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Pierre Jounel Le Culte des saints dans les basiliques du Latran et du Vatican au

Le Culte des saints dans les basiliques du Latran et du Vatican au douzième siècle

Rome : École Française de Rome, 1977, 470 p. (Publications de l'École française de Rome, 26)

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Jounel Pierre. Le Culte des saints dans les basiliques du Latran et du Vatican au douzième siècle. Préface de Pierre Toubert. Rome : École Française de Rome, 1977, 470 p. (Publications de l'École française de Rome, 26)

française de Rome, 26) http://www.persee.fr/web/ouvrages/home/prescript/monographie/efr_0000-0000_1975_mon_26_1

COLLECTION

DE

L'ÉCOLE FRANÇAISE

26

DE

ROME

DU

PIERRE JOUNEL

LE CULTE

DES

SAINTS

DANS LES

BASILIQUES

LATRAN ET

DU

VATICAN

AU DOUZIÈME

SIÈCLE

ÉCOLEPALAISFRANÇAISE1977FARNESEDE ROME

Diffusion en Italie:

Bottega d'Erasmo Via Gaudenzio Ferrari, 9

10124 TORINO

Diffusion en France:

Diffusion de Boccard 11 Rue de Médicis 75006 PARIS

TIPOGRAFIA S. PIO X - VIA ETRUSCHI, 7-9 - ROMA

PRÉFACE

Un bilan des recherches historiques sur Rome durant le millénaire médiéval révéler aitde sensibles inégalités selon les domaines considérés. Risquons-nous à l'esquisse. On constate d'abord et sans surprise que c'est l'histoire politique et institutionnelle de la Ville qui a fait l'objet des études les plus nombreuses et les plus approfondies. Voici que, depuis quelques décennies, les perspectives se sont élargies. L'arrière-plan économique et social nous est restitué avec plus d'exactitude et de finesse. La vie quotidienne des hom mes dans leurs quartiers et leurs métiers, les rapports entre le centre urbain et sa campag ne,les solidarités des clans familiaux, les liens entre l'aristocratie et la Curie : tous ces problèmes nous sont assez bien connus aujourd'hui. Paradoxalement, c'est l'histoire rel igieuse de la capitale de la Chrétienté qui, dans ce progrès général, semble marcher d'un pas moins rapide. Certes, l'archéologie monumentale et la topographie des sanctuaires ont vu se multiplier recherches et publications. Mais le fond même de la vie religieuse de Rome au Moyen Age nous échappe encore en grande partie. Il y a plusieurs raisons à cela. Nul doute, en premier lieu, que les réalités locales n'aient été comme éclipsées par les dimensions œcuméniques de la Ville et les singularités d'un destin qui en a fait le lieu et l'enjeu idéologique des longues rivalités entre le Regnum et le Sacerdotium. Lorsqu'elle consentait à descendre de ces sommets où Rome n'apparaissait guère que comme un décor et les romains comme une foule de figurants inconstants, la recherche historique privilégiait volontiers les événements au détriment des structures. Peu sensi bles encore aux mouvements lents et profonds de la piété populaire - songeons qu'il n'existe toujours pas d'étude d'ensemble sur le pèlerinage de Rome au Moyen Age, par exemple -, les historiens préféraient s'attacher aux instants de gloire, comme les jubilés, ou à ceux de crise, comme la flambée d'hérésie concomitante à la révolution communale de 1144. C'est dans cette perspective historiographique qu'il convient de replacer, pour en mesurer toute l'opportunité, l'excellent travail que Mgr Pierre Jounel, liturgiste averti, nous donne aujourd'hui sur Le culte des saints dans les basiliques du Latran et du Vatican au douzième siècle. Derrière la sobriété voulue et la modestie, à mon sens excessive, du titre, se cache une enquête dont la richesse et les intérêts multiples doivent être souli gnés.

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PRÉFACE

Le but premier que s'assignait l'auteur était d'établir la liste des saints honorés au Vatican et au Latran durant le XIIe siècle. Un tel propos supposait d'abord une quête minutieuse à travers un nombre important de manuscrits liturgiques divers par leur âge, leur origine, leur destination même. A cet égard, on ne saurait trop louer l'ampleur et la rigueur des dépouillements auxquels l'auteur s'est astreint. Les spécialistes connaissaient et, au besoin, utilisaient les données fournies par quelques sources majeures : le calen drier mural de Sainte-Marie de l'Aventin avait été édité tant bien que mal par L. Guérard en 1893 dans les Mélanges de l'Ecole française de Rome; on savait depuis les travaux de dom Mori n que le Micrologus de ecclesiasticis observationibus devait être attribué à Ber- nold de Constance, et qu'il constituait un de nos témoignages les plus explicites sur les aspects liturgiques de la Réforme grégorienne. Pour le XIIe siècle, le Liber politicus ou, pour mieux dire, le polytique du chanoine Benoît, étudié et édité en dernier lieu par Paul Fabre, ainsi que VOrdo ojfìciorum ecciesiae Lateranensis du chanoine Bernhard offraient des jalons pour l'histoire de la liturgie pratiquée dans les deux grandes basiliques; jalons d'autant plus précieux que les descriptions contemporaines du diacre Jean et de Pietro Mallio nous redonnaient le cadre topographique et, pour ainsi dire, la respiration des célébrations liturgiques. Mais c'était là à peu près tout. Le premier mérite des travaux de Mgr Jounel est d'avoir regroupé, confronté, analysé les données éparses dans un nombre élevé de manuscrits liturgiques romains inédits, dont certains, comme le Passionnaire du Latran A 80, revêtent un intérêt historique indiscutable. C'est cependant à la mise en œuvre de cette abondante documentation que se révèle toute la valeur de l'entreprise. Etablir, en effet, le calendrier en usage au Latran et au Vatican durant le XIIe siècle, c'était - et l'auteur l'a bien compris ainsi - nous restituer un processus d'unification en cours du calendrier liturgique romain. C'était, par là même, choisir dès le départ d'orienter une enquête dynamique selon deux axes de recherche complémentaires. Il fallait, d'une part, replacer le sanctoral romain du XIIe siè cle sur sa courbe d'évolution chronologique en tenant compte des strates successives qui sont venues, dès les VIIIe-IXe siècles, s'ajouter au fonds originel du sanctoral proprement romain. L'auteur devait d'autre part - comme l'y invitait la nature même de sa docu mentation - chercher dans les manuscrits provenant d'autres sanctuaires romains des témoignages d'usages liturgiques qui n'ont pas été sans influencer, par leurs apports, celui des deux grandes basiliques pontificales. En refusant d'isoler le Latran et le Vatican comme des sortes de monades, l'auteur a eu ainsi le mérite de restituer la continuité d'une tradition liturgique faite d'ouverture et d'enrichissements, voire d'une sensibilité réceptive dont témoigne avec éclat, vers 1180, l'apparition dans les calendriers basilicaux romains du nom de saint Thomas Becket, canonisé en 1173. Le cycle du sanctoral ainsi considéré se révèle, à la lecture de ce savant ouvrage, non comme une liste ingrate de célébrations quelque peu hétéroclites mais comme un miroir vivant où se reflètent, au fil des siècles, des influences perceptibles dans d'autres domaines de la liturgie et - plus généralement -, de la vie religieuse. C'est ainsi, pour ne citer qu'un exemple entre dix,

PRÉFACE

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que le spécialiste de la Réforme grégorienne devra scruter avec attention les pages consa crées au développement contemporain du sanctoral romain. On voit par là que, dans l'esprit de l'auteur, une rigoureuse analyse de la genèse du calendrier liturgique du Latran et du Vatican était inséparable d'une étude plus ouverte

des formes et des lieux de dévotion des saints en honneur à Rome : translation et culte des reliques, culte des images, restauration et construction de sanctuaires, dédicaces nouv

elles,

ment l'organisation des foyers cultuels romains s'est faite selon les exigences d'une litur

gieoù célébrations, processions et stations donnaient à la vie religieuse non seulement un rythme mais aussi une ordonnance spatiale capable d'associer le populus au mystère et

à la fête.

Cette brève présentation n'a pas la prétention de signaler tous les centres d'intérêt d'un ouvrage dont le contenu, par sa richesse, dépasse les promesses du titre. Le lecteur

y trouvera, textes à l'appui, une analyse fort complète de la manière dont s'est constitué

le sanctoral romain de l'époque franque à la seconde moitié du XIIe siècle, qui a vu se consolider après décantation, dans ce domaine comme dans d'autres, l'acquis exubérant de la Réforme grégorienne et du premier quart du XIIe siècle. En même temps, par l'ouverture de sa conception, la probité de ses méthodes et la qualité de ses conclusions, ce livre apporte maintes contributions originales à notre connaissance d'un chapitre essentiel de la vie religieuse romaine pendant les siècles centraux du Moyen Age. Il est particulièrement heureux et opportun qu'une telle recherche prenne place dans les collec tions de l'Ecole française de Rome à laquelle on doit déjà tant de travaux notables sur l'histoire de la Ville au Moyen Age.

tous ces problèmes ont retenu son attention. Chemin faisant, il nous montre com

Pierre TOUBERT Professeur à la Sorbonne

INTRODUCTION

LE CULTE DES SAINTS AU LATRAN ET AU VATICAN

Le titre donné à cette étude en délimite l'objet. En proposant de traiter du culte des saints dans les basiliques du Latran et du Vatican, on a voulu écarter l'expression «calend rierromain» car, au 12e siècle, toutes les églises de Rome n'usent pas encore d'un

calendrier uniforme, bien que le parallèle entre les calendriers des deux basiliques révèle des convergences qui laissent deviner un processus d'unification. De plus, si l'établiss ementdes calendriers du Latran et du Vatican constitue l'essentiel de notre recherche, on souhaiterait montrer aussi vers quels saints se portait de préférence la piété populaire dans les deux basiliques papales. Chacune d'elles présentait en effet, au moyen âge, dans la diversité de ses chapelles annexes et de ses autels votifs, un ensemble complexe de lieux de culte où de nombreux saints étaient en honneur, des Martyrs dalmates du bapt

istère

conflit de préséance qui opposa, des siècles durant, le Latran et le Vatican , le culte de leurs saints respectifs tient une place qui n'est pas négligeable.

du Latran à sainte Pétronille dans la rotonde théodosienne du Vatican. Dans le

LA LITURGIE ROMAINE AU 12e SIÈCLE

Pourquoi avoir choisi le 12e siècle comme période privilégiée pour notre recherche? - Parce qu'il marque un tournant en tout domaine: non seulement dans la vie sociale et politique, dans l'économie, dans la renaissance des lettres et des arts, mais aussi dans la réflexion théologique et philosophique, dans la codification du droit et l'évolution de la liturgie. Les formes liturgiques qui se fixent à Rome dans la seconde moitié du 12e siècle présideront au culte de l'Eglise latine jusqu'à nos jours. Michel Andrieu a montré d'une manière péremptoire l'importance de cette époque dans ses études sur l'élaboration du Pontifical romain au moyen âge1. L'amalgame entre

1 M. Andrieu, Le Pontifical romain au moyen-âge, tome 1er Le Pontifical romain du XIIe siècle, coll. Studi e Testi 86, Cité du Vatican 1938, pp. 3-19.

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INTRODUCTION

les usages romains et les traditions gallicanes s'était opéré en Pays francs au cours du 9e siècle et dans la première partie du 10e. La compilation mayençaise des années 950, publiée par Hittorp sous le titre d'Ordo romanus antiquus2, en demeure le témoin le plus remarquable pour les rites sacramentels et les bénédictions, ainsi que pour le déroule mentde l'année liturgique. Cette compilation, qu'Andrieu a appelée le Pontifical romano-germanique3, devait connaître un succès considérable. La liturgie d'Occident en demeure tributaire. C'est au début du 11e siècle que remontent les premières copies qui en furent faites à Rome. Dès la fin du siècle, la liturgie romano-franque était si bien implantée dans la Cité apostolique que le clergé romain croyait perpétuer dans sa célébra tioncelle de saint Grégoire le Grand. Des Pays francs à Rome, en passant par les bords du Rhin et la Suisse, la route sui vie par les Ordines des sacrements et des bénédictions, ainsi que par les rites majeurs de l'année (mercredi des cendres, rameaux, triduum pascal, rogations), fut également celle qu'empruntèrent les nouvelles prières introduites dans la messe par la dévotion privée des prêtres ou des laïcs pour l'entrée, l'offertoire et la communion4. Au 12e siècle, elles sont pleinement assimilées par la tradition romaine, qui ne distingue plus le gallicanus ordo de celui des anciens sacramentaires, comme le faisait, cinquante ans plus tôt, le Micrologue de Bernold de Constance5. Si l'on s'en rapporte à l'Antiphonaire de Sainte- Cécile du Transtévère, copié en 1071, la messe romaine s'est même faite accueillante aux tropes et aux séquences d'au-delà des Alpes, et on y trouve, le dimanche de Pâques, quelque écho au Quem quaeritis de la Visiîatio sepulchri des églises de France et de Ger

manie6.

2 M. Hittorp, De catholicae Ecclesiae divinis Offlciis ac Ministeriis, Cologne 1568; édit. Rome 1591, pp. 1-116.

3 Dès 1924, M. Andrieu décelait dans VOrdo romanus antiqus d'Hittorp «un document de pre importance sur l'évolution de la liturgie latine aux premiers siècles du moyen âge» (Immixtio

mière

et consécration Paris 1924, p. 59). C'est en 1931 qu'il devait proposer de l'appeler le «Pontifical romano-germanique du Xe siècle», dans Les Ordines romani du haut moyen âge, tome 1er Les manusc rits,coll. Spicilegium sacrum lovaniense, Louvain 1931, p. 495. L'appellation est devenue classique. L'édition critique en a été publiée par C. Vogel et R. Elze, Le Pontifical romano-germanique du dixième siècle, 3 vol., coll. Studi e Testi 226, 227, 269, Cité du Vatican 1963 et 1972. 4 Cette route est la célèbre Geleitstrasse, la grande route commerciale parallèle au Rhin qui

menait des Alpes lombardes jusqu'aux Flandres. Ce fut la route que suivit, en sens inverse de la liturgie franco-germanique, l'art byzantin pour pénétrer en Germanie (Cf. L. Réau, L'art russe, Paris 1920; réimpression 1968, tome 1er p. 100).

5 Micrologus de ecclesiasticis observationibus, cap. 11; édit. de Pamélius reproduite dans Hittorp, Le. p. 385; P. L. 151, col. 984.

6 Antiphonarius liber S. Gregorii, dans D. Georgii, De Liturgia romani pontificis, tome 4, Rome 1744, pp. 441-528. Séquence Quem quaeritis mulieres ad sepulchrum Domini, p. 492.

INTRODUCTION

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LE CULTE DES SAINTS À ROME AU 12e SIÈCLE

En ce qui concerne le culte des saints, l'osmose entre les traditions romaine et franco-germanique s'est opérée d'une manière identique, mais un point fort important distingue ce domaine de tous les autres. En effet, dans la liturgie de la messe et des sacrements ou dans les célébrations les plus marquantes de l'année, l'apport franco-ge rmaniquerevêt une originalité incontestable, il exprime une mentalité propre. La dramati sationde la liturgie qui s'y manifeste convient fort bien à des populations frustres, pour

qui la langue latine a toujours été étrangère. Il importe, dans ce cas, de signifier aux fidè lespar des gestes symboliques le don spécifique du sacrement ou le mystère du jour. C'est ainsi qu'on oint de chrême la tête de l'évêque et qu'on lui remet l'anneau et le bâton pastoral, que le nouveau prêtre reçoit dans ses mains consacrées la patène et le

calice

carême et que, le dimanche des rameaux, on revit dans une procession fastueuse l'entrée de Jésus à Jérusalem. Mais, si l'on prend la liste des saints contenue dans les sacramen- taires ou les lectionnaires francs des 10e-lle siècles, on constate qu'elle ne comporte aucun des saints mérovingiens ou des grands moines évangélisateurs des pays germaniq ues.Son fond est constitué par le sanctoral des sacramentaires dits « Gélasiens du 8e siè cle», qui consiste dans la fusion de la liste gélasienne et de la liste grégorienne, auxquell eson a ajouté les fêtes des Apôtres et quelques anciennes fêtes romaines, comme celles de la Cathedra Pétri et d'obscurs martyrs, tels Basilide et Emérentienne. Un seul saint mérovingien y a trouvé place, saint Prix, évêque de Clermont honoré comme martyr (t 676), la compilation initiale des Gélasiens du 8e ayant vraisemblablement des liens avec l'abbaye Saint-Prix de Flavigny. Les livres romains du 12e siècle ne devaient donc pas introduire dans la liturgie de la Ville le culte des saints de Gaule, de Germanie, de Grande-Bretagne et d'Irlande, comme ils y avaient introduit les rites des ordinations et de la dédicace de ces régions, car aucun de leurs modèles ne s'y référait. Ils recevaient des pays nordiques un sanctoral aussi romain que celui qu'ils auraient pu établir à partir des traditions locales. Ils se contentèrent d'adopter l'ensemble de ces fêtes, en y ajoutant quelques noms empruntés aux Gesta Martyrum ou à l'histoire monastique, et d'amplifier le culte des papes antérieurs à la Paix constantinienne. Vers 1180, un nom contemporain apparaît soudain dans les calendriers basilicaux de Rome, celui de saint Thomas, archevêque de Cantorbéry. Le «meurtre dans la cathé drale» du 29 décembre 1171 avait frappé la chrétienté de stupeur. Le pape Alexandre III canonisa Thomas Becket dès le 21 février 1173 et il prescrivit aussitôt la célébration annuelle de sa fête en Angleterre7. Le Latran et le Vatican adoptèrent unanimement la

avec le pain et le vin, ou encore qu'on se couvre la tête de cendres au seuil du

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INTRODUCTION

mémoire de l'archevêque martyr. Avec cette décision une option était virtuellement

prise, celle d'ouvrir le calendrier aux saints les plus récents, et donc de le tenir à jour pour l'enrichir au long des siècles de la floraison perpétuelle de la sainteté dans l'Eglise. C'est ainsi que, dans la première moitié du 13e siècle, François d'Assise, Antoine de Padoue, Elisabeth de Hongrie et, dans une moindre mesure, Dominique, canonisés peu après leur mort, devaient être honorés rapidement d'un culte quasi-universel8. Une telle option semble aller de soi. Seule pourtant l'Eglise romaine l'a prise. La liturgie byzantine a suivi son exemple avec une timidité que partage dans une moindre mesure l'Eglise russe si riche en sainteté9. Les autres Eglises d'Orient, aussi bien de tra

dition

alexandrine que de tradition antiochienne, ne font place dans leurs calendriers res

pectifs

qu'aux saints des anciens âges10. Le choix fait au 12e siècle est donc capital en

Occident pour le culte liturgique des saints. A ce titre, l'étude de ce culte, à cette époque, dans les basiliques du Latran et du Vatican, prend une valeur exemplaire.

8 Voici les dates respectives de la mort et de la canonisation de ces quatre saints: François d'Assise 1226, 1228; Antoine de Padoue 1231 (13 juin), 1232 (30 mai); Elisabeth de Hongrie 1231, 1235; Dominique 1221, 1234. 9 Le calendrier byzantin n'a retenu que deux saints postérieurs à l'an mille: saint Lazare, ermite (t 1054), et saint Grégoire Palamas (î 1359). Le calendrier russe comporte de nombreux saints de la fin du moyen-âge et du 16e siècle, trois seulement pour les siècles suivants. Le plus récent est saint Séraphin de Sarov (t 1833). Notons que certains de ces saints, dont le grand mystique S. Serge de Radonej, sont inscrits au calendrier des livres liturgiques byzantins publiés par la Congrégation pour les Eglises orientales à l'usage des catholiques russes. 10 On peut consulter ces divers calendriers dans le Traité d'études byzantines publié par P. Lemerle, Coll. Bibliothèque byzantine, tome 1er V. Grumel, La Chronologie, Paris 1958, pp. 328-343.

LIVRE PREMIER

J Jn

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

CHAPITRE I

LES DIVERS TYPES DE SOURCES

Depuis le Concile de Trente toutes les éditions du Missel et du Bréviaire comportent

en tête le texte du Calendrier romain. Dans ce calendrier chaque fête fixe est rattachée à un jour déterminé du mois et elle est accompagnée de la mention de son degré de célé

bration

(double, semi-double -ou simple, selon la nomenclature de 1568). Le calendrier

coïncide rigoureusement avec le contenu euchologique du livre qu'il introduit: à chaque saint inscrit au calendrier correspond la mention de son office dans le corps du Missel ou du Bréviaire, que cet office soit propre, en tout ou en partie, ou qu'on doive l'emprunter au Commun. Il n'en va pas de même dans les livres liturgiques du moyen âge. Les plus anciens sacramentaires, lectionnaires et antiphonaires de la Messe ou de l'Office ne sont pas pré cédés d'un calendrier. On doit établir celui-ci à partir de la série des fêtes dont le volume donne le formulaire. Lorsque, vers le 11e siècle, le calendrier apparaît assez fréquemment au début des livres liturgiques, il est souvent plus fourni de noms que le corps du volume. Quand le calendrier et le sacramentaire ne concordent pas, auquel doit-on accor dercréance pour savoir si un saint est effectivement fêté dans une église? - Le problème

n'est pas facile à résoudre. Sans doute sacramentaires et lectionnaires ont-ils toujours comporté des Communs, c'est-à-dire des séries d'oraisons et de lectures pour les fêtes des martyrs, des confesseurs et des vierges ne possédant pas de formulaires propres. On trouvait dans ces Communs les textes qui permettaient de célébrer la Messe et l'Office d'un saint inscrit au calendrier sans être mentionné dans la suite du livre. Il semblerait

ainsi qu'il faille accorder foi au calendrier. Pourtant on voit apparaître assez tôt des calendriers qui sont, en fait, des abrégés du Martyrologe. Il arrive d'ailleurs qu'ils se pré

sentent

comme tels1. Ces calendriers, qui contiennent "des noms de saints pour presque

chaque jour de l'année, ne semblent pas avoir pu servir de directoire pour la célébration

1 Ainsi le calendrier de Rheinau, originaire du nord de la France et datant des toutes dernières années du 8e siècle, commence-t-il par ces mots: Incipit Martyrologium anni circuii. Cf. A. Hänggi-A. Schonherr, Sacramentarium Rhenaugiense, Coll. Spicilegium Friburgense 15, Freiburg/Schweiz 1970, p. 294.

