων το αμήν, 6 περί τήν τράπεζαν διακόνων σιγήν πασιν έμποιείτω και οΰτως ό άναγινώσκων άρχέσθω της αναγνώσεως. Της μαγειριάς δέ παρατεθείσης, ό της τραπέζης διακονητής μεγαλοφώνως

βοάτω* Κύριε, εύλόγησον, εϋξαι, και ό λειτουργήσας ιερεύς εύλογείτω το παρατεθειμένον βρώμα. Είτα του καθηγουμένου τήν χείρα τω βρώματι έπιβαλόντος, και οι λοιποί έσθίειν έπιχειρήτωσαν αδελφοί δέ περιερχέσθωσαν μετά ταύτα χάριν της του θερμού διαδόσεως, ήδη τών κρασοβολίων προαπο- νεμηθέντων άπασι. Πλην ό καθηγούμενος πρώτον εν ξυλίνη σφύρα μικροί το

της τραπέζης άκρον εκ τρίτου τυπτέτω εφ' έκάστω κεράσματι* του δέ πρώτου κρούματος γενομένου, πάντες δρθιοι στήτωσαν, κατέχοντες τα εαυτών κρασοβόλια, και ό καθηγούμενος ομοίως" πάντες δέ οοτω κοινήν λαβόντες εύλογίαν, αδθις καθεζέσθωσαν και έκαστος το άπό τούδε το οικεΐον

άκατακρίτως ημάς μεταλαβεΐν αυτών καταξίωσον,

311 άνωτέροις Η χειρείτωσαν Η

312

τήν

om. Ρ

336 βρθριοι Ρ

316 τε correxi : σε ΡΗ

332 έπι-

2754·9-19 ; satire du Ptochoprodrome contre les higoumènes : E. Legrand, op. cit.,

p.

p. 4628.

56, v. 125 ; typikon du Prodrome de Monacheion : Papadopoulos-Kérameus, Nodes,

8. Le terme ευλογία ne peut signifier ici que la coupe de vin.

Nous savons par le

Ptochoprodrome par exemple que c'est le nom qu'on lui donnait dans les monastères :

E. Legrand, op. cit., p. 56, v. 129 (καυκίν κρασίν ού δίδουν με, το λέγουν εύλογίαν) ;

τδ νεροκο-

πημένον). Voir aussi la diatypôsis de s. Athanase de Lavra : Dmitrievskij, Typika, p. 25314 (τη ευλογία μόνη άρκούμεθα, άνα δύο κράσεων μεταλαμβάνοντες) ; Yhypotypôsis du Stoudios : ibidem, p. 238.

ailleurs (ν. 125) il évoque sa pinte de vin coupée d'eau (το κρασοβόλιν μου

50

P. GAUTIER

et chacun bénira alors sa boisson avec le signe de la croix. Nul ne demandera de bénédiction à un autre en présence de l'higoumène. En son absence, c'est l'économe qui à sa place donnera le signal et la bénédiction des pintes ; s'il n'est pas prêtre, lui-même donnera le signal, mais il invitera le prôtopapas ou le prêtre qui a officié à faire la bénédiction de la boisson. En l'absence de l'économe, le premier des prêtres ou le prêtre qui a officié fera ce que doit faire l'higoumène. Personne ne prendra place sur le siège de l'higoumène. La nourriture ayant été mangée et le silence ayant été imposé par le préposé au réfectoire, on amènera le second plat, quel qu'il soit, et le prêtre le bénira aussi. On agira ainsi pour chaque mets, même s'il y a ménagement9 et que les mets sont plus nombreux. Quand il y aura ména gement et davantage de mets servis, les pintes recevront aussi un supplément, à la discrétion de l'higoumène. Le repas achevé et la lecture terminée, le réfectorier, sur ordre du supérieur, placera une corbeille qui recevra les écuelles10, et une autre où l'on mettra les cuillères. Puis l'higoumène dira les grâces 1 *, et tous à leur place pareillement, et aussitôt on mettra la corbeille pour recueillir les restes ; l'higoumène y mettra le premier le pain qui lui reste, et tout le monde après lui, pendant qu'on chantera : Béni soit Dieu qui nous nourrit. Les morceaux seront donnés aux frères devant la porte. Le prêtre qui a officié, une fois achevé le Dieu soit béni, dira cette prière : Seigneur notre Dieu, multiplie les restes de tes servi teurs et aie pitié de nous, car tu es saint maintenant, toujours et à jamais. Ensuite, après VAmen, le réfectorier, sur un signe de l'higoumène, fera une croix avec la corbeille et dira à voix haute : Grand est le nom, et tous lui répondront : de la sainte, consubstantielle et vivifiante Trinité. Puis l'higoumène bénira tout le monde ; le réfectorier chantera d'une voix forte : Dieu est clément et miséricordieux, et tous les frères aussi chanteront avec lui. Puis, quand le prêtre qui a officié aura rendu grâces à Dieu avec tout le monde, on entonnera le psaume 121 : Je me suis réjoui des paroles qu'on m'a dites, et le psaume 83 : Qu'agréables sont tes taber nacles, Seigneur. Puis le prêtre fera une action de grâces et dira alors une prière, et chacun retournera à sa cellule. Quand les moines auront quitté le réfectoire, ceux qui ont servi mangeront. Personne ne sera autorisé à emporter dans sa cellule du pain ou un autre des mets servis. Si quelques-uns de ceux qui sont envoyés aux commissions tardent au point de manquer l'heure du repas de midi, il faut leur

9. La παράκλησις désigne en l'occurrence un soulagement alimentaire, un menu amél

ioré, soit donc une rupture du régime ordinaire concédée à l'occasion de certaines fêtes. Cf. Clugnet, Dictionnaire, p. 114-115 ; Arranz, Typicon, p. 425.

10.

Όρθομίλιον : mot assez rare qui nous paraît désigner une écuelle ; voir De ceri-

mentionné ailleurs : hypotypôsis du Stoudios (Dmitrievskij, Typika, p. 2344,

moniis : Bonn, I, p. 4728, et II, p. 562 (commentaire) ; la Souda (A. Adler, IV, p. 599)

donne comme synonymes : τρυβλίον, πινάκιον. Le cérémonial recommandé est en re

vanche

avec une fausse lecture) ; diatypôsis de s. Athanase (ibidem, p. 251 27).

11. Ποιειν/έπιλέγειν τον στίχον signifie dans le contexte « dire les grâces» à la fin

du repas. Cf. A.-J. Festugière, Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes 45, 1971, p. 247-248.

LE

TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

51

εύλογείτω πόμα τω του σταυρού διατυπώματι. Ουδείς μέντοι παρ' ετέρου

340

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355

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370

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εύλογίαν αιτήσει, παρόντος του καθηγουμένου. Τούτου δε απόντος, ό οικο

νόμος

ει δε μή Ιερεύς ειη, κρουέτω μεν αυτός τό ξύλον, έπιτρεπέτω δε τφ πρωτο- παπφ ή τφ λειτουργήσαντι ιερεΐ και ποιείτω τήν εύλογίαν του πόματος. 'Απόντος δέ του οικονόμου, αυτός ό των ιερέων πρώτος ή ό λειτουργήσας

ιερεύς ποιείτω τα παρά του καθηγουμένου γίνεσθαι όφείλοντα. Έπί δέ της καθέδρας του καθηγουμένου καθεζέσθω μηδείς. Βρωθείσης δέ της μαγειριάς και σιγής παρά του διακονοΰντος γινομένης, εΐσαγέσθω ό δεύτερος μίνσος, οίος αν και ε'ίη, και εύλογείτω και τούτον ό ιερεύς. Τοΰτο δέ γινέσθω εφ' έκάστω βρώματι, ει δέ και παράκλησίς έστι και πλείω εΐ'η τα παρατιθέμενα.

Παρακλήσεως δέ οΰσης και βρωμάτων πλειόνων προτιθεμένων, προσθήκην λαμβανέτωσαν και τα κρασοβόλια κατά τήν του καθηγουμένου διάκρισιν. Της δέ εστιάσεως συμπληρουμένης και του άναγνώστου παυομένου, προστάξ ειτου προεστώτος ό διακονητής της τραπέζης κανίσκιον τιθέτω δεχόμενον τα ορθομίλια και έτερον εν φ βληθήσονται τα κοχλιάρια. ΕΙΘ' οΰτως ό καθη-

γούμενος έπιλεγέτω τόν στίχον και πάντες κατά τάξιν ομοίως, και αύτίκα τιθέσθω τό κανίσκιον εις ύποδοχήν των περιττευμάτων και πρώτος 6 ηγού μενος έμβαλλέτω τούτω τόν περιττεύσαντα αύτφ άρτον, είτα και πάντες, ψαλλομένου μεταξύ του Ενλογητος ο Θεός δ τρέφων ήμας' τα δέ κλάσματα διδόσθωσαν τοις προ του πυλώνος άδελφοΐς. Ό δέ ιερεύς ό λειτουργήσας

μετά τό πληρωθήναι τό Ενλογητος δ Θεός έπιλεγέτω τήν εύχήν ταύτην Κύριε, δ Θεός ημών, πλήθννον τας περίσσειας των δούλων σον και ήμας ελέησον, δτι άγιος ει νϋν και άει και εις τονς αιώνας τών αιώνων. Είτα μετά τό αμήν 6 τραπεζάριος νεύματι του καθηγουμένου σταυρόν μετά του κανι- σκίου ποιείτω και λεγέτω μεγάλη φωνή· Μέγα τό όνομα, πάντες δέ άπο-

κρινέσθωσαν της αγίας και δμοονσίου και ζωοποιού Τριάδος. Είτα ό καθη- γούμενος έπευλογείτω πάντας* ό δέ περί τήν τράπεζαν διακόνων ψαλλέτω μεγαλοφώνως τό 'Ελεήμων και οίκτίρμων δ Κύριος, συμψαλλόντων αύτφ και τών λοιπών αδελφών. Είτα του ίερουργήσαντος ιερέως εύχαριστήσαντος μετά πάντων τφ Θεφ, άπαρχέσθω του ρκα' ψαλμού* Ενφράνθην επί τοις

είρηκόσι μοι, και του πγ'* Ώς αγαπητά τα σκηνώματα σον, Κύριε. Είτα ό ιερεύς εύχαριστίαν ποιείτω και οΰτω λεγέτω εύχήν και άπερχέσθω έκαστος εις τό κελλίον αύτου. Μετά δέ τό άναστήναι τους μοναχούς της τραπέζης έσθιέτωσαν οι διακονήσαντες· μηδενί δέ έξέστω άρτον ή έτερον τι τών παρακειμένων λαβείν εις τό κελλίον αύτου. Ε'ι δέ τίνες τών εις διακονίας

άντ'

αύτου και το κρουμα και τήν των κρασοβολίων εύλογίαν

ποιείτω·

αποστελλομένων έπί τοσούτον έμβραδύνουσιν ώς μή φθάσαι τόν καιρόν του αρίστου, χρή και τούτοις ομοίως εν τη τραπέζη τα αυτά παρατίθεσθαι