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LES SOURCES DOCUMENTAIRES

quotidienne, mais seulement de rappel des saints les plus chers à une communauté paroissiale ou monastique. On ne saurait donc faire toujours confiance au calendrier comme témoin d'un usage liturgique. Il est un livre qui a l'avantage de résoudre le problème de la disparité entre le calen drier et le sacramentaire ou le missel, c'est l'Ordinaire2. L'Ordinaire est un livre pure ment cérémoniel: il décrit d'une manière détaillée toutes les célébrations liturgiques de l'année jour après jour dans une église donnée, précisant le nombre de ministres qui doi vent intervenir, combien de cierges il faut allumer, quelles oraisons on doit dire, quelles lectures faire, quels répons chanter. Malheureusement les Ordinaires sont plus rares que les calendriers et les sacramentaires ou les missels, et ils n'apparaissent qu'au 11e siècle. En ce qui concerne le Latran et le Vatican, nous avons l'avantage d'en posséder qui remontent à la seconde moitié du 12e siècle. On ne saurait donc établir la liste des saints honorés dans un lieu déterminé et à une époque précise sans faire appel à un certain nombre de sources de types divers, qui se complètent mutuellement. Si les calendriers tiennent la première place dans cette docu mentation, il faut inventorier aussi le contenu des livres liturgiques proprement dits et lire attentivement les Ordinaires. Enfin, puisque nous devons étudier le culte des saints dans les deux basiliques papales, nous ne saurions oublier les descriptions minutieuses qui ont été faites de leurs chapelles, autels et tombeaux, dans des documents contempor ainsdes Ordinaires basilicaux.

I - LES CALENDRIERS

Le Calendrier a eu son existence propre dès le haut moyen âge. Il devait d'ailleurs la conserver bien après avoir fait son entrée en tête des livres liturgiques.

LES ANCIENS CALENDRIERS

Les plus anciens calendriers nous sont parvenus dans des collections fort diverses. Leur ancêtre, la Depositio episcoporum et la Depositio martyrum du Chronographe philoca- lien de 354, est inséré entre la liste des préfets et celle des évêques de Rome dans un luxueux almanach privé3. Un fragment de calendrier gothique (4e-5e siècle) est joint à la

2 L'Ordinaire porte des titres assez variables: Liber Ordinarius, Ordinarius, Ordo, 'Ordo officio-

rum, Ordo legendi et cantaridi, De consuetudinibus et observantiis, pour s'en tenir à ceux qui revien nentle plus souvent.

3 R. Valentini-G. Zucchetti, Codice Topografico della Città di Roma, Coli. Fonti per la storia d'Italia, tome 2, Roma 1942, pp. 1-28.

LES DIVERS TYPES DE SOURCES

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traduction de la Bible d'Ulfilas4. Le calendrier de Carmona (6e-7e siècle) et celui de Naples (9e siècle) sont des calendriers lapidaires5, le calendrier de l'Aventin un calendrier mural (11e siècle). Le calendrier de saint Willibrord (8e siècle) s'insère entre un horolo- gium et un tableau des vents6. C'est dans la même diversité que se présentent le calen drier de Carthage (4e-5e siècle)7, le calendrier - martyrologe de Rheinau (fin du 8e siè cle)8, les trois calendriers du Mont-Cassin (8e-9e siècle) édités par Loew9, ainsi que les plus anciens calendriers d'Espagne10, d'Angleterre11 et de Saint-Gall12.

LES CALENDRIERS JOINTS AUX LIVRES LITURGIQUES

C'est au 9e siècle qu'en Pays francs on commence à insérer le texte du calendrier en tête des livres liturgiques, principalement du sacramentaire. On ne trouvera pas de témoins de cet usage à Rome avant la seconde moitié du 12e siècle. Mais il n'est pas sans intérêt d'en relever les premiers exemplaires. Le plus ancien est le calendrier du sacramentaire de Saint-Denis (Paris, B.N. ms. lat. 2290), écrit à Saint-Vaast d'Arras vers 850. Puis viennent le sacramentaire d'Amiens (Paris, B.N. ms. lat. 9432), qui est de la seconde moitié du siècle, et le sacramentaire de Senlis (Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. Ill, olim BB. 1), copié à Saint-Denis vers 880. Ces trois calendriers, qui appartiennent à une zone géographique bien délimitée, ont été publiés par Delisle13.

4 H. Achelis, Die älteste Deutsche Kalender, dans Zeitsehr. fur die neutestament Wissenchaft, I (1900), pp. 308-355.

5 Le fragment de calendrier de Carmona (Portugal) est reproduit dans M. Férotin, Le Liber

mozarabicus sacramentorum, Paris 1912, p. XLIV. D. Maliardo a publié et commenté le Calendrier

de Naples dans les Ephemerides liturgicae, tomes 68 (1944), pp. 115-117, 69 (1945), pp. 233-294, 70 (1946), pp. 217-292.

6 H. A. Wilson, The Calendar of St Willibrord, Henry Bradshaw Society (H.B.S.), London 1918.

7 L. Duchesne, Martyrologium hieronymianum, Acta Sanctorum Novembris, tome II, première partie, Bruxelles 1894, pp. LXIX-LXXII.

8 Voir supra, p. 15 note *.

9 E. A. Loew, Die ältesten Kaiendarien aus Monte Cassino, Coll. Quellen und Untersuchungen zur lateinischen Philologie des Mittelalters, München 1908.

nquième

10 M. Férotin, Le Liber ordinum en usage dans l'Eglise wisigothique et mozarabe d'Espagne du ci au onzième siècle, Paris 1904, pp. 449-497.

11 F. Wormald, English Kaiendars before A. D. 1100, H.B.S., London 1934.

12 E. Munding, Die Kalendarien von St. Gallen aus 21 handschriften neuntes bis elftes Jahrhund

ert,Col. Texte und Arbeiten, Beuron 1951. Sur l'ensemble de la question des calendriers voir le Dic

tionnaire d'Archéologie chrétienne et de Liturgie (D.A.C.L.), 15 vol., Paris 1907-1953, art. Kalendaria, tome 8, col. 624-667.

13 L. Delisle, Mémoire sur d'anciens sacramentaires, dans les Mémoires de l'Académie des Ins et Belles Lettres, tome XXXII, Paris 1886. Calendrier de Saint-Denis, pp. 313-324; calen

criptions

drierd'Amiens pp. 325-345; calendrier de Senlis, pp. 313-324.

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LES SOURCES DOCUMENTAIRES

II faut attendre un siècle pour en trouver un nouvel exemplaire, celui du sacramen- taire de Ratold, copié à Corbie entre 972 et 986 14. C'est à la même époque que remonte le Missel de Léofric (Oxford, Bibl. Bodl. ms. 579), copié sans doute en Lorraine avant d'être adapté à l'usage de la cathédrale d'Exeter15.

II - LES LIVRES LITURGIQUES

En présentant les livres liturgiques qui peuvent aider à établir la liste des saints célé brés à Rome au 12e siècle et à découvrir la genèse de leur culte, nous voudrions préciser quel peut être l'apport spécifique de chacun d'eux. On sait que les livres de la Messe et de l'Office sont fort divers.

LES LIVRES DE LA MESSE

Pour la Messe nous disposons du lectionnaire, du sacramentaire, de l'antiphonaire et, à partir du 11e siècle, du missel plénier qui est né de leur fusion. Le lectionnaire se présente sous la forme d'un ou de plusieurs livres contenant le texte intégral des lectures (lectionnaire proprement dit, épistolier, évangéliaire) ou seule ment d'un capitulaire, qui renvoie aux chapitres à prendre dans la Bible (capitolare) avec Yincipit et le desinit de chaque lecture. Parfois on trouve les deux dans le même manusc rit.Lectionnnaire et capitulaire donnent, au fil de l'année, la suite des saints qui ont leurs lectures propres avec la date de leur célébration. Comme les autres livres liturg iques, les anciens lectionnaires romains commencent avec la fête de Noël. C'est sous l'influence franco-germanique qu'à partir du 11e siècle on commencera à fixer le début de l'année liturgique au 1er dimanche de l'Avent. Le sacramentaire fournit les oraisons de la fête d'un saint et l'antiphonaire (ou gra

duel)

Certains antiphonaires sont notés, car l'antiphonaire est destiné aux chantres. Dans ces livres le formulaire de chaque fête est précédé du nom du saint et de la date de sa célé

bration, comme dans le lectionnaire. Parfois les sacramentai res contiennent des

des Saints le samedi saint ou pour les rogations mais, contrairement à l'usage actuel, l'inscription d'un saint dans une liste litanique stable n'est pas une preuve suffisante de

en donne le graduel ainsi que les antiennes d'entrée, d'offertoire et de communion.

litanies

14 Ibid., pp. 345-360.

15 F. E. Warren, The Leofric Missal, Oxford 1883. Le calendrier a été reproduit dans F. Wor-

mald, English Kaiendars before A.D. 1100, pp. 43-55. Ce dernier date le document des alentours de

970.

LES DIVERS TYPES DE SOURCES

19

sa présence dans le calendrier d'une église. C'est pourquoi nous apporterons un intérêt moindre à cette source d'information. Le missel contient les mêmes renseignements sur le culte des saints que les trois livres précédents, qu'il recueille et coordonne en un seul volume.

LES LIVRES DE L'OFFICE

Les livres de l'Office sont nombreux: psautier, antiphonaire, orational ou collectaire, lectionnaire, martyrologe, hymnaire. Le psautier, qui se présente habituellement selon le cursus hebdomadaire (cursus romain ou cursus monastique), contient souvent, dans une seconde partie, la présenta tiondes principales fêtes de l'année. Il arrive parfois qu'il soit précédé du calendrier. L'antiphonaire ou le responsorial, qui contient l'ensemble des antiennes et des répons de l'Office, et l'orational ou collectaire (livre des oraisons), fournissent le même apport à l'étude du sanctoral que le sacramentaire et l'antiphonaire de la Messe. Mais assez fréquemment l'antiphonaire de l'Office reproduit un manuscrit antérieur sans le tenir à jour et il est ainsi un témoin archaïque du sanctoral d'une église. L'absence d'une fête dans un antiphonaire ne prouve pas à elle seule son inexistence. Le collectaire est, lui, beaucoup mieux tenu à jour et il constitue un témoin précieux du culte des saints. L'apport des livres de lecture de l'Office à l'étude du sanctoral n'est pas aussi import antqu'on pourrait le supposer. Le lectionnaire biblique ne fournit des lectures propres que pour les fêtes majeures. Il en va pratiquement de même pour les sermonnaires et les homéliaires16. Les passionnaires contiennent des séries de Passiones, dont chacune peut évoquer la mémoire de plusieurs saints17. On pouvait dès lors s'y reporter plusieurs fois dans l'année (par exemple pour les fêtes de sainte Agnès et de sainte Emérentienne). Les passionnaires ne présentent donc pas toujours une correspondance rigoureuse avec le calendrier. Là, moins qu'ailleurs, on ne saurait tirer argument de l'absence de la mention d'un saint à son anniversaire pour en conclure à l'absence de son culte. Mais une attesta tionconstitue un témoignage de valeur. Le martyrologe ne témoigne pas d'ordinaire du culte d'un saint dans une église don née, puisque son but est de recueillir chaque jour les notices des divers saints dont on commémore l'anniversaire. Mais aucun martyrologe n'est universel. Quand donc un manuscrit, qui appartient à une famille parfaitement identifiée (un martyrologe de Bède,

16 On peut s'en rendre compte en consultant R. Grégoire, Les homéliaires du moyen âge, Coll. Rerum ecclesiasticarum documenta, Series maior 6, Roma 1966. 17 Voir, par exemple, A. Fabrega Grau, Pasionario hispanico, Coll. Monumenta Hispaniae sacra VI, Madrid-Barcelona 1953-1955.

20

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

par exemple) ajoute un nom à ceux qu'il a recueillis de son modèle, c'est vraisemblable mentqu'il s'agit d'un saint fêté dans le monastère ou par le chapitre qui a fait établir le nouvel exemplaire. L'hymnaire contient souvent des hymes assez nombreuses en l'honneur des saints. Mais on sait que les hymnes n'ont pénétré que tardivement dans la tradition romaine. Le fonds liturgique de la Bibliothèque vaticane est des plus pauvres en la matière18. L'Ordinaire expose l'ordonnance de la célébration des fêtes, indiquant souvent par exemple quelles lectures on doit faire à l'office nocturne. Il décrit les usages locaux, qui permettent d'apprécier l'importance d'une fête. C'est ainsi que nous lisons dans YOrdo Officiorum ecclesiae lateranensis qu'en la fête des Quarante Martyrs on se rend en proces sionà leur autel après Vêpres 19. Mais un élément capital fait habituellement défaut dans l'Ordinaire: la date de la fête est passée sous silence. Pour utiliser l'Ordinaire il faut donc le compléter par l'un des autres livres liturgiques ou le calendrier.

18 P. Salmon, Les manuscrits liturgiques latins de la Bibliothèque vaticane, Coll. Studi e testi 251, tome Ier, Città del Vaticano 1968, pp. 46-58. 19 Bernhard, Ordo Officiorum ecclesiae lateranensis, édit. L. Fischer, Coll. Historische Forschun genune Quellen, München 1916.

CHAPITRE II

PRÉSENTATION DES SOURCES

Le but principal de cette étude est d'établir la liste des saints honorés au Latran et au Vatican au 12e siècle. Mais, pour y atteindre, on ne saurait se dispenser de rechercher comment s'est élaboré le calendrier de chacune des basiliques à partir du moment où, sous l'influence des empereurs germaniques, la liturgie romano-franque a pris pied et s'est imposée dans la Cité apostolique. C'est pourquoi notre investigation des sources documentaires ne portera pas seulement sur le 12e siècle, mais aussi sur la période qui a précédé. De plus, si nous devons aboutir au Latran et au Vatican, il convient de ne pas négli gerles attestations relatives au culte des saints dans les autres basiliques romaines. En effet, la fête d'un saint s'est souvent fixée dans un lieu de culte de moindre importance avant d'être reçue dans les basiliques papales.

I - LES SOURCES IMPRIMÉES

LES CALENDRIERS

Le Calendrier mural de Sainte-Marie de l'Aventin

En 1893, L. Guérard a édité un calendrier romain de la deuxième moitié du 11e siè

cle, qui est malheureusement fragmentaire car il s'arrête au 12 juillet1. Le calendrier était

peint sur un mur du cloître du monastère Sainte-Marie de l'Aventin,où le futur Grégoire

VII passa sa jeunesse. Le texte, aujourd'hui disparu mais encore visible vers 1640, a été

copié dans un manuscrit de la Bibliothèque vaticane, le Vat. lat. 9135 (fol. 358-361v). L'éditeur a omis de signaler l'intérêt que présente l'ensemble du manuscrit. Sous le titre de Kalendarium vêtus romanum on y trouve en effet un précieux recueil de calendriers

1 L. Guérard, Un fragment de Calendrier romain au moyen âge, dans MEFR, 13 (1893), pp. 153- 175. Texte reproduit en appendice pp. 413-416.

22

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

recopiés sur d'anciens manuscrits: calendriers civils de Rome et de l'Egypte, calendriers liturgiques de Rome, de Milan, de Cluny et de Paris (Saint-Victor, Saint-Martin, Sainte- Geneviève). 11 contient, entre autres, la célèbre copie du Chronographe de 354 avec ses gravures (fol. 287 sq.). C'est d'après ce manuscrit que nous avons établi le texte du calen drier, car l'édition de Guérard n'est pas exempte d'erreurs. L'apport majeur du document consiste dans les nombreuses fêtes de papes qu'il mentionne. Alors qu'on en comptait jusque là 5 pour les six premiers mois de l'année, il en annonce 24. On étudiera plus loin ce développement du culte des saints papes2.

Le calendrier de ï Antiphonaire de Saint-Pierre

Le cardinal J. M. Tommasi a édité en 1686 un antiphonaire de Saint-Pierre qui devait retenir à plus d'un titre l'attention des historiens {Archivio San Pietro B 79). Cet antiphonaire est précédé d'un calendrier que Tomnrasi n'a pas négligé de publier avec l'ensemble du manuscrit, d'autant qu'il en facilite la datation, car les deux sont écrits de la même main3. En effet la mention au 29 décembre de saint Thomas de Cantorbéry, qui fut canonisé en 1173, amène à dater le manuscrit du dernier quart du 12e siècle. A la suite de Tommasi et de Vezzosi, qui publia ses Opera omnia, on peut circonscrire le tra vail du copiste entre les années 1181 et 1187 sans craindre de faire une erreur notable4. Quoi qu'il en soit de la date exacte de sa compilation, le calendrier de Saint-Pierre cons titue le témoin majeur du sanctoral de la basilique vaticane à la fin du 12e siècle. Aussi constitue-t-il l'un des documents de base de notre étude.

LECTIONNAIRE

Le lectionnaire du Latran

Parmi les lectionnaires anciens qu'il a utilisés pour établir son Lectionnarius Missae Romanae Ecclesiae, Tommasi cite un lectionnaire du Latran5. Ce lectionnaire ou épisto- lier était certainement antérieur au 13e siècle. En effet, il portait souvent des rectifica tionsmarginales faites secundum usum Curiae romanae, ce qui prouve que le manuscrit était conforme à l'ancien usage de la basilique. Les péricopes que cite Tommasi corre spondent assez exactement à celles du Missel du Latran de l'Archivio di Stato italiano que

2 Livre II, pp. 169-181.

3 Responsoriale et Antiphonarium Romanae Ecclesiae, édit. J. M. Cari (pseudonyme de J. M.

Tommasi), Roma 1686, pp. 1-15. Texte reproduit en appendice pp. 416-421.

4 Venerabilis viri Josephi Mariae Thomasii opera omnia, tomus quartus in quo Responsorialia et

antiphonaria Romanae Ecclesiae ad mss. codd. recensuit notisque auxit Antonius Franciscus Vezzosi C.R., Romae 1749, p. XXXII.

5 Lectionnarius Missae, dans J. M. Tommasi, Opera omnia, édit. Vezzosi, Roma 1747-1753, tome 5, p. 320.

ι

PRÉSENTATION DES SOURCES

23

nous présentons parmi les manuscrits6. L'absence de la mention de saint Thomas Becket invite à dater ce lectionnaire des années 1150-1175. Malgré nos recherches dans les divers fonds romains nous n'avons pu le retrouver, mais il a été possible d'en restituer la teneur d'après l'apparat critique de l'édition du Lectionnarius Missae de Tommasi. La probité scientifique du grand liturgiste nous invite à lui faire totalement confiance7.

ANTIPHONAIRE DE LA MESSE

L'antiphonaire de Sainte-Cécile

D. Giorgi a publié un Antiphonarius liber qui a l'avantage d'être daté et localisé avec précision8. En effet, à la dernière page, le copiste du manuscrit a attesté qu'il avait achevé son travail le 20 mai 1071 et une main du 13e siècle a ajouté: Iste liber est sancte (Ceciliae transtiberyn) de urbe, fecit Iohannes. J. Hourlier et M. Huglo en ont donné une description paléographique et liturgique: il s'agit d'un antiphonaire entièrement noté, qui constitue le plus ancien témoin connu du chant «vieux-romain»9. C'est dire son intérêt pour les musicologues. Mais il ne saurait être négligé dans une étude sur la liturgie locale de Rome au 11e siècle. Malheureusement une lacune nous prive de la fin du sanctoral à partir du 29 juin. On ignore les circonstances dans lesquelles le manuscrit quitta Rome à la fin du 18e ou au début du 19e siècle. Après avoir appartenu à la collection Philipps, il se trouve pr ésentement à la Bibliothèque Bodmer, à Coligny-Genève.

ANTIPHONAIRE DE L'OFFICE

L'antiphonaire de Saint-Pierre

Le manuscrit Β 79 de l'Archivio San Pietro édité par Tommasi10, dont on a présenté le calendrier ci-dessus, offre le plus haut intérêt pour nous faire connaître la célébration de l'Office dans la basilique vaticane à la fin du 12e siècle. Il s'agit d'un antiphonaire-res-

6 Voir ci-après pp. 41-44. 7 Livre III, p. 193. Voir P. Jounel, Le lectionnaire du Latran du XIIe siècle, dans Humanisme et foi chrétienne, Mélanges scientifiques du Centenaire de l'Institut catholique de Paris publiés par Ch. Kannengiesser et Y. Marchasson, Paris 1976, pp. 587-593. 8 D. Georgii, De liturgia romani pontificis, Roma 1733-1744, tome 3, pp. 441-528. Voir le sanctor alci-après p. 134. 9 J. Hourlier-M. Huglo, Un important témoin du chant vieux romain: le Graduel de Sainte Cécile du Transtévère, dans Revue Grégorienne, tome 31 (1952), pp. 26-37. 10 Responsoriale et Antiphonarium Romanae Ecclesiae, Le. Bien que l'antiphonaire de Saint- Pierre ait été reproduit au tome 4 des Opera omnia de Tommasi, les références seront toujours don nées à l'édition princeps de 1686.