349 παράκλησίς· τό κοινώς λεγόμενον κολάτζι ήτοι μικρόν άριστον ή δεϊπνον, λατινιστί

κονσολάτζιουμ. Χρύσανθος Νοταράς εν τω τυπικφ της Κεχαριτωμένης in margine H

έξέστω + ή Η

354 ορθομίλια correxi : ορθομύλια ΡΗ

368 λοιπών om. Η

373

52

P. GAUTIER

servir à eux aussi les mêmes plats, également au réfectoire, pour ne pas provoquer le scandale de les voir emporter leur nourriture dans leur cellule.

xLes moines malades, . pouvoirSi quelqu'un. marcher,est onmaladelui audonnerapoint d'êtredans saalitécelluleet de lesne

soins qu'exige son état. L'higoumène prendra soin sans faute de tous les malades ; il disposera d'un médecin qui sera affecté au monastère x 2 et qui préparera les emp lâtres nécessaires et les huiles, veillant à ce qu'elles soient entreposées dans la salle des hospitalisés. Il se présentera fréquemment, visitant ceux qui ont besoin de traitement et veillant à leur procurer tout le nécessaire : pain blanc, vin excellent et tout ce qui peut donner du moral aux malades. Il y aura dans l'infirmerie six lits dressés pour ceux qui doivent être alités, et un autre pour le médecin qui devrait rester lui aussi auprès des patients en cas de nécessité. On entreposera aussi en quantité suffisante les objets nécessaires pour le bain, je veux dire des bassins, des pots à eau13, des récipients à savon, des essuie-corps, des essuie-cheveux, des essuie-mains, etc., en nombre suffisant pour six personnes qui se lavent à la fois ; ils ne seront pas réservés aux malades seulement, mais tous les moines aussi s'en serviront. Il faut veiller attentivement à ce que ceux qui les serviront témoignent par une diligence et un zèle extrêmes de leur souci à leur égard, croyant au Christ qui a dit : Ce que vous avez fait pour l'un de ces tout-petits, qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. Voilà les mesures concernant les malades.

Le rituel. , du, souper soir.II.»,,,,,fautAprèsprendrele lychmkondes dispositionson frappera^ aussi,lapoursimandrele repastroisdu

fois, et les moines entreront au réfectoire en chantant le verset qui commence ainsi :

Les pauvres mangeront et seront rassasiés, jusqu'à pour les siècles des siècles. Puis ils s'assoiront et, après la bénédiction du prêtre qui a officié, ils mangeront du pain et boiront du vin. Si l'époque le permet, on leur servira aussi des légumes frais et des fruits de saison et tout ce qu'exige un repas du soir. Pour les mélanges de boisson14 on suivra le règlement que nous avons mentionné pour le repas de midi. Quand on aura fini de manger et de boire, on placera la corbeille où l'on mettra les restes, et l'on dira alors : Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Ensuite l'higoumène bénira les frères, qui au préalable auront dit dévotement trois fois : Seigneur, prends pitié, et qui ajouteront : Seigneur, bénis-nous, et alors l'higo umènedira : Christ Dieu, multiplie, et la suite. Puis, le préposé au réfectoire prendra la corbeille, fera avec elle en haut du réfectoire le signe de la croix et dira à haute voix : Toute sainte Mère de Dieu, assiste-nous. Puis le préposé au réfectoire com mencera le verset : Tu nous as réjouis par ta création, Seigneur, et nous exulterons devant i œuvre de tes mains ; la lumière de ta face s'est manifestée sur nous, et tous

12. Le fondateur y revient par le menu plus loin.
13.

Ce sont sans doute des fiasques recouvertes de paille ou de cuir. Cf. De cerimoniis :

Bonn, I, p. 4685.

14.

Κέρασμα a le même sens que κρασις (voir n. 6).

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

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βρώματα, ίνα μη σκάνδαλον γίνηται άποφερομένων αυτών τας τροφας εν τοις κελλίοις αυτών.

Ει δέ τις επί τοσούτον νοσεί ως κλινήρης εϊναι και μη βαδίζειν

δύνασθαι, γινέσθω εν τω κελλίω αύτοΰ ή προσήκουσα επιμέλεια, άλλα και πάντων απλώς τών νοσούντων έπιμελείσθω ό καθηγούμενος ΐατρόν έχων παραβάλλοντα τη μονή και έπισκευάζοντα τα συμβαλλόμενα έμπλαστρα και τα έλαια ώστε έναποκεΐσθαι τω τρικλίνω τών νοσοκομουμένων, και αυτός δέ παραβαλλέτω συχνότερον επισκεπτόμενος τους δεομένους επιμελείας και

προνοουμενος τούτων επί πασι τοις χρειώδεσιν, άρτω καθαρώ, ο'ίνω καλλίστω και τοις άλλοις τοις δυναμένοις τους έν νόσοις παρηγορεΐν. Έχέτω δέ και τό τρικλινάριον κλίνας εστρωμενας εξ λόγω τών βουλομενων άνακλίνεσθαι και έτέραν λόγω του ιατρού μέλλοντος και τούτου παραμένειν τοις κάμνουσιν, όποτε χρεία κατεπείγει. "Εστωσαν δέ και τα επιτήδεια προς τό λούεσθαι

διαρκώς έναποτεθειμένα, καδδάρια λέγω, έπιχυτάρια και σαπωνάρια, σάβανα, κομοεκμάγια, λέντια και λοιπά, ως έξαρκεΐν εξ άμα λουομένοις· τούτοις δέ ού μόνον οι νοσοΰντες χρήσονται, άλλα και πάντες απλώς οι μοναχοί. Φροντιστέον δέ μάλιστα ώστε τους εξυπηρετούμενους αύτοΐς χειρί πάση και προθυμία δεικνύειν την εις αυτούς έπιμέλειαν πιστεύοντας τω

είπόντι Χριστώ* Έφ* όσον εποιήσατε ενι τούτων τών αδελφών μου τών ελαχίστων, εμοι εποιήσατε. Και περί μέν τών νοσούντων ταΰτα.

Διοριστέον δέ και περί του δείπνου. Μετά γαρ το λυχνικόν, τρις

400

405

410

415

κρουομένου του ξύλου, προς την τράπεζαν οι μοναχοί είσελεύσονται ψάλ

λοντες

τον στίχον οΰ ή αρχή* Φάγονται πένητες και εμπλησθήσονται, εως

του εις αιώνα αιώνος, και ούτω καθεζέσθωσαν και, εύλογήσαντος του ιερέως του ίερουργήσαντος, έσθιέτωσαν άρτον και πινέτωσαν οίνον. Καΐρου δέ

δίδοντος, και λάχανα αύτοΐς παρατεθήσονται και όπώραί τίνες τω καιρώ κατάλληλοι και δσα άλλα προς έστίασιν έν δείπνω επιτήδεια' έν τοις κερά- σμασι δέ τηρηθήσεται ό τύπος, οΰ και έν τω άρίστω έπεμνήσθημεν. Μετά

δέ την συμπλήρωσιν της βρώσεως και της πόσεως τιθέσθω τό κανίσκιον ως έμβληθήναι τα περιττεύματα έν αύτώ και λεγέσθω ούτως· Λόξα τω Πατρι

και τω Υιώ και τω άγίω Πνεύματι. Είτα έπευλογείτω ό καθηγούμενος, τών αδελφών πρότερον είπόντων συνημμένος έκ τρίτου τό Κύριε ελέησον, και έπαγόντων τό Κύριε, ενλόγησον, και οΰτως ό καθηγούμενος έπιλεγέτω*

Χριστέ ό Θεός, πλήθννον, και τα έξης. Είτα ό περί την τράπεζαν διακόνων αίρέτω τό κανίσκιον και προς τφ άκρω της τραπέζης σταυρόν μετ' αύτου ποιείτω και λεγέτω μεγάλη τη φωνή* Παναγία Θεοτόκε, βοήθει ήμϊν. Άρξάμενος δέ αδθις ό τή τραπέζη διακόνων του στίχου του λέγοντος" Ενφρα-

ποιήματί σον και εν τοις εργοις τών χειρών σον

νας ήμας, Κύριε,

άγαλλιασόμεθα' έσημειώθη εφ3 ήμας τό φώς τον πρόσωπον σον, έχέτω

εν

τφ

389 Εστωσαν ΡΗ

395-396 Matthieu 25, 40

393 μοναχοί : αδελφοί Η

54

P. GAimER

chanteront avec lui ce verset jusqu'à : tu m'as installé dans V espérance. Puis ils seront renvoyés par l'higoumène sur cette dernière parole, et aussitôt l'ecclésiarque, sur ordre de l'higoumène, donnera le signal des complies x 5. Lors des vigiles des grands jours solennels et surtout pour celles du Sauveur, on leur préparera un souper plus soigné et plus copieux, veillant à leur servir des plats cuits, composés de légumes frais et de légumes secs et de fruits de saison ; on y ajoutera souvent même du poisson et une pinte plus grande que d'habitude.

Il faut aussi parler de la quantité

et de la nature de

Prescriptions

alimentaires

nons

umèned'atténuer à sa discrétion la rigueur canonique en fonction de la faiblesse des frères. Les lundis libres x 6, sauf ceux des carêmes, on servira aux moines trois mets préparés à l'huile avec des assaisonnements, composés non seulement de légumes frais et de légumes secs, mais encore de coquillages et de moules selon la saison. Les mercredis et les jeudis, ils consommeront du fromage et des œufs. Les samedis et dimanches, on leur servira aussi du poisson frais. Il y aura toujours trois plats : deux, les quatre jours susdits de la semaine, seront composés de poissons salés et frais, de fromage et d'œufs, le troisième de légumes secs. Les carêmes17 auront la différence suivante. Celui des saints apôtres verra l'abstinence du fromage et des œufs, abstinence à observer seulement les jours libres. Celui de saint Philippe prohibera aussi la consommation de poissons durant les cinq jours de la semaine, sauf le samedi et le dimanche, à moins qu'il n'y ait une solennité durant ces cinq jours, car ce jour-là aussi ils seront soulagés par une consommation de poissons. Ils mangeront une fois par jour après la célé bration du lychnikon durant ces carêmes, si toutefois le carême des saints apôtres n'a pas prohibé le repas du soir. Durant les cinq jours susdits de la semaine, la nourriture des moines sera servie tantôt accommodée à l'huile pour leur soulage ment,tantôt sans cet adoucissement à cause de la sainteté des jours. Quand il y aura une fête du Seigneur, de la Mère de Dieu ou d'un saint illustre, il y aura durant ces solennités un soulagement pour les moines, à la discrétion de l'higou mène.Le nom vénérable de la Mère de Dieu scellera à la fin tous les repas des moines, à la fois à la collation et au souper, et après cette invocation le réfectorier prendra, sur ordre de l'higoumène, un assez gros morceau de pain et le bénira en forme de

,

nourriture qu , on servira . toujours aux moines. Tous _

les mercredis et vendredis, l'observance des saints ca ne sera pas négligée, et l'on se gardera d'en faire fi, mais il reviendra à l'higo

15. L'office des complies (άπόδειπνον) se récite après le repas du soir et termine la

journée ; on distingue des grandes et petites complies. Cf. Mercenier-Paris, Prière, p. 40-75 ; Arranz, Typicon, p. 385-386.

Soit les lundis sans jeûne. Contrairement à d'autres monastères, le typikon du

Pantocrator laissait les moines libres déjeuner le lundi, jeûne qui commémorait la descente de Moïse du Sinaï avec les Tables de la Loi. Voir par exemple le typikon de Saint-Nicolas

de Casole : Jeanselme-Œconomos, Casole, p. 3.

Il y avait alors trois carêmes ; on en ajoutera plus tard un quatrième, celui de

l'Assomption ; voir supra, n. 3.

16.

17.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

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420

συμψάλλοντας απαντάς τον τοιούτον στίχον εως του in ελπίδι κατφκισάς με. Είτα άπολυέσθωσαν παρά του καθηγουμένου μετά της τελευταίας φωνής* ό δέ έκκλησιάρχης ευθύς προστάξει του καθηγουμένου σημαινέτω τα απόδειπνα. Πλην εν ταΐς παραμοναΐς τών μεγάλων έορτασίμων ήμερων και

μάλιστα του Σωτηρος έπιμελέστερόν τε και φιλοτιμώτερον αύτοΐς τα προς δεΐπνον έτοιμαστέον, ώς και έψητα τούτοις παρατίθεσθαι έκ λάχανων και οσπρίων έσκευασμένα και όπώρας τας του καιρού* πολλάκις δέ και ιχθύες και κρασοβόλιον πλεΐον της συνηθείας αύτοΐς έπιδιδόσθωσαν.

'Ρητέον δέ και πόσα και όποια τοις μοναχοΐς εκάστοτε παρατεθή-

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σονται βρώματα. Κατά μέν οδν τας Ολας τετράδας και παρασκευας ή τών θείων κανόνων παρατήρησις ούκ άμεληθήσεται, ουδέ παροπτέα λογισθήσεται, κείσεται δέ πάντως επί τη του καθηγουμένου διακρίσει προς τάς τών αδελφών ασθενείας έναλλάττειν την κανονικήν άκρίβειαν* κατά δέ τάς δευτέρας τάς απολύτους, δίχα τών τεσσαρακοστών, τρία τοις μοναχοΐς παρατεθήσονται τα

βρώματα έλαίω μετά παραρτυμάτων καθηδυσμένα, μη δια λάχανων και οσπρίων μόνον, άλλα και δι' όστρείων και μυδίων έσκευασμένα, δτε έχει ό καιρός* τρίταις δέ και πέμπταις τυρός και φά βρωθήσονται* σάββασι δέ και κυριακαΐς και ιχθύες νεαροί παρατεθήσονται. Άεί δέ τρία τα δψα γενήσονται, και τα μέν δύο ταΐς δηλωθείσαις τέσσαρσι της εβδομάδος

ήμέραις από τε ιχθύων ταριχευτών και νεαρών και τυροΰ και ωών γενήσονται, το δέ τρίτον εσται δι' οσπρίου. Αί δέ τεσσαρακοσταί τοιαύτην έξουσι την διαφοράν ή μέν τών αγίων αποστόλων του τυροΰ και τών φών την άποχήν Ιξει μόνον προς τάς απολύτους ημέρας παρατηρήσιμον* ή δέ του αγίου Φιλίππου και τών ιχθύων την βρώσιν

κωλύσει κατά τάς πέντε της εβδομάδος ημέρας, δίχα του σαββάτου και της κυριακής, ει μή τις εν μι$ τών πέντε εορτάσιμος έπιστή* παρακληθήσονται γαρ και εν αύτη δια της τών ιχθύων βρώσεως. "Απαξ δέ της ημέρας έστια- θήσονται μετά τήν τοΰ λυχνικοΰ συμπλήρωσιν εν τη τοιαύτη τεσσαρακοστή, ει και ή τών άγιων αποστόλων τεσσαρακοστή τό δειπνεΐν ούκ έκώλυσε.

Παρατεθήσεται δέ ταΐς δηλωθείσαις πέντε της εβδομάδος ήμέραις ή τών μοναχών τροφή, πή μέν ελαίου μετέχουσα προς παράκλησιν αυτών, πή δέ της τοιαύτης ίλαρότητος άμοιρος δια τήν αγνότητα τών ήμερων. Δεσποτικής δέ εορτής έφισταμένης ή της Θεομήτορος ή τίνος τών επισήμων αγίων, εσται τις εν ταΐς τοιαύταις έορτασίμοις παράκλησις τοις μονάζουσι κατά τήν τοΰ

καθηγουμένου διάκρισιν. Πάσας μέντοι τάς τράπεζας τών μοναχών και τάς τοΰ γεύματος και τάς τοΰ δείπνου κατά το τέλος έπισφραγιζέτω τό σεπτον τής Θεομήτορος δνομα και μετά της τοιαύτης επικλήσεως ό τραπεζάριος άρτου τρύφος άρκοΰν κελεύσει τοΰ καθηγουμένου λαμβάνων, σταυροειδώς εύλογείτω τοΰτο και οοτως οί μοναχοί πάντες μεταλαμβάνοντες εξ αύτοΰ

429 μοναχοΐς : άδελφοις Η

||

τα

om.

H

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P. GAUTIER

croix : alors tous les moines prendront de ce pain et boiront une dernière coupe en l'honneur de la Mère de Dieu, afin qu'en invoquant ce nom divin et qu'en mangeant et buvant en son honneur, ils soient sanctifiés à la fois dans leur corps et dans leur âme. Il y aura aussi chaque jour à la porte une distribution de deux boisseaux maritimes 1 8 de pain, et l'observance de cette distribution sera fidèlement respectée tous les jours. Durant la semaine de la Tyrophagie, on consommera en toute tranquillité fromage et œufs, afin que les fidèles ne donnent pas l'impression de suivre le jeûne des infidèles en respectant leur législation x 9. Durant le grand carême, qui est à tous égards le plus important parce que nous nous y sanctifions pour Dieu, on respectera encore plus rigoureusement l'obser vanceconcernant la boisson et la nourriture. On ne mangera alors qu'une fois par jour, même s'il y a une fête, sauf le samedi et le dimanche. Durant la première semaine on servira un pain plus petit que le morceau habituel et un légume sec trempé dans l'eau, une saumure sans huile, des noix et des figues sèches ; ces jours- là, on prendra aussi du vin en plus petite quantité que d'habitude20. Si d'aucuns veulent rester le premier jour sans manger, comme beaucoup le font 2 1, on les laissera libres de le faire. Le soir du vendredi, à cause de la vigile de saint Théodore, on donnera une pinte de vin à chacun des frères et on mettra de l'huile dans la saumure. Les samedis et les dimanches, on servira trois plats, un de légumes frais, un autre de légumes secs et un autre de coquillages, de moules, de nerfs de mer22 et d'oignons, le tout préparé à l'huile ; on leur donnera aussi la pinte habituelle23. Identique à celui de la première semaine sera le régime des lundis, mercredis et vendredis des semaines suivantes du carême. Les mardis et les jeudis, on leur ser vira des légumes secs et des légumes frais, en versant une mesure d'huile après la cuisson ; à titre de soulagement supplémentaire, ils consommeront aussi des légumes secs préparés avec du miel, et on leur donnera la pinte habituelle24. Parce qu'il convient que ceux qui luttent jouissent d'un certain répit, les frères recevront un soulagement durant ce saint carême, en mangeant du poisson lors de la fête

18. Ci-dessus, 1. 174, le type de modios n'était pas mentionné ; le modios maritime

équivalait à l'époque à environ 12,800 kg. Cf. Schilbach, BM, p. 95-96. Nous ne pensons pas qu'il faille traduire par « un pain de deux modioi maritimes » ; voir d'autres formules identiques ailleurs (1. 1357), qui semblent exclure pareille traduction. La distribution an

nuelle

contentât alors d'eau et de pain ; pour plus de précisions à ce sujet, voir le typikon de Saint-Mamas : Eustratiadès, Saint-Mamas, p. 277. Voir aussi Grumel, Regestes, n. 985, par. 16.

L'auteur vise l'hérésie des Artzibourioi (Arméniens), qui voulaient que l'on se

équivaut à 9 216 kg de pain.

19.

20.

21.

22.

Ce régime alimentaire du grand carême était général dans les monastères. Voir le

typikon du Prodrome de Monacheion : Papadopoulos-Kérameus, Noctes, p. 45-49 ; le typikon de Saint-Mamas : Eustratiadès, Saint-Mamas, p. 274-276.

C'était par exemple de règle au Prodrome de Monacheion (op. cit., p. 45, ch. 27)

et à Saint-Mamas (art. cit., p. 274).

Le terme νεΰρον figure dans un manuscrit de la satire contre les higoumènes du

Ptochoprodrome, dans une enumeration identique à celle-ci : huîtres, moules, nerfs de mer, peignes et couteaux ; c'est ce que mangeaient, entre autres testacés, les deux higou-

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και πόμα τελευταΐον έπ' ονόματι της Θεομήτορος πινέτωσαν, ?να και δια της του θείου ταύτης ονόματος επικλήσεως και της επί τούτω βρώσεώς τε και πόσεως σωματικώς όμου και ψυχικώς άγιάζωνται. Γινέσθω δέ και ή προς τον πυλώνα διάδοσις εκάστης ημέρας ψωμιού μοδιών θαλασσίων δύο και ή τοιαύτη παρατήρησις της διαδόσεως άπροφασίστως φυλαττέσθω δια

πάσης ημέρας. Ή δέ τυροφάγος έβδομας άφύλακτον έξει τήν του τυροΰ και τών φών βρώσιν, Ενα μη δοκώσι τας τών απίστων νηστείας παραφυλάττειν οι πιστοί, την εκείνων νομοθεσίαν αίδούμενοι. Ή δέ μεγάλη τεσσαρακοστή τδ έξαίρετον εν άπασιν έ'χουσα, οΐά τι καθιέρωμα τώ Θεώ παρ' ημών προσαγομένη, άκριβεστέραν εξει πάντως και

τήν περί τήν πόσιν και τήν βρώσιν παρατήρησιν. "Απαξ μεν οδν έσθιέτωσαν εν αύτη, καν εορτή τις έπισταίη, δίχα του σαββάτου και της κυριακής, και τήν μεν πρώτην εβδομάδα άρτος έλάττων παρά το σύνηθες τεμάχιον παρα- τεθήσεται και δσπριον βεβρεγμένον και άλμαία δίχα ελαίου και κάρυα και ισχάδες, μεθέξουσι δέ και οίνου δια τούτων τών ημερών βραχυτέρου παρά