24

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

ponsorial de l'Office. Comme Pantiphonaire de la Messe de Sainte-Cécile au siècle précé dent, l'antiphonaire de Saint-Pierre est entièrement noté en chant «vieux-romain». Ecrit sur parchemin à raison de onze portées par page, le manuscrit est une véritable œuvre d'art. Les lettrines des antiennes sont enluminées avec finesse dans une variété de cou leurs où domine le bleu. On a relevé «la pauvreté relative» de son répertoire musical11. L'expression ne conviendrait pas pour caractériser son sanctoral, comme on pourra le constater12, mais celui-ci est cependant beaucoup moins fourni que celui du calendrier qui ouvre le manuscrit.

MARTYROLOGE

Le martyrologe de Saint-Pierre H 58

Les Analecta Bollandiana ont édité un Martyrologe de Bède conservé au Chapitre de Saint-Pierre {Archivio H 58), qu'à la suite d'une sérieuse étude paléographique l'éditeur date de la fin du 10e ou du début du 11e siècle13. H. Quentin, pour sa part, le faisait remonter au 12e siècle seulement et il ajoutait qu'on ne peut «ni affirmer ni nier avec certitude qu'il ait été en usage à Saint-Pierre, quoique son origine romaine soit incontes table»14. Sur ce dernier point il semble que Quentin n'ait pas attaché assez d'importance à certaines notices qui témoignent en faveur de l'appartenance du manuscrit à la basil iquevaticane. Il y a d'abord l'annonce au 18 novembre de la Dedicatio beati Petri apostoli sans mention de la dédicace de Saint-Paul, qui lui est jointe dans les livres liturgiques ultérieurs, même dans ceux de Saint-Pierre, à l'exception de l'Antiphonaire où on lit: In Dedicatione Basilicae beati Petri Principis Apostolorum (p. 184). De plus la notice consacrée à la déposition du pape Jean Ier (28 mai) déclare: cuius corpus translatum de Ravenna sepultum est in basilica sancii Petri apostoli, sans préciser que le corps du pape martyr fut reçu solennellement à Rome. On a ainsi l'impression de se trouver en présence d'une notice rédigée à l'usage de la basilique. Si l'on retient la date proposée par les Bollandistes, on doit estimer que le Martyrol ogede Bède en usage à Saint-Pierre est le plus ancien témoin des fêtes de la dédicace du Latran au 9 novembre et de la dédicace de Saint-Pierre au 18 du même mois.

11 Du point de vue musical voir M. Huglo, Le Chant «vieux-romain», dans Sacris erudiri, tome

6 (1964), p. 113. L'importance de l'antiphonaire de Saint-Pierre a été soulignée par P. Salmon, L'Office divin au Moyen Age, Coll. Lex orandi 43, Paris 1967, pp. 130-132.

12 II faut d'ailleurs ajouter que plusieurs fêtes étaient célébrées avec les formulaires du Com

mun sans pourtant être signalées dans le corps de l'antiphonaire. C'est ainsi qu'il n'est question qu'accidentellement de la mémoire de saint Léon le 28 juin (p. 147). Sanctoral reproduit en appen dicepp. 421-424.

13 Martyrologium e codice basilicae vaticanae nunc primum editum, dans Analecta Bollandiana 49 (1931), pp. 51-97.

PRÉSENTATION DES SOURCES

25

LES ORDINAIRES

Micrologus de ecclesiasticis observationibus

Le Micrologus, édité par Pamélius en 1565 15, n'est pas à proprement parler un Ordi naire car, à la manière des anciens Ordines, il est plus synthétique, mais il peut cepen dantêtre rangé sous ce titre en raison de son contenu. La description de la célébration de la messe et de l'année liturgique à la fin du 11e siècle présente un intérêt certain, car l'auteur distingue toujours clairement les usages romains de ceux qui ont été introduits à Rome au temps où, selon les termes de Grégoire VII, Teutonicis concessimi est regimen nostrae ecclesiae16. L'auteur du Micrologus, Bernold de Constance17, était précisément l'un des pion niers de la réforme grégorienne. Né à Constance vers 1050-1055, prêtre en 1084, il mour utsous l'habit monastique à Schaffhouse (Suisse) en 1100, après avoir vigoureusement combattu pour la réforme de l'Eglise sous les papes Grégoire VII, Victor III et Urbain II. En ce qui concerne le calendrier, on retiendra surtout l'attestation de Bernold sur l'intervention personnelle de Grégoire VII pour diffuser le culte des papes martyrs18.

Liber politicus

Mabillon a publié un Ordinaire de la basilique Saint-Pierre dont le manuscrit portait le titre énigmatique de Liber pollicitus19. Mais le titre originel de cet Ordinaire, qui décrit les fonctions papales au long de l'année, est celui de Liber politicus, comme on peut le lire, par exemple, dans le Bréviaire de sainte Claire, conservé au couvent Saint-Damien à Assise: Quiconque, dit une rubrique du jour de Pâques, veut avoir des précisions sur tel détail de la liturgie papale inveniat librum qui vocatur politicus20. La «politique», dont il s'agit ici, consiste dans la répartition des charges de la Maison du pape, lorsque celui-ci célèbre la liturgie aux fêtes principales dans l'une ou l'autre des basiliques stationales de la Ville.

 

15

Micrologus de ecclesiasticis observationibus, P.L. 151, col. 974-1022.

16

G. Morin, Etudes, Textes, Découvertes, dans Coll. Anecdota Maredsolana 2, Maredsous 1913,

p.

460.

C'est G. Morin qui a établi Que l'auteur du Micrologus est Bernold de Constance, dans Revue bénédictine, 8 (1891), pp. 385 sq.

17

18 Ci-après, p. 181.

19 Le texte édité par Mabillon dans son Museum italicum a été reproduit dans la P. L. 78, col.

1025-1062. Mais il convient de se référer à l'édition de P. Fabre-L. Duchesne dans Le Liber censuum de l'Eglise romaine, Paris 1910, pp. 141-177.

20 A. Cholat, Le Bréviaire de sainte Claire, Coll. Opuscules de critique historique VIII, Paris 1904,

26

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

L'auteur de cet Ordinaire se présente ainsi: Benedictus, beati Petri apostoli indignus canonicus et Romanae Ecclesiae cantor. Il évoque l'amitié qui le lie au cardinal Guy de Castello, à qui il fait la dédicace de son ouvrage. Nous ne savons rien d'autre sur lui. Comme le cardinal de Castello devait devenir en 1143 le pape Célestin II, l'Ordinaire du chanoine Bento ou Benoît peut être daté des environs de 1140. On ne saurait reconstituer le sanctoral de Saint-Pierre à partir d'un tel document, mais il nous sera utile pour décrire la manière dont étaient célébrées au Latran les fêtes de saint Jean-Baptiste et de l'Exaltation de la Croix, ainsi qu'au Vatican celles de saint Pierre et de saint André.

Ordo Officiorum ecclesiae lateranensis

Lorsqu'en 1916 L. Fischer publia Y Ordo

Officiorum ecclesiae lateranensis du chanoine

Bernhard, contenu dans un manuscrit de la Hofbibliothek de Vienne (Cod. lai. membr. 1482) parmi un ensemble de documents relatifs aux Chanoines réguliers de saint August in,il rendit un signalé service à tous ceux qui étudient la liturgie de la Rome médiév ale21. Ceux-ci n'oublient pas, en effet, la consigne de Mabillon: Quisquis veteres roma naeEcclesiae ritus accurate indagare cupit, studiosius ea legere débet quae pertinent ad Ecclesiam Lateranensem22. Sans doute ne s'agissait-il que d'un Ordo canonial et non de VOrdo papal: le prieur Bernhard ne cache pas qu'il se réfère aux traditions de sa famille religieuse, celle des Chanoines réguliers de Saint-Frigdien de Lucques, en même temps qu'aux usages de la basilique elle-même, et il ne fait pas habituellement le départ de ceux-ci et de celles-là. Mais enfin, pour qui aborde le texte avec un regard averti, la litur giedu Latran de la seconde moitié du 12e siècle révèle ses éléments essentiels.

Ego Bernhardus Lateranensis ecclesiae humilis prior: c'est ainsi que se présente l'auteur dans son prologue. Fischer a crû pouvoir l'identifier avec Bernard, cardinal-évê- que de Porto de 1158 à 1176, qui avait été prieur du Latran avant de devenir cardinal- prêtre de Saint-Clément en 1145 et archiprêtre de Saint-Pierre en 1152. La première rédaction de Y Ordo remonterait ainsi aux années 1140-1145. Le manuscrit ne date que des dernières années du siècle, comme on peut le constater en voyant l'addition relative à la fête récente de saint Thomas de Cantorbéry. Mais l'incohérence-même de cette addi tion laisse deviner que la copie des années 1180 reproduit fidèlement l'original: on presc rit, en effet, de chanter la messe du martyr, alors que dans le paragraphe précédent on déclare que, le 29 et 30 décembre, il faut reprendre intégralement la messe Puer natus est du jour de Noël23.

21 Bernhard, Ordo Officiorum ecclesiae lateranensis, édit. L. Fischer, München 1916.

22 J. Mabillon, In Ordinem romanum Commentarius praevius, P. L. 78, col. 925.

23 Berhard, Ordo Officiorum ecclesiae Lateranensis, I.e., p. 16.

PRÉSENTATION DES SOURCES

27

En 1968, L. Gjerlow a mis en lumière dans son édition de YOrdo nidrosiensis eccle- siae la dépendance de YOrdo lateranensis par rapport au coutumier de Saint-Ruf d'Avi gnon de la fin du 11e siècle qui, reproduit parfois mot-à-mot dans l'Ordinaire de Letbert (Paris, BN ms. lat. 1233), devait avoir une vaste influence puisqu'on la perçoit jusqu'à Jérusalem au Saint-Sépulcre: «The greater part of Letbert'ordinary (not the customary

and ritual) reappears mutatis mutandis in the Ord. Lat.»24. Comment YOrdo du monastère provençal a-t-il pu atteindre le Latran? - Sans doute par le fait que Saint-Ruf avait été un centre de réforme de la vie canoniale, comme Saint-Frigdien de Lucques, de qui dépend aitle Chapitre du Latran. L. Gjerlow a pourtant découvert un intermédiaire plus direct:

Nicolas Breakspear, le futur Adrien IV (1154-1159), qui avait été prieur, puis abbé, de Saint-Ruf avant de devenir cardinal-évêque d'Albano (entre 1147 et 1149). Ne serait-ce pas lui qui aurait introduit les usages de Saint-Ruf au Latran? Mais il faudrait alors renoncer sans doute à voir dans Bernhard de Porto le compositeur de YOrdo, puisqu'il quitta sa charge de prieur en 1145 pour devenir cardinal. Il faudrait aussi découvrir un autre prieur homonyme qui aurait composé le document quelques années plus tard. Une telle entreprise ne nous semble pas indispensable. En effet, Nicolas Breakspear fit plu

sieurs

du pape Eugène III des accusations portées contre lui par sa propre communauté25. Où l'abbé de Saint-Ruf, venu plaider sa cause au Latran, pouvait-il trouver un pied-à-terre mieux indiqué que parmi ses confrères les chanoines de la basilique et près de Bernhard leur prieur? En ce qui concerne le sanctoral de YOrdo lateranensis, il est assez facile de distinguer l'apport de la tradition canoniale de celui de la basilique. Il est évident, par exemple, que la fête de saint Frigdien de Lucques (18 mars) est propre au Chapitre. Notons, à ce sujet, que YOrdo ne connaît pas la fête de saint Ruf, mais que nous trouverons celle-ci dans le Calendrier du Latran, qui va être présenté ci-après. Les éléments de comparaison ne manquent pas entre la liste des saints de YOrdo et les autres sources contemporaines. Chaque fois qu'un saint est mentionné uniquement dans YOrdo il convient d'étudier avec soin la provenance de cette mention. Mais cela n'arrive que très rarement.

séjours à Rome au temps où il était abbé de Saint-Ruf, afin de se disculper auprès

LES DESCRIPTIONS

Un chanoine du Latran, le diacre Jean, et un chanoine de Saint-Pierre, le prêtre Pierre di Mallio, contemporains l'un et l'autre du pape Alexandre III (1159-1181), ont

24 Ordo nidrosiensis ecclesiae, Libri liturgici provinciae nidrosiensis medii aevi, vol. II, édit. L. Gjerlow, Oslo 1968, pp. 105-107. 25 R. Foreville et J. Rousset de Pina, Du premier Concile du Latran à l'avènement d'Innocent III (1123-1198), 2e partie, dans Histoire de l'Eglise depuis les origines jusqu'à nos jours publiée sous la direction de A. Fliehe et V. Martin, vol. 9, Paris 1953, pp. 10-11.

28

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

laissé chacun la description de sa basilique respective. Ces deux documents, qui avaient pour but de guider les pèlerins, «sont des textes caractéristiques de la lutte pour la pré

séance

avec justesse C. Vogel dans son étude sur l'histoire du texte manuscrit de la Descriptio ecclesiae lateranensis, il y a une ressemblance certaine dans « la manière d'argumenter et, par moments, l'allure générale du style dont usent les deux auteurs», mais «pour la qual ité de la composition» Pierre di Mallio l'emporte sans conteste sur le diacre Jean.

qui opposait depuis près d'un siècle» le Latran et le Vatican26. Comme le note

Descriptio lateranensis ecclesiae

La description de la basilique du Latran a été l'objet de plusieurs rédactions successi ves.La plus ancienne, qui était anonyme, est de peu postérieure à 1073; la deuxième, pareillement anonyme, fut accomplie entre 1154 et 1159. C'est la troisième qui est l'œuvre du chanoine-diacre Jean. Il l'entreprit sur l'ordre du pape Alexandre III. La rédaction du diacre Jean subit elle-même de multiples interpolations jusqu'au 14e siècle. Mabilion fut le premier à publier la description de la basilique du Latran. Il le fit à partir d'un manuscrit inconnu27. Dans son livre sur le palais du Latran Ph. Lauer repro duit l'édition de Mabilion, en indiquant les variantes des manuscrits qu'il avait pût inventorier28. On suivra ici l'édition de Valentini-Zucchetti29. Elle reproduit une copie de la rédaction du diacre Jean qui peut être contemporaine du pape Honorius III (1216-

1227).30

Descriptio basilicae vaticanae

On possède une double rédaction de la description de la basilique vaticane. La pre fut l'œuvre du chanoine Pierre di Mallio, qui était déjà attaché au clergé de Saint-

mière

Pierre au temps d'Eugène III (1145-1153). Son travail, qui utilise à coup sûr des sources plus anciennes, est dédié au pape Alexandre III. Il est donc contemporain de la troisième rédaction de la description de la basilique du Latran. L'œuvre de Pierre di Mallio devait être reprise, au début du 13e siècle, par un autre chanoine de Saint-Pierre nommé Romain. Celui-ci la modifia et lui apporta des amplifications.

26 C.

Vogel, La Descriptio ecclesiae lateranensis du diacre Jean, Histoire du texte manuscrit, dans

Mélanges en l'honneur de Monseigneur Michel Andrieu, Revue des sciences religieuses, volume hors

série, Strasbourg 1956, p. 457.

27 J. Mabilion, Museum italicum, tome 2, pp. 560-576. Reproduit dans P.L. 78, col. 1379-1392.

28 Ph. Lauer, Le Palais de Latran, Ecole Française de Rome, Paris 1911, pp. 392-406.

29 R. Valentin-G. Zucchetti, Codice Topografico della Città di Roma, tome 3, Roma 1946, pp.

319-373.

30 II en est fait mention à la page 346.

PRÉSENTATION DES SOURCES

29

Le texte de Pierre di Mallio a été édité pour la première fois par C. Janningo31. Comme pour la description du Latran, nous nous référerons à l'édition de Valentini-Zuc-

chetti32.

Ces deux documents nous fourniront des renseignements d'importance pour l'étude du culte monumental des saints dans chacune des basiliques.

II - LES SOURCES MANUSCRITES

CALENDRIER

Le Calendrier du Latran (Archivio di Stato italiano ms. 997)

Le Missel du Latran de la seconde moitié du 12e siècle, dont on trouvera plus loin la présentation, commence par un calendrier qui est un peu postérieur au reste du manuscr it.Tandis que, dans le Missel, la messe de saint Thomas de Cantorbéry a été ajoutée d'une autre main au 29 décembre, la mention du saint appartient à la rédaction initiale du Calendrier. Il convient donc de dater celui-ci des années 1180, comme la copie de YOrdo ecclesiae lateranensis éditée par Fischer. Le Calendrier, écrit en deux couleurs sans qu'on devine pourquoi tel saint est inscrit en rouge et tel autre en noir, comporte beaucoup plus de fêtes que le corps du Missel. Mais il s'agit vraiment d'un calendrier liturgique, car il est corroboré pour la quasi-total itéde ses mentions par YOrdo lateranensis. Les deux documents constituent ainsi, dans leur convergence globale, une base solide pour établir le sanctoral du Latran à la fin du 12e siècle. Voici les seuls points sur lesquels ils diffèrent entre eux.

Fêtes attestées par YOrdo, mais absentes du Calendrier:

13

août

saint Euplus

9

octobre

saint Domninus

Fêtes attestées par le Calendrier, mais absentes de YOrdo:

28

juin

saint Léon

27

juillet

saint Pantaléon

1

1

août

sainte Suzanne

1er

septembre

saints XII Frères

31 C. Janningo, Pétri Malii Opusculum historiae sacrae, dans Acta Sanctorum iunii, tome 7, Anvers, 1717, pp. 37-54. 32 R. Valentini-G. Zucchetti, Codice Topografico della Città di Roma, tome 3, pp. 376-442.

30

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

8

septembre

saint Adrien

23

septembre

sainte Thècle

1er novembre

saint Césaire

9

novembre

saint Théodore

10

novembre

saints Tryphon, Respice et Nympha

17

novembre

saint Ruf

11

décembre

saint Daniel

Parmi les fêtes que le Calendrier est seul à mentionner, plusieurs appartiennent à la plus ancienne tradition romaine, et leur absence s'explique mal dans VOrdo. Le Calendrier est malheureusement privé de son premier folio, qui contenait les mois de janvier et de février. Mais sa parenté avec VOrdo du chanoine Bernhard rend moins vive la déception qu'on pourrait avoir de cette lacune. Ajoutons que le manuscrit comporte un certain nombre d'additions de plusieurs mains faites au cours du 13e et du 14e siècle, ce qui prouve qu'il est resté longtemps en usage. Ces additions consistent d'abord dans l'insertion de nouveaux saints, comme sainte Catherine d'Alexandrie, saint Pierre de Vérone, canonisé en 1253, et saint Pierre Célestin, canonisé en 1313. Elles comportent aussi des obits et des mentions liturgiques, comme le titre de docteur de l'Eglise, qui a dû être ajouté à la suite du décret de Boniface VIII élevant les fêtes des quatre docteurs d'Occident au même rang que celles des Apôtres33.

LES LECTIONNAIRES ET LES CAPITULAIRES

Evangéliaire et capitulaire (Vat. lat. 5465)

Le témoignage du Vaticanus lat. 5464 présente un grand intérêt car ce manuscrit, qui date du 9e siècle, constitue indubitablement l'un des rares représentants de la liturgie locale de Rome pour les deux siècles qui séparent VHadrianum de l'introduction des pre

miers

Il s'agit d'un evangéliaire de grande dimension (mm. 355 χ 272), auquel a été joint un capitulare evangeliorum34. On y trouve le texte intégral des quatre Evangiles dans l'ordre de la Bible, écrit en onciale sur deux colonnes par page, à raison de trente lignes par colonne (fol. 1-170) et ensuite le capitulare en cursive sur deux colonnes de quarante-

livres romano-francs. Son calendrier nous fournira un terminus a quo.

33 On trouvera le texte du Calendrier du Latran pp. 84-94. Il constitue l'élément majeur du sanctoral du Latran au 12e siècle p. 193. 34 P. Salmon, Les manuscrits liturgiques latins de la Bibliothèque vaticane, tome 2 Sacramentaires, épistoliers, évangéliaires, graduels, missels, Cité du Vatican 1969, n° 136, p. 65. L'auteur donne le 8e- 9e siècle comme date du manuscrit. Klauser l'attribue au 9e siècle.