το σύνηθες. Ει δέ τίνες βούλονται τήν πρώτην ήμέραν άσίτως διάγειν, ώς έθος πολλοίς, παρά τη προαιρέσει τούτων έαθήσεται. Τη δέ κατά τήν παρασκευήν εσπέρα δια τήν του άγιου Θεοδώρου παραμονήν διδόσθω τοις άδελφοΐς άνα κρασοβόλιον ο'ίνου και εις τήν άλμαίαν βαλλέσθω Ιλαιον. Τοις σάββασι δέ και ταΐς κυριακαΐς τρία παρατιθέσθωσαν βρώματα, το εν δια

λάχανων και το έτερον δι* οσπρίου και το τρίτον εξ όστρείων και μυδίων και νεύρων και κρομμύων, τα πάντα έλαίω ήρτυμένα* διδόσθω δέ και τό σύνηθες κρασοβόλιον. Όμοίως δέ τη πρώτη έβδομάδι προβήσεται ή δίαιτα και κατά τας δευτέρας τετράδας τε και παρασκευας τών εφεξής εβδομάδων της τεσσαρακοστής. Ταΐς τρίταις δέ και ταΐς πέμπταις δσπριον και λάχανον

τούτοις παρατεθήσεται, έπιχεομένου και ελαίου μετρίου μετά τήν έψησιν εις προσθήκην δέ παρακλήσεως και δσπριον αύτοΐς βρωθήσεται μετά μέλιτος έσκευασμένον, δοθήσεται δέ και τό σύνηθες κρασοβόλιον. "Οτι δέ προσήκει τους αγωνιζόμενους και άνεσιν έ*χειν τινά, παρακαλείσθωσαν οι μοναχοί δια της αγίας ταύτης τεσσαρακοστής ίχθυοφαγουντες κατά τήν έορτήν τών

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και2 om. Ρ

467 τεμάχιον correxi : τεμμάχιον ΡΗ

476 τα : και Ρ

473 άλμαίαν correxi : άλμέαν ΡΗ | βαλέσθω Ρ αδελφοί Η

468 άλμέα Ρ 483 μοναχοί :

mènes de Kyr Philothéou les mercredis et vendredis. Cf. Byz. 1, 1924, p. 332-333 et n. 1.

23. Probablement le grand krasobolion, à en juger par d'autres typika : celui de l'Ever-

ghétis (Dmitrievskij, Typika, p. 6285), de Saint-Mamas (Eustratiadès, Saint-Mamas, p. 2754·9), du Prodrome de Monacheion (Papadopoulos-Kérameus, Noctes, p. 4628), de la Kosmosôteira (Petit, Kosmosôteira, p. 36e·34).

24. Un petit hexagion, qui était la moitié du grand, à l'Everghétis (Dmitrievskij,

Typika, p. 6289), à Saint-Mamas (Eustratiadès, Saint-Mamas, p. 27516), au Prodrome de Monacheion (Papadopoulos-Kérameus, Noctes, p. 46e), à la Kosmosôteira (Petit, Kosmosôteira, p. 3624).

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P. GAUTIER

des Quarante saints25, à moins qu'elle ne tombe durant les cinq jours de la pre

semaine, car alors ils ne seront soulagés qu'avec de l'huile. Ils mangeront

aussi du poisson aux Rameaux. Toute la quatrième semaine du jeûne aura la

même observance alimentaire que la première semaine, et la grande semaine également, seul le jeudi saint bénéficiant du soulagement avec l'huile. Le vendredi saint et le samedi saint, le régime se composera le soir de pain seulement, de l

égumes

l'Annonciation, quel que soit le jour de carême où il tombera, sauf s'il tombe durant les cinq jours de la première semaine et de la semaine sainte, les moines seront autorisés à manger du poisson, mais, s'il tombe durant les cinq jours des deux semaines intermédiaires, on soulagera les moines avec du vin et de l'huile ; si la fête tombe le jeudi saint, ils consommeront aussi du poisson.

de cumin26. Au jour joyeux de

mière

secs trempés dans l'eau et de vin aromatisé

Durant tout ce grand carême, aucun des moines ne sera aut0"s^ à prendre un bain, à moins que quelque

diverses °

maladie ne l'y contraigne, ni à sortir du monastère, afin que leur assiduité à la prière ne soit pas distraite. Si quelque nécessité oblige à sortir, on ouvrira la porte latérale, et le moine qui sera mandaté par l'higoumène sortira par là. Tous ceux qui doivent remplir une charge, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur du monastère, recevront au préalable la bénédiction de l'higoumène. Si l'higoumène est en voyage, c'est l'économe qui la donnera ; si tous les deux sont absents, c'est le premier des prêtres qui les suppléera. Tous auront un tel respect de l'higoumène qu'ils ne le croiseront jamais sans le saluer, même s'ils le rencontrent sur la route ou s'ils le voient courbé. Celui qui aura été convoqué ou celui qui viendra spontanément vers lui fera également une métanie ; ils joindront les mains devant l'higoumène en se tenant debout et ils lui accorderont toujours le respect qui s'impose, se laissant guider en toutes choses par la paix et l'obéissance. Parce qu'il convient que les moines soient aussi soulagés par un bain, tous prendront deux fois par mois un bain particulier, sauf durant les carêmes ; durant le grand carême, en effet, ils ne prendront absolument aucun bain, comme on l'a dit, mais durant les deux autres, ils prendront un bain une fois par mois. Quand quelqu'un se présente, demandant à être admis au monastère, on ne le recevra pas sans examen, mais en faisant une enquête rigoureuse. S'il vient d'un autre monastère, on ne le recevra pas sans l'autorisation de son higoumène, parce que l'observance des canons l'interdit.

25. Les Quarante martyrs de Sébaste, fêtés le 9 mars. A Saint-Mamas (Eustratiadès,

Saint-Mamas, p. 275) les moines étaient autorisés à manger des coquillages et à boire du

vin avec le grand hexagion.

26.

La recette de Γεΰκρατον est donnée dans Vhypotypôsis du Stoudios (Dmttribvsku,

Typika, p. 23510) : τό δ' εοκρατον συνίσταται Ικ τε πιπέρεως καΐ κυμίνου και άνισου και θερμοϋ. Cette boisson des jeûnes les plus rigoureux est souvent signalée dans les règles

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αγίων Τεσσαράκοντα, εΐπερ μη κατά τας πέντε ημέρας της πρώτης εβδο μάδος έπιστη* τότε γαρ έλαίω μόνω παρακληθήσονται. Όμοίως δέ και κατά τήν Βαϊοφόρον ίχθυοφαγήσουσιν. Ή μέντοι τετάρτη των νηστειών δλη έβδομάς τήν αυτήν έξει περί τήν τροφήν παρατήρησιν τη πρώτη έβδομάδι και ή μεγάλη έβδομας ομοίως, μόνης της μεγάλης πέμπτης επιδεχόμενης

τήν δι* ελαίου παράκλησιν. Τη δέ μεγάλη παρασκευή και τω μεγάλω σαβ-

βάτω γινέσθω προς έσπέραν ή δίαιτα άρτω μόνω και όσπρίω βεβρεγμένω και εύκράτω δια κυμίνου έσκευασμένω. *Η δέ χαρμόσυνος ημέρα του Ευαγγελ ισμού, εν ο£α αν των ημερών της τεσσαρακοστής έπιστή, δίχα των πέντε της πρώτης και της μεγάλης εβδομάδος ήμερων, εις βρώσιν ιχθύων τοις

μονάζουσιν έκχωρηθήσεται" κατ'

ημέρας έπιστασα, οΐ'νω και έλαίω παρηγορήσει τους μοναχούς' λαχούσης δέ της εορτής κατά τήν μεγάλην πέμπτην και ΐχθύες αύτοΐς βρωθήσονται.

αύτας δέ τας πέντε τών δύο εβδομάδων

Ουδείς μέντοι τών μοναχών δι' Ολης της μεγάλης ταύτης τεσσαρα κοστήςλουθήναι συγχωρηθήσεται, ει μή τίνος κατεπείγει νοσήματος ανάγκη,

και ουδέ της μονής εξιέναι συγχωρηθήσεται, ινα τήν εν ταΐς προσευχαΐς προσεδρείαν άπερίσπαστον έ'χοιεν. Ει δέ χρεία τις αναγκαία κατεπείγει της έξελεύσεως, ή παραπυλίς άνοιγήσεται και ό παρά του καθηγουμένου προστα- χθησόμενος έξελεύσεται δι' αυτής. Πάντες δέ οι διακονίας τινός άψασθαι μέλλοντες ή εντός της μονής ή έκτος πρότερον παρά του καθηγουμένου εύχήν

λαμβανέτωσαν εί δέ αποδημεί ό καθηγούμενος, ό οικονόμος τοΰτο ποιείτω* αμφοτέρων δέ λειπόντων, ό πρώτος τών ιερέων άναπληρούτω τον τόπον αυτών. Τοσαύτην δέ πάντες τω καθηγουμένω τήν τιμήν άπονεμέτωσαν ως μηδέ- ποτε παρατρέχειν τούτον άπροσκύνητον, ει και κατά τήν όδόν αύτω συναντή- σουσιν ή και προκύπτοντα θεάσονται, και ό προσκληθείς δέ και ό οίκοθεν προς

αυτόν άφικόμενος ομοίως βαλλέτω μετάνοιαν, και τας χείρας συνδεσμείτωσαν έ'μπροσθεν του καθηγουμένου ιστάμενοι και πανταχόθεν αύτω τό προσήκον άπονεμέτωσαν σέβας, βραβευούσης εν άπασι της ειρήνης και της υπακοής. Έπεί δέ και λοετρφ παρακαλεΐσθαι τους μοναχούς προσήκον, δις του μηνός άπαντες προς ρύψιν οικείαν λουέσθωσαν, δίχα μέντοι τών τεσσαρα-

κοστών κατά μέν γαρ τήν μεγάλην, ως προείρηται, ουδόλως λουθήσονται, κατά δέ τάς λοιπας δύο, του μηνός άπαξ λοετροΰ μεθέξουσιν. Όπηνίκα δέ προσέλθη τις τή μονή προσδεχθήναι αιτών, ουκ άβασανίστως εισδεχθήσεται, αλλά μετά ακριβούς εξετάσεως* άφ' ετέρας δέ μονής ών, δίχα της του ηγουμένου εκείνου προτροπής ού παραδεχθήσεται, ως κωλυούσης

τούτο και της τών κανόνων παρατηρήσεως.

499 λουσθήναι Ρ

515 λουσθήσονται Ρ

516 λουτρού Η

monastiques : celle de la Kécharitôménè (PG 127, 1065β, 1069β), du Prodrome de Mona- cheion (Papadopoulos-Kérameus, Noctes, p. 4524, 4618, 475), de la Kosmosôteira (Petit, Kosmosôteira, p. 19), de l'Everghétis (Dmitrievskij, Typika, p. 62727, 62910).

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P. GAUTIER

On ne demandera é'apotagè21 à personne, pour ne pas donner par ce moyen licence de recevoir au monastère n'importe qui, car la conduite de chacun, son degré d'instruction, son habileté dans les affaires et sa richesse en vertu seront mieux estimés que de l'or ou des présents quelconques, et tous les frères feront l'objet d'une égale considération. Si quelqu'un est nécessaire au monastère, parce que le besoin des affaires requiert des gens capables de rendre les services qu'il rendrait et que celui-là a besoin pour certains motifs de condescendance parce qu'il est de haute naissance et qu'il a reçu une éducation délicate, il reviendra à l'higoumène d'aviser aux mesures concernant son train de vie, en prenant évidem menten considération l'intérêt du monastère. Des femmes n'entreront pas au monastère ; celui-ci leur sera inaccessible28, même si ce sont des femmes illustres, de conduite vertueuse et de haute naissance. Si d'aventure quelques-unes ont besoin d'y entrer à cause de la sépulture de leurs proches ou pour des commémoraisons, elles n'entreront pas par la porte du mon astère, mais par la porte de l'église de l'Eléousa.

III. L'organisation monastique

, ceux-ci ne seront pas en tout moins de quatre-vingts.

Les moines d'église1 seront environ cinquante ; ils se consacreront à la divine doxologie et s'adonneront exclusivement au chant des divines hymnes. Les autres seront répartis dans les emplois domestiques. Les moines d'église2 cultiveront la gravité des mœurs, l'ornement de la vertu, le zèle pour les emplois qui leur sont confiés et la maturité du jugement, et ils veilleront à ce que rien dans le monastère ne se perde par incurie. Parmi les serviteurs3 on ne prendra pas seulement des boulangers, des jardiniers et des cuisiniers, mais aussi des aides-ecclésiarques, des aides-économes et d'autres de ce genre. Toutefois l'ecclé- siarque, les skévophylakes, les chartophylakes, le nosokomos4 et l'hôtelier seront pris parmi ceux qui sont affectés à l'église, également les magasiniers, les préposés

Le nombre et les emplois des moines

Puisqu'il.

faut . aussi traiter du nombre,

des, moines,.

27. ί'άποταγή était un présent fait par le novice au jour de sa profession solennelle.

Cf. E. Herman, Die Regelung der Armut in den byzantinischen Klöstern, OCP 7, 1941,

p. 438-444.

28.

Il s'agit là d'une règle commune à tous les monastères. Cf. J. van Dieten, Abatos,

Reallexikon für Byzantinistik, A/1/2, 1969, p. 49-84.

Les έκκλησιαζόμενοι sont les moines qui n'ont pas d'autres occupations que liturgiques (voir 1. 52, 546).

1.

2.

3. Les douleutes ou serviteurs sont des moines, une trentaine, qui occupent des emp manuels dans le monastère. Dans celui de la Kosmosôteira, sur soixante-quatorze

Les έκκληαιάζοντες sont identiques aux précédents (voir 1. 571-572).

lois

moines, il y en avait cinquante pour le chœur, et vingt-quatre pour les travaux domest

iques. Cf. Petit, Kosmosôteira, p. 21.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

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Ού ζητηθήσεται δε άποταγήν ουδείς, ίνα μή εντεύθεν άδεια δοθή τους τυχόντας εις τήν μονήν παραδέχεσθαι* ό γαρ τρόπος εκάστου και ή παιδεία και ή εν τοΐς πράγμασι δεξιότης και τό της αρετής περιούσιον αντί χρυσού καΐ δώρου παντός λογισθήσεται και ή αδελφότης πάσα όμοτίμως βιώσεται. 525 Εί δέ τις αναγκαίος fj τη μονή, της των πραγμάτων χρείας έπιζητούσης τους κατ' εκείνον συντελεΐν δυναμένους, ό δέ διά τινας προφάσεις δεΐται συγκαταβάσεως, των προεχόντων εν γένει τυγχάνων ή άβροτέρα συντεθραμ- μένος διαγωγή, επί τφ καθηγουμένω κείσεται τα προς θεραπείαν εκείνου αναλόγως έπινοεΐν, καθώς αν άρα συνίδη τήν της μονής ώφέλειαν.

530

Γυναίκες εις τήν μονήν ουκ είσελεύσονται· άβατος δέ αύταΐς Ισται ή μονή, καν τίνες τών περιφανών εΐεν και βίω σεμνω κεκόσμηνται και τη εκ γένους λαμπρότητι* εί δέ τίνες ίσως ένεκεν ταφής τών φκειωμένων αύταΐς ή μνημο συνών χάριν άναγκαΐον έ'χουσιν είσελθεΐν, ούκ άπό της πύλης της μονής

είσελεύσονται,

άλλ' άπ6 τής πύλης του ναοΰ τής Έλεούσης.

535

Έπεί δέ και περί του αριθμού τών μοναχών προσήκον διαλαβεΐν,

έσονται μονάζοντες οι πάντες ούκ έλάττους τών όγδοήκοντα. Πλην οι μέν έκκλησιαζόμενοι άχρι τών πεντήκοντα περιστήσονται και τή θεία δοξολογία προσκαρτερήσουσι και τοΐς ίεροΐς ομνοις άδιασπάστως παραμενοΰσιν οι δέ λοιποί ταΐς ύπηρετικαΐς διακονίαις καταμερισθήσονται. Οι μέντοι έκκλη- 540 σιάζοντες έσονται σεμνοί τό ήθος, κόσμιοι τήν άρετήν, σπουδαίοι προς τας έμπεπιστευμένας αύτοΐς διακονίας, τήν φρόνησιν πολιοί, φροντίζοντες μηδέν τι τών τής μονής εξ αμελείας άπόλλυσθαι. Άπό δέ τών δουλευτών ούκ αρτοποιοί και κηπωροί και μάγειροι μόνον γενήσονται, άλλα και παρεκκλη- σιάρχαι και παροικονόμοι και έτεροι τοιούτοι. Ό μέντοι έκκλησιάρχης και 545 οί σκευοφύλακες και οι χαρτοφύλακες και ό νοσοκόμος και ό ξενοδόχος άπό τών άφωρισμένων τή εκκλησία γινέσθωσαν, ομοίως δέ και οί δοχειάριοι και

537 παραστήσονται Lampros 542 άπόλυσθαι Ρ

538 έγκαρτερήσουσι Lampros

540 Ιθος Η

4. Nous ne savons pas s'il s'agit du directeur de l'hôpital, dont il sera longuement question plus loin (1· 980), ou de l'infirmier du monastère ; le nosokomos nous paraît avoir été un laïque.

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P. GAUTIER

au grenier5, deux domestiques6, six prêtres, six diacres — mais si les prêtres et les diacres peuvent être plus nombreux, l'higoumène ne verra aucun empêchement dans notre texte — , deux canonarques7, deux domestiques adjoints et le régle

mentaire8.

service général de tous les frères dans les derniers emplois, ou plutôt dans les premiers et divins, si nous croyons Celui qui dit : Quiconque s'abaisse sera élevé. Ceux-ci laveront leurs bures et leurs manteaux ; ils laveront les moines au bain9 ; ils serviront avec ardeur les malades ; ils essuieront les cruches, les assiettes et les pots. Le supérieur les commandera du premier au dernier et il demandera compte à tous des charges qu'ils exercent ; il accordera le respect et l'honneur requis à ceux qui servent correctement, mais il déplacera à toutes fins utiles ceux qui agissent en sens opposé. Aucun moine n'assurera la direction des biens fon ciers ou des charges qui exigent de séjourner hors du monastère, de peur qu'ils n'encourent, en s'occupant des affaires du monastère, un dommage spirituel qui l'emporterait sur l'avantage escompté, car la valeur de tout l'univers n'équivaut pas à celle d'une seule âme. Toutefois les moines exerceront tous les emplois à l'intérieur du monastère, et nul laïc n'habitera à l'intérieur du monastère ; eux seuls habiteront leur propre paradis, et ils le cultiveront et le planteront avec soin, l'un avec un rendement de trente, l'autre de soixante, un autre de cent ; celui qui aura atteint la mesure de la perfection ne laissera même pousser parmi eux aucune ivraie séculière. Inversement, des laïcs assureront les emplois concernant les biens fonciers du monastère10, et chacun rendra les comptes qui s'imposent. Aucun des moines d'église ne sera autorisé à sortir du monastère pour une psalmodie, quelle que soit la fête célébrée par quiconque, que ce soit un autre monastère qui la célèbre ou quelque laïc ; cette démarche sera, en effet, de toutes manières fâcheuse et nuisible pour les moines du fait qu'elle vaudra au monastère et à son supérieur de la honte, vu qu'il ne pourra surveiller et protéger ses subordonnés.

Dans le groupe des serviteurs il y en aura aussi quatre qui seront au

Puisque . notre . texte a déterminé ci-dessus que parmi

moines tout , est commun, présence , au réfectoire, ,c , .

La confession

,

des moines

habitation dans le monastère, assistance à l'église, prière constante, il ordonne aussi que l'aveu des fautes devant l'higoumène soit

5. Christodule de Patmos prévoyait dans son testament (MM, VI, p. 74-75) deux

δοχειάριοι : l'un avait le soin du numéraire, recettes et dépenses du monastère, l'autre

celui des recettes et dépenses relatives aux étoffes, vêtements, etc., des frères. Les ώρειάριοι avaient la charge du grenier où l'on entreposait et conservait le blé, les légumes secs et autres denrées comestibles. Cf. Orlandos, Patmos, p. 109-112, 324-325 ; Idem, MA, p. 72-75. Jean Tzetzès a adressé une lettre collective aux ώρειάριοι du Pantocrator (Tzetzes, Epistulae, n° 99).

6. Ils donnent le ton et commencent les psaumes. Cf. De Meester, De monachico

statu, p. 279.

7. Le canonarque lit ou entonne certaines parties de l'office (ibidem).

8. ί'ώρολόγος était le moine chargé de convoquer la communauté à des réunions

liturgiques, notamment au moyen des diverses simandres ; il est mentionné, par exemple, dans le typikon de l'Everghétis : Dmitrievskij, Typika, p. 621e.