PRÉSENTATION DES SOURCES

31

trois lignes chacune (fol. 171-177). Quand le volume a été relié (reliure moderne en cuir rouge), le fol. 172 a été inséré après le fol. 176. L'étude de Th. Klauser sur les capitulaires romains des évangiles35 permet de classer sans peine le capitulare du Vat. lat. 5645, qui y est d'ailleurs inventorié (n° 343, p. LXIV). Copié moins d'un siècle après les deux types Λ et Σ, auxquels il s'apparente, il présente un certain nombre de caractéristiques originales, dont aucune ne nous invite à mettre en doute son caractère proprement romain. Pour le fond il relève essentiellement du type Λ, compilé à Rome vers 740, avec certaines additions du sanctoral du type Σ, compilé à Rome également vers 755. Mais, à la différence de ces deux types, il com

mence

compte les dimanches et non les semaines et il donne le quantième du mois selon l'ancienne manière romaine. Ce faisant, il se distingue du Vat. lat. 7016, capitulare origi naire de Lucques, que Giorgi rapprochait de lui dans l'édition qu'il en a donnée36. Peut-on localiser cet évangéliaire dans Rome? Un indice mérite d'être relevé: alors qu'il ne connaît encore aucune des fêtes des Apôtres, qui sont traditionnelles à la fin du 8e siècle aussi bien au Mont-Cassin qu'en Pays francs, le capitulare annonce au 21 sep tembre celle de saint Matthieu. Où saint Matthieu pouvait-il être célébré d'une manière privilégiée sinon dans sa basilique de la via Merulana, qui comptait déjà parmi les églises titulaires en 499? On lit également dans le capitulare au 22 janvier: sancii Vincentii, statio in basilica Eusebii iuxta Merulana. Il est vrai que cette mention se trouve aussi dans le célèbre Codex Aureus de Lorsch (Bibl. Vatic. Cod. Pal. lat. 50)37. Mais la mention la plus ancienne pourrait être celle de notre capitulare, qui attesterait ainsi deux fois sa relation originelle avec la via Merulana, qui relie le Latran à Sainte-Marie Majeure38.

l'année au 1er dimanche de l'Avent, selon l'usage des antiphonaires francs, il

Evangéliaire et capitulaire (Bibl. Vatic. Barberini ms. lat. 637, olim XIV, 10)

Ce manuscrit de 139 fol. écrit sur parchemin (mm. 272 χ 205) contient d'abord le texte des quatre Evangiles (fol. 1-128), puis un capitulare evangeliorum (fol. 129-139). L'écriture est du 10e siècle39. Bien qu'elle soit toute entière de la même main et de la même encre, aujourd'hui assez passée, l'écriture des Evangiles, dont le texte est disposé sur deux colonnes (trente lignes par colonne), apparaît plus soignée avec ses lettrines rou ges fort élégantes. L'écriture du capitulare se développe en pleine page presque sans al inéa; elle ne comporte pas de lettrines.

35 Th. Klauser, Das römische Capitulare Evangeliorum, Coll. Liturgiegeschichtliche Quellen und Forschungen, heft 28, Münster in Westf. 1935.

36 D. Georgii, De liturgia romani pontifias, I.e., tome 3, pp. 232-300.

37 Th. Klauser, I.e., n° 36, p. 62. Sur le Codex Aureus de Lorsch, voir dans le même livre p. 52.

38 On trouvera le texte du sanctoral p. 124-127.

39 Th. Klauser, Le, n° 350, p. LXV; P. Salmon, I.e., n° 71, p. 42.

32

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

Aucun détail ne permet de déterminer l'église ou le monastère qui eut ce volume à son usage. L'origine italienne du manuscrit ne fait pas de doute, mais rien n'indique qu'il ait été écrit à Rome, encore que son sanctoral s'accorde assez bien avec ce qu'on peut savoir par ailleurs de la tradition romaine: c'est fondamentalement celui de YHadrianum auquel on a joint avec parcimonie quelques fêtes, comme celles de saint Matthieu (déjà attestée par le document précédent), des saints Simon et Jude et surtout, au 1er novembre, la fête de Tous les Saints. Cette fête d'origine celto-franque coexiste avec la vieille fête romaine de Sainte-Marie ad Martyres du 13 mai40.

Evangéliaire et capitulaire (Vat. lat. 44)

Ce manuscrit de 198 fol. (mm. 319 χ 215) sur parchemin frappe immédiatement par la beauté de son écriture et la finesse de ses titres rédigés en capitales au minium. Il contient les quatre Evangiles (fol. 15-198), précédés d'un capitulare liturgique qui ne manque pas d'intérêt (fol. 1-14). Alors que le manuscrit date du 12e siècle41, la liste des péricopes semble plus archaïque que dans la plupart des documents de cette époque. Il faut donc la situer pour le moins tout au début du siècle. L'ouvrage a reçu une couver turemoderne de cuir rouge aux armes de Pie IX et du cardinal Mai.

Tommasi a utilisé le capitulare pour établir son Lectionnaire de la Messe, où il le cite sous le sigle L, et Klauser l'a recensé sous le n° 339 (p. LXIV). Temporal et sanctoral, qui sont mêlés, dépendent d'une manière assez étroite du capitulare de type Δ édité par Klauser. Mais la dépendance n'est pas absolue entre le document romano-franc du milieu du 8e siècle et le capitulare du 12e. On y trouve, en particulier, aux 28 et 29 sep

deux notices qui tranchent sur les documents similaires: in vigilia S. Michaelis, in

Memoria S. Michaelis. Non seulement la fête de l'Archange est dotée d'une vigile, mais le copiste a écarté le titre donné traditionnellement à la fête du 29 septembre dans les lectionnaires, les sacramentaires et les antiphonaires, pour choisir une appellation qu'on trouve avant tout dans les martyrologes, mais qu'on lira aussi dans le Calendrier de Saint-Pierre: Memoria42. Evidemment ce titre et surtout la vigile nous invitent à mettre le livre en relation avec une église dédiée à l'archange saint Michel. On ne saurait en dire davantage. Il est impossible d'affirmer que le manuscrit a été copié à Rome, encore qu'on n'y trouve aucune trace d' influence étrangère. N'était la mention des apôtres Jac-

tembre,

40 On trouvera le sanctoral p. 129-132.

41 P. Salmon, Les manuscrits liturgiques, I.e., tome 2, n° 128, p. 63.

42 On lit, par exemple, dans le Martyrologe d'Usuard: In monte Gargano, venerabilis memoria

beati archangeli Michaelis. Cf. édition J. Dubois, Coll. Subsidia Hagiographica, n° 40, Bruxelles 1965, p. 311.

PRÉSENTATION DES SOURCES

33

ques, Barthélémy et Matthieu, on penserait se trouver en présence d'un calendrier du 7e siècle. Il ne contient ni la Conversion de saint Paul, ni la Chaire de saint Pierre, ni la solennité de Tous les Saints43.

Epistolier de Saint-Saba (Bibl. Angelica ms. lat. 1383)

Avec l'Epistolier de la basilique de Saint-Saba, copié au 11e siècle, nous rencontrons enfin un document dont le lieu d'origine est parfaitement attesté44. Le manuscrit est un parchemin de 176 fol. (mm. 243 x 168). Au dos de la reliure de cuir, qu'il a reçue au 17e siècle, il est intitulé Lectionnarius vêtus. Il s'agit, en fait, d'un livre des épîtres, qui est malheureusement incomplet. Il commence dans le cours de l'épître du 3e dimanche après l'Epiphanie. L'écriture en est très soignée: titres en rouge, composés en lettres capitales, lettrines finement dessinées en rouge, jaune et vert (parfois on y ajoute le violet). L'origine du livre est révélée au fol. 169v, qui porte: Pridie non. dec. vig. sci Sabe. La lettrine et les deux premières lignes de l'épître sont décorées en quatre couleurs avec le plus grand soin. Elles ne peuvent être comparées qu'aux incipit du samedi saint et du dimanche de la Résurrection. Seule la basilique Saint-Saba, sur l'Aventin, pouvait avoir une vigile pour la fête du grand anachorète du désert de Juda. De plus les litanies du samedi saint révèlent le caractère monastique du manuscrit. La première invoque les saints Benoît, Paul, Antoine et Maur; la deuxième les saints Basile, Ephrem, Romain, Placide, avec tous les saints moines et ermites; la troisième les saints Saba, Machaire, Paphnuce et sainte Scholastique. C'est ce qui faisait noter à H. Narducci: Codicem in usum fuisse Monachorum ord. S. Basila vel Benedict^5. Or, au 11e siècle, Saint-Saba était un monastère de moines cassiniens, qui avaient succédé aux moines grecs du 8e siècle. Le sanctoral est assez réduit. Il ajoute au fonds romain, en plus des fêtes de saint Saba et de saint Benoît, celles des quatre évangélistes et la solennité de Tous les Saints. On y trouve aussi l'une des plus anciennes attestations de la fête de la Transfiguration à

Rome46.

43 On trouvera le sanctoral p. 146.

44 On ne fera pas mention de l'évangéliaire de Santa Maria in Via lata, du 10e siècle, répertorié

par Klauser (I.e., n° 334, p. LXIII) et Salmon (I.e., n° 115, p. 58). C'est avec une vive déception qu'en ouvrant la magnifique reliure byzantine du livre nous avons constaté que celui-ci était à peu près totalement illisible. Les pages délavées donnaient l'impression d'avoir longtemps séjourné dans l'eau. L'ouvrage contenait le texte des quatre Evangiles (fol. 1-157) suivi d'un Capitulare evangelio- rum.

45 H. Narducci, Catalogus manuscriptorum in Bibliotheca Angelica, Roma 1892, p. 586.

46 On trouvera le Calendier pp. 65-66.

34

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

EVANGÉLIAIRE- SACRAMENTAIRE

Evangéliaire-Sacramentaire du Vatican (Archivio San Pietro F 12)

Le manuscrit F 12 du Chapitre de Saint-Pierre, écrit sur parchemin, comporte 209 fol. (mm. 295 X 172). La reliure est ancienne: la couverture de bois peut remonter au 11e

siècle, mais le dos de cuir a été refait au 16e siècle. Le titre Orationale, qui a été inscrit au dos, est faux, car il s'agit d'un évangéliaire et d'un sacramentaire des dimanches et fêtes. L'encre noire est décolorée, mais les lettrines en bleu, rouge, vert et jaune ont conservé toute leur fraîcheur. D'après Ebner, dont les paléographes confirment l'assertion, l'écri ture, une minuscule du début du 11e siècle, permet d'en localiser l'origine avec certitude:

elle appartient à une école qui se trouve représentée au Chapitre de Saint-Pierre47. Son usage monastique est également hors de doute48. Il semble donc que le copiste:

Ioh(ann)es, qui d(icitur) CORB(US) et indignus diaconus et monachus (fol. 209v) ait travaillé pour le service d'un monastère basilical du Vatican, peut-être le monastère Saint-Martin. En effet, non seulement on célèbre, le 4 juillet, son ordination et sa translation, mais la

lettrine de la collecte du

Relevons encore d'autres indices de l'appartenance de cet evangeliaire-sacramentaire

1 1 novembre est enluminée avec un soin particulier.

à l'usage de la basilique Saint-Pierre. Comment expliquer, par exemple, qu'on y trouve

toujours les formulaires des samedis des quatre temps, alors que ceux des mercredis et

vendredis sont omis, sinon par le fait que la station du samedi aux douze lectures a lieu

à Saint-Pierre? Le dessin hors-texte, destiné à séparer le lectionnaire du sacramentaire,

semble orienter dans la même direction. Ce dessin à la plume en bleu, ocre et jaune, comporte deux étages: en-haut, le Christ en gloire tenant l'évangile d'une main et bénis santde l'autre; en bas, trois personnages le regardent. Parmi eux on identifie sans peine Pierre et Paul. Le troisième ne serait-il pas André, dont on sait qu'il était honoré d'un culte spécial au Vatican dans la rotonde jouxtant le mur méridional de la basilique? L' évangéliaire (fol. 4-86) et le sacramentaire (fol. 87-209), dont les premières pages font défaut (il commence à la secrète du samedi des quatre temps d'avent), ont été conçus pour être utilisés ensemble, comme l'indiquent à plusieurs reprises les renvois du sacramentaire à l'évangéliaire (voir fol. 187v). Le sanctoral du sacramentaire diffère pour tant notablement de celui du lectionnaire. Le calendrier que suit l'évangéliaire ne pose pas de problème. Aux anciennes fêtes romaines se sont ajoutées quelques fêtes des Apôtres et Evangélistes (Jacques, Barthé-

47 A. Ebner, Quellen und Forschungen zur Geschichte und Kunstgeschichte des Missale romanum

in Mittelalter. Iter italicum, Freiburg im Breisgau 1896, p. 185.

48 P. Salmon, Les manuscrits liturgiques, Le, tome 2 n° 4, p. 4-5.

PRÉSENTATION DES SOURCES

35

lemy, Matthieu, Luc, Simon et Jude), ainsi que les fêtes de saint Benoît (11 juillet), de saint Augustin et de Tous les Saints. L'Ypapanti romaine a reçu le nom nordique de Purification. Le sanctoral du sacramentaire est beaucoup plus fourni. La plus grande partie du sanctoral des sacramentaires francs y est passée, avec les fêtes de saint Prix de Clermont et de saint Genès d'Arles. On y trouve toutes les fêtes d'Apôtres, ainsi que les deux fêtes de saint Benoît (21 mars et 11 juillet), mais saint Augustin est le seul représentant des docteurs (saint Grégoire présent dans le lectionnaire est absent du sacramentaire). La dif ficulté majeure que présente le sanctoral de ce sacramentaire consiste dans la liste impressionnante de saints appartenant à divers régions d'Italie, de Bologne à Capoue. La voici.

25

mai

S. Zénobe

de Florence

1

juin

S. Proculus

de Bologne

6

juillet

S. Romulus

de Fiesole

28

août

S. Ruf

de Capoue

1

septembre

S. Prisque

de Capoue

14

octobre

S. Gaudence

de Rimini

1 novembre

S. Miniatus

de Florence

26

novembre

S. Gaudence

de Fiesole

Dans les Litanies des Saints du Samedi Saint on lit également les noms de S. Anto-

nin (Capoue) et de S. Séverin (San Severino), ainsi d'ailleurs que ceux d'Anne et d'Elisa beth(fol. 125V-128). Ajoutons qu'on trouve au 22 juin la fête de Jacques, fils d'Alphée, attestée à plu

sieurs

que, qui peuvent provenir des sacramentaires francs, héritiers eux-mêmes du Gélasien50, il reste difficile d'expliquer le culte de ces saints au Vatican. La plupart d'entre eux n'est l'objet d'aucune mention chez les autres témoins51.

reprises en Italie centrale49. Mis à part les noms des saints capouans Ruf et Pris

LES SACRAMENTAIRES

Le sacramentaire de Saint-Laurent in Damaso (Bibl. Vallicelliana E 15)

Le manuscrit latin E 15 de la Bibliothèque Vallicelliana est un volume de 203 fol. (mm. 28 x 21), écrit sur parchemin dans la seconde moitié du 11e siècle avec des lettr inesalternées noires et rouges. Parfois la première lettre du premier mot est d'une cou-

49 Voir A. Ebner, Missale romanum in Mittelalter, I.e., références p. 474.

50 L. Mohlberg, Liber sacramentorum romanae ecclesiae, Roma 1960, nos 1003 et 1013.

51 On trouvera le sanctoral du sacramentaire pp. 54-57.

36

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

leur et la dernière lettre de ce mot d'une autre couleur. On lit au début les indications suivantes: Missale et Poenitentiale antiquum a viro clarissimo Ioanne Mabillon osb lauda- tum et potissime commentatum. Codex X saeculi, puis: Codex sacramentorum S R E ex Gelasiano et Gregoriano conflatus, qui usu fuit Eccles. titulari S. Lamenti in Damaso de

Urbe ut constat ex ipsius S. Damasii missa. Penitentiale antiquum orientalis eccles. Benedic- tionale. Alterius Codicis sacramentorum Rom. Eccle. Fragmentum. En réalité le pénitentiel fait corps avec le sacramentaire (fol. 1-197) et le bénédictional consiste dans un fragment de deux pages d'une écriture plus récente (fol. 198rv). Quant aux fragments d'un autre sacramentaire, ils sont au nombre de trois et ils ont été reliés d'une manière erronée. Pour les utiliser il faut rétablir l'ordre suivant: fol. 202, 201, 199, 203, 20052. Le sacramentaire principal appartient à la basilique de Saint-Laurent in Damaso, ainsi que l'indique la collecte pour laDepositio sanctissimi Damasi papae, dont elle dit: qui

in presenti requiescet ecclesia (fol. 7v). De même a-t-on noté avec soin au 30 septembre la

Depositio beati Hieronimi presbyteri (fol. 103). Le manuscrit commence avec le VD de la préface et la suite de XOrdo Missae. Temp oral et sanctoral sont mélangés. Après les Communs on trouve les messes votives per hebdomadam du sacramentaire d'Alcuin, des messes pour diverses circonstances, des bénédictions, les oraisons quotidiennes pour l'Office, un Ordo de la pénitence et les mess esdes défunts. Les derniers feuillets manquent. Le sanctoral présente le plus haut intérêt. Il est très fourni pour l'époque. On y trouve en particulier les fêtes de la Transfiguration et de la Dédicace du Saint-Sauveur. Toutes les fêtes des sacramentaires francs y ont pris place, ainsi qu'un certain nombre de fêtes orientales: les saints Saba, monachi et eremite, Basile (1er janvier), Chrysostome (à la date byzantine du 13 novembre), Nicolas et sainte Barbara. A côté de ces fêtes orientales relevons le bi-linguisme du titre du 2 février: Ypopanti id est Obviatio, ainsi que les deux fêtes de saint Mathias: l'une le 24 février et l'autre au temps pascal (30 avril)53.

Le sacramentaire de Saint-Tryphon (Archivio San Pietro F 14)

Le manuscrit de 136 fol. (fol. non paginé entre les fol. 92 et 93), de format mm. 250

X 165, est écrit sur parchemin d'une écriture du 12e siècle, qu'Ebner juge sévèrement en

52 Les répertoires liturgiques ont accordé peu d'intérêt à ce sacramentaire. A. Ebner en dit quel

ques mots dans une note (I.e., p. 205), K. Gamber lui consacre une phrase: K. Gamber, Codices liturgici latini antiquiores, Coll. Spicilegii Friburgensis subsidia 1, Freiburg/Schweiz 1968, n° 792, p. 365. Bourque n'en souffle mot. Sur la datation de ce sacramentaire voir P. M. Gy, Collectaire, rituel, processionnal, dans la Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques, 44 (1960), p. 442. Le péni

tentiel

du sacramentaire de Saint-Laurent in Damaso a des sources franques.

53 On trouvera ce sanctoral pp. 61-65.

PRÉSENTATION DES SOURCES

37

la trouvant peu appliquée54. Elle comporte des lettrines en vert, rouge et bleu, qui sont

dessinées avec soin pour les fêtes majeures. La couverture de bois peut être originale. Au dos on lit Orationale. Le sanctoral est nettement plus ample que dans les autres sacramentaires de l'épo que. C'est donc de la seconde moitié du siècle qu'il faut dater le manuscrit. On y relè

vera,

non des sacramentaires, ceux de saint Basile (1er janvier) et de saint Jean Chrysostome (13 novembre), comme dans le sacramentaire de Saint-Laurent-in-Damaso, de saint Hilaire de Poitiers, du pape saint Martin 1er, et de sainte Marie Madeleine, qui est ajouté en marge de la même main. Mais, parmi tous les saints dont on célèbre la fête, il faut faire une place à part à sainte Eugénie, ainsi qu'aux saints Tryphon, Respice et Nympha. En ce qui concerne sainte Eugénie, elle est mentionnée le 20 décembre (les martyrol ogesdonnent son nom au 25 décembre), et la station est indiquée près de sa tombe pour le IVe Dimanche de l'Avent. Quant aux saints Tryphon, Respice et Nympha, non seul ement ils ont leur fête le 10 novembre, mais ils sont nommés dans YOrdo Missae au Libera nos. Or il existe une église romaine qui honore à la fois sainte Eugénie et saint Tryphon: c'est la basilique du Saint-Sauveur-in-Primicerio55, appelée aussi San Trifone a Piazza Fiammetta. Lorsque cette église fut consacrée, en 1113, on déposa les pignora sacra d'Eugénie, de Nympha et des autres, comme l'atteste une inscription contempor aine56.On peut tenir ainsi pour assuré que le sacramentaire fut copié pour l'usage de cette église57. Mais son entrée à Saint-Pierre est ancienne, car on lit au bas du folio 75:

en plus des noms d'anciens martyrs romains qui proviennent du martyrologe et

est Basilicae S. Pétri.

Le sacramentaire du fonds de Sainte-Marie Majeure (Vat. Santa Maria Maggiore 40, olim BB1 3)

Le sacramentaire du fonds de Sainte-Marie Majeure, conservé à la Bibliothèque vati cane, est un manuscrit de 177 fol. (mm. 285 X 177) écrit sur parchemin au 13e siècle. Une note manuscrite moderne précise au début: Iste liber scriptus est anno 1252. La beauté des lettrines aux couleurs vives, la finesse des titres, font de ce sacramentaire une véritable œuvre d'art. Mais son intérêt liturgique n'est pas moindre. Si la copie est indiscutablement du 13e siècle, les textes témoignent d'une période beaucoup plus ancienne. Sans doute y lisons-nous les fêtes du 12e siècle, y compris celle

54 A. Ebner, Missale romanum in Mittelalter, I.e., p. 187-188. Voir aussi P. Salmon, I.e., n° 6,

p. 6. 55 C. Huelsen, Le Chiese di Roma nel medio evo, Firenze 1927, p. 451. 56 V. Forcella, Iscrizioni delle chiese e d'altri ediflcii di Roma dal secolo XI fino ai giorni nostri, Roma 1869-1884, tome 11, p. 321. 57 On trouvera le sanctoral pp. 70-74.

38

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

de saint Thomas de Cantorbéry insérée maladroitement entre le 26 et le 27 décembre, mais pour le reste on se trouve en présence d'un état de la liturgie romaine antérieur à Grégoire VII, puisqu'on y distingue encore le cas où les quatre-temps d'été tombent dans

la semaine de la Pentecôte et celui où ils sont célébrés après. C'est en effet le pape Gré

goire

ôte58. De plus, alors qu'on ne copiait p.lus guère de sacramentaires au 13e siècle, celui-ci

a conservé une structure assez archaïque. Il reproduit intégralement les anciennes listes

d'oraisons59 et les offices de la semaine sainte y sont donnés sous forme d'Ordines: Inci pitordo qualiter agendum sit feria V in cena domini (fol. 48). Mais la marque d'archaïsme

la plus indiscutable consiste dans les variantes du Canon. On y trouve au Communicantes

l'addition et quos hodie introduite au 8e siècle par Grégoire III et surtout la forme Unde et

memores sumus (fol. 4v). Pour quelle église ce sacramentaire a-t-il été copié? - Ce ne peut être pour Sainte- Marie Majeure. En effet le calendrier indique au 5 août une vigile de la Transfiguration. Or c'est, depuis le 5e siècle, l'anniversaire de la Dedicatio sanctae Mariae, la fête princi palede la basilique dite libérienne. De plus, une rubrique énigmatique écarte, elle aussi, cette hypothèse. Elle indique, au mercredi des quatre-temps d'été, une inventio (?) cano- nicorum ad sanctam mariam majorem (fol. 87). Un livre écrit pour la basilique n'userait pas de l'adverbe ad, mais il dirait: in nostra sacrosancta basilica. P. Salmon s'appuie sur quelques indices pour émettre l'hypothèse d'un sacramentaire du Latran60. Pour notre

part nous hésitons entre le Latran et le Vatican. Le fait que le nom de saint Barthélémy ait été ajouté à celui de saint André dans le Libera nos inviterait à rattacher le manuscrit au monastère des Saints-André-et-Barthélemy iuxta Lateranum. Mais son calendrier a certains points communs avec celui de Saint-Pierre: Transfiguration, saints Sabin et Gré

goire

VII qui fixa d'une manière stable les quatre-temps de juin à la semaine de la Pentec

de Spolète, saint Eustrate de Sebaste (Arménie). Pour le reste il s'harmonise assez bien avec les autres calendriers du 12e siècle,

encore que la présence de tel ou tel nom demeure inexplicable, comme ceux de saint Emilien de Dorostore et de sainte Euphrasie de Meaux61.

DEUX SACRAMENTAIRES DE LA CHAPELLE PAPALE

A la suite de ces trois sacramentaires romains on ne saurait passer sous silence deux autres sacramentaires qui, si l'on s'en rapporte à leurs rubriques, furent écrits à l'usage de la Chapelle papale, le Vat. lat. 12.989 et le Ms. lat. 730 de la Bibliothèque Nationale de

58 Bernold De Constance, Micrologus, c. 24, P.L. 151, col. 997.

59 P. Salmon, Les manuscrits liturgiques, I.e., tome 1er, n° 472, p. 211.

60 P. Salmon, Ibid., tome 2, n° 36, pp. 23-24.

61 On trouvera le sanctoral pp. 77-80.

PRÉSENTATION DES SOURCES

39

Madrid. Si nous ne pensons pas devoir les retenir comme témoins du sanctoral du Latran à la fin du 12e siècle, bien qu'on les donne comme contemporains d'Innocent III, il convient de dire pourquoi.

Le Vaticanus latin 12.989

Dans ses Analecta liturgica (Rome 1974, p. 254) P. Salmon attire l'attention sur un sacramentaire du Latran entré à la Bibliothèque vaticane au début du pontificat de Pie XI (Vat. lat. 12.989). Alors que précédemment il avait daté ce manuscrit du 14e-15e siècle, il estime désormais que de sérieuses raisons d'ordre paléographique imposent son attribu tionaux toutes dernières années du 12e ou au début du 13e siècle. Si les rubriques du sacramentaire présentent un réel intérêt pour la connaissance de l'élaboration de la liturgie de la Chapelle papale, son sanctoral apporte peu à l'étude du calendrier du Latran. En effet le manuscrit comporte plusieurs lacunes particulièrement fâcheuses. Non seulement tout ce qui précède la postcommunion de l'Epiphanie fait défaut, mais surtout on passe dans le sanctoral du folio du 14 août à celui du 24 novemb re(fol. 117V-118). On ignore donc, entre autres, si le sacramentaire contenait la messe de saint Thomas Becket et celle de la dédicace du Saint-Sauveur, ces deux points de repère assez marquants de l'évolution du calendrier dans le dernier quart du 12e siècle. C'est peu probable d'ailleurs, car son sanctoral est pratiquement celui des sacramentaires du 10e siècle sans aucune particularité locale. Les seules mentions postérieures qu'on y trouve sont celles de sainte Marie Madeleine (fol. 111), de saint Nicolas et de saint Damase(fol. 119v). Quand on compare le Vat. lat. 12.989 avec les autres témoins de la liturgie du Latran, on remarque qu'il contient en plus les formulaires des saintes Perpétue et Félicité (fol. 89v) et de la Dédicace de Sainte-Marie ad Martyres (fol. 102v), ainsi que la mention de saint Juvénal au 3 mai et de saint Erasme au 2 juin (fol. 101). Mais on n'y trouve pas plusieurs fêtes dont l'absence étonne. Notons parmi elles celle des saintes Rufine et Seconde, qui étaient pourtant fêtées avec un certain éclat au Latran le 10 juillet depuis la translation de leurs reliques dans l'atrium du baptistère en 1153-1154. Pour ces raisons il n'a pas semblé utile de faire état de ce manuscrit dans l'établiss ementdu calendrier du Latran.

Le manuscrit latin 730 de Madrid

La Bibliothèque Nationale de Madrid possède un sacramentaire du premier quart du 13e siècle, qui fut en usage à Saint-Laurent-hors-les-Murs mais sans avoir été copié pour le service de cette basilique. J. Janini le présente comme «le sacramentaire papal du

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LES SOURCES DOCUMENTAIRES

début du 13e siècle»62. Sans doute son sanctoral manifeste-t-il une parenté évidente avec les calendriers romains de la fin du 12e siècle (dédicace du Saint-Sauveur et des basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul, fête de saint Thomas Becket), mais il passe sous silence plusieurs saints célébrés à Rome depuis le temps de saint Grégoire le Grand, tan dis qu'il fait mention de saint Marc, évêque martyr d'Atina (Campanie), et de saint Ambroise, martyr de Ferentino (Latium), qui n'ont jamais été fêtés à Rome. On ne saur ait donc voir dans ce manuscrit un témoin du culte des saints au Latran.

ANTIPHONAIRE DE LA MESSE

Antiphonaire de la Messe (Vat. lat. 5319)

Le manuscrit Vat. lat. 5319, qui comporte 157 fol. (mm. 303 X 200), est un antipho nairede la Messe auquel on a ajouté les chants et les oraisons des vêpres du dimanche de Pâques et de son octave au Latran. L'antiphonaire est entièrement noté, à l'exception des oraisons pascales, à raison de treize portées par page en notation de chant «vieux- romain». Il remonte à la fin du 11e ou au début du 12e siècle63. Bien que cet antiphonaire ait été édité dans les Monumenta Monodica Medii Aevi, nous le présentons ici parmi les manuscrit, parce que l'éditeur s'est surtout attaché à la reproduction du texte musical et n'a pas accordé le même intérêt à toutes les variantes de dates et de titres du sanctoral. P. Salmon estime que le manuscrit «provient probablement de Saint-Pierre»64. Un certain nombre d'indices nous invite à le rattacher plutôt au Latran, comme le fait l'édi teur. Il faut souligner d'abord l'importance accordée aux vêpres de l'octave pascale telles qu'elles étaient célébrées au Latran, puisqu'on a ajouté aux chants le texte des oraisons dites dans la basilique, ad fontes, et dans l'oratoire de la sainte Croix. De plus, pour la Dedicatio Salvatoris, l'antiphonaire propose un ensemble de chants propres célébrant non la dédicace d'une église mais la personne du Christ Sauveur (fol. 129v). On constate enfin une absence fort curieuse, qui se retrouve dans le Passionnaire de l'Archivio Late- ranense (infra p. 75): après avoir donné au 14 août une messe In vigilia s. Marie (fol. 123), le manuscrit ignore la fête de l'Assomption. Ne serait-ce pas en raison de la procession qui se rendait, dans la nuit du 15 août, du Latran à Sainte-Marie Majeure en passant par

62 J. Janini y J. Serrano, Manuscrites liturgicos de la Biblioteca Nacional, Direccion generai de Archivos y Bibliotecas, Madrid 1969, n° 35, pp. 43-47. Il s'agit du ms. lat. 730. 63 Présenté par M. Huglo, Le Chant «vieux- romain», dans Sacris erudiri, 6 (1964), p. 99; édité par B. Stablein dans les Monumenta Monodica Medii Aevi, vol. 2, Kassel-Basel, Tours-London 1970. 64 P. Salmon, Les manuscrits liturgiques, Le, tome 2, n° 196, p. 88.

PRÉSENTATION DES SOURCES

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le Forum et s'achevait, le matin, par la messe que le pape célébrait dans la basilique de PEsquilin? On peut supposer qu'au début du 12e siècle les clercs du Latran participaient à la procession et à la messe papale, sans célébrer l'office nocturne et la messe dans leur basilique propre? Il en ira autrement, dans la seconde moitié du siècle, avec la liturgie des chanoines de Saint-Frigdien. Le sanctoral de l'antiphonaire présente une double caractéristique. Il est d'abord très archaïque, n'ajoutant que peu de mentions à celles de YHadrianum en dehors de la Dedi- catio Salvatoris. C'est ainsi qu'il ne connaît pas encore les fêtes des Apôtres si répandues depuis le 9e et le 10e siècle. Mais il faut surtout relever le caractère fantaisiste des dates du calendrier. Il est difficile d'expliquer comment un manuscrit aussi soigné peut placer la Litanie majeure le 23 avril, la vigile de saint Pierre le 25 juin (on lit même MM, c'est- à-dire mense maioì), la fête des saints Félix, Faustin et Béatrice le 23 juillet, celles de l'Exaltation de la Croix, des saints Corneille et Cyprien et de saint Nicomède le 12 sep tembre, YApparitio Michaelis le 24 septembre. Et on pourrait prolonger la liste65.

MISSEL

Le Missel du Latran du 12e siècle (Archivio di Stato italiano ms. 997)

Ce Missel appartient au fonds de l'Archifraternité du Très Saint Sauveur conservé à l'Archivio di Stato italiano. Il n'a été répertorié ni par Ebner, ni par Gamber. Seules quel ques lignes de F. Cabrai citant Bannister nous ont mis sur sa trace, dans les années cin

quante66.

rius III (1216-1227), alors qu'il s'agit d'un document exactement contemporain de YOrdo ecclesiae lateranensis, comme on peut le montrer67.

S. J. P. van Dijk en a fait état depuis lors, mais il l'estime postérieur à Hono-

65 On utilisera le témoignage de ce manuscrit p. 147, mais sans faire état des dates aberrantes.

Comme il n'ajoute aucune fete spécifique au fond de YHadrianum, à l'exception de la Dedicatio Sal

vatoris

66 Dans l'article Missel romain du D.A.C.L. (tome 11, col. 1493), F. Cabrol renvoie à une courte

description de deux Missels du Latran faite par H. M. Bannister dans Rassegna gregoriana, tome 7 (1908), pp. 157-160. Ces deux missels se trouvent à l'Archivio di Stato italiano, où furent transférés en 1892 tous les documents d'archives des hôpitaux romains. Ils y sont inscrits sous la cote 997 et 1001. Le second est du 13e siècle.

le 9 novembre, on n'en a pas reproduit le calendrier.

67 S. J. P. van Dijk, The origins of the Modem Roman Liturgy, London 1960. L'auteur s'est inté

ressé aussi à un autre missel, édité à Rome en 1752 sous le titre Vêtus Missale romanum monasticum lateranense par E. De Azevedo. Dans un article sur The Lateran Missal, paru dans la revue Sacris erudiri (tome 6,1954, p. 125-179), van Dijk a établi que ce missel provenait du diocèse de Città di Castello et ne pouvait être de beaucoup antérieur à 1250. Il ne faut évidemment pas confondre ce missel, conservé à l'Archivio Lateranense (Cod. 65), avec celui de l'Archivio di Stato n° 997.

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LES SOURCES DOCUMENTAIRES

LOCALISATION ET DATATION

Iste missalis est ecclesiae sancii andree seu hospitalis sancii angeli ad Lateranum. On n'a aucune raison de mettre en doute cette localisation, qui est indiquée d'une main ancienne au fol. 429 du manuscrit. Il est évident que celui-ci appartient à une église dépendant de la basilique du Latran. En effet le calendrier du début correspond tout-à- fait avec celui de YOrdo du chanoine Bernard, comme on l'a établi supra p. 29; de plus la fête de la dédicace de la basilique du Sauveur y est dotée d'une octave. Enfin les offices du jeudi, du vendredi et du samedi saints sont conçus à l'usage d'une église dépendant de PEglise-mère. Nous ne connaissons pas d'autre exemple d'un sacramentaire romain donnant seulement la messe du samedi saint, à l'exclusion de la veillée pascale. C'est que l'office se déroule in sacrosancta basilica Salvatoris (fol. 172v-173). En ce qui concerne la date, la paléographie est formelle: il s'agit indiscutablement d'une écriture du 12e siècle. Un détail du sanctoral corrobore cette datation. Tandis que

le calendrier qui ouvre le volume est postérieur à la canonisation de saint Thomas Becket (1173), le Missel a été copié antérieurement à l'introduction de la fête de l'archevêque de Cantorbéry dans la liturgie du Latran. En effet, il a fallu déchirer un folio, qui commenç aitdans le cours de l'évangile de la fête des saints Innocents et s'achevait au milieu de la collecte de la Circoncision, pour insérer à sa place deux folios, écrits en lettres plus petites, afin d'ajouter la messe propre de saint Thomas entre celles des Innocents et de saint Silvestre (fol. 32-33). C'est là, semble-t-il, un élément déterminant pour dater la manuscrit. Le seul argument qu'avance S. J. P. van Dijk pour reporter le manuscrit au 13e siè cle tient dans le fait qu'à ses yeux les rubriques de la bénédiction des rameaux reprodui sentcelles du Missel d'Honorius III68. Mais pourquoi le Missel d'Honorius III n'aurait-il pas reproduit lui-même un texte antérieur? Si l'on étudie de près les rubriques de la bénédiction des rameaux dans le ms. 997, on est frappé par leur brièveté. La première

phrase, la plus caractéristique, reproduit mot-à-mot le texte du marum du Pontifical romano-germanique:

deuxième ordo in die pal-

Secunda hora diei mediante, sacerdos et omnis clerus conveniant in ecclesiam, missalibus vestimentis induti, et expositis in medio palmarum vel olivae seu alia- rum arborum ramis69.

Le Pontifical et le Missel divergent ensuite quelque peu. Le Pontifical prévoit l'ordre sui vant: bénédiction de l'eau, puis oraison Deus quem diligere, lecture de l'Exode, antienne

68 S. J. P. van Dijk, Le, p. 169, note 1: «In the Lateran missal, Rome, archivio di stato 997, the blessing of the palms is taken from the missal of Honorius III and adapted to the Lateran liturgy ». 69 C. Vogel-R. Elze, Le Pontifical romano-germanique du dixième siècle, I.e., tome 2, p. 53.

PRÉSENTATION DES SOURCES

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Collegerunt, évangile et bénédiction des rameaux. Selon le Missel on procède ainsi: chant

de tierce, puis antienne Collegerunt, lecture de l'Exode, répons Christus factus est, évang

ile et bénédiction des rameaux (fol. 134-137). Or c'est

par le chanoine Bernhard70. Il n'y a donc aucune raison de reporter cet Ordo au 13e siè

cle.

là très exactement l'ordre décrit

Description

Le Missel du Latran est un volume de 429 fol. (mm. 315 X 205) écrit sur parchemin. Les incipit de chaque formulaire sont décorés de lettrines dessinées en rouge, vert ou bleu. Au fol. 178v, les lettres initiales de la préface VD occupent une demi-page; elles sont enluminées d'entrelacs en trois couleurs avec des chimères et un ange. Au fol. sui

vant (fol. 179v), le Τ du Te igitur est traité en hors-texte: au centre de la barre verticale un médaillon représente l'Agneau tenant la croix; aux trois extrémités de la lettre Τ et au sommet on voit en médaillon les quatre animaux évangéliques; de part et d'autre de la verticale, trois gracieuses volutes rappellent celles des mosaïques de l'atrium du baptis tèrevoisin. L'ouvrage, qui était détérioré, a été réparé avec soin vers 1950. Relié en par

chemin,

Le manuscrit commence par un calendrier qui a perdu son premier folio (voir ci-des susp. 29) et qui est suivi de quelques additions. Le Missel proprement dit commence avec le fol. 8 et va jusqu'à la fin du volume. Il est réparti selon le même plan que le Miss el romain moderne: temporal allant de l'Avent à la fin des dimanches après la Pentec ôte,avec YOrdo Missae inséré avant le dimanche de Pâques; sanctorai commençant au 29 novembre; commun des saints, messes votives, oraisons diverses, messes des défunts. L'analyse du temporal et de l'Ordinaire dépasserait les limites de la présente étude. Signalons toutefois que YOrdo Missae, établi secundum romanam consuetudinem (fol. 174), comprend déjà tous les formulaires du Missel de saint Pie V, à l'exception du Lavabo et du dernier Evangile.

il porte au dos la mention: MISSALE ROMANUM SCRIPT. SAEC. XII.

SANCTORAL

Comme l'Antiphonaire de Saint-Pierre (supra p. 23), qui date de la même époque, le Missel du Latran présente un sanctorai beaucoup moins développé que le Calendrier qui fait corps avec lui (supra, p. 22). Ce sanctorai ne connaît pas encore la Dédicace du Saint- Sauveur, et il ne comportait pas initialement la fête de saint Thomas de Cantorbéry. N'étaient les fêtes de saint Nicolas et de sainte Marie Madeleine qui ne peuvent remon-

70 L. Fischer, Bernhardt Ordo ecclesiae lateranensis, Le,

p. 42.

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LES SOURCES DOCUMENTAIRES

ter au-delà du 11e siècle, on pourrait y voir le sanctoral romain typique de la fin du 10e siècle. Il n'a accepté qu'avec discernement les fêtes venant d'Outre-Alpes, gardant par exemple au 28 juin l'unique fête de saint Léon le Grand. Au fonds romain du sacramen- taire grégorien et du capitulare evangeliorum du milieu du 8e siècle, il s'est contenté

d'ajouter la Conversio pauli, la Cathedra Pétri, Vlnventio Crucis, les fêtes d'Apôtres, celles de saint Benoît (au 21 mars), de saint Augustin et de saint Jérôme. Aucune tradition par

ticulière

Soulignons enfin que toutes les fêtes mentionnées dans le Missel du Latran du 12e siècle devaient se maintenir dans le Calendrier romain, et à la même date, jusqu'à la réforme de 196971.

n'y a laissé de trace, comme dans la plupart des autres manuscrits.

LES COLLECTAIRES

Le rituel-collectaire de Saint-Pierre (Archivio San Pietro F 11)

Le manuscrit F 11 de l'Archivio San Pietro est un volume de 166 fol. (mm. 230 X

sont très détériorés. Le

140) sans titre, dont le début (fol. 4-28) et la fin (fol. 160-166)

corps du volume est, lui, en excellent état. Le manuscrit est écrit sur parchemin en noir et rouge d'une écriture simple mais soignée. Il peut être daté de la fin du 11e ou du début du 12e siècle72. La première partie du volume (fol. 3-101) contient des éléments de rituel, dont l'office des défunts intégral avec les antiennes notées en chant «vieux-romain» (huit portées par page), ainsi que le Canon de la Messe73 et la procession des Litanies majeures. La seconde partie consiste dans l'Orational ou collectaire (fol. 101v-166), qui commence en pleine page: In nomine Domini nostri Iesu Xti. Incipit Orationales totius anni circulum exposito a s. Gregorio papa urbis Romae. Le temporal et le sanctoral sont mêlés du début de décembre à la fin de novembre. Le sanctoral, qui est très fourni, est assez caractéristique de la tradition vaticane (saints Savin et Eustrate, saints Cyr et Jean), mais on n'y trouve encore ni la Transfigur ation,ni la dédicace de Saint-Pierre. Les fêtes de saint Maur et de sainte Scholastique, s' ajoutant à celle de saint Benoît, laissent deviner que le manuscrit a été copié à l'usage de l'un des monastères basilicaux74.

71 On trouvera le sanctoral p. 81-84.

72 P. Salmon, Les manuscrits liturgiques, I.e., tome 1er, n° 144, p. 75; A. Ebner, Missale romanum

in Mittelalter, I.e., p. 182-184.