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οί ώρειάριοι, δομέστικοι δύο, ιερείς εξ, διάκονοι έξ — ει δε και πλείονες είναι δυνήσονται ιερείς ή διάκονοι, ουδέν άπό της τοιαύτης γραφής τω ήγουμένω Ισται κώλυμα — , κανονάρχαι δύο, παραδομέστικοι δύο και ό

ώρολόγος. Άπό δέ της τών δουλευτών μοίρας και τέσσαρες έσονται πάσι τοις άδελφοΐς κοινώς υπηρετούντες προς τας έσχάτας διακονίας ή μάλλον τάς πρώτας και ίσοθέους, εΐ'περ αληθής ό λέγων δτι* Πας ο ταπεινών εαυτόν νψωθήσεται. Οδτοι γοΰν και τους χιτώνας και τα ιμάτια αυτών έκπλυνουσι και τα σώματα ρύψουσι τω λοετρφ και νοσηλευομένοις προθύμως έκδου-

λεύσουσι και ξέστας και πίνακας καΐ χύτρας αύτας άποσμήξουσιν. Έπιστα- τήσει δέ τούτοις άπασιν ό προεστώς άπό τών πρώτων μέχρι και τών εσχάτων

και λογοπραγήσει πάντας

νοΰντας ορθώς της προσηκούσης αίδοΰς και τιμής αξιώσει, τους δέ έναντίως αναστρεφόμενους μετακινήσει πάντως επί συμφέρον τι. Κτημάτων μέντοι

προστασίαν και δσαι τών διακονιών απαιτοΰσι τήν έξωθεν τής μονής διατριβήν ουδείς τών μοναχών έμπιστευθήσεται, ίνα μή τήν ψυχικήν βλάβην μείζονα τής προσδοκώμενης ωφελείας επί πράγμασι τής μονής εκείνοι προσκτή-

σωνται*

μέντοι εντός τής μονής άπάσας διακονίας οι μοναχοί διοικήσουσι και ουδείς

τών κοσμικών ένδον οικήσει τής μονής,

δεισον κατοικήσουσι και τούτον επιμελώς γεωργήσουσι και φυτεύσουσιν, ό μεν εις τριάκοντα, ο δέ εις έξήκοντα και άλλος εις εκατόν ό το μέτρον

φθάσας τής τελειώσεως και ουδέν μεταξύ τούτων κοσμικόν ζιζάνιον έκφυή- σεταΐ'

διοικήσουσι και ταΐς προσηκούσαις εύθύναις ύποπεσεΐται Ικαστος. Άλλ'

ουδέ εξω τής μονής παραχωρηθήσονταί τίνες τών έκκλησιαζόντων μοναχών

άπέρχεσθαι χάριν ψαλμωδίας, όποια αν εϊη ή τελούμενη παρά τίνος εορτή, και ει τε μοναστήριον έτερον έστι το ταύτην τελούν, είτε τινές τών κοσμικών δυσχερές γαρ και επιβλαβές το τοιούτον επιχείρημα παντοίως γενήσεται τοις

έν τή μονή μονάζουσι προς τφ και τή μονή έπιφέρειν και τφ προεστώτι

ταύτης αΐσχύνην δια το περί

Έπεί δέ κοινά τα τών μοναχών άπαντα ο λόγος ανωτέρω διετυ- πώσατο, τήν μέθεξιν τής τραπέζης, τήν ένδον τής μονής κατοικίαν, τήν έν τφ ναφ προσεδρείαν, τήν άρρέμβαστον προσευχήν, κοινήν αύτοΐς και τήν

προς τον καθηγούμενον εξαγγελίαν τών έπταισμένων είναι διορίζεται και

εφ*

αΐς ένεργοΰσι διακονίαις, και τους μεν διακο-

ψυχής

γαρ μιας ούδ' αυτός ό κόσμος δλος εστίν ίσοστάσιος. Τάς

άλλ' αυτοί μόνοι τον οίκειον παρά-

ώσπερ

αδθις τάς εν τοις κτήμασι τής μονής υπηρεσίας κοσμικοί

τους υπ' αυτόν άνεπιτήρητόν τε και άπρονόητον.

554 λουτρω Η

552-553

579 άρρέμβαστον correxi : άρέμβαστον ΡΗ

12

Matthieu 23,

9. Le Ptochoprodrome avait cet emploi en horreur. Cf. E. Legrand, Bibliothèque grecque vulgaire, I, Paris, 1880, p. 56, v. 116-119 ; Jeanselme-Œconomos, La satire contre les higoumènes, Byz. 1, 1924, p. 326. 10. Nous connaissons, par exemple, Jean Smèniôtès, qui en 1149 gérait les biens du monastère dans la région de Thessalonique. Cf. A. Papadopoulos-Kérameus, AIS, IV, Saint-Pétersbourg 1897, p. 241 24. Signalons encore, en 1196, un ενεργών anonyme exerçant pour le compte du Pantocrator dans la région de Smyrne. Cf. MM, IV, p. 184, n° 105.

64

P. GAUTIER

commun, et il les invite également tous à lui dévoiler avec empressement leurs pensées dangereuses et tous les mouvements de leur âme, pour que l'ennemi qui se tapit en eux, ainsi couvert de honte, décampe au plus vite de leur esprit. Par conséquent, la sortie de l'enceinte x 1 du monastère ne sera pas autorisée aux moines qui prétexteraient pour sortir du monastère l'aveu de leurs pensées, de crainte qu'ils ne reçoivent à leur insu, au lieu du remède salutaire, un trait fatal et, au lieu de la guérison recherchée, la blessure causée par les portes elles-mêmes. Ils s'abreu

veront aux ondes très potables de leur propre source * 2,

confession à l'higoumène la guérison appropriée. Si d'aventure quelqu'un manif este une grande défiance et paraît répugner à se confesser à l'higoumène, celui-ci veillera, autant qu'il pourra, à le gagner et il condescendra à sa faiblesse : il le recommandera à un des vieux moines du monastère, un homme de mœurs graves, capable de discerner les pensées et de recevoir les aveux de ce frère. Bien entendu, l'higoumène et celui à qui il accordera la permission de recevoir les aveux seront autorisés au préalable, conformément à l'ordonnance des divins canons, par la bénédiction patriarcale 1 3 à recevoir les aveux des frères, et ils recevront spirituell ementet dévotement le pouvoir de lier et de délier de ceux qui l'ont reçu de Dieu. Aucun moine ne sera jamais autorisé à passer la nuit hors du monastère ; qui conque sortira avec un mandat de l'higoumène veillera résolument à franchir la porte du monastère avant le coucher du soleil, car l'isolement, le soir, est nuisible et fatal aux brebis du troupeau restées hors de la bergerie et agréable aux loups. Fasse le ciel que cela n'arrive pas à une des brebis de ce saint bercail, qui sont toutes protégées par la main toute puissante du Sauveur.

et chacun retirera de sa

des, moines. nombrePuisque, de, lesvêtements,frères onton fourniraaussi besoina, chacun, d'und euxcertainau

moment de Pâques deux chemises, un manteau de coton fait de quatre livres de coton et deux paires de chaussures, et, tous les deux ans, un mandyas et un gilet 14, celui-ci aussi tous les deux ans. Voilà ce que les moines recevront, montrant au préalable à l'higoumène leurs vieux vêtements pour qu'il décide à leur sujet ce qui lui plaira.

Les

11. D'après un pèlerin anonyme qui visita Constantinople vers 1300, le monastère

12. Ebersolt {Eglises, p. 186) y voit, à tort à notre avis, une allusion à la fontaine

13.

Sur le terme σφραγίς qui désigne une cérémonie d'investiture, voir J. Darrouzès,

était entouré d'une enceinte en pierres et d'une douve remplie d'eau. Cf. Moravcsik,

Die Tochter Ladislaus, p. 55 n. 5.

qui alimentait le monastère, fontaine qui subsistait de son temps sur la petite place voi

sine de la mosquée et qui servait aux ablutions ; elle était située en contrebas, dans un bâtiment, en face de la porte d'entrée.

Recherches sur les offikia de l'Eglise byzantine, Paris 1970, index. Il n'y a pas lieu de croire que l'higoumène et le moine en question fussent prêtres ; vers la même époque,

des moines non prêtres, considérés comme des pères spirituels, prenaient sur eux d'absou dreles péchés. Cf. P. Gautier, Le chartophylax Nicéphore. Œuvre canonique et notice biographique, REB 27, 1969, p. 170-173. A Saint-Mamas, l'higoumène était le seul confes seurautorisé de la communauté, même s'il n'était pas prêtre. Cf. Eustratiadès, Saint- Mamas, p. 28419.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

65

πάντας ομοίως προτρέπει προθύμως άνακαλύπτειν αύτώ τους επισφαλείς

κινήματα άπαντα, ίν' ούτω καταισχυνόμενος

λογισμούς και τα της ψυχής

ό έγκεκρυμμένος πολέμιος άποδιδράσκη τάχιστα των διανοιών αυτών. Εντεύθεν οδν και ή των περιβόλων τής μονής πρόοδος ούχ εξει παρρησίαν

εν τοις μονάζουσι πρόφασιν έφευρίσκουσι εις το έξιέναι τής μονής την τών λογισμών έξαγόρευσιν, 'ίνα μη λάθωσιν αντί φαρμάκου σωτηρίας βέλος θανατηφόρον δεχόμενοι και αντί τής επιζητούμενης θεραπείας δια τών θυρίδων αυτών τιτρωσκόμενοι. Πινέτωσαν δε τα έκ τής οικείας πηγής ποτιμώτατα νάματα και άπο τής προς τόν καθηγούμενον έξαγορείας έκαστος

ύποδεχέσθω το κατάλληλον ίαμα. Ει δέ τις ϊσως επί τοσούτον απιστίας χωρήσει και δυσάρεστων φανεΐται τή προς τον καθηγούμενον έξαγορεύσει, φροντίσει και τούτον, ως δυνατόν, εκείνος κερδήσαι και τή ασθένεια τούτου συγκαταβήσεται και επιτρέψει τινί τών εν τή μονή γερόντων σεμνφ, δυνα- μένω και λογισμούς διακρίνειν και τους του τοιούτου αδελφού λογισμούς

άναδέξασθαι. Πάντως δέ και ό καθηγού μένος και ό παρά τούτου δεξό μένος τήν έγχώρησιν τής τών λογισμών αναδοχής κατά την τών θείων κανόνων άκολουθίαν πρότερον έγχωρηθήσονται δια τής αρχιερατικής σφραγϊδος τους τών αδελφών λογισμούς άναδέχεσθαι και την του δεσμεΐν και λύειν έξουσίαν πνευματικώς και φιλοθέως κομίσονται παρά τών έκ Θεοΰ ταύτην κομισαμένων.

Ου παραχωρηθήσεται μέντοι τών μοναχών ουδέ εις εξω ποτέ τής μονής διανυκτέρευσαν σπουδάσει γαρ πάντως έκαστος τών μετά προτροπής του καθηγουμένου εξερχόμενων προ τών του ηλίου δυσμών εν τή πύλη τής μονής είσελθεΐν* επιβλαβής γαρ και ολέθρια τοις εξω τής μάνδρας άπολιμπανο- μένοις τής ποίμνης προβάτοις ή προς έσπέραν μόνωσις και τοις λύκοις

έπίχαρτος* ο μη γένοιτο τινι τών τής ιεράς ταύτης μάνδρας έπισυμβήναι τή παντοκρατορική του Σωτήρος περισωζομένων απάντων χειρί. Έπεί δέ χρεία τοις άδελφοΐς και περιβλημάτων τών άρκούντων, έτοι- μασθήσεται έκάστω αυτών κατά τόν τής πασχαλιάς καιρόν υποκάμισα δύο, ίμάτιον βαμβακηρόν εν Ιχον βαμβάκιον λίτρας τεσσάρας και καλίγια ζυγαί

δύο και κατά χρόνους δύο μανδύας εις και έπιστήθιον εν και αυτό κατά

585

590

595

600

605

610

f. 32ν διετίαν. Ταΰτα δέ λήψονται οι μοναχοί, τα παλαιά πρότερον | τω καθηγουμένω έμφανίζοντες, ώστε οικονομεϊσθαι ταύτα παρ' αύτοΰ καθώς άρα και βούλεται.

585 έφευρίσκουσι correxi : -σα ΡΗ

595 δεξάμενος Ρ

596 έγχώρησιν cor-

609

rexi : έκχώρησιν PH βαμβακερόν Lampros

14. Le μανδύας est le grand habit monastique de couleur noire. Cf. De Meester, De monachico statu, p. 253. 1/έπιστήθιον est appelé περιστήθιον dans le typikon de la Kosmo- sôteira (Petit, Kosmosôteira, p. 4919). Les moines de ce monastère en recevaient deux, l'un en coton pour l'hiver, l'autre sans coton pour la belle saison ; ce devait être une sorte de tricot. On trouve des indications vestimentaires de ce genre, mais avec des diffé rences sensibles, dans la plupart des typika, le fondateur laissant les moines libres d'acheter selon leurs besoins ; voir ceux de l'Everghétis (Dmitrievskij, Typika, p. 642), de Saint- Mamas (Eustratiadès, Saint-Mamas, p. 283, sans précision).

597 έγχωρηθήσονται correxi : έκχωρηθήσονται PH

66

P. GAUTIER

Voilà donc ce que ma majesté a décidé concernant le règlement du monastère. Mais si d'aventure l'higoumène en charge remarque que quelque chose, soit dans le régime des moines, soit dans le règlement liturgique, doit être augmenté ou diminué à cause de la faiblesse des moines ou pour un autre motif raisonnable, cela sera laissé à sa discrétion.

C'est maintenant le moment de parler de la nomina-

d l'h'so

ont coutume d'engendrer des dissensions et des querelles parmi les frères, les uns choisissant celui-ci, les autres celui-là, je veux que celui qui sera higoumène15 après ma mort choisisse par devers lui trois frères pris parmi tous les moines, tant parmi ceux du monastère principal du Pantocrator

que parmi ceux des monastères et des métoques qui lui sont affiliés. Car il n'écartera pas ceux-ci, s'il trouve quelqu'un digne du supériorat dans l'un de ces monastères

ène

tion de l'higoumène. Comme les élections des higoumènes

ou

de ces métoques. Quand il aura réuni les moines, il écrira les noms des élus

sur

une feuille, sous leurs yeux, puis il signera et scellera cette feuille et la déposera

au

skévophylakion. Elle y sera gardée jusqu'à sa mort, et les noms inscrits ne

seront connus d'aucun des frères. Quand la charge d 'higoumène sera vacante, on apportera la feuille devant tous les frères réunis, on la placera au milieu et on enlèvera le sceau. Si tous sont d'accord sur l'une des trois personnes inscrites, parce qu'elle l'emporte sans conteste sur les autres, ils l'accepteront comme supérieur sans aucune hésitation ; s'ils sont en désaccord à propos des trois et qu'ils choisissent soit l'un soit l'autre d'entre eux, toute la communauté adressera ensemble une supplication très fervente à Dieu, les moines des autres monastères s 'étant réunis avec ceux du monastère principal, et ils imploreront avec larmes que leur soit révélé celui qui est digne du supériorat. Puis les noms seront écrits sur trois morceaux de papier et un moine illettré les portera sur la sainte table et les placera sous les nappes sacrées de celles-ci. Alors il y aura durant trois jours des vigiles, des hespérinoi et des messes et, quand les mystères sacrés du troisième jour seront achevés, un autre moine, lui aussi illettré, entrera sur l'invitation de la communauté dans le sanctuaire, posera la main sur la sainte table, prendra un des billets et le montrera à tous, et tous considéreront que celui qui y aura son nom a été jugé par Dieu digne du supériorat. Si jamais, après révélation des noms écrits par l'higoumène, quelqu'un se trouve absent de cette liste, alors qu'il l'emporte d'emblée sur les personnes inscrites, qu'il se distingue avec éclat par sa conduite et qu'il éclipse les autres pour le supériorat, et si cela est garanti par la plupart des moines, je veux dire les deux tiers de toute la communauté, ils seront alors autorisés à en informer sa divine majesté par l'entremise d'un des plus intimes confidents du basileus et à chercher à corriger la situation, pour que celui qui éclipse les autres ne reste pas

en

15.

Le premier higoumène connu du Pantocrator est Joseph de Hagia Glykéria, attesté

1149. Voir l'introduction, p. 21-23.

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

67

Ταΰτα μέν οδν ή βασιλεία μου περί της ακολουθίας της μονής διετάξατο*

εκκλησίας

ακολουθία συνίδη ό κατά καιρούς καθηγούμενος δέον είναι προσθήκην ή ύφαίρεσιν δέξασθαι ή διά τινας των μοναχών ασθενείας ή και δι' οικονο- μίαν έτέραν ευλογον, κείσεται τοΰτο έπί τή διακρίσει αύτοΰ.

615 ει

δέ

τι πολλάκις ή

επί τή

διαίτη των μοναχών ή

έπί

τή τής

620

625

630

635

640

645

650

Καιρδς δέ λοιπόν και περί τής του ηγουμένου προχειρίσεως ειπείν.

Έπεί γοΰν εν ταΐς έκλογαΐς τών ηγουμένων είώθασι διενέξεις και στάσεις τοις άδελφοΐς έπιγίνεσθαι, τών μέν τούτον, τών δ' εκείνον προαιρουμένων, βούλομαι τόν μετά την έμήν τελευτήν καθηγουμενεύοντα τρεις τών αδελφών έπιλέγεσθαι καθ' εαυτόν άπό πάντων τών μοναχών, τών τε εν τή κυρία μονή

του Παντοκράτορος και τών εν τοις συνημμένοις ταύτη μοναστηρίοις ή και

μετοχίοις* ουδέ γαρ ουδέ τούτους άποπέμψεται, ε£περ εΰρη τινά τής τοιαύτης προστασίας άξιον Ιν τινι τών τοιούτων μοναστηριών ή μετοχιών. Συναθροίσας δέ τους μοναχούς, τα τών επιλεγέντων ονόματα εις χάρτην εγγράφεται έπ' οψεσι τούτων και οΰτως έπισημήνεται και σφραγίσει τούτον τόν χάρτην και έναποθήσει τω σκευοφυλακίω και τηρηθήσεται μέχρι τής αύτοΰ μεταστάσεως,

τα δέ εγγεγραμμένα ονόματα ούδενί τών αδελφών γνωστά έ'σονται. Είτα χηρευσάσης τής ήγουμενείας, έξενεχθήσεται μέν ό χάρτης, πάντων τών αδελφών συνελθόντων, και προτεθήσεται μέσον και άποσφραγισθήσεται καί, ει μέν αρέσκονται πάντες όμοΰ εφ' ένί τών τριών τών εγγεγραμμένων, ως προδήλως τών ετέρων προέχοντι, αύτίκα τον τοιούτον εις προστασίαν δίχα

τινός ενδοιασμού παραδέξονται* ει δέ διαφέρονται έπί τοις τρισί καί άλλοι άλλον εξ αυτών επιλέγονται, κοινήν ή αδελφότης άπασα θερμοτάτην ίκεσίαν προς Θεόν ποιήσονται, συνόντων τή πρωτοτυπώ μονή καί τών άλλων μοναστηρ ιών,καί μετά δακρύων έκλιπαρήσουσιν άναδειχθήναι αύτοΐς τόν τής προστασίας άξιον. Είτα εν τρισί τμήμασι χαρτιών τα ονόματα έγγραφέτωσαν

καί τή θεία τραπέζη ταύτα προσφερετω τις τών μη ειδότων γράμματα καί ύποκάτω τών θείων ταύτης επίπλων τιθέτω καί οΰτως έπί τρεις ημέρας γινομένων παννυχίδων, εσπερινών καί λειτουργιών, συντελούμενης τής κατά τήν τρίτην ήμέραν μυσταγωγίας, έτερος τις καί αυτός γράμματα μη είδώς παρά τής άδελφότητος προτρεπόμενος είσερχέσθω εις τα άδυτα καί τή θεία

τραπέζη τήν χείρα έπιβάλλων καί εν τών χαρτιών λαμβάνων πάσιν ύπο- δεικνύτω καί ό εν αύτφ γεγραμμένος λογιζέσθω πασι παρά Θεοΰ κριθήναι τής προστασίας άξιος. Ει δέ ποτέ, τών παρά του καθηγουμένου γεγραμμένων ονομάτων αναπτυσ

καθ* ύπεροχήν τών

γεγραμμένων διαφέρων καί διαλάμπων προδήλως έπί τή του βίου διαγωγή καί εις προστασίαν τών άλλων υπερτερών καί μαρτυροΰσι τούτο οι πλείους τών μοναχών, λέγω δή το διπλάσιον μέρος τής δλης άδελφότητος, έξέσται τούτοις τηνικαΰτα διά τίνος τών οικειοτάτων τφ βασιλεΐ ύπομιμνήσκειν τό θείον κράτος αύτοΰ καί του γινομένου ζητεΐν διόρθωσιν, £να μή λάθη ό τών

σομένων, εύρεθή τις άπολειφθείς τής τοιαύτης γραφής,

644 εις : προς Η

68

P. GAUTIER

ignoré à cause d'une faiblesse humaine, ce qui a coutume de se produire souvent, son nom ayant été à tort omis lors du vote pour le supériorat 16. Quant à celui qui aura été élu higoumène selon le règlement indiqué, un des évêques séjournant dans la capitale sera invité, à la demande des moines, par un pittakion patriarcal à célébrer les divins mystères et à ordonner l'higoumène, afin que la rigueur canonique soit observée et que la liberté du monastère ne soit en rien compromise par la bénédiction de l'higoumène. Ensuite, celui qui a été or donné recevra très dévotement son bâton pastoral de l'icône elle-même du Panto- crator, parce que c'est vraiment à lui qu'il rendra compte de sa charge au jour du jugement. La communauté recevra celui qui aura été élu sur décision et indication de Dieu, pourrait-on dire, avec une grande allégresse, avec les mains renversées, comme le dit le proverbe, et lui témoignera bienveillance, obéissance, respect et docilité. Lui, de son côté, il les protégera comme des enfants bien-aimés et aura à cœur de prendre soin de chacun, conseillant, consolant, soutenant, encourageant, réprimandant, invitant à la conversion, faisant tout pour être utile à tous à la manière de l'Apôtre. Comme cet higoumène aura plus de soucis et de fatigue que les autres moines, il aura aussi à ce titre un régime meilleur que celui des autres, et personne ne sera jaloux de son régime particulier, chacun considérant à part soi que son élection au supériorat, le poids et la variété de ses soucis méritent un certain adoucissement. Il mangera donc chaque jour Yaphraton susmentionné17, que nous avons ordonné de confectionner pour lui ; il boira un vin meilleur, et il recevra des provisions du magasin les jours où les frères aussi seront autorisés à manger du poisson. J'o rdonne que le très pieux higoumène qui prendra de la sorte soin des affaires après ma mort et qui se conduira pieusement et spirituellement selon le texte du typikon ne soit inquiété par personne ni ne rende de comptes à personne, puisque c'est au seul Pantocrator qu'il aura à rendre des comptes au moment du jugement.