73 Ebner a reproduit dans son livre l'enluminure de la lettre Τ du Te igitur au début du Canon, I.e., p. 184.

74 On trouvera ce sanctoral pp. 67-70.

PRÉSENTATION DES SOURCES

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Le lectionnaire-collectaire de Saint-Anastase (Bibl. Vallicelliana C 62)

Le manuscrit latin C 62 de la Bibliothèque Vallicelliana porte à sa première page en

écriture moderne la mention suivant: Lectionarium et orationarium divinorum officiorum,

quod olim usui fuerat Venerabilis Ecclesiae S. Anastasii Martyris romanae urbis ordinis

Benedica. Codex XI seculi. L'identification est exacte. Il s'agit, en effet, d'un volume de 135 fol. (mm. 220 X 150), écrit sur parchemin, qui contient les capitules pour les heures du jour et les oraisons de l'office. La localisation ne souffre pas difficulté: la fête de saint Anastase a la priorité dans l'Orational sur celle de saint Vincent, et les lettrines rouges des deux oraisons sont plus grandes que celles des autres fêtes; de plus les deux fêtes de saint Benoît ont les oraisons propres aux livres monastiques et on trouve la fête de sainte Scholastique. En ce qui concerne la date, on peut retenir le milieu du 11e siècle. L'écri

tureet les lettrines sont celles que l'on trouve dans les manuscrits de cette époque. La fête la plus récente qui soit mentionnée est celle de saint Adalbert (t 997), qui fut à Rome l'objet d'un culte fervent mais éphémère au 11e siècle. Si nous proposons le milieu du siècle, c'est que le monastère de Saint-Anastase ad Aquas Salvias fut abandonné au temps de Grégoire VII en raison de l'insalubrité des lieux75, avant d'être restauré en 1140 par les fils de saint Bernard. Le texte commence au milieu d'une oraison que suit une antienne en l'honneur de saint Paul et une série d'oraisons diverses. Puis viennent le Lectionnaire (fol. 5v-35v) et l'Orational (fol. 36-135). Le lectionnaire donne les capitules de Laudes à Vêpres du 1er dimanche de ΓAvent au dimanche de sca Trinitate, puis pour les jours de la semaine (lec- tiones privatis diebus), pour le sanctoral et le commun des saints. Son sanctoral est très restreint, il ne comporte que vingt-quatre fêtes. L'orational donne les oraisons de l'office. Il n'offre d'ordinaire qu'une oraison pour chaque saint, mais certains en ont plusieurs, les fêtes majeures allant jusqu'à huit. Le sanctoral de l'orational est abondant. En plus des saints habituellement fêtés à Rome au 12e siècle, on trouve non seulement le martyr saint Adalbert de Prague, qui avait été moine sur l'Aventin, mais un certain nombre de noms étrangers à la tradition romaine, tels sainte Colombe de Sens, saint Léger d'Autun, saint Maio (Mach Low, Machutus) d'Aleth, saint Paternien de Bologne ou de Fano. La mention des saints Sidrac, Misac et Abdenago au 24 avril (fol. 106), s'ajoutant à celle de saint Maio, laisse deviner une influence bretonne sur ce livre romain. En effet, on ne trouve leur fête en ce jour que dans un sacramentaire breton du début du 11e siècle, tandis qu'un autre sacra- mentaire breton de la même époque l'indique au 22 avril76. Le martyrologe hiéronymien

S.

75 G. Ferrari, Early roman monasteries, Coll. Studi di antichità cristiana 23, Città del Vaticano 1957, p. 44.

76 V. Leroquais, Les Sacramentaires et les Missels manuscrits des Bibliothèques publiques de

France, Paris 1924, tome 1er, pp. 108 et 112. On trouvera le sanctoral de Saint-Anastase pp. 57-61.

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LES SOURCES DOCUMENTAIRES

fait pareillement mémoire de Sidrac, Misac et Abdenago au 24 avril (MH 206), tandis qu'à la suite de Florus de Lyon les martyrologes du 9e siècle les commémorent le 16 décembre sous les noms d'Ananias, Azarias et Misael (M FI 349, MU 360). Il faut noter toutefois que le culte de Sidrac, Misac et Abdenago n'était pas totalement étranger à Rome, car on vénérait encore leurs reliques dans la basilique Saint-Adrien au Forum au dernier siècle, mais nous ne saurions dire à quand remontait cette tradition.

LES LECTIONNAIRES DE L'OFFICE

Le Lectionnaire de Saint-Grégoire au Clivus Scauri (Vat. lat. 1189)

Ce lectionnaire est un manuscrit de 203 fol. (mm. 325 X 230), écrit sur parchemin en pages de deux colonnes (de 28 à 32 lignes). Son écriture est du 10e-l Ie siècle77. Les titres sont en capitales rouges; il y a de rares lettrines décorées. Ici et là on trouve des dessins faits à la mains dans la marge. Au fol. 2 une main plus tardive (peut-être du 14e siècle) a écrit: Iste liber est monasterii sancii Gregorii in clivo scauri. La solennité du titre donné à la lecture du 12 mars laisse présumer que le manuscrit a été copié spécialement pour le monastère du Clivo Scauro: Incipit vita beatissimi gregorii pape urbis rome mens(e) martio die XII (fol. 90). Le livre est un lectionnaire de l'office. Il est fragmentaire, puisque le sanctoral s'arrête avec la fête de saint Grégoire, mais il présente malgré cela un intérêt réel, car il nous montre qu'on célébrait dès cette époque des fêtes de saints qui n'apparurent que plus tardivement dans les sacramentaires ou les missels. On y trouve, entre autres, les mentions des saints Papias et Maurus, Antoine et Paul ermites, Biaise, Cyr et Jean (dont les noms sont écrits en capitales). Du point de vue du choix des homélies dominicales, il faut relever que pour chaque dimanche on propose une homélie sur l'épître et une autre sur l'évangile. Sur trente-neuf homélies, vingt-sept sont de Bède le Vénérable78.

Le Passionnaire des Saints-Jean- et-Paul (Vat. lat. 1195)

Le Passionnaire des Saints-Jean-et-Paul au Clivo Scauro est un imposant volume de 313 fol. (mm. 520 X 350), écrit sur parchemin en deux colonnes par page (42 lignes par

77 H. M. Laurent, Bybliothecae apostolicae vaticanae codices manuscripti. Codices vaticani latini 1135-1266, Bibliotheca vaticana 1958, pp. 144-147. Il existe un lectionnaire de Saint-Grégoire plus ancien (10e siècle), le Vat. lat. 1274, mais il est très fragmentaire et ne peut rien nous apporter d'utile. 78 On se référera à son sanctoral p. 129.

PRÉSENTATION DES SOURCES

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page). Son écriture est du lle-12e siècle. On remarque la finesse des titres peints au minium d'une écriture ronde et la magnificence des grandes lettrines décorées d'entrel acs,où se jouent le rouge, le jaune et le violet. Le volume a une couverture en parche minaux armes de Pie VI et du cardinal F.X. Zelada79. Il s'agit d'un passionnaire-homéliaire, dans lequel les Passiones sont nettement plus nombreuses que les homélies. Malheureusement le livre ne couvre que la première partie de l'année: il va du 1er janvier au 29 juin inclus. Les premières pages manquent et, dans son état actuel, le manuscrit commence dans le cours de la vie de Saint Basile (1er jan vier), mais une fête permet de le localiser avec précision, celle de la dédicace de la basil iquedes Saints-Jean-et-Paul, qui diffère de la fête des deux saints. La première est célé brée le 24 mai (fol. 253v) et la seconde le 26 juin. Au 26 juin, la Passio des deux martyrs a été traitée avec un soin tout spécial par le copiste (lettrines à entrelacs rouges, oranges, verts et jaunes). Après la Passio on trouve deux colonnes de Versi in nativitate eorum (fol.

297-303V).

Le sanctoral est fort intéressant80. Son apport le plus neuf consiste dans la richesse de sa tradition monastique orientale: saint Antoine et saint Paul ermite, saint Basile et saint Grégoire de Nazianze, saint Siméon le Stylite, sainte Marie l'Egyptienne et une autre pénitente, Theodora d'Alexandrie. Il faut relever aussi les noms de saint Hilaire et de saint Ambroise.

Le Passionnaire du Latran (Archiv. Lateranense A 80)

Le Passionnaire A 80 de l'Archivio Lateranense est un manuscrit de 344 fol. (mm.

425 X 344), écrit sur parchemin en deux colonnes de 40 lignes par page.

rouge et la lettrine initiale de chaque lecture est décorées d'entrelacs rouges, jaunes et verts. La reliure en cuir marron porte au dos la tiare et les clefs, tandis que les deux faces sont semées de fleurs de lys et d'étoiles gravées dans le cuir. Il s'agit du second tome d'un passionnaire-sermonaire, qui couvre les cinq derniers mois de l'année. Le volume est doté d'une double numérotation, l'une moderne à laquelle on se référera, et l'autre ancienne qui commence avec le folio 9. Cette dernière doit être d'origine, car le lectionnaire commence avec trois sermons du Commun avant d'aborder la passion de saint Pantaléon (27 juillet). Au folio 342v une inscription de 13 lignes révèle que le manuscrit fut copié par le moine Bibianus sur l'ordre d'Anastase, car dinal-prêtre du titre de Saint-Clément81. La lettrine initiale de la passion de saint Clé-

Les titres sont en

79 H. M. 80 On se

Laurent, I.e., pp. 112-119. référera à ce sanctoral p. 135.

81 E. De Azevedo a reproduit cette inscription dans la préface qui accompagne son édition du Cod. 65 de l'Archivio Lateranense, Vêtus Missale romanum monasticum Lateranense, Roma 1752, pp.

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LES SOURCES DOCUMENTAIRES

ment confirme par son ampleur (mm. 110 X 100) l'attribution au cardinal-prêtre Anas- tase, dont le souvenir est resté attaché à la restauration du vieux titre au début du 12e siècle. Il semble que le copiste soit mort avant d'avoir achevé son œuvre, car l'inscrip tionfait son éloge (moribus ornatus) et les lectures des derniers folios ne comportent ni titres, ni enluminures. Le manuscrit doit donc remonter aux premières années du siècle. Bien que le passionnaire ait été copié à l'usage du cardinal titulaire de Saint-Clé ment,il a été composé selon le calendrier du Latran, comme le laissent deviner les lectu resde la Dedicatio basilice Salvatoris et plusieurs mentions de saints qu'on retrouvera dans YOrdo du cardinal Bernard et dans le Calendrier de la fin du 12e siècle. Il semble qu'il faille trouver un indice supplémentaire de l'appartenance du livre au Latran dans l'absence de toute lecture pour l'office de l'Assomption, comme on l'a déjà suggéré en présentant l'antiphonaire de la Bibliothèque Vaticane ms. lat. 5319 (supra p. 40). Trois mentions toutefois sont étrangères à la tradition du Latran et peuvent se rattacher à Saint-Clément. Ce sont celles des Sept Dormants d'Ephèse (date effacée, sans doute le 9 août), de saint Démétrius de Thessalonique (26 octobre) et du martyr perse saint Jacques l'Intercis (27 novembre)82.

XI-XII. Il identifie le destinataire du Passionnaire avec le cardinal Anastase l'Ancien, qui mourut peu après 1125, et dont le nom est inscrit sur la cathedra de la basilique Saint-Clément: Anastasius presbyter cardinalis huius tituli hoc opus cepit et perfecit. Cf. O. Marucchi, Eléments d'Archéologie chrétienne, III Basiliques et églises de Rome, 2e édit. Bruges-Paris 1909, p. 300. 82 On trouvera ce sanctoral pp. 74-77. En ce qui concerne le lien éventuel des trois dernières mentions avec Saint-Clément, on peut faire les remarques suivantes. Les Sept Dormants d'Ephèse étaient vénérés, selon une tradition locale, dans l'église S. Angeli in via Appia, dédiée à saint Gabriel, près de Saint-Sixte-le-Vieux au pied du Coelius. Or cette église contenait des fresques du lle-12e siècle exécutées par ordre d'un certain Beno. C'était peut-être le même personnage que Beno de Rapiza, qui fit peindre la légende de Sisinnius à Saint-Clément (Cf. C. Huelsen, Le Chiese di Roma, I.e., p. 198). Le texte de la légende des Sept Dormants localise la caverne où ils se seraient réfugiés sur un mont Keileton ou Keilaion, traduit en latin par Chilleus ou Celius (P. Peeters, Le texte origi nalde la Passion des Sept Dormants, dans Analecta Bollandiana, 41, 1923, p. 374). C'est ainsi qu'un calendrier de Bologne de 1180 annonce, sans date, Passio VII fratrum in monte celio dormientium (L. Gherardi, // Codice Angelica 123 monumento della Chiesa Bolognese nel sec. XI, Bologna 1960, p. 95). On comprend dès lors comment, à Rome, la colline du Coelius a pu attirer momentanément le culte des Sept Dormants. Une autre tradition rattache le souvenir romain des Sept Dormants à la basil iqueSaint-Sébastien (L. Duchesne, Scripta minora, p. [388]). Quant à celui de saint Démétrius de Thessalonique, il a dû se greffer à Saint-Clément sur le culte de saint Cyrille le Philosophe, qui était originaire de Thessalonique et dont le corps avait été déposé en cette basilique. En ce qui concerne saint Jacques l'Intercis, on peut se demander s'il ne convient pas de mettre sa mention en relation avec la petite église S. Iacobi de Coliseo, proche de Saint-Clément et dépendant du Latran (C. Huel sen,Le Chiese di Roma, I.e., p. 265). On devait raconter plus tard que le corps du martyr perse avait été apporté en Italie et que sa tête était conservée à Saint-Pierre depuis le temps d'Eugène IV (1431-

1447).

PRÉSENTATION DES SOURCES

49

MARTYROLOGES

Le Martyrologe de Saint-Cyriaque (Bibl. Vallicelliana F 85)

Le martyrologe du monastère des religieuses de Saint-Cyriaque in via lata*3 est un

volume de 81 fol. (mm. 205

sont tracées au minium. Les nombreux obits de la communauté et le mauvais état du dernier folio attestent que le livre a été longtemps en usage. D'après B. de Gaiffier, «c'est à la fois un abrégé de l'Hiéronymien et une recension incomplète de Bède»84. Sauf entre mars et juin, le libellé des éloges est très voisin de celui du martyrologe de Saint-Pierre présenté ci-dessus (p. 24). On ne saurait établir un calendrier à partir d'un martyrologe. Toutefois le martyro logeest utile pour expliquer le choix d'une date au calendrier. En effet, on fixe d'ordi naireune fête nouvelle au jour indiqué dans le martyrologe. Mais le martyrologe peut aussi conserver, à rencontre de la tradition liturgique, une date historiquemente exacte. C'est ainsi qu'on trouve au martyrologe de Saint-Cyriaque la mention au 10 novembre de la depositio S. Leonis pape, alors que les calendriers donnent celle-ci au 11 avril. Par fois aussi le martyrologe peut conserver certaines expressions apparemment bizarres, qui mettent sur une piste féconde pour expliquer l'origine d'une fête. Lorsque nous essaie ronsde trouver la provenance de la dedicatio Salvatoris, devenue la fête de la Dédicace de la basilique du Latran (9 novembre), nous devrons nous rappeler que le martyrologe de Saint-Cyriaque fait mention ce jour-là des miracula domini Salvatoris.

χ

140) écrit sur parchemin entre 1024 et 1043. Les dates

Les Martyrologes de Sainte-Marie du Transtévère et de Sainte-Marie in Pallara

Deux autres martyrologes romains du 1 Ie siècle sont parvenus jusqu'à nous, celui de Sainte-Marie du Transtévère {Londres, British Museum, Ms. Add. 14801) et celui de Sainte-Marie ou Saint-Sébastien in Pallara sur le Palatin (Vat. lat. 378). Le premier, qui est de facture composite avec influence prédominante de Bède, a dû être copié entre 1061 et 1091. Il a été étudié par H. Quentin85. Le second est un dérivé d'Usuard, dont la seule

83 H. Quentin, Les Martyrologes historiques, I.e., p. 38-39.

84 B. G. (Baudoin De Gaiffier) Le Martyrologe de Saint-Cyriaque. Son influence sur le Martyrol

ogeromain, dans Analecta Bollandiana, 61 (1943), pp. 72-90.

85 H. Quentin, Les Martyrologes historiques, I.e., pp. 42-44. Sainte-Marie du Transtévère possé

daitaussi un Légendier en quatre volumes (Vat. lat. 1191, 1193, 1194, 10999) sur lequel une étude récente vient d'attirer l'attention. Voir F. Dolbeau, Notes sur deux collections hagiographiques conser véesà la Bibliothèque vaticane, MEFRM 87 (1975), pp. 397-407.

50

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

originalité consiste dans l'insertion des saints de Bénévent et de la région adjacente. Même dans ses mentions relatives aux saints Papes, il est strictement dépendant de sa source86. Nous n'aurons guère à nous référer à ces deux manuscrits.

III - CLASSIFICATION CHRONOLOGIQUE DES SOURCES IMPRIMÉES ET MANUSCRITES

Si la manière la plus logique de présenter les sources d'une étude est de distinguer entre les textes imprimés et les manuscrits, et de les classer selon la nature des docu

ments,

l'espace qui importe à l'historien. Voici donc la classification chronologique des vingt- huit témoins que nous avons retenus pour tenter d'éclairer le développement du culte des saints à Rome du 9e au 12e siècle et de faire le point sur l'état de ce culte dans les basiliques du Latran et du Vatican à la fin du 12e.

c'est avant tout leur localisation dans le temps et, autant que possible, dans

9e siècle

1 Rome: Evangéliaire et capitulaire (Vat. lat. 5465).

10e siècle

2 Rome (?): Evangéliaire et capitulaire (Vat. Barberini lat. 637).

11e siècle première moitié du siècle

3 Saint-Grégoire in Clivo Scarni: Lectionnaire {Vat. lat. 1189).

4 Saints-Jean-et-Paul: Passionnaire (Vat. lat. 1195).

5 Vatican: Martyrologe de Saint-Pierre (éd. par les Bollandistes).

6 Vatican: Evangéliaire-sacramentaire (Arch. San Pietro F 12).

7 Saint-Anastase ad Aquas Salvias: Lectionnaire-collectaire (Bibl. Vallicelliana C 62).

8 Saint-Cyriaque in Via lata: Martyrologe (Bibl. Vallicel. F 85).

seconde moitié du siècle

9 Saint-Laurent in Damaso: Sacramentaire (Bibl. Vallicel. E 15).

10 Sainte-Marie de l'Aventin: Calendrier mural (éd. par L. Guérard).

86 Ibid., p. 6918.

PRÉSENTATION DES SOURCES

51

1

12 Sainte-Cécile'. Antiphonaire de la Messe (édité par D. Giorgi).

13 Micrologus: Traité de Bernold de Constance édité par Pamélius.

1

Saint-Saba: Epistolier (Bibl.

Angelica ms. lat. 1383).

fin du 11e - début du 12e siècle

14 Latran: Antiphonaire de la Messe {Vat. lat. 5319).

15 Vatican: Rituel-collectaire de Saint-Pierre {Archivio S. Pietro F 11).

12e siècle

16 Rome (?): Evangéliaire-capitulaire {Vat. lat. 44).

17 Saint-Tryphon: Sacramentaire {Archivio San Pietro F 14).

18 Latran: Passionnaire {Archivio Lateranense A 80).

19 Latran ou Vatican: Sacramentaire {Vat. S. Maria Maggiore 40), (la copie est du 13e siècle).

milieu du siècle

20 Vatican: Liber politicus du chanoine Benoît (édité par Mabillon).

seconde moitié du siècle

21 Latran: Calendrier du Saint-Sauveur {Arch, di Stato 997).

22 Latran: Missel du Saint-Sauveur {Archivio di Stato 997).

23 Latran: Lectionnaire du Latran (reconstitué d'après Tommasi).

24 Latran: Ordo ecclesiae lateranensis de Bernhard (édit. Fischer).

25 Latran: Description de la basilique (éditée par Mabillon).

26 Vatican: Antiphonaire de Saint-Pierre (édité par Tommasi).

27 Vatican: Calendrier de Saint-Pierre (édité par Tommasi).

28 Vatican: Description de la basilique (éditée par Janningo).

CHAPITRE III

DOUZE CALENDRIERS ROMAINS INÉDITS

Le calendrier copié en tête du missel du Latran de la fin du 12e siècle constitue, avec celui de l'antiphonaire de Saint-Pierre édité par Tommasi, le document majeur sur lequel

repose la présente étude. Aussi convient-il d'en donner le texte intégral. Mais il a semblé utile de reproduire au préalable le sanctoral des principaux livres liturgiques manuscrits qui viennent d'être décrits et qui serviront à faire l'histoire du développement du culte

des saints à Rome entre le

Les deux manuscrits les plus anciens auxquels on s'est référé, le Vaticanus îat. 5465 et le Vaticanus Barberini Iat. 637 constituent chacun respectivement l'unique témoin du sanctoral romain pour le 9e et le 10e siècle. On en donnera donc le texte au livre II pp. 124-127 et 129-132). Pour le 11e et le 12e siècle, les documents inédits les plus importants sont les dix calendriers suivants. Ils se présentent dans l'ordre chronologique.

9e et le 12e siècle.

1 - Sanctoral du sacramentaire de Saint-Pierre (Archivio San Pietro F 12).

2 - Sanctoral du collectaire de Saint-Anastase ad Aquas Salvias (Biblioteca Vallicelliana

C62).

3 - Sanctoral du sacramentaire de Saint-Laurent in Damaso (Biblioteca Vallicelliana E

15).

4 - Sanctoral de l'épistolier de Saint-Saba (Biblioteca Angelica ms. lat. 1383).

5 - Sanctoral du collectaire de Saint-Pierre (Archivio San Pietro F 11).

6 - Sanctoral du sacramentaire de Saint-Tryphon (Archivio San Pietro F 14).

7 - Sanctoral du passionnaire du Latran (Archivio Lateranense A 80).

8 - Sanctoral du sacramentaire du fonds de Sainte-Marie Majeure (Vat. Santa Maria Maggiore 40).

9 - Sanctoral du missel du Latran (Archivio di Stato italiano 997). 10 - Calendrier du Latran (Archivio di Stato italiano 997).

54

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

1 - SANCTORAL DU SACRAMENTAIRE DE SAINT-PIERRE

(Archivio San Pietro F 12)

L'évangéliaire-sacramentaire de Saint-Pierre a été présenté supra, p. 34. Le sanctoral du sacramentaire, dont on trouvera ici le texte, est beaucoup plus abondant que celui de l'évangéliaire.

fol.

88

XII kl. ian. nat. sei thome ap[osto]li

89

VIIII kl. ian. vigilia natalis d[omi]ni In vigilia d[omi]ni in nocte

89v

Missa in mane p[ri]ma sive S. Anastasie

90

IN DIE NATtALIS] D[0MI]NI VIII KL. IAN.

91

VII kl. ian. natale sci Stephani

92

VI kl. ian. nat. sci Ioh[ann]is ev[an]g[e]l[iste]

93

V kl. ian. nat. Innocentium

93v

Pridie kl. ian. nat. sci Silvestri pape

94

Kl. ian. oct[ava] d[omi]ni

95v

VIII id. ian. In epiphania d[omi]ni

96v

id. ian. octabas epyphanie

97v

XVII kl. febr. nat. S. Marcelli pp.

98v

XV kl. febr. nat. see Prisce

XIII

kl. febr. scor. Fabia[ni] et Sebastiani

99ν

XII kl. febr. see Agnetis

100

XI kl. febr. nat. sci Vincentii

lOOv

Eode[m] die sci Valerli et Anastasii

101

VIII kl. febr. conversio sei Pauli

lOlv

Eodem die sci P[ro]iecti V kl. febr. nat. see Agne[tis] s[e]c[un]do

102

In Purificatio[ne] see marie

103

IIII non. febr. Ypapanti d[omi]ni

103v

nonas febr. nat. see Agathe

106

XVI kl. mar. nat. scor. Valentini Vitalis Felicule et Zenonis et ali[oru]m

VIII

kl. mar. Cathedra sci Pétri

107

IIII idus mar. nat. S. Gregorii

107v

XII kl. apr. nat. sci Benedicti abbatis

108v

VIII kl. apr. Annuntiatio see Marie

136

XVIII kl. mai. nat. sci Tiburtii Valeriani et Maximi

DOUZE CALENDRIERS ROMAINS INÉDITS

55

138

VIII

kl. mai. nat. S. Georgii

Quarto kl. mai. nat. sci Vitalis

138v

Kl. mai. nat. scor. Philippi et iacobi

139

Quinto nonas mai. nat. scor. Alexandri Eventii et Theoduli

139v

Eodem die inventio see crucis

140

III

non. mad. sci Ioh[ann]is ap[osto]li

140v

VII kl. mai. Letania maiore ad sem Laurentium

141v

Eodem die sci Marci ev[an]g[e]l[iste]

VII

idus mai. nat. scor. Gordiani et Epimachi

142v

Eodem die see Christine

III

id. mad. nat. scor. Nerei Achilei et Pancratii

143

Missa in dedicatione ecclesie]1

147v

VIII kl. maii nat. sci Urbani pape2

Eodem die S. Zenobii co[n]ff.

155

Kl. iun. sci Proculi et Nicomedis

155v

IIH non. iun. nat. S. Marcellini et Pétri

156v

V id. iun. scor. Primi et Feliciani

III

id. iun. nat. sci Barnabe ap[osto]li

157

Pridie id. iun. nat. scor. Basilidis Quirini Naboris et Nazarii

157v

XVII kl. iul. nat. S. Viti martyris XIIII kl. iul. nat. Scor. Marci et Marcelliani

158

XIII

kl. iul. nat. scor. Gervasii et Protasii

158v

X kl. iul. in P[er]sida Iacobi Alphei ap[osto]li

VIII

kl. iul. Nat. sci Ioh[ann]is Baptiste

159v

VI kl. iul. nat. scor. Ioh[ann]is et Pauli

160

IIH

kl. iul. nat. sci Leonis pape

160v

III kl. iul. nat. sci Pétri ap[osto]li

161v

Prid. kl. iul. nat. sei Pauli ap[osto]li

162

VI

non. iul. nat. scor. P[ro]cessi et Martiniani

162v

Octava ap[osto]lorum Eodem die nat. sei Romuli conff.

163

UH

non. iul. ordinatio sci Martini episcopi] translatio

VI

id. iul. nat. scor. VII Fratrum

163v

V id. iul. nat. sci Benedicti abbatis

164

Idus

iul. nat. scor. Cyrici et Iulitte

1 Cette messe est celle que donne le sacramentaire grégorien à la date du 13 mai pour le Natale sanctae Mariae ad Martyres. 2 II faut lire évidemment: Vili kal. iunii.

56

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

164v

X kl. aug. nat. sci Apollenaris

III id. aug. nat. S. Tyburtii

165v

VIII kl. aug. nat. sci Iacobi ap[osto]li

166

IIII kl. aug. nat. scor. Felicis Simplicii Faustini et Beatricis

166v

Eo[de]m die nat. sci Felicis III kl. aug. nat. scor. Abdon et Sennen

167

Kl. aug. ad s[an]c[tu]m Petrum ad vincula

167v

Eodem die VII Fi{atru]m Machabeor[um] et see Felicitatis IIII non. aug. nat. sci Stephani pontific[is]

168

Non. aug. nat. sei Sixti

168v

Eode[m] die nat. S. Felicissimi et Agapiti

169

VII id. aug. nat. sci Donati epi.

169v

VI id. aug. nat. sci Cyriaci

170v

Quarto id. aug. nat. sci Laurentii

171

Id[ib]us aug. nat. S. Ypolyti

171 ν

XVIIII kl. sept. nat. sci Eusebii conf. Eodem die vigfilia] As[s]u[m]ptio[nis] see Marie

172

XVIII

kl. septembris Assumptio see Marie

173v

XVI kl. sep[tem]b. oct[ava] sci Laur[entii]

174

XV kl. September nat. sci Agapiti martiris

174v

X kl.

sep[tem]b. nat. scor. Timotei et Simphoriani

175

VIIII kl. sept[e]mb. nat. sci Bartholomei

175v

VIII kl. sept[em]b. nat. sci Genesii

V

kl. sept[em]b. nat. sci Rufi

176

V

kl. sept[em]b. nat. sei Hermetis

176v

IIII kl. sept[em]b. nat. see Sabine

Eodem die passio Ioh[ann]is Baptiste

177

V

kl. sep[em]b. nat. sei Augustini epi.

177v

III kl. sep[em]b. nat. scor. Felicis et Adaucti

178

Kl. sept[em]b. nat. sci Prisci

VI

id. septemb. Nativitate see Marie

179

Eodem die sci Adriani

179v

III id. sept[em]b. nat. scor. P[ro]ti et Iacincti

 

XVIII

kl. oct. nat. scor. Cornelii et Cypriani

180

Eodem die Exaltatio see Crucis

181

XVII kl. oct. nat. sci Nicomedis

181v

XVI kl. oct. nat. see Eufemie Eodem die Lucie et Geminiani

182

XI

kl. oct. nat. sci Mathei ap[osto]li et evangeliste

DOUZE CALENDRIERS ROMAINS INÉDITS

57

182v

V kl. oct. nat. scor. Cosme et Damiani

III

kl. oct. dedicatio basilice archangeli

183v

VII id. oct. nat. scor. Dionisii Rustici et Eleutherii

184

Pridie id. oct. nat. sci Calisti pp. et sci Gaudentii XV kl. november nat. sci Luce evang[e]liste

185

V

kl. november nat. ap[osto]lorum Symonis et Iude

185v

Kl. novemb. nat. sci Miniati cum sociis s[ui]s

186

Kl. november Om[n]iu[m] S[an]c[t]or[um]

(Eodem die sancti Cesarii)

187

VI id. novemb. nat. scor. IIII Coronatorfum]

V

id. novemb. nat. sci Theodori

187v

III id. novemb. nat. sci Martini epi.

188v

Eodem die S. Menne Id. novemb. nat. sci Bricii conff.

189

X

kl. decemb. nat. see Cecilie

189v

VIIII kl. decemb. nat. sci Clem[en]tis

190

Eodem die see Felicitatis

190v

VIII kl. decemb. nat. sci Grisogoni

191

VI kl. decemb. nat. sci Gaudentii conff.

III

kl. decemb. nat. sci Saturnini

191v

Pridie kl. decemb. nat. sci Andrée ap[osto]li

2 - SANCTORAL DU COLLECTAIRE DE SAINT-ANASTASE AD AQUAS SALVIAS

(Biblioteca Vallicelliana C 62)

Le lectionnaire-collectaire de Saint- Anastase ad Aquas Salvias a été présenté supra p. 45. Le sanctoral du collectaire, dont on trouvera ici le texte, est beaucoup plus abondant que celui du lectionnaire.

fol.

97v

98

99

99v

In S. nicolai In S. ambrosii In see Lucie In S. thome In S. Stephani In S. Ioh[ann]is Innocentor[um]

58

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

100

In Sci Silv[est]ri

lOOv

In see colu[m]be In sci felicis

101

In sci marcelli In see prisce In sci Sebastiani eodem die sci fabiani In see agnetis

lOlv

In sci anastasii mar. S. vincentii

c[on]v[er]sio S. pauli

S.

pr[oi]ecti

S.

Agnetis vir.

Purificatio see marie

103

In see Agathe

103v

In sci Sotheris eodem die [In scor. Zotici, Irenei et Iacinthi]3 In see Scolastice

S.

Dorothée

In sci Valentini

In Cathedra sci petri

104

s[an]c[tu]s Mathias ap[osto]l[u]s

S.

Gregorii

104v

In sci benedicti

105v

Annuntiatio S. marfie]

106

In S. leonis ep[is]c[op]i In S. euphemie

106v

In S. tiburtii et valeriani In S. georgii et a[da]lberti In S. Sidrac misac et abdenago In nat. S. marci ev[an]g[e]l[is]te In S. vital[is] Scor. Philippe et Iacobi

107

Inventio see crucis eodem die alexandri [eventii et theoduli]4

3 On trouve une oraison de plusieurs Martyrs sans titre. Il s'agit de celle que donnent les Géla- siens du 8e siècle pour la fête des saints Zotique, Irénée et Hyacinthe le 10 février, au jour de sainte Sotère. 4 L'oraison mentionne les trois noms.

DOUZE CALENDRIERS ROMAINS INÉDITS

59

107v

sci Iuvenali[s]

sci ang[e]li

108

In

sci Ioh[ann]is ap[osto]li in porta latina

108v

Scor. gordiani et epimachi Scor. pancratii nerei et achilei See potentiane Sci urbani Sci nicomedis scor. marcelli[ni] et pétri Primi et feliciani

109

Basilidis cirini naboris et nazarii Sci viti Scor. cirici et Iulitte

109v

Scor. marci et marcelliani Scor. p[ro]tasii et gervasii sci Iacobi ap[osto]li eod[em] die scor. dccclxxxviiii

In

vig[ilia] sci Ioh[ann]is

[In natali eiusdem]5

111

Scor. Ioh[ann]is et pauli

lllv

Sci leonis pp. In vigil[ia] pétri et pauli [In natali eorumdem] [In commemoratione sci pauli]

112

P[ro]cessi et martiniani

112v

oct[ava] ap[osto]lor[um] Scor. VII Fr[atru]m In sci paterniani

V

id. lui. S. benedicti

S.

ermagora[e] [et fortunati]6

113

S.

Iusti amici atque Focati

S.

q[ui]rici et Iulitte7

S.

Praxedis

113v

Nat. S. Marie Madelene In nat. S. apolenaris

5 Quand une fête est indiquée entre crochets, c'est que le manuscrit donne l'oraison en omett antle titre.

6 L'oraison ajoute le nom de Fortunatus.

7 L'oraison donnée ici diffère de celle qui est proposée au fol. 109 pour les mêmes saints.

60

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

114

In nat. S. Iacobi Nat. scor. nazari et celsi

114v

Scor. simplicii faustifni] et be[atricis] S. felicis Scor. abdon et sennen Pétri ad vinculas [Scor. machabeorum]

S.

eusebii

115

S.

Stephani

115v

Sci Sixti episcopi] Scor. felicissimi et agapiti Sci Donati

[In vigilia]

116

In sci cyriaci [In vigilia] In sci Lauifentii] In sci Tiburtii

116v

Ypoliti et Cassiani

In sci eusebii

In see Marie

117

octava Sci Laur[entii]

117v

In sci agapiti Sci timothei S. bartholomei

S.

genesii

S.

augustini

S.

hermetis

118

Decollatio sci Ioh[ann]is baptiste

118v

eodem die S. Sabine Scor. felicis et audacti Sci prisci In nativitate S. Marie

119

Sci adriani Sci gorgoni[i] P[ro]ti et Iacinti

119v

exaltatio see crucis corneli[i] et cipriani sci nicomedis Nat. see euphemi[e] luci[e] et geminiani In sci mathei

DOUZE CALENDRIERS ROMAINS INÉDITS

61

120

Nat. sci cipriani Nat. see lustine virg.8

Nat. S. Michaelis archangeli

121

In S. hieronimi

S.

Leodegari

Nat. S. Marco

121v

S. Pélagie et S. lustine

S.

dionisii rustici

Sci calisti et gaudentii See luce

122

Scor. cosme et damiani vigilia Simonis et lüde

122v

[Natale eorumdem] In vig(ilia) omnium s(an)c(t)or(um) Cesarii Ilarii

123

In 0[mn]ium s[an]c[t]or[um] [sci martini]

S.

Machutis

123v

See cecilie

Sci dementis

S.

felicitatis

S.

grisogoni

S.

saturnini

124

Scr. crisanti mauri et darie [In vigilia]

S.

andree ap[osto]li

124v

In oct[ava] S. andree

3 - SANCTORAL DU SACRAMENTAIRE DE SAINT-LAURENT IN DAMASO

(Biblioteca Vallicelliana E 15)

Le sacramentaire de Saint-Laurent in Damaso a été présenté supra, p. 35.

fol.

6v

7 MEN. DECEMBER DIE V SCI SABE MONACHI ET HEREMITE MEN. DECEMBER DIE VI SCI NICOLAI EPI.

MEN. DECEMBER DIE UH NAT. SCE BARBARE

8 Cyprien et Justine sont dotés chacun d'une oraison propre.

62

'

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

 

7v

MEN. DECEMBER DIE XI DEPOSITO S(AN]C[T]ISSIMI DAMASI PAPAE

8

MEN. DECEMBER DIE XIII NAT. SCE LUCIE VIRG.

8v

MEN. DECEMBER DIE XXI SCI THOME AP[OSTO]LI

lOv

MEN. DECEMBER DIE XXIIII VIGILIAS NATALIS D[OMI]NI

1

1

IN PRIMO GALLOR. CANTU AD SCAM MARIAM

llv

MISSA MANE PRIMA AD SCAM ANASTASIAM

12

DIE NATALIS D[OMI]NI AD S[AN]C[T]UM PETRUM

13v

MEN. DECEIM]B[E]R DIE XXVI SCI STEPHANI P[RO]TOMAR.

14

MEN. DEC[EM]B[E]R DIE XXVII S. IOH[ANN]IS EV[AN]G.

15

MEN. DECE(M]B[ER] DIE XXVIII NAT. INNOCENTIUM

PRID. KL. ΙΑΝ. S. SILV[EST]RI PP. KL. ΙΑΝ. OCTABAS D[OMI]NI ET SCI BASILII ET SCE MARTINE MAR.

17

IN VIGILIA EPYPHANIE

17v

MEN. IAN. DIE VI EPYPHANIE D[OMI]NI AD S. PETRU[M]

21

ΜΕΝ. ΙΑΝ. DIE XIIII NAT. SCI FELICIS IN PINCE MEN. IAN. DIE XVI SCI MARCELLI PP.

21 ν

MEN. IAN. DIE

XVIII NAT. SCE PRISCE

22

MEN. IAN. DIE XX SCOR. FABIANI ET SEBASTIANI] MEN. IAN. DIE XXI SCE AGNES

22v

MEN. IAN. DIE XXII SCORU[M] VINCENTII ET ANASTASII

23

MEN. IAN. DIE XXV CONVERSIO SCI PAULI AP[OSTO]LI MEN. IAN. DIE XXVIII SCE AGNES SECUNDE

24

MEN. FEBR. DIE II YPOPANTI ID EST OBVIATIO M[EN]. FEBR. DIE V SCE AGATHE

24v

M[EN]. FEBR. DIE X SCE SCOLASTICE VIRG.

25

M[EN]. FEBR. DIE XIIII NAT. SCI VALENTINI P[RES]B[YTE]RI

25v

M[EN]. FEBR. DIE XXII CATHEDRA SCI PETRI AP[OSTO]LI M[EN]. FEBR. DIE XXIIII SCI MATHIE AP[OSTO]LI

26

MEN. MAR. DIE VII SCARUM PERPETUE ET FELICITATA MEN. MAR. DIE VIIII NAT. SCORU[M] XL MARTYRIUM]

27

MEN. MAR. DIE XII SCI GREGORII PAPAE MEN. MAR. DIE XX VIG[ILIA] SCI BENEDICTI

27v

MEN. MAR. DIE XXI NAT. SCI BENEDICTI

60

MENSE. APRELIS DIE XIIII SCORU[M] TIBURTII ET VALERIANI ET

MAXI[MI] MENSE. APRELIS DIE XXIII SCI GEORGII

61

MENSE. APRELIS DIE XXV LETANIA MAIORE

62

MENSE. APRELIS DIE XXVIII S. VITALIS

62v

MENSE. APRELIS DIE XXX SCI MATHIE AP[OSTO]LI

63

KL MAIAS AP[OSTO]LORU[M] PHILYPPI ET IACOBI

DOUZE CALENDRIERS ROMAINS INÉDITS

63

63v

MEN. MAI. DIE III INVENTIO SCE CRUCIS

64

EODEÎM] DIE SCORUM ALEXANDRI EVENTUI] ET TH[EODULI] MEN. MAL DIE VI SCI IOH[ANN]IS AP[OSTO]LI ANTE PORTA[M]

64v

LATINA[M] MEN. MAI. DIE VIII APPARITIO SCI MICHAELIS ARCHANGELI

65

MEN. MAI. DIE X SCORUIM] GORDIANI ET EPIMACHI MEN. MAI. DIE XII NAT. SCORU[M] PANCRATTI ET NEREI ET

65v

ACHILLEI MEN. MAI. DIE XIII DEDIQATIO] SCA[E] MARIA[E] AD MARfTYRES] XV KL IUN. NAT. SCE PODENTIANE

74

M[EN]. MAI. DIE XXV S. URBANI PP. KAL. IUN. NAT. SCI NICOMEDIS

74v

DIE II SCORUIM] MARCELLIANI ET PETRI

75

MIEN]. IUN. D[IE] VIIII SCOR. PRIMI ET FELICIANI MEN. IUN. DIE XI NAT. SCI BARNABE AP[OSTO]LI

75v

MEN. IUN. DIE XII SCI BASILIDIS CYRINI NABORIS ET NAZARUI] MEN. IUN. DIE XIII SCI BARTHOLOMEI AP[OSTO]LI

76

MEN. IUN. DIE XV SCOR. VITI MODESTI ET CRESCENTIANA[E] MEN. IUN. DIE XVIII SCOR. MARCI ET MARCELLIANI

76v

MEN. IUN. DIE XVIIII SCORUIM] PROTASII ET GERBASII MARTYRIS MEN. IUN. DIE XXII Natale SCOR. MAR[TYRUM] mille CCCCLXXX

77

quorum vigilia cum silentio ieiunium est celebranda et confessionem eis pro ilio uno die anno uno dimittere in penitentia9. EODEIM] DIE SCI IACOBI ALPHEI MEN. IUN. DIE XXIII VIG[ILIA] SCI IOHANNIS BAPTISTE

77v

MEN. IUN. DIE XXIIII NASALE] SCI IOH[ANN]IS BAPTISTE MEN. IUN. DIE XXVI SCORUIM] IOH[ANNIS] ET PAULI

79

MEN. IUN. DIE XXVIII SCI LEONIS PAPE EODEÌM] DIE VIGILIAS SCI PETRI

80

III KAL. IUL. NAT[ALE] AP[OSTO]LORU[M] PETRI PAULIOJUE]

9 Cette phrase inintelligible se lit exactement dans les mêmes termes dans le calendrier du miss el monastique des Abbruzzes dont il sera fait mention p. 348 (Cf. A. Ebner Missale romanum in Mittelalter I.e., p. 220). Elle annonce la concession d'une indulgence d'un an pour qui célèbre dans le jeûne et le silence l'anniversaire du massacre de mille quatre cent quatre-vingts chrétiens par les Perses en Samarie (vers 625), comme le dit plus clairement la rubrique du missel de l'Archivio Late- ranense Cod. 65: Natale SS. Martyrum mille CCCCLXXX. Quorum vigilia cum silentio et ieiunio est celebranda, et concessum est pro ilio uno die annum dimittere in poenitentia (E. de Azevedo, Vetus Mis sale romanum monastkum lateranense. I.e., p. 219). On trouve la même rubrique dans le Passion- naire des Saints-Jean-et-Paul (fol. 282).

64

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

80v

MEN. IUN. DIE XXX SCI PAULI

81

MEN. IUL. DIE II SCORU[M] PROCESSI ET MARTINIANI

81v

IN OCTABAS AP[OSTO]LORUM

82

M[EN]. IUL. DIE X SCORUIM] VII FRATRUM

82v

EODE[M] DIE S. RUFINE ET S[E]C[UN]DE M[EN]. IUL. DIE XXIII SCI APOLLENARIS

83

M[EN]. IUL. DIE XXVIIII SCI FELICIS PP EODEIM] DIE SCORU[M] SIMPLICII FAUSTINI ET BEATRICIS M[EN]. IUL. DIE XXX SCORUM ABDON ET SENNES

84v

KAL. AUG. AD SCUM PETRU[M] AD VINCULA

85

MEN. AUG. DIE II NAT. SCI STEPHANI

85v

MEN. AUG. DIE VI TRANSFIGURATIO D[OMI]NI N[OSTR]I IH[ES]U

86v

XRIIST]I EODEM DIE SCORU[M] XYSTI PAPE ET FELICISSIMI ET AGAPITI MARTYRIS MEN. AUG. DIE VII NAT. SCI DONATI EPI.

87

MEN. AUG. DIE Vili SCI CYRIACI MAR. MEN. AUG. DIE VIIII VIG[ILIA] SCI LAURENTII MEN. AUG. DIE X SCI LAURENTII

87v

MEN. AUG. DIE XI SCI TYBURTII ET SUSANNE

88v

MEN. AUG. DIE XII SCI EUPLI LEVITE ET LEUCII MAR.