r

Les monastères affiliés

le

Ai

«m·*

de

Puisque d'autres monastères . ont été par ma majesté , _

celui-ci, a savoir le monastère des Nids18,

le

monastère

du

quartier

d'Anthé-

affiliés a

Monokastanon19,

monastère

16. Le cérémonial de l'élection de l'higoumène variait presque pour chaque monastère.

Cf. R. Janin, Le monachisme byzantin au Moyen Age. Commende et typica (xe-xive siècle), REB 22, 1964, p. 25-28. Sur l'élection de l'higoumène par tirage au sort avec l'aide d'un enfant, voir P. Courcelle, L'enfant et les sorts bibliques, Vigiliae christianae 7, 1953, p. 194-220.

17. Voir supra, p. 41 et n. 44.

18. Nossiai était un port du littoral de la Marmara, situé à quelques heures de marche

du monastère de Rouphinianai, mais la localité échappe encore à l'identification. Le monastère avait été fondé vers 912 par Léon VI le Sage pour son favori le parakimomène

Constantin le Paphlagonien et placé sous le vocable du Sauveur. Notice sur ce couvent

dans Laurent, Corpus des sceaux, V, 2, p. 191.

19. Ce monastère, situé sur la côte asiatique mais dans un endroit indéterminé, est

attesté pour la première fois en 925 : compromis dans un complot contre Romain Léca-

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

69

655

660

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680

άλλων κρείττων διά τι πάθος άνθρώπινον, οία πολλά πολλάκις συμβαίνειν εϊωθεν, άπό της επί τη προστασία ψήφου μή δεόντως άπολειφθείς. Τόν οδν κατά την δηλωθεΐσαν παρατήρησιν εις ήγουμενείαν έπιλεγησό- μενον είς των κατά την μεγαλούπολιν παρατυχόντων αρχιερέων εξ αιτήσεως των μοναχών δια πιττακίου πατριαρχικού την θείαν τελέσαι μυσταγωγίαν

προτρεπόμενος χειροτονείτω καθηγούμενον, Ενα και ή του κανόνος ακρίβεια φυλαχθή και ή της μονής ελευθερία μηδέν άπό της του ηγουμένου σφραγΐδος απ'

κατασεισθή. Είτα και την ποιμαντικήν ράβδον ό χειροτονούμενος

της του Παντοκράτορος εικόνος μετά πολλής της ευλάβειας ύποδέξεται, λόγους πάντως έκείνω ποιήσων της οικείας αρχής εν ημέρα κρίσεως. Δέξεται

δε τον προβληθησόμενον ή αδελφότης, ώς άν τις είποι, θεοκρίτως οΰτω και θεοπροβλήτως μετά πολλής τής περιχαρείας, νπτίαις, το του λόγου, χερσί, και πασαν ενίνοιαν και ύποταγήν και εύλάβειαν και εύπείθειαν προς αυτόν ένδείξεται* ό δε και αυτός αδθις ώς τέκνων αγαπητών αυτών άντιλήψεται καΐ υπέρ εκάστου μεμεριμνημένην φροντίδα ποιήσεται, νουθετών, ύπαλείφων,

έπιστηρίζων, παρακαλών, έπιστύφων, προς έπιστροφήν έκκαλούμενος, πάντα ποιών προς το κερδήσαι πάντας κατά τον άπόστολον. Οδτος οδν ό καθηγούμενος, επειδή πλείονας τών άλλων φροντίδας και πόνους εχειν οφείλει, δια ταΰτα και κατά την δίαιταν εξει τών λοιπών τό έξαίρετον και ού φθόνος έ'σται τινί της έξηλλαγμένης εκείνου διαίτης,

εκάστου συλλογιζομένου καθ' εαυτόν τήν είς προστασίαν εκείνου επιλογήν

και τό τών φροντίδων πολύ και ποικίλον παρακλήσεώς τίνος έπιδεόμενον. Βρωθήσεται μέν οδν αύτφ εκάστης ημέρας τό μνημονευθέν άφράτον, δ χάριν αύτοΰ άρτοποιεΐσθαι προσετάξαμεν, και οίνος δε κρείττων ποθήσεται και οψώνιον άπό του δοχείου δοθήσεται, εν αίς τών ήμερων και οι αδελφοί

ίχθυοφαγεΐν έκκεχώρηνται. Διατάττομαι δέ τόν εύλαβέστατον καθηγού μενονοΰτω μετά τήν έμήν τελευτήν τών πραγμάτων άντιληψόμενον και φιλοθέως και πνευματικώς κατά τήν του τυπικού περίληψιν πολιτευόμενον υπό μηδενός άνακρίνεσθαι ή λόγον άπαιτεΐσθαί τίνα, μόνω τω Παντοκράτορι τάς εύθύνας εν τω καιρώ τής δικαιοκρισίας ύφέξοντα.

αυτής

Έπεί δέ και έτερα μοναστήρια παρά τής βασιλείας μου προσηνώ-

θησαν τή τοιαύτη μονή, ήγουν ή μονή τών Νοσσιών, ή μονή τής Μονο|- f. 36ν καστανού, ή μονή τών Άνθεμίου, ή πέραθεν αντικρύ τής πόλεως μονή του

685

662

ό om.

Ρ

668

Ephésiens

5,

1

671

1 Corinthiens 9,

19

pêne, le patrice et paradynasteuôn Jean le Mystique s'y réfugia et s'y fit moine. Cf. Théophane Continué : Bonn, p. 410-411. La seule autre mention de ce couvent est celle de notre typikon. Nous connaissons encore un monastère de Saint-Elie de Monokastanon, où en 1017 et 1018 deux manuscrits furent copiés par un moine Théodore (K. et S. Lake, Dated Greek Minuscule Manuscripts to the Year 1200, I, Boston 1934, n° 35 ; II, Boston 1938, n° 343), mais on ignore si les deux monastères homonymes ne sont qu'une seule maison religieuse.

70

P. GAUTIER

mios 2 °, le monastère de Mèdikariou sis sur la rive opposée à la capitale 2 *, le monast èrede Galakrènai22et le monastère du Satyre23, en vertu de la disposition patriarcale prise à son sujet, avec tous les biens qui leur appartiennent, à la fois en ville et à l'extérieur, je veux qu'on utilise en priorité leurs revenus pour toute la gestion, l'administration et l'entretien des moines et des églises des monastères, pour les fêtes ordinaires, les commémoraisons et tous les autres besoins de chaque monast ère,et qu'une fois assurées les dépenses légitimes et indispensables, l'excédent soit versé au monastère principal du Pantocrator ; inversement, si l'un de ces monastères se trouve, en raison d'une situation difficile, dans le dénuement, le nécessaire lui sera fourni.

Le monastère des

Nids suivra le régime cénobitique conformément à son typikon ;

les autres suivront le régime des cellules, comme ils le faisaient jusqu'à ce jour. Comme chacun de ces monastères abritait indifféremment jusqu'à ce jour des ésômonitai et des exômonitai24 au gré de leurs protecteurs, sans égard pour la rigueur canonique et l'institution monastique, nous avons ordonné qu'on dresse une liste des moines qui y habitent et qu'on la donne à l'higoumène, pour que ceux-ci restent à l'abri de toute inquiétude. Mais, désormais, ni un ésômonitès ni un exômonitès ne seront admis dans l'un de ces monastères aussi longtemps que le nombre des moines de chacun d'eux atteindra le nombre indiqué maintenant. Nous voulons, en effet, que le monastère des Nids abrite douze moines vivant en cénobites, et, en sus, six serviteurs assurant tout le service nécessaire au monastère ; leur mode de vie sera conforme au règlement du monastère principal du Pantoc rator. Nous voulons que le monastère de Monokastanon abrite seize moines ésômonitai vivant en cellule, et ces moines recevront tout ce qu'on donnait à chacun d'eux jusqu'à ce jour selon le texte de leur typikon et selon la coutume qu'ils suivaient jusqu'à maintenant. Dans le monastère du quartier d'Anthémios

20.

Le quartier d'Anthémios était un faubourg asiatique de la capitale, sis probable

mentau sud d'Anadolu Hisar. C'est là que se trouvait le monastère fondé par le gendre de l'empereur Théophile, le césar Alexis Môsélè, qui s'y fit moine vers le milieu du ixe

siècle (Théophane Continué : Bonn, p. 108-109 ; Kédrènos : Bonn, II, p. 119). Il est mentionné pour la dernière fois sous Andronic II, lors d'un conflit entre un moine de ce couvent, nommé Hyacinthe, et le patriarche Jean XII Kosmas (Pachymère : Bonn, II, p. 138, 207, 353-354, 480, 593).

21. Ce monastère n'est connu que par ce typikon. Janin {Eglises et monastères, p. 333)

l'a considéré comme urbain, le situant au delà de la Corne d'Or, mais comme tous les monastères énumérés étaient situés sur la côte asiatique, il y a de fortes chances que ce dernier se trouvait dans les environs de Chalcédoine.

22. Monastère non identifié, mais situé dans l'éparchie de Chalcédoine. Il apparaît

pour la première fois en 536 ; son higoumène s'appelait Paul (Mansi 8, 1015s). En 1062, le moine Syméon copie le Vatican, gr. 463 pour le prêtre Théodore, supérieur de Gala- krènai (K. et S. Lake, op. cit., VIII, n° 292). Le couvent mentionné par Jean Comnène peut être celui-là, mais tout aussi bien celui fondé par Nicolas le Mystique, couvent qui lui servit aussi de sépulture en 925 (Théophane Continué : Bonn, p. 371, 377, 410 ; Syméon Magistros : Bonn, p. 709, 715, 739 ; Kédrènos : Bonn, II, p. 265, 274, 307), ou bien celui fondé dans le premier quart du xe siècle par Jean le Recteur (Théophane

LE TYPIKON DU CHRIST SAUVEUR PANTOCRATOR

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