89

MEN. AUG. DIE XIII NAT. SCI YPPOLITI MEN. AUG. DIE XIIII NAT. SCORUM EUSEBII ET PARMENI PRESBY-

89v

TERII] EODEM DIE VIQILIA] SCE MARIE MEN. AUG. DIE XV ASSUMPTIO SCE MARIE

90v

IN OCTABAS SCI LAURENTII

91

MEN. AUG. DIE XVIII NAT. SCI AGAPITI

92

MEN. AUG. DIE XXII SCORU[M] TIMOTHEI ET YPPOLITI SIMPHO- RIANI ET AUGUSTA[E] MAR. MEN. AUG. DIE XXIV SCI BARTHOLOMEI AP[OSTO]LI

92v

MEN. AUG. DIE XXVIII SCI HERMETIS

93

EODE[M] DIE SCI AUGUSTINI EPI. MEN. AUG. DIE XXVIIII DECOLL[ATIO] SCI IOH[ANN]IS BAP[TISTE]

93v

EODE(M]DIE SCE SAVINE

94

MEN. AUG. DIE XXX SCORU[M] FELICIS ET ADAUCTI

95

KAL. SEPT. SCI PRISCI ET SCORU[M] MAR. XII FR[ATRU]M

96v

M[EN]. SEP. DIE VIII NAT[ALE] SCE MARIE

97

MEN. SEP. DIE XI SCORU[M] PROTI ET IACYNTHI

97v

MEN. SEP. DIE XIIII EXALTATIO SCE CRUCIS

DOUZE CALENDRIERS ROMAINS INÉDITS

65

98

EODEJM] DIE SCORU[M] CORNELII ET CYPRIANI MIEN]. SEP. DIE XVI SCE EUPHEMIE ET LUCIE ET GEMUNIANI]

100

MEN. SEP. DIE XXVII SCORU[M] COSME ET DAMIANIU

lOOv

MEN. SEP.

DIE

XXVIIII DEDIQATIO] SCI ANGELI

103

MEN. SEP. DIE XXX DEPOSITO BEATI HIERONIMI P[RES]B[YTE]RI

103v

EODE[M] DIE SCARU[M] VIRGINUM SUPHIE PISTIS ELPIS AGAPIS M[EN]. OCT. DIE VII SCORUIM] MARCI PP. ET SERGII ET BACHI

104

M[EN]. OCT. DIE VIIII SCORUIM] DIONISII EPI. ET ELEUTHERII P[RES]B[YTE]RI ET RUSTICI DIACONI

104v

M[EN]. OCT. DIE

XIIII SCI CALIXTI PAPE

105

MIEN]. OCT. DIE XVIII SCI LUCE EVANGELKSTE] MIEN], OCT. DIE XXVII VIGILIA] AP[OSTO]LOR[UM] SYMONIS CHA-

105v

NANEI ET IUDAS ZELOTES M[EN]. OCT. DIE XXVIII AP[OSTO]LOR[UM] SYMONIS ET IUDA

106

PRIDIAS KAL. NOV. VIGILIA OMNIUM S[AN]C[T]ORUM KAL. NOV. FESTIVITAS OMNIUM] S[AN]C[T]ORUM

106v

EODE[M] DIE SCI CESARII DIACONI

107

MEN. NOV. DIE Vili SCOR. UH CORONATORU[M]

107v

M[EN]. NOV. DIE VIIII DEDIC[ATIO] BASILICE SALVATORIS

108

EODE(M] DIE SCI THEODORI MIEN]. NOV. DIE XI SCI MARTINI ET SCE MENNE

109

MIEN]. NOV. DIE XIII NAT. SCORUM IOHIANN]IS CHRISOSTOMI ET

109v

BRICH M[EN]. NOV. DIE XXII NAT. SCE CECILIE

110

MIEN]. NOV. XXIII SCI CLEMENTIS ET SCE FELICITATA CUM VII

llOv

FILIIS SUIS MIEN]. NOV. XXIIII SCI CHRISOGONI M[EN]. NOV. DIE XXVIIII VIGILIA SCI ANDREE AP[OSTO]LI EODEIM]DIE SCI SATURNINI

111

IN DIE

4 - SANCTORAL DE L'ÉPISTOLIER DE SAINT-SABA

(Biblioteca Angelica ms. lai. 1383)

L'épistolier de Saint-Saba a été présenté pp. 33.

fol. 138v VII KL. ΙΑΝ. NAT. SCI STEPH[A]NII] 139v VI KL. ΙΑΝ. SCI IO[HANNIS] AP[OSTO]LI ET EVtAN]G[E]L{ISTAE]

66

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

140

V KL. IAN. SCOR. INNO[CENTIUM]

140v

PRID. KL. ΙΑΝ. S. SILVESTRI PP.

141v

XVIIII KL. FEB. N[AT]. S. FELICIS IN PINCIS

142

XVII KL. FEB. NAT. SCI MARCELLI PAPE

142v

XV KL. FEB. S. PRISCE

143

XII

KL. FEB. S[AN]C[TORU]M FABIANI ET SEBASTIANI

143v XII KL. FEB. S. AGNE[TIS] MA[RTYRIS] 144v VIII KL. FEB. CONVERSIO S. PAULI 146v IIII NON. FEB. YPOPANTI D[OMI]NI 147v NON. FEB. SCE AGATHE VIRGINIS

148

OCTAVAKAL. MAR. CATHEDRA S. PETRI

148v

IIII ID. MAR. S. GREGORII PP.

149

XII

KAL. APRIL NAT. SCI BENEDICTI

149v

VIII KL. APR[I]L. ANN[UNTIATIO] S. MARIE

VII

KL. MAI. LETA[NIE] MAIO[RES] S. MARCI

152v

KL. MAI. NAT. S[AN]C[TORU]M AP[OST]L[ORU]M PHILIPPI ET IACOBI

153

VIIII NON. MAI. INVENTIO S[ANCT]AE CRUCIS

153v

VIIII KL. IUL. VIGILIA SCI IOH[ANN]IS BAPTISTE

154v

VIII KL. IUL. S. IOH[ANN]IS BAPTISTE

155

IIII

KL. IUL. VIQILIA] AP[OSTO]L[ORU]M PETRI ET PAULI

156

IN NATALE SCI PETRI

157

II KL. IUL. NAT. SCI PAULI AP[OSTO]LI

158

IN OC[TAVA]AP[OSTO]LOR[UM]

158v

VI ID. IUL. N[AT]. S. FELICITATA ET FILIORUM EHUS]

159

VIII ID. AUG. TRANSFIG[URATIO] DN IH XRI

160

IIII

ID. AUG. SCI LAURENTII

160v

XVIIII KL. SEP. VIG[ILIA] ASSUMPTIONS] S. MARIE

161

XVIII KL. SEP. ASSUMPTIO S. MARIE

161 ν

IIII KL. SEP. DECOLLATIO SCI IOHANNIS BAPTISTE

162

ID. SEP. NATIV[ITAS] SCE MARIE

163

XVIII KL. OCT. EXALTATIO SCE +

163v

XI KL. OCT[O]B. S. MATHEI AP. ET EV[AN]G

164

III KL. OCT[O]B. DEDIQATIO] S. MICHAEL

165

XV

KL. NOV. S. LUCE EVANG[E]L

166

PRIDIE KL. NOV. VIQILIA] OMNIU[M] S[AN]C[T]ORUM

167

KL. NOV. FESTIVITAS OMNIU[M] S[AN]C[T]ORUM

168

III KL. DEC. VIG[ILIA] SCI ANDREE

168v

PRIDIE KL. DEC. S. ANDREE

169v

PRIDIE NON. DEC. VIQILIA] SCI SABE

DOUZE CALENDRIERS ROMAINS INÉDITS

67

5 - SANCTORAL DU COLLECTAIRE DE SAINT-PIERRE

(Archivio San Pietro F 11)

Le rituel-collectaire de Saint-Pierre a été présenté supra, p. 44. On trouvera ici le sanctoral du collectaire.

fol.

102v

Nat. sci nicolay archiepy[scopi]

103

Nat. S. a[m]brosii epi. Eode[m] die S. Savini epi. et mar.

103v

In nat. see Lucie Eode[m] die sci eustratii

104v

In nat. sci damasi pp. c[on]ff. Nat. sci thome ap[osto]li

106v

In vig[i]lia N[atalis] d[omi]ni See anastasie In die Nat[alis] D[omi]ni Nat. sci Stephani p[ro]toma[rtyris]

107

In S. Ioh[anni]s eva[n]g[eliste]

107v

Nat. Innocentorfum] In Nat. S. Sil[vest]ri

108v

In oct[ava] D[omi]ni Eode[m] die S. basila Eode[m] die see Martine In vig[ilia] Epyph[anie]

110

In epyph[ania] d[omi]ni In sci felicis p[res]b[yte]ri

111

In sci Mauri In sci Marcelli In Nat. S. prisée In Natale sci fabiani pp. et mar.

lllv

Eode[m] die sci Sebastiani mar. In festivit[ate] S. Agnes In nat. sci vincentii

112

Eodem die sci Anastasii Conversio S. Pauli NAT. SCOR. CYRI ET IOH[ANN]IS

68

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

112v

In purific[atione] S. Marie

113

Nat. see agathe

114

Nat. S. Scolastice In nat. sci valentini

114v

In cathedra S. Pet[r]i Nat. S. Mathie ap[osto]li In scor. martyru[m] XL

115

Nat. sci Gregorii pp. In sci Benedicti

115v

Vili kl. ap[ri]lis ANNUNTIATIO GLqRJO]SE D[E]I GENITRICIS ET VIR-

132v

GINIS MARIE XVIII kl. mai. nat. sci Tiburtii et Valeriani et maximi

133

Georgius hinc evectus felix ad astra volavit. Septenis maior mundo letania claret.

133v

S. marci

133 bis M[ense] april[i] die XXVIII Nfetale] S. vitalis 133v bis V N[o]n[as] magi inventio S. + Eode[m] die natalicia scor. martirufm] alexandri eventii et theodoli et iuve-

134

nalfis] M[ense] madio die VI sci Ioh[ann]is ante porta[m] latinaim]

Nat. sci viti

134v

M[ense] madio die X S. gordiani et epimachi

135

M[en]se mad. die XII scor. pancratii nerei et achilei Un] S. Pudentiane

137

Nat. S. Vrbani

137v

Scor. Petri et Marcellini

139

Scor. P[ri]mi et feliciani

139v

In sci barnabe

140

In scor. basilidis cirini naboris [et nazarii]

140v

Nat. scor. ma[r]ci et ma[r]celliani

141

Nat. scor. gervasii et protasii In sci multi

141v

In vigiilia] S. Ioh[ann]is baptiste

142v

In nat. eiusdem Nat. scor. Ioh[ann]is et pauli

143v

Vigilia ap[osto]lor[um] petfri] et p[auli] Nat. ap[osto]lor[um] In S. Pauli apostoli

DOUZE CALENDRIERS

ROMAINS INÉDITS

69

144v

Octava apostoloru[m]

VII

fra[tru]m

145v

Eode[m] die rufine et secunde In scor. quinci et iulitte In sci alexii confessori[s]

See

marine

146

In S. Praxedis In S. Apollinaris

146v

In S. [Ia]cobi

ap[osto]li

147

In S. Nazarii et Celsi In sci feli[ci]s martiris

Eode[m] die scor. simplicii faustini et beatricis

147v

In S.

abdon et Sennen

148

beati pétri ad vincula

148v

Eode[m] die scor. machabeoru[m] In S. stephani pp. Inventio sci Stefani

149

In sci Xisti mar.

Eode[m] die scor. felicissimi et agapiti

149v

In nat. sci

donati epi.

In nat. sci ciriaci

150

Vig[ilia] S. Laurentii In nat. sci laurentii

151

In S. tiburtii

In vigilia see Dei genitricis marie Eode[m] die sci eusebii

151 ν

Assu[m]ptio

see marie

153

In sci agapiti ma[r]tiris

153v

In S. bartholomei In sci ermetis

154

Eode[m] die S. augustini

154v

Revelatio capiti[s] Ioannis baptiste Nat. scor. felicis et audacti, In S. egidii confessori[s]

155

Eodelm] die XII fr[atru]m In sci antonini

155v

In nativitate see

marie

156v

In S. euphemie lucie et geminiani In exaltatione see crucis Eodefm] die cornelii et cipriani

70

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

158v

In S. mathei

159

Nat. scor. cosme et damiani In dedicatione sci michaelis archangeli

160

In sci Ieronimi p[res]b[yte]ri

160v

In sci marci pape

161

Eo[dem] d[ie] scor. sergi et b[a]ch[i]

161v

In nat. sci dionisii In nat. sci calisti pape In sci luce evangeliste

162

(des folios manquent) In scor. MI coronatorum

162v

Sci theodori In sci martini epi. In sci martini pape

163

In see cecilie

163v

In sci Clem[en]t[is] Eodem die S. felicitatis I[n] S. chrisogoni

164

Vig[ilia] S. andree In Dfie] Efiusdem]

 

6 - SANCTORAL DU SACRAMENTAIRE DE SAINT-TRYPHON

 

(Archivio San Pietro F 14)

 

Le sacramentaire de Saint-Tryphon a été présenté supra, p. 36.

fol.

9v

Nat. S. Sabe c[on]flessori]s non. Dec. Nat. Sci Nycolai archiepi. et c[on]flessori]s VIII id. Dec.

10

Nat. sci Savini VII id. dec. de sco Ambrosio VII id. Dec.

 

lOv

Nat.

S. Damasi pp. Ill id.

Dec.

11

Nat. S. Lucie idib. Dec.

Nat. sci Eustratii auxentii et soci[oru]m eodelm] die

llv

Nat.

see Eugenie

12

XII kl. dec. sci Thome ap[osto]li

DOUZE CALENDRIERS ROMAINS INÉDITS

71

13v

VIII kl. dee. vigilia nat[a]l[is] D[omi]ni

In

primo gall[oru]m cantu mis[sa] ad p[re]sepe

15v

De sca Anastasia Nat. sci Stephani VII k[al]. ian.

16

Nat. S. Ioh[ann]is ap[osto]li VI kl. ian.

16v

V kl. ian. Nat. Innocent[iu]m Nat. S. Silv[est]ri pp. II kl. ian.

17

Kl. ian. in oct[ava] D[omi]ni

18

Non. ian. vig[ilia] Epyph[ani]e

18v

VIII id. ian. Epiphanie D[omi]ni

19

Octava epyphanie

74v

Kl. ian. nat. sci Basilii et see martine virg.

75v

Nat. scor. Iuliani et Celsi

76

In nat[a]l. sci hylarii Nat[a]l. sci felicis In Pincis XVIIII kl. febr.

76v

Nat. sci Marcelli pp. XVII kl. febr.

77

Nat. sci Antonii monach[i] XVI kl. febr.

77v

Nat. s. Prisce XV kl. febr.

78v

Nat. scor. Fabiani pape Sebastiani marii et marthe audifax et abbacum XIII kl. febr. Nat. see Agnes virg. XII kl. febr.

79

Nat. scor. Vincentii et Anastasii XI kl. febr.

79v

Nat. scor. Emerentiane et macharii X kl. febr. Conversio Sei Pauli VIII kl. febr.

80

Nat. see agnetis sec[un]do V kl. febr.

II

kl. febr. Nat. sci Cyri et Ioh[ann]is

80v

IIII Non. febr. Purificatio S. marie

81v

Nat. sci Blasii epi. III Non. febr.

82

Nat. S. Agathe Non. febr.

82v

IIII id. februarii Nat. see scolastice virg. Nat. S. valentini XVI kl. mar.

83

Nat. faustini et Iovitte

83v

In nat. S. Iulianes

VIII

kl. martii Cathedra S. Pétri

84

VI kl. mar. Nat. S. Matthie ap[osto]li

84v

Nat. scor. XLta martyru[m] VII idus mar.

85v

IIII idus martii Nat. S. G[re]g[orii] PP. XII kl. apr. Nat. sci Benedicti abb.

86

VIII

K[al]. apr[i]l. Annuntiatio see marie

86v

III id. apr. S. Leonis PP.

72

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

87

Nat. scor. Tyburtii et valeriani et maximi XVIII kl. maii

87v

Nat. S. Georgii mart. VIIII kl. maii VII kl. mad. Nat. S. Ma[r]ci

88

Nat. sci Vital[is] mar. Uli kl. maii Kl. mai. Ap[osto]loi{um] Philippi et Iacobi

88v

Inventio See + alexandri eventii et theodoli et iuvenal[is]

V

id. maii

89v

II Non. mai. Nat. S. Ioh[ann]is ap[osto]li ante porta[m] latina[m] en marge: VIII id. maii Apparitio S. Michaelis10

VII

id. mai. Nat. scor. Gordiani et epymach[i]

90

V

id. mai. Nat. S. Antimi

IIII

id. mai. Nat. Pancratii nerei et achillei

90v

Dedicatio S. Marie ad martyres III id. maii

91

Nat. S. Pudentiane virg. XIIII kl. iunii Nat. S. Vrbani PP. VIII kl. iunii Kl. iunii sci nicomedis mar.

92

IIII

Non. iunii nat. scor. marcellini et P[etri]

92v

Nat. scor. Primi et feliciani V id. iunii Nat. scor. basilidis et sociorum eius II id. iunii

92 bis

Nat. sci Barnabe ap[osto]li III id. iunii

92v bis

Nat. sci Viti et socior. eius XVII kl. iulii Nat. scor. marci et marcelliani XIIII kl. iulii

93

Nat. S. P[ro]tasii et Gervasii XIII kl. iulii Nat. scor. multor[um] X kl. iulii

93v

Vig[i]l[ia] sci Ioh[ann]is Baptiste VIIII kl. iulii

94

In

die

94v

Nat. scor. Ioh[ann]is et Pauli VI kl. iulii

IIII

kl. iulii Nat. S. Leonis pp.

95

Vig[ilia] ap[osto]loi{um] Pétri et Pauli

95v

In die

96v

II kl. iul. Sei Pauli ap[osto]li

VI

Non. iulii Nat. S. P[ro]cessi et martiniani

97

In

octava ap[osto]loi{um]

97v

In Nat. VII fr[atru]m et S. Rufine et sec(un]de VI id. iulii

98

Id. iulii Nat. martyr[um] Q[ui]rici et Iulitte en marge: IIII id. iulii Nat. S. Naboris et felicis

10 Les mentions ajoutées en marge sont de la même main que le reste du sanctoral.

DOUZE CALENDRIERS ROMAINS INÉDITS

73

98v

[In Nat. S. Alex]ii conf. XVI kl. aug.

99

Nat. S. Praxedis virg. XII kl. aug. en marge: in see m[arie] magdalene X kl. aug. Nat. sci Apollenaris

99v

Nat. Sci Iacobi Apostoli] VIII kl. aug. V kl. aug. Nat. scor. nazarii et celsii

100

[Nat. sci Felicis] pp. Simplicii faustini beatricis et serafie IIII kl. aug. Nat. S. abdon et Sennes III kl. aug.

lOOv

Kl. aug. vincula S. Petri et scor. machabeorum

101

Nat. sci Stephani pape et martyris IIII non. aug.

lOlv

Nat. sci xysti felicissimi et agapiti Vili id. aug.

102v

VII id. aug. Nat. sci Donati epi. Nat. S. cyriaci VI id. aug.

103

Vig. Sci Laurentii V id. aug. en marge: Eode[m] die Romani m[a]r.

103v

ad missas [sci Laurentii]

104

Nat. scor. tyburtii et Suzanne III id. aug.

104v

Nat. sci Eupli et leucii II id. aug.

105

Nat. scor. yppoliti et socior[um] eius idib. aug.

105v

Nat. S. eusebii conf. XVIIII kl. sept. Eodem die vig[i]l[ia] see marie

106v

In die ad missa[m]

107v

Octava sci laur[entii] martyris XVI kl. sept.

108

Nat. S. Agapiti martyris XV kl. sept.

108v

Nat. sci magni mar. Nat. scor. Tymothei et yppoliti XI kl. sept.

109

Nat. S. bartholomei ap[osto]li Vili kl. sept. Nat. S. Augustini et sci hermetis et Balbine V kl. sept.

109v

Decollatio Sci Ioh[ann]is IIII kl. sept.

110

Nat. see Savine eode[m] die

HOv

Nat. scor. felicis et adaueti III kl. sept.

111

Kl. sept. Nat. scor. Duodecim fr[atru]m Prisci mr. egidii abb[at]is

lllv

Nat. sci Zenonis et antonini mar. IIII non. sept. In nativitate S. Marie VI id. sept.

112v

[Eodem die sci Adriani] Nat. martyru[m] P[ro]ti et Iacinthi III id. sept.

113v

Exaltatio see + et scor. Cornelii et cypriani XVIII kl. oct. Nat. S. Nicomedis mar. XVII kl. oct. Nat. lucie et Geminiani et euphemie XVI kl. oct.

74

LES SOURCES DOCUMENTAIRES

1 14

Nat. scor. mauricii et socior[um] X kl. oct.

114v

en marge: XII kl. oct. vig[i]l[i]a S. Mathei ap[osto]l[i] Nat. sci Mathei ap[osto]l[i] XI kl. oct.

115

Nat. S. eustachii et socior. eius XII kl. oct. Nat. scor. cosme et Damiani V kl. oct.

115v

Dedicatio sci michahel arch[an]g[eli] III k. oct.

116

II

kl. octubris S. Hieronimi

116v

Nat. scor. Sergii et Bachi et sci Marci PP. Non. oct.

